‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 127 sur 158 · CYLINDRES ET TUBES URINIFÈRES · texte numérisé non relu

CYLINDRES ET TUBES URINIFÈRES

Ils sont ordinairement regardés comme un signe certain de la maladie de Bright, ce qui est exact dans la plupart des cas; mais comme le nom de maladie de Bright n'a pas une signification parfaitement dclermince, et qu'on a l'habitude de comprendre sous cette désignation des maladies très-différentes du parenchyme rénal, cela ne suffit pas pour établir avec exactitude le diagnostic, le pronostic et le traitement. Nous allons, dans les lignes suivantes essayer de déterminer avec une précision un peu plus grande la signification des différentes formes de ces produits.

Des tubes minifères dans l'urine indiquent qu'il se produit une desquammation de l'épithélium des tubes deBellini (néphrite desquammative). Cette altération peut être purement temporaire, sans donner lieu à d'autres symptômes ; c'est pourquoi un sédiment urinaire qui ne consiste qu'en cylindres épithéliaux et qui disparaît au bout de quelques jours permet de porter un pronostic favorable. Si, outre les tubes épithéliaux, il sö trouve des corpuscules purulents, cela indique une affection inflammatoire plus intense (pyorrhée), soit dans le parenchyme rénal, soit dans les calices et les bassinets.

Des cylindres urinifères granulés et hyalins permettent toujours de conclure à l'existence d'une maladie plus intense du parenchyme rénal, qui, en général, prend une marche chronique. Les cylindres hyalins sont probablement formés par la coagulation de la fibrine d'une exsudation fibrineuse qui s'est produite dans les canalicules rénaux (inflammation croupeuse) ; les cylindres granules prennent naissance, soit par la métamorphose ultérieure de l'exsudat des canalicules, ou bien par une dégénération de l'épithéliuin glandulaire qui tapisse les canalicules rénaux.

La dégénérescence des reins est ordinairement d'autant plus étendue et le pronostic d'autant plus défavorable, que l'urine renferme une plus grande quantité de cylindres et que la présence de ceux-ci dans la sécrétion urinaire se maintient pendant un temps plus long.

Si les cylindres renferment de la graisse en très-grande quantité et pendant un long temps (on sait que ces produits peuvent renfermer des gouttelettes huileuses et des globules de graisse), on peut conclure que la dégénérescence des reins a pris la forme de la métamorphose graisseuse.

37ö DES URINES.

S'il se trouve du sang dans les cylindres ou bien si l'urine contient du sang en môme temps que des cylindres, on peut penser à une affection des vaisseaux rénaux, — athérome, dégénérescence graisseuse ou lardacéc des artères rénales, et notamment des glomérules vasculaires des corpuscules de Malpighi.

Des cylindres d'un diamètre très-petit indiquent une contraction et un rétrécissement des canaliculesurinaires, et des cylindres d'une largeur extraordinaire, une dilatation de ces mêmes canalicules. Si le diamètre des cylindres est très-inégal, si ceux-ci présentent des renflements et des contractions on peut présumer l'existance d'un état variqueux ou ampulleux des canalicules urinaires.

Lorsque, comme cela arrive fréquemment, plusieurs des modifications indiquées se rencontrent simultanément, on peut conclure qu'il existe dans les reins des altérations anatomo-pathologiques très-compli^juées.

Des globules sanguins se rencontrent aussi souvent sous forme de sédiments urinaires. (Voy. § 46 et § 92.) 11 a déjà été question, paragraphe 92, de l'importance qu'ils ont pour le médecin. S'ils se trouvent en quantité modérée à côté de cylindres urinaires et de corpuscules purulents, on peut en conclure que l'on a affaire à une néphrite parenchymateuse ou maladie de Bright commençante ou qui a déjà fait des progrès.

Dans des cas rares, on trouve dans le sédiment urinaire des grains ou des tubercules de pigment brun noir. Ils indiquent une obstruction des vaisseaux rénaux produite parmélanémie. (Voy. page 334.) Pour plus de détails, voyez J. Vogel, Krankheiten der harnbereitenden Organe, dans R. Virchow, Handbuch der speciellen Pathologie und Therapie, t. VI, p. 600.

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