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IIRÉTROTOMIE EXTERNE SANS CONDUCTEUR

On donne ce nom à la section de Turètre faite de dehors en dedans, soit au périnée, soit dans la région péuienne, sans conducteur, et dans le but de traiter un rétrécissement de l'urètre.

Avant de décrire les procédés opératoires, je publie ici in extenso une observation très-inléressanle de mon ami le docteur Dolbeau. Il suffira de la lire pour se faire une idée nette du manuel opératoire et des résultats possibles de l'urétrotomie externe sans conducteur. Elle a été déjà publiée du reste dans le Bulletin de thérapeutique de 1862, p. 171.

Vrétrotomie périnéale externe pour une affection complice

des voies urinaires. — Guérison.

Fonrdraine, âgé de trente-quatre ans, entré le 23 août 1861 à Saint-Louis, salle Saint-Augustin, n'' 56. Cet homme parait bien constitué, il n'a pas fait de maladies sérieuses et présente les apparences d'une assez bonne santé ; cependant, il a un peu maigri, et sa peau ofDre une légère coloration jaunâtre.

Voici les renseignements qui sont fournis par le malade : il a eu une blennorrbagie qui a duré plusieurs mois. Depuis quelques années, le jet de l'urine est diminué. O n'y a

qu'un an que le malade s'est occupé de son affection, encore n'a-t-il consulté que vers le naois de juin dernier. A cette époque, les symptômes aigus se sont montrés : dou* leurs, envies fréquentes d'uriner, léger écoulement, puis apparition d'un abcès situé au-devant de l'anus, et qui s'est ouvert et fermé à plusieurs reprises.

Le médecin qui lui donnait ses soins essaya, mais en vain, de calmer ces accidents ; aussi songea-t-il à explorer l'urètre. Il tenta plusieurs fois de pratiquer le cathétérisme, mais il rencontra toutes les fois un obstacle insurmontable. Ces tentatives furent longues, pénibles, et suivies d'un peu d'écoulement sanguin. Tourmenté par sa maladie, le malade vint de Beauvais à Paris. Lors de son admission dans nos salies, le malade urine très-souvent, plusieurs fois dans une beure. La miction est pénible, imparfaite; aussi, pendant le repos, le malade perd-il quelques gouttes d'urine qui n'ont pas été expulsées et qui séjournent derrière le rétrécissement. Léger écoulement puriforme, pouls un peu fréquent, appétit conservé, peu de sommeil. Le catbétérisme démontre : l"" un rétrécissement du méat; 2'' un peu d'obstacle dans la région pénienne; S*" un rétrécissement infranchissable par toutes les manœuvres possibles et situé au niveau du bulbe. Le périnée présente un gonflement du volume d'un œuf, les tissus sont durs, adhérents à l'urètre et sont évidemment le siège d'une légère phlegmasie avec infiltration. On observe de plus un petit orifice qui donne passage à du pus. En effet, de temps en temps, il y a un peu de douleur, puis formation d'un petit abcès qui s'ouvre seul et qui laisse après lui un orifice qui se ferme incomplètement.

La prescription a été la suivante : repos au lit, alimentation légère,cataplasmessurle bas-ventre, chaque jour un grand bain et deux lavements émoUients. Outre ce régime, on tente chaque matin le catbétérisme, en ayant soin de laisser pendant quelques minutes une bougie qui presse sur l'obstacle.

Le 19 septembre, l'état du malade s'est un peu amélioré, en ce sens qu'il souffre un peu moins, et que les

besoins d'uriner sont peut-êlre moins fréquents. Cependant les urines sont toujours chargées de pus, les nuits sont sans sommeil. Cet homme demande une opération et nous y procédons de la manière suivante :

Le malade étant dans la position spéciale de la taille, on place dans l'urètre un petit cathéter qui s'avance jusqu'au rétrécissement; l'instrument est tenu sur la ligne médiane avec recommandation à l'aide de rester immobile, tout en pressant légèrement contre l'obstacle. Les bourses étant relevées, les tissus sont incisés suivant le raphé du périnée, en commençant dans le point où la cannelure du cathéter peut être sentie, et en se rapprochant de l'anus à environ 1 centimètre de cet orifice.

L'incision de U cent. 1/2 est prolongée profondément, couches par couches, en ayant soin de toujours rester sur la ligne médiane. Bientôt la pointe du bistouri pénètre dans le cathéter, l'incision est prolongée en avant et les deux lèvres sont tenues écartées de manière à voir l'oriûce du rétrécissement. Le chirurgien trouve en effet un petit trou, mais impossible de faire cheminer un instrument dans le canal présumé; alorà tous les tissus indurés sont franchement incisés, en restant sur la ligne médiane. L'apparition d'un jet d'urine indique que le bout postérieur de l'urètre vient d'être ouvert; en effet, après quelques recherches, on peut introduire une sonde cannelée jusque dans la vessie. L'oriûce de sortie des urines est augmenté, tous les tissus durs sont tranchés, sans qu'il soit possible de retrouver le canal, mais un résultat est obtenu, les deux bouts de l'urètre sont visibles : aussitôt on passe du méat dans la vessie une sonde en gomme à courbure fixe du numéro 23 de la filière Charrière. Deux points de suture sont placés dans la partie postérieure de la plaie, la sonde est bien fixée, et le malade est placé dans son lit avec des compresses d'eau froide sur le périnée.

Les suites de l'opération sont très-simples : le malade souffre très-peu, la sonde fonctionne très-bien, et chaque fois qu'elle est débouchée, il s'écoule une grande quantité de pus mélangé aux urines. Pas de fièvre. Appétit.

Le 28, l'état général est parfait, la plaie est réunie à la partie postérieure, des bourgeons charnus se montrent dans toute son étendue. On change la sonde, ce qui se fait sans difûcultés. Les urines sont limpides, il n*y a qu'à la Un de l'émission qu'on voit encore sortir un peu de mucopus.

Le 15 octobre, le malade va bien, il ne souffre plus; la plaie du périnée est réduite à 3 millimètres, les urines sont bonnes, mais l'urètre s'est enflammé, par suite delà présence delà sonde ; celle-ci est enlevée et le malade doit se sonder à chaque besoin qu'il éprouvera.

Le 20, la miction est possible par un jet, mais il s'écoule quelques gouttes par la plaie du périnée, qui tarde elle-même à se fermer. Le malade se lève, il dort bien, car il n'est pas tourmenté par le besoin continuel de rendre ses urines. Vers le 30 octobre, le malade se plaint d'un peu d'incontinence d'urine pendant son sommeil.

Le 2 novembre, la fistule du périnée persiste; aussi pour la fermer, on en cautérise le trajet avec un stylet rougi à blanc. Cette petite opération ne provoque aucun accident et bientôt la cicatrisation est complète.

Le malade quitte l'hôpital le 16 décembre, et voici l'état qu'il présente : santé générale très-bonne, le malade a notablement engraissé. Les envies d'uriner sont peu fréquentes, la miction est facile et par un gros jet, l'urètre livre passage aisément à une sonde de 8 millimètres. Les urines sont claires, mais la fin est toujours trouble; il y a du catarrhe vésical qui s'améliore un peu sous l'influence de la térébenthine. Le périnée est souple et présente les traces de l'opération. Il reste au malade une très-légère incontinence nocturne, qui tend à disparaître.

(Observation recueillie par Tinteme de service, M. de Landelta.)

Nous ne ferons que mentionner deux observations de M. Verneuil et une de M. Bauchet, toutes les trois fort remarquables, qui sont publiées dans la thèse de de M. Andrade (Paris, 1859),

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