ÉSIDU SOLIDE ET POIDS SPÉCIFIQUE DE L'URINE
J. Vogel. Archiv für gemeinschaftliche Arbeiten, I, p. 419.
1 . Les procédés employés pour la détermination quantitative du résidu solide de l'urine, de la richesse de celle-ci en eau et en autres substances volatiles à 100° ont déjà été décrits paragraphe 55. Les méthodes mentionnées dans ce paragraphe sont trèslongues et très-compliquées, de telle sorte qu'elles peuvent rarement être mises en usage par le médecin praticien ; cependant, on ne peut pas se dispenser de s'en servir dans tous les cas où il s'af^it de déterminer exactement la richesse en eau ou le résidu solide de l'urine.
Pour les usages médicaux, pour lesquels une évaluation approximative est suffisante, on peut remplacer avec avantage les méthodes précédentes par la détermination du poids spécifique de l'urine, et l'on arrive ensuite à déduire de celui-ci la richesse en substances solides. La méthode de détermination du poids spécifique a été expliquée paragraphe 54. L'instrument le plus convenable pour cet usage est un uromètre, aéromètre de verre que l'on plonge dans l'urine à essayer.
Si, abstraction faite d'une quantité variable d'eau, l'urine contenait toujours les mêmes éléments dans les mêmes proportions, on pourrait, à l'aide du poids spécifique de ce liquide, arriver à connaître avec assez de précision sa richesse en éléments solides, absolument comme on détermine par cette voie la richesse centésimale d'un esprit ou d'un acide sulfurique, etc. Malheureusement il n'en est pas ainsi, la quantité des différents éléments de l'urine augmente et diminue dans des proportions très-variables, et pour cette raison le procédé qui consiste à déduire du poids spécifique d'une urine sa richesse en éléments solides ne peut'pas donner des résultats exacts. La formule la plus commode pour calculer la richesse d'une urine en principes solides, en se basant sur son poids spécifique, est celle qui a été indiquée par Trapp; elle consiste à doubler
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les deux derniers chiffres du poids spécifique trouvé. Le produit indique condjien de grammes de substances solides sont contenus dans 1000 centimètres de l'urine en question. Par conséquent, si le poids spécifique est 1010, l'urine renferme dans 1000 centimètres cubes 20 grammes de parties solides, s'il est de 1015, le poids des matières solides est égal à 30 grammes, s'il est de 1020, celles-ci pèsent 40 grammes, etc.
Afin de ne pas tirer des conclusions erronées sur la richesse d'une uriné en principes solides que l'on a déterminés au moyen du poids spécifique, on doit avant tout se faire une idée de l'exactitude de cette méthode et des erreurs auxquelles elle peut donner lieu. De nombreuses expériences faites par moi et les résultats obtenus par d'autres observateurs m'ont appris que, dans la détermination du résidu solide d'une urine normale au moyen de son poids spécifique, on peut facilement commettre une erreur d'environ 1/10 et même de 1/7, et que dans les cas pathologiques, surtout lorsque l'urine a un poids spécifique élevé, l'erreur peut être encore plus considérable, qu'elle peut aller jusqu a 1/5 et même 1/4. Supposons que je trouve chez un malade, pendant trois jours consécutifs, que le résidu solide de l'urine, calculé au moyen de la formule de Trapp, est égal à 55, 50 et 60 grammes : ces différences sont si petites qu'elles peuvent être considérées comme comprises dans les limites des erreurs d'observation mais on ne serait nullement autorisé à dire que le jour où l'on a trouvé CO grammes la quantité des substances solides éliminées par l'urine a été la plus grande, et qu'elle a été la plus faible le jour où le calcul a donné le nombre 50. Une telle conclusion ne serait justifiée que si la quantité des éléments solides de l'urine avait été déterminée au moyen d'une méthode exacte, par évaporation, par exemple.
Si, au contraire, je trouve, en me basant sur le poids spécifique, qu'une personne, qui, en moyenne, élimine par jour, avec son urine, environ 60 grammes de matières solides, ne sépare, pendant un certain jour, que 50 grammes de ces substances, je puis dire, avec une certitude complète, que, dans cette journée, elle a sécrété beaucoup moins de matières solides qu'à l'ordinaire, car la différence est si grande qu'elle ne peut pas être expliquée par une erreur d'observation ; mais l'assertion que la personne en question a éliminé pendant ce jour une quantité de substances solides moitié plus petite qu'à l'ordinaire doit être considérée comme hasardée et comm.e une évaluation seulement approximative, parce que une détermination directe eût peut-être donné 28 ou 56 grammes au lieu de 50.
Comme toutes les déterminations du résidu solide au moyen du poids spécifique donnent des résultats si peu exacts, il est assez indifférent que l'on se serve, pour le calcul, du coefficient de Trapp (2) ou d'un autre un peu différent (par exemple de celui de //«ser = 2,55, ou de Chrhtison = 1,'à), parce que la différence qui existe entre eux (entre celui de Trapp et celui de Uaaer la différence = 1 /O) se trouve encore dans les limites des erreurs d'observation impossibles à éviter.
W. Kaupp (Archiv für phys. Heilk. [1856) a aussi trouvé exacte la for-