‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 148 sur 158 · MATINÉE · texte numérisé non relu

MATINÉE

Ce tableau est en outre très-instructif, parce qu'il renferme un exemple des modifications qui peuvent être apportées à une règle générale par les dispositions particulières d'individus différents. C'est dans le cas de B que la courbe est le plus marquée, la différence entre l'après-midi et la matinée étant la plus grande. Ici, une grande partie de l'acide phosphorique pris avec les aliments est rapidement éliminée, le point le plus élevé de la courbe coïncide encore avec l'après-midi. Chez C, l'excrétion a lieu plus lentement, et le summum de la courbe se trouve dans les heures de la soirée Chez D, l'élimination est encore plus lente (peut-être à cause d'une digestion moins rapide), et le summum de la courbe corrosi)ond aux licurcs de la nuit, bien que Ü prenne son repas principal à la même heure que A, ß et C, à une heure de l'après-midi.

Voici tons les renseignements recueillis jusqu'à présent sur les causes qui mflucnt sur l'augmentation ou la diminution de l'acide phospliorique de l'urine.

Aubert ^ a trouv(> que la quantité de l'acide phosphorique éliminé par l'urine, qui, à l'état normal s'élevait en vingt-quatre heures à 2«%8, devint égale à 46%!, après l'ingestion de 31 grammes de phosphate de soude.

Von Haxthausen trouva aussi que l'excrétion de l acide phosphorique était mvariahlement augmentée après une ingestion do phosphate de soude.

1 . L'acide phosphorique augmente dans l'urine après une ingestion de ce corps et des phos[)hates solubles.

2. L'excrétion de l'acide phosphorique par l'urine augmente ou diminue, suivant qu'il est introduit dans l'organisme, par les aliments, une quantité plus ou moins grande d'acide phosphorique tout formé ou de substances qui dans le corps peuvent être converties en acide phosphorique. Elle devient moins abondante par l'abstinence ; mais, contrairement à ce qui arrive pour le chlorure de sodium, l'acide phosphorique ne disparaît pas entièrement à la suite d'un long jeûne. L'élimination est généralement plus considérable avec une nourriture animale qu'avec une alimentation végétale.

Mosler a trouvé que, pendant l'abstinence, l'acide 'phosphorique diminue presque de moitié, et qu'il augmente du double environ avec des aliments riches en substances prutéiques.

Schmidt a vu qu'un chat qui mangeait autant qu'il le voulait éhminait en vingt-quatre heures, par kilogramme de son poids d'acide phosphorique,

tandis qu'après une longue abstinence, il n'en excrétait que 0«%107.

5. Il a été démontré avec certitude pour le chlore, et il paraît extrêmement probable, en ce qui concerne l'acide sulfurique, que la séparation de ces corps ne dépend pas simplement des quantités ingérées, mais qu'elle est aussi réglée par différentes conditions inhérentes à l'organisme, par la métamorphose de la matière, etc. De nombreuses expériences prouvent que cette manière de voir est aussi applicable à l'acide phosphorique. On a vu plus haut que des individus différents excrètent l'acide phosphorique ingéré en même temps que les aliments avec une rapidité qui varie pour chacun d'eux. Il résulte de mes propres expériences

Henle und Pfcufei's Zeitschrift für ration. Medicin. 1852. IL 3i

ACIDE l'HOSt'IIOR[QUE. ii?

qu'une excrétion d'acide pliosphorique, momentanément plus grande qu'à l'ordinaire (0*'''',216 par heure), peut être suivie d'une diminution notable (O^^OS^ par heure). En général l'acide phosphorique de l'urine est augmenté, en même temps que l'urée et le chlore, par une ingestion d'eau abondante, et dans une proportion beaucoup plus grande que la quantité contenue dans les phosphates de l'eau. Cette augmentation tient, par conséquent, à une activité plus grande des fonctions nutritives générales ou de ^ l'action des reins, ou à ces deux influences réunies. D'après ces faits, il est évident que la quantité de l'acide phosphorique contenu dans l'organisme peut, dans certaines conditions, être augmentée par rétention de l'acide phosphorique ingéré, et diminuée par une excrétion de ce corps plus considérable qu'à l'ordinaire. De même, il n'est pas douteux que la connaissance exacte de ces conditions ait pour le physiologiste et pour le médecin une importance très-grande, mais ce que jusqu'à présent nous savons sur ce sujet est très-incomplet, ou bien consiste en conjectures n'ayant aucune certitude et tout au plus probables. Par conséquent, il nous paraît important et même indispensable de déterminer par des recherches exactes la nature de ces conditions ; mais ici encore nous nous heurtons à des difficultés semblables à celles que nous avons rencontrées pour la solution des questions analogues concernant le chlore et l'acide sulfurique. Il faut aussi ne pas oublier que ce n'est pas seulement par l'appareil uiinaire qu'est excrété l'acide phosphorique, mais que généralement les matières fécales contiennent aussi des phosphates \ Il faudrait, par conséquent, à l'aide d'expériences très-nombreuses déterminer la richesse en acide phosphorique de chacune des parties du corps dans des conditions différentes, ou bien doser exactement et l'acide phosphorique éliminé par l'urine et les fèces, et l'acide phosphorique ingéré avec les aliments, etc. Mais la difficulté des recherches s'opposera encore longtemps à la solution de ce problème, et jusque-là nos opinions sur l'augmentation et la dimi-

