INFUSOIRES. — CHAMPIGNONS
(ktbstéine.)
A. Hill Hasall, On the devclopme7it and signification of Vibrio lincola, Bodo urinarius and on other fiingoid products, etc. in urine. Lancet. No- Tcmbre, 1859, t. n, p. 21,
INFlSOmES. - CHAMPIGNONS. 577 On trouve rarement des champignons et des infusoircs dans l'urino fraîche normale ; leur présence est purement accidentelle; elle tient à ce que le liquide a été recueilli dans des vases malpropres, etc. Cependant on en rencontre fréquemment dans l'urine qui est émise depuis longtemps, et l'urine qui est entrée en décomposition renferme presque toujours des champignons et des infusoircs.
L. Pasteur (Comptes rendus, 1860, t. I, p. 841) fait observer avec raison que les germes de ces champignons et infusoircs viennent toujours du dehors, qu'ils ne prennent pas naissance dans l'urine par génération dite spontanée et que généralement ils n'apparaissent dans ce liquide qu'après son élimination de la vessie; enfin qu'ils sont les véritables causes de la fermentation acide ou alcaline, ainsi que de la putréfaction de l'urine. L'urine qui est maintenue avec soin à l'abri de ces germes peut être conservée sans que la putréfaction s'y déclare.
Les infiisoires sont presque toujours très-petits et, avec un trèsfort grossissement, on peut les reconnaître à leur mobilité. Ce sont des monades punctiformes ou des vibrions filiformes. Plus rarement ils sont plus grands, arrondis et ressemblent à des cellules de mucus munies d'appendices filiformes (Bodo urinarius — Hasall). On les rencontre principalement dans les urines putréfiées qui contiennent de l'albumine, du mucus, du sang ou du pus, et ils ont une grande importance pratique, parce qu'ils peuvent favoriser et même provoquer la décomposition putride de ces urines. S'ils se sont formés à l'intérieur des voies urinaires, les germes qui leur ont donné naissance proviennent toujours du dehors comme dans les autres cas ; ces derniers sont souvent introduits dans la vessie par des sondes malpropres. (Voy. pages 129 et 314.) Mais dans tous les cas de ce genre il faut s'assurer si la présence des vibrions n'est point due à des substances putréfiées qui ont été mélangées accidentellement avec l'urine après son émission, ou bien si elle ne tient pas à ce que ce liquide a été recueilli dans des vases malpropres, etc.
Les champignons qui se rencontrent dans l'urine se présentent sous forme de cellules arrondies ou ovales (spores et sporidies), qui sont quelquefois réunies en chapelets (c'est-à-dire qui affectent la forme des torulacées) , — plus rarement ils constituent des
filaments tantôt siinplcs,tantôt ramifiés ou composés (thallus, mycélium). En général ces derniers ne prennent naissance que lorsque l'urine a été pendant longtemps abandonnée à elle-même et ils n'ont pour cette raison aucune importance pratique. Parmi les champignons qui se trouvent dans l'urine, les suivants offrent surtout de l'intérêt pour le médecin :
1. Les champignons décrits page 454 analogues à la torulacée observée par F. Tieghem et auxquels serait due la fermentation alcaline de l'urine. Les conditions dans lesquelles ils prennent naissance et se développent ont encore besoin d'être soumises à un examen plus approfondi.
2. Les champignons de la fermentation {Hormiscium sacchari), qui ne se-rencontrent que dans des urines sucrées et qui par conséquent peuvent servir pour reconnaître la glycosurie. Ils constituent également des cellules arrondies ou ovales, qui quelquefois renferment un noyau, mais qui sont un peu plus grosses que les précédentes (de 0,004 à 0,007 millim. de diamètre). Ils s'accroissent par bourgeonnement et ils forment des séries analogues aux torulacées et qui sont composées de deux ou quatre cellules, (Voy. pl. II, fig. "2 et page 155, fig. 4.) Dans des conditions favorables, ils donnent naissance à des champignons qui ressemblent aux espèces les mieux organisées du groupe des mucédinées [mucor, ascophora, melidium) et pour cette raison il est probable qu'on doit les considérer comme des spores de ces champignons, — opinion que, malgré l'objection d'une autorité aussi importante que de Barg , les expériences de Hoffmann et de HasaU, confirmés par mes nombreuses observations, rendent presque certaine.
5. Sarcine (voy. page 155, fig. 5). Elle ne paraît pas avoir plus d'imporlance dans l'urine que dans les cavités du corps (estomac et intestin, poumons) où ce produit se rencontre plus fréquemment. La sarcine ne doit être considérée que comme un parasite accidentel. Cependant il est probable que sa présence dans la vessie peut favoriser la décomposition de l'urine, rendre celle-ci alcaline, donner naissance à un dépôt de phosphates terreux, etc., et acquérir ainsi de l'importance pour le médecin praticien.
D'autres champignons, que l'on peut avoir l'occasion d'observer dans l'urine qui a été pendant longtemps abandonnée à elle-même, •