MASSES CANCÉREUSES ET TUBERCULEUSES
renlermés des noyaux assez gros. La couche épithélialc manque.
Fig. 6, A, Fragment d'un cancer villeux, consistant en un cylindre fibreux (creux ?) , recouvert d'un épitliélium (rayé dans certains endroits), qui est formé de petites cellules contenant un noyau.
B, Agrégat de grosses cellules, présentant une grande cavité, une paroi épaisse et un noyau qui est quelquefois renfermé dans cette dernière (B, c). Les cellules sont tantôt isolées (B, b et B, c), tantôt réunies en groupes volumineux au moyen d'un tissu connectif amorphe.
C, Fragment d'un stroma cancéreux avec des noyaux fusiformes et des fibres élastiques sur lesquelles se trouvent de grandes cellules, — reste de la couche épithélialc, — qui sont soit entières (a, a), soit à demi détruites (b).
D, Cellules isolées provenant probablement du revêtement épithélial d'un cancer villeux de la vessie : «, a, petites cellules (ou noyaux de cellules?) rondes munies. d'un nucléole; elles paraissent nettement colorées en rouge ; au premier abord, elles ressemblent à des globules sanguins et, lorsqu'elles sont réunies en grande masse, elles constituent un sédiment semblable à du sang, mais qui n'est pas altéré par l'acide acétique ; b, b, cellules plus grandes, irrégulières, la plupart munies de queues et sur lesquelles se trouve un corps rougeâtre contenant un nucléole. Elles se trouvaient mélangées parmi les petites cellules (noyaux'^) « a (\ov §127, observation 13.) - •/ . «• ivoj.
Le cancer des reins est généralement beaucoup plus difficile à diagnostiquer. Lorsqu'on trouve des cellules cancéreuses dans l'urine, l'absence de symptômes indiquant une maladie de la vessie permet quelquefois de reconnaître l'existence de l'affection rénale • quelquefois aussi on peut découvrir par la percussion une hypertrophie d'un seul ou des deux reins.
La substance tuberculeuse qui se trouve dans l'urine, ressemble au pus, lorsqu'on l'examine à l'œil nu, mais elle s'en distingue par ses caractères microscopiques. Elle consiste en corpuscules de pus irrcgul.ers , mêlés à un détritus mal déterminé - fragments de cellules, t.ssu connectif et fibres élastiques, noyaux imparfaits tna.^se indetcrmniée finement granuleuse, avec laquelle sont nuelquelois mélangés des fragments de cristaux de cholestérinc Le
siège des dépôts tuberculeux, qui peuvent donner lieu à des sédiments de tubercules ramollis, se trouve dans la membrane muqueuse ou dans le tissu sous-muqueux ; ces dépôts peuvent se rencontrer dans la vessie, les uretères et les calices. Dans les affections de ce genre, qui existent depuis longtemps, le dépôt tuberculeux envabit généralement une grande partie de la muqueuse du système uropoiétique, depuis les reins jusqu'à la vessie.
Les observations suivantes pourront venir en aide au praticien pour le diagnostic des dépôts tuberculeux du système uropoiétique.
1 . Un jeune homme de 25 ans vint à ma clinique pour une affection de la vessie, dont il souffrait depuis un an. L'émission de l'urine était difficile et douloureuse ; l'urine était quelquefois sanguinolente et laissait déposer après un long repos , un sédiment qui, outre des globules sanguins, renfermait des corpuscules purulents, les uns normaux, les autres anormaux (ces derniers n'étaient pas ronds, mais irréguliers cl anguleux; lorsqu'on les traitait par l'acide acétique, on n'y voyait pas les noyaux qu'on y rencontre ordinairement, mais ils étaient, soit tout à fait dépourvus de noyaux, soit munis de nucléoles irréguliers.)
Le sédiment contenait en outre une masse indéterminée amorphe-granuleuse, soit finement divisée, soit réunie en amas, dont quelques-uns étaient gros comme des tètes d'épingle. Un examen minutieux montra que la prostate était hypertrophiée et très-sensible à la pression, et que les poumons étaient dans un état avancé de tuberculisation. Le malade n'avait jamais eu ni blcnorrliagie, ni chancres. On diagnostiqua une tuberculisation delà vessie et de la prostate, et les progrès de l'affection pulmonaire ayant causé la mort du malade, l'autopsie confirma le diagnostic.
2. Un homme de 50 ans, s'étant toujours bien porté, fut pris de douleurs intermittentes, qui s'étendaient de la région rénale gauche à la vessie, et qui se terminaient par un besoin d'uriner très-vif et très-fréquent. Ces paroxysmes duraient plusieurs heures, et ils étaient suivis d'intervalles de rémission complète, dont la durée était tantôt de quelques jours seulement, tanlôt de plusieurs semaines. Six mois plus tard, il se forma une tumeur dans le testicule gauche, cette tumeur s'ouvrit et occasionna une fistule, qui résista opiniâtrement à toutes tentatives de guérison. L'urine ne contenait ni graviers, ni concrétions, qui pussent faire soupçonner l'existence de calculs rénaux, mais elle déposait après chaque attaque un léger sédiment composé de corpuscules purulents, qui, comme dans le cas précédent, étaient très-irréguliers, et dans lesquels le traitement par l'acide acétique ne faisait voir aucun noyau normal. Dans ce cas, on trouva aussi outre ces corpuscules, une masse indéterminée amorphe-granuleuse présentant au microscope l'aspect d'un détritus tuberculeux. Cette circonstance, jointe à l'affection des testicules permit de diagnostiquer un dépôt tuberculeux dans l'uretère gauche.
Voy. aussi Kussmaul, Würzburger med. Zeilschr., p. 24.
CYLINDRES ET TUDES UltINIFÈRES. 373 .