' V. Haxthausen a fait, sur mii (iGmancle, des recherches sur ce sujet. Il a trouvé pour la f|uanlité de l'acide phosphorique éHminé avec les excréments (en épuisant ceux-ci par l'acide azotique étendu, san-; incinération préalible) les valeurs suivantes pour yin<Tt-qiiatrc heures : moyenne (de 17 observations) O'^Göß — maximum l'%ii80 — minimum 0«^270, Il résulte de l;'i qu'il est cxcrélé par l'urine environ 4 ou 5 fois plug d'acide phosphorique que par les excréments.

mition de l'acide phosphorique dans les maladies consisteront aussi en conjectures, au sujet desquelles je n'ai pas l'intention de donner des indications détaillées.

L'examen direct de l'excrétion de l'acide phosphorique dans les maladies, sur laquelle j'ai fait un grand nombre (plus de 1000) d'observations, m'a appris les faits suivants :

Dans les maladies aiguës peu intenses, la sécrétion de l'acide phosphorique se comporte souvent de la manière suivante : elle diminue un peu dans les premiers jours, probablement à cause de Talimentation moins abondante, et elle augmente ensuite graduellement à mesure que les malades prennent plus de nourriture. Dans la convalescence, lorsque des aliments sont pris en quantité plus grande qu'à l'ordinaire, la proportion de l'acide phosphorique s'élève quelquefois au-dessus de la normale.

Dans les maladies de peu de durée, même lorsqu'elles sont accompagnées de beaucoup de fièvre, la diminution de l'acide phosphorique est parfois très-petite et à peine perceptible.

Exemples : Chez un jeune homme ayant une angine tonsillaire aiguë, l'acide phosphorique éliminé s'éleva à '2^', 8 le jour de son entrée à l'hôpital. Emétique : vomissement abondant. Alimentation peu copieuse. Le deuxième jour, acide phosphorique = l6%7; amélioration, 1/4 de portion. Le troisième jour» acide phosphorique = 2e%6. Le quatrième = 2s%5. — 1/2 portion. Le cinquième jour, acide phosphorique = 5«'',2. Guérison, sortie.

Pneumonie légère : au bout de 8 jours, le malade put être renvoyé guéri. Acide phosphoriqne — 2e%5 — 2''%11 — 2«%4 — 2e',3.

Pneumonie intense : acide phosphorique au summum de la maladie — 08',8 — i^'A — 1^%2 — Oß',Ü - 2«%! — le^9 — le',!.

Pneumonie intense : l»^6 — — 28%2 — 2e%5 —

Catarrhe bronchique fébrile : i"',* — — — — 2f%8.

Dans la convalescence d'une pneumonie grave : S^SS — — 5s',2 — 5Br,5 56', 9 'li!',8 — 2''%5, etc.

Dans un cas semblable : \^',^ — 5f^6 — 28%8 — l^'.S — - 2«',8.

Dans les convalescences d'un catarrhe bronchique aigu = 4"', 8.

Catarrhe eczémateux des organes digestifs avec fièvre vive ; marche rapide, de telle sorte qu'au bout de 8 jours, le malade put être renvoyé guéri. Acide phosphorique — 2^%5 - 2''%6 — 2«', 7 — 2«%(l — 5^',4.

Fevim.es.

Fièvre rhumatismale ; 2«%1 — 2'%5 — 28%2. Gastrite : l'M — ^^2.

Fièvre catarrhale : au summum de la maladie r= 1«',6. Convalescence de typhus = 5",2.

ACIDE PlIOSPIIORIQUE.. 4W

Dans beaucoup de cas d'atTections aiguës, après une longue abstinence d'aliments, ou vers la terminaison l'atalo de ces maladies, l'excrétion de l'acide phosphoriquc subit une diminution considérable.

Exemples : Jeune fille avec catarrhe pulmonaire aigu intense. Au summum de la maladie = 0»%7 — 0''',5. Dans la convalescence . l8%5 — S'SS.

Derniers jours d'une phthisie pulmonaire aiguë : 0«%4 — 0^\i — 0'',3 — Ot',5 08%2 — 0«',1 — Qf%OS (jour de la mort).

