SANG
L'apparition du sang dans l'urine n'est point un phénomène rare, et môme pour le reconnaître, on n'éprouve aucune difficulté particulière. En ce qui nous concerne, les globules sanguins, et sur-
SÉDIMENTS DE L'UIUiNE.
tout leurs caractères microscopiques, ont une importance particulière.
A. Caractères microscopiques. — Les globules sanguins normaux, sont de petits corpuscules massifs et circulaires, qui, vus au microscope, présentent une forme impossible à confondre avec celle d'autres objets ; ils nous apparaissent sous forme de disques jaunes, épais, un peu biconcaves et à bords arrondis. Chez l'homme leur diamètre est d'environ 0,00752 millimètres (pl. I, fig. 6 ; pl. 111, fig. 1 et 2). Cependant les formes normales éprouvent en présence de plusieurs sels alcalins et d'autres corps des modifications et des changements particuliers, qui, pour nous, ont précisément une importance spéciale.
\. Action de l'eau sur les globules sanguins. — Suivant la quantité de l'eau ajoutée et la durée du contact, les globules du sang éprouvent des changements qui sont représentés planche III, figure 2, en allant de gauche à droite. La première action de l'eau a pour résultat de faire goufler les cellules, qui alors prennent une forme plus lenticulaire et finissent par devenir sphcriques : on voit d'abord leur dépression centrale s'effacer, puis se bomber peu à peu , ce qui entraîne nécessairement une diminution dans le diamètre de chaque disque. Maintenant les corpuscules nous apparaissent plus petits, l'ombre centrale disparait graduellement, tandis qu'une ombre circulaire apparaît à leur bord. Si l'action de l'eau dure plus longtemps , les cellules deviennent de plus en plus molles et pâles et enfin elles n'apparaissent plus que sous forme de vésicules minces et transparentes, qui ne tardent pas à disparaître tout à fait et à devenir invisibles.
2. Action des solutions salines sur les globules sanguins. — Si l'on arrose des globules sanguins normaux avec la solution concentrée d'un sel neutre, par exemple du sulfate de soude, ils éprouvent assez rapidement une forte contraction , qu'au microscope on reconnaît principalement à l'augmentation de la dépression centrale ; l'ombre qui indique celle-ci s'étend plus près du bord du disque que dans les corpuscules normaux. Le plus ordinairement, les bords des globules ne sont plus circulaires, mais ils sont plus ou moins contournés, oblongs, anguleux et , au lieu d'être lisses, ils sont la plupart du temps crénelés ou dentelés. En outre, si Ton mélange des corpuscules sanguins devenus invisibles par l'action de l'eau avec une solution concentrée de sulfate de soude, ils redeviennent visibles, mais ils nous apparaissent maintenant avec les formes décrites c'est-à-dire contournés, anguleux et dentelés (pl. III, fig. 2, en bas et à droite)'.
o Les alcalis caustiques, ainsi que plusieurs acides organiques, par exemple 1 acide acétique, gonfient fortement les globules du sang, ils altèrent leurs contours et les détruisent plus ou moins rapidement.
