‹ De l'urétrotomieChapitre 8 sur 28 · M. HuMPHREY, Addeubroke's Hosp. Cambridge · texte numérisé non relu

M. HuMPHREY, Addeubroke's Hosp. Cambridge

HuTCHiNSON, Metropolitan free Hosp. ... 2

Lane, St. Mary's Hosp 7

Report . . . 150

J. R. Lane, St Mary's Hosp 3

H. Lee, King's Collège Hosp U

Mackensïe (laie), Royal infirm. Edlnburg . . 7

Marshall, University Collège Hosp. ... 9

M. Norman, Southsea Hants 2

M. Paget, St Rartolomew's Hosp 3

M. Pemberton, General Hosp. Rirmingham . 3

!M. PoLAND, Guy's Hosp 3

M. QuAiN, University Collège Hosp. ... 9

Spence, Edînborgh royalinflrmary . ... 12

D' F. Thompson, Perlh Inflrmary 2

M. IIenry Thompson, University Collège Hosp. 9

D' Wallace, Grecnock 2

M. II. Walton, St Mary's Hosp 1

Sur les 15 morts, 9 ont succombé à rinfection purulente, 4 à la fièvre urétrale ; un vieillard de 67 ans a succombé à rhémorrhagie. ; le 15% opéré parM. Spence d'Edimbourg, fut emporté par une péritonite due à Tulcération et la perforation de la vessie par la sonde. Tous les malades morts d'infection purulente avaient été opérés à l'hôpital.

MM. Syme, Murchison, Cock, n'ont presque jamais vu d'hémorrhagie inquiétante. Il en est de même de MM. Mackensie et Spence. Ce dernier considère même cette opération comme absolument exempte de danger.

Thompson a pratiqué lui-même huit fois celte opé~ ration, voici le résumé succinct de ses observations.

Utrétrotomie externe,

Obs. I. —H...., âgé de /i8 ans, domestique. Plusieurs blcnnorrhagîes dont la dernière date de douze ans. Goutte

militaire persistante. La difficulté de la miction débuta, il y a déjà huit ans ; quatre ans après on ne pouTait introduire une sonde supérieure au n° h.

Le malade entreprit plusieurs traitements tant pour le rétrécissement lui-même que pour la rétention d'urine et des infiltrations urineuses. Finalement, ia dilatation étant trouvée insuffisante, on se décida à l'opérer. Il existait un premier rétrécissement à 3 pouces et demi du méat, un second plus étroit, situé 3 pouces plus loin, et en face de ce dernier une fausse route que la sonde évita difficilement L'urétrotomie externe fut pratiquée le 1" mars 1853 à Marylebone Inflrmary. Les suites de l'opération furent très-heureuses. L'amélioration se maintint trois ans environ. Au bout de ce temps il revint à l'hôpital en l'absence de Thompson, mais il était très-affaibli, son urine contenait une forte proportion d'albumine et il ne put survivre à la même opération qui lui fut pratiquée malgré l'avis de Thompson.

Obs. il — R. P...., âgé de ^5 ans, cocher. Rétrécissement extrême. Rétention d'urine alternant avec l'incontinence. La dilatation fut essayée pendant plusieurs mois et fournit quelques améliorations passagères. Rentré à Marylebone Infirmary le 22 novembre 1856, Thompson lui pratiqua l'urélrotomie externe. Pas d'accidents, succès complet. En mai 1858, le malade, revu par l'opérateur, urinait à plein canal.

Obs. III. — J. p...., âgé de 62 ans. Rétrécissement ancien. Infiltration d'urine. Fistules au-dessus du pubis, au scrotum, au périnée. Ces dernières parties sont extrêmement déformées ainsique la verge. Le 16 octobrel855,le scrotum et le périnée furent fendus, plusieurs des fistules furent comprises dans l'incision. Le 13 janvier, le malade allait au mieux, sauf la présence d'une fistule située à la partie inférieure du scrotum. Cet état de choses existait encore en juin 1858, l'ouverture persistante a peu de chances de se cicatriser, vu la perte de substance considérable amenée par le sphacèle.

Obs. IV. — E. G...., âgé de 44 ans. Rétrécissement ancien et opiniâtre situé à 5 pouces et demi en arrière du méat. Dilatation entreprise plusieurs fois avec des avantages temporaires. L*urétrotomie fut pratiquée le 27 février 1855. Le U avril, la plaie était cicatrisée. Un an plus tard, Topéré se portait au mieux.

Obs. IV bis. — G. M...., âgé de U5 ans. Rétrécissement à un pouce et demi du méat L'urétrotomie interne fut d'abord pratiquée. Le mois suivant des symptômes fâcheux revinrent comme par le passé. Thompson fit alors Turétrotomie externe. Le malade quitta Thôpital un mois après, il était parfaitement guéri; mais Topéraleur ne Ta pas revu depuis.

Obs. V. — Un capitaine, âgé de 50 ans. Rétrécissement très-ancien. Rétentions fréquentes. Diverses méthodes de traitement avaient été employées sans succès. L'urétrotomie externe fut pratiquée le 18 mars ; une hémorrhagie fut arrêtée par le tamponnement, et le 16 avril 1856 la plaie était cicatrisée. Depuis on dut inciser par Turétrotomie interne une bride membraneuse qui s'était formée. A part cet accident, le malade va bien et se passe des sondes de temps en temps.

Obs. VL — A. B...., âgé de 46 ans. Rétrécissement qui remonte à vingt ans. Symptômes fortement accusés. L'opération fut pratiquée et amena un bénéfice considérable. Quelque temps après la cicatrisation, un vaste abcès se vida par le rectum. Depuis, l'amélioration a persisté.