Gangrène du poumon suivie de mort : 3 grammes — 2«', 5 — 2s',20 — 0M7.

Cependant, dans quelques cas, l'acide phosphorique peut aussi, comme le montre l'exemple suivant, s'élever beaucoup au-dessus de la normale pendant le summum des maladies aiguës :

Pneumonie intense chez un homme d'un âge moyeu, qui fut, traité et guéri par la digitale à haute dose : 4.«%5 — 5«%1 — 4?%! — 8«%4 — 7^%9 — 2'%9 — 5 grammes.

Dans les maladies chroniques, l'excrétion de l'acide phosphorique suit une marche très-irréguiière, elle reste généralement au-dessous de la normale ; quelquefois cependant elle la dépasse beaucoup. Je possède de nombreuses observations (50-40) relatives à ce sujet ; mais comme il serait ennuyeux de les mentionner en entier, je veux seulement indiquer, dans les exemples suivants, les moyennes, les raaxima et les minima.

Hommes.

Emphysème pulmonaire : moyenne de 8 jours ; maximum 2«', 5 ; minimum 0«',6.

Bronchorrhée chronique : moyenne de 8 jours 28%70; maximum 4^,7; miuimum 1«',3.

Carcinome du foie : moyenne de H jours 2«%2; maximum S^^G; minimum 1«',6.

Rhumatisme articulaire subaigu : moyenne do iS jours maximum S^',! ;

minimum

Hémiplégie, suite d'une apoplexie : moyenne de 35 jours 2«',7; maximum 5*%2 ; minimum i gramme.

Hydrurie : Moyenne de 3 jours 5 grammes ; maximum 5«%8 ; minimum 4«', 4.

Hydropisie, période de la diurèse, élimination du chlore beaucoup augmentée : moyenne de 2 jours i«',8.

Femmes.

Diabète insipide : Moyenne de 14 jours, 4''',8. Max. 7i=^8, Min. 3c',2.

Ascitc. Moyenne fie 15 jours, 5 grammes. Max. A*',!. Min. I«',?.

Rhumatisme chronique. Moyenne de 7 jours, 3«',3. Max. Min. 2«%7.

Irritation spinale, 2«%1 — 2»'',S. Moyenne, S»', 4.

Aménorrhée, 2«',! — 2«%3. Moyenne, 28', 2.

Scrofules, 2'%6 — 5«%2. Moyenne, 3«%5.

Tubercules pulmonaires, 1«',5 — 3'%9 (10 jours).

Erysipele chronique de la face, 1«',5 — 5"',6 (11 jours), etc.

BratUer donne le résumé suivant de ses observations sur des malades : l'excrétion de l'acide phosphorique est diminuée : dans les maladies et les désordres fonctionnels des reins accompagnés d'une diminution dans la quantité de l'urine (maladie deBright, affections du cœur), ainsi que dans les maladies des organes digestifs, qui empêchent l'absorption des aliments ingérés ; elle est augmentée dans les maladies fébriles aiguës, par l'influence de la métamorphose plus active des éléments phosphates du corps (cependant cette augmentation n'est pas aussi constante que celle de l'urée); dans les affections, où, par suite d'un trouble fonctionnel des reins, l'acide phosphorique a été retenu et s'est accumulé dans le sang, on observe aussi une augmentation dans la quantité de l'acide phosphorique éliminé, lorsque la cause de la rétention a été détruite (maladie de Bright, choléra).

Haxthausen a observé une diminution dans la sécrétion de l'acide phosphorique pendant l'accès des fièvres intermittentes.

l'IlOSPlIATES TERriEUX. § l'25. CHAUX, MAGNÉSIE.

Bencke, Der phosphorsdure Kalk., etc. Göttingen, 1850. Ibid., Z?(r Physiologie tind Pathologie des phosphorsäiirem und oxalsäuremKalkes,^. Beitrag. Gottingen, 1850. — Kletzinsky, Ileller's Archiv. 1852, p. 270.— C. Neubauer, (Jeher die Erdphosphate der Harns {Journ. f.prakt. Chem., t. LXVil, p. 65). — F. flucnke. De phosphatum terrarum in urinae quanlitate. Diss. inaug. Berlin, 1859.

Pour déterminer quantitativement les phosphates terreux (de chaux ou de magnésie) contenus dans l'urine, on peut, suivant le but que l'on se propose d'atteindre, employer différentes méthodes :

1° On évalue la quantité totale des phosphates terreux d'après le procédé de Beneke (85, 1). Cette méthode est d'une exécution rapide, mais il est évident qu'elle ne peut servir que lorsqu'il s'agit d'obtenir des résultats seulement approximatifs.

2° On détermine la quantité totale des phosphates terreux comme il est indiqué page 211, h : on les précipite par l'ammoniaque, on lave le précipité, on dissout dans l'acide chlorhydrique et dans

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