Obs. vil — Le malade qui fait le sujet de cette observation souffrait d'une rétention d'urine; une sonde parvint à pénétrer dans la vessie, et c'est sur elle qu'on fit l'incision. Les suites furent très-heureuses. Dix-huit mois après l'opération il n'y avait pas de trace de récidive.

Obs. VIIL — G. R...., âgé de 31 ans. Ge cas, dit Thompson, est le plus grave que j'aie vu. Trois rétrécissements occupant presque toute la partie spongieuse de

l'urëtre. Canal extrêmement irritable ; le malade ne peut tolérerladilalatlon qui devient inutile. Les rc^trécissements furent divisés largement, le premier situé près de rorîflce, par le bistouri caché ; les deux autres par Furétrotomie externe le long du cathéter cannelé. Deux mois après l'opération, le succès semblait complet

Dans aucun des 297 cas, y compris les observations de Syme et Thompson, on n'a observé d'infiltration d'urine. — Quant aux résultats de celle opération, les chirurgiens précédents déclarent que, ou le malade n'en retire aucun bénéfice, ou le rétrécissement récidive, ou, dans quelques cas, on obtient une guérison permanente.

Syme attribue les insuccès à ce qu'on a fait une division incomplète du rétrécissement,— ou bien à ce que la réunion de la plaie extérieure s'est faite trop promptement: aussi passe-t-il une sonde entre les lèvres quelque temps après l'opération ; ou bien enfin il l'attribue à ce que le malade s'est livré à des excès : — c'est pour n'avoir pas prévu ces circonstances, que, suivant le chirurgien d'Edimbourg, ses confrères n'ont pas été aussi heureux que lui dans leurs opérations.

Dans la seconde édition de son ouvrage, Thompson conclut que, dans beaucoup de cas, on observe une guérison permanente, et dans le plus grand nombre une amélioration notable.

S'il en était réellement ainsi, nous n'hésiterions pas à proclamer très-bonne cette urélrotomie externe ; mais la statistique de M. Thompson lui-même nous oblige à ne pas admettre précisément sa conclusion. Du reste, les observations d'urétrotomie interne que ce chirurgien a publiées récemment, et sur lesquelles nous au-

rens à revenir plus tard, tendent à faire croire que nnnocuilé et rexcellence de l'urélrotomie externe ne lui sont plus aussi bien démontrées, et que quelque mécompte a diminué son enthousiasme.

M. Thompson pense, d'ailleurs, que l'urélrotomie externe n'est applicable qu'aux rétrécissements siégeant au périnée. Il préfère l'urétrotomie interne pour les rétrécissements de la portion pénienne à cause des fistules qui succèdent fréquemment aux incisions de M. Syme dans celle région.

Appréciation. Si nous cherchons à apprécier cette opération d'après les documents qui nous sont fournis, nous voyons qu'elle est grave, puisqu'elle a produit Jusqu'à présent 6 morts sur 100, en admettant môme que tous les cas de mort aient été publiés, ce qui n'est pas probable. Parmi les survivants, il y a beaucoup de demi-succès, d'insuccès et de récidives : elle laisse des fistules à sa suite. Elle n'a donc pas tenu ce que M. Syme avait promis, à savoir une guérison plus rapide et plus durable que la dilatation. Donc, dans tous les cas où la dilatation est possible, ce qui a presque toujours lieu lorsqu'on peut introduire une bougie dans la lumière du rétrécissement, nous pensons qu'il faut rejeter la méthode de Syme.

Quoique souvent assez simple, elle présente parfois de grandes difficultés dans son exécution. Pour peu <jue le tissu cellulaire du périnée soit infiltré, induré, il n'est pas facile de sentir le cathéter avec le doigt. On agit alors presque sans conducteur et le bistouri peut s'égarer dans les parties voisines.

Cette méthode a donné lieu à deshémorrhagîessou* vent inquiétantes, quelquefois mortenes.

Elle fait une plaie étendue, soumise au contact de Fair, plaie qui suppure, est susceptible de s'enflammer, d'amener des érisypèles et des phlegmons.

Elle intéresse très-souvent le bulbe dont la lésion donne si souvent lieu à la phlébite. Elle ne peut atteindre les rétrécissements multiples, à moins de fendre Turètre dans une grande partie de sa longueur: reproche très-grave, car c'est alors une opération ou trèseffrayante ou incomplète.

Souvent on laisse dans l'opération les brides placées en arrière et surtout celles placées en avant du rétrécissement.

Pour toutes ces raisons, je crois que nous avons eu raison, en France, de ne pas adopter l'opération de M. Syme, au moins pour l'immense majorité des cas, car de deux choses l'une : ou le rétrécissement est franchissable, et il faut le dilater par les moyens ordinaires ; ou il est infranchissable, et nous avons déjà vu ce qu'il convient de faire. Dans le cas où la dilatation ordinaire est impuissante, il serait bien préférable d'employer l'urétrotomie interne, qui fait une plaie à l'abri du contact de l'air et n'intéressant pas le tissu spongieux. Sans pouvoir l'affirmer, du reste, il semblerait d'après la lecture des feuilles périodiques anglaises, que l'ardeur de nos voisins s'est fortement ralentie dans ces deux ou trois dernières années, à l'endroit de cette opération. Il n'est pas paru, en effet, une seule observation d'urélrotomie externe avec conducleu dans the Lancet, depuis trois ans.

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