^ L'élément le plus important des globules rouges du sang est l^hémoglobine (matière colorante du sang, licmatocristalline) que l'on peut avec une facilité plus ou moins grande obtenir à l'étal
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cristallise. Lorsqu'on examine au speclroscope sa solution colorée en beau rouge de sang, elle montre, la liqueur étant fortement étendue (1/1000), et la couche liquide ayant 1 centimètre d'épaisseur, deux raies d'absorption entre les raies de Frauenhofer (D et E, pl. IV). La raie la plus voisine de D est limitée plus nettement, elle disparaît aussi plus tard que l'autre, lorsqu'on vient à étendre encore plus la liqueur. Mais si l'on abandonne pendant quelque temps dans un vase fermé une solution oxygénée d'hémoglobine, ou bien si on lui enlève l'oxygène avec quelques gouttes de sulfure d'ammonium, la coloration artérielle disparaît peu à peu. Dans le spectre, on ne voit plus maintenant les deux raies d'absorption, et, à peu près au milieu de l'intervalle qui sépare les raies spectrales D et E, se trouve une raie plus large et mal limitée. Lorsqu'on agite la solution avec de l'air, cette dernière raie disparaît et l'on voit réapparaître les raies d'absorption caractéristiques de l'hémoglobine oxygénée. Si l'on chauffe pendant quelques minutes, à 70 . ou 80% une solution d'hémoglobine, en changeant de couleur et en se coagulant, elle se dédouble en hématine et en une matière albuminoïde coagulée. Le sous-acétate de plomb ne précipite pas une solution d'hémoglobine pure. — Lorsqu'on abandonne pendant longtemps à elle-même, notamment à la température du sang, une solution concentrée d'hémotrlobine, sa coloration devient plus foncée et sa réaction acide; l'hémoglobine se transforme en méthémoglobine, que l'on rencontre dans les anciennes extravasations sanguines, ainsi que dans l'urine, après la destruction des globules du sang. Examinée au spectroscope, une solution de méthémoglobine suffisamment étendue montre les mêmes phénomènes qu'une solution acide d'hématine pure. Toutes deux, elles ne donnent qu'une raie d'absorption entre les lignes C et D, et qui est plus rapprochée de C (pl. IV). Si la solution est rendue alcaline, la raie se rapproche davantage de D; elle devient moins large et moins nettement lijnitéc. — Le sous-acétate de plomb précipite une solution de méthémoglobine. Nous devons à Hoppe-Seyter et à Stokes ces excellentes réactions.
B. Recherche qualitative.
i L'urine contient des globules sanguins.
Si l'urine est acide, les globules sanguins se conservent intacts
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pendant un temps assez long; c'est tout au plus s'ils sont un peu dentelés, mais ordinairement ils sont gonflés et ils se rai)proclient de la forme sphérique. Leur couleur est plus claire qu a l'état normal ; en outre, ils ont toujours des contours plus nets, mais ils ne sont plus placés les uns sur les autres de manière à former des rouleaux. D'après les modifications décrites plus haut tous ces changements doivent être attribués à l'eau et aux sels renfermés dans l'urine (pl. I, fig. 6; pl. III, fig. 1 et 2). Lorsque l'urine ne renferme qu'une petite quantité de sang, on la laisse reposer dans un tube ctiré en pomte à sa partie inférieure. Alors les globules sangums se déposent au fond du vase, sous forme d'un beau sédiment rouge, que l'on peut reconnaître, même à l'œil nu Lorsqu'elle renferme du sang, l'urine filtrée contient toujours des quantités correspondantes d'albumine, que l'on reconnaîtra d'après le paragraphe 21, C.
Examinée avec le spectroscope, une urine de ce genre montrera, lorsqu elle sera suffisamment étendue, entre les raies spectrales D et E, les raies d'absorption précédemment décrites et caracténstiques de l'hémoglobine. [Pour la manière de procéder, voyez plus bas 2, a (pl. IV).]
2 Les globules sanguins sont détruits, l'urine contient de la methemoglobine.
L'urine qui renferme de la méthémoglobine peut être colorée en brun rouge et même en noir. On essaye de la manière suivante :
«. On verse une certaine quantité de l'urine filtrée dans un vase a (üg. a), muni de deux parois en cristal planes et parallèles; on place ce vase près de la fente du spectroscope, on éclaire avec la um.ere sola.re ou b,en avec «ne lampe à ou à huile donnant une flamme Inen clan'e et l'on observe le spectre par h lunette b S, la quantUé de méthémoglobine n'est pas trop'considérable i
Z^rTr odorée, la rlL'c :
racler si que entre les raies spectrales C et D apparaît immédia-
d Djpl 4,.Da„s le cas contraire, c'est-à-dire si la proportion de mcthemoglobme est tros-considérable, une partie p us „u : :10ms grande du spectre sera effacée et elle ne reparaîtra qu orsqu ou aura étendu avec de l'eau l'urine à essaye , jusqu'à cÔ
qu'on aperçoive la raie d'absorption caractéristique de la méthcmoglobine.
Fig. 3.
b. On chauffe à l'ébullltion un deuxième échantillon de l'urine fdtrée. S'il y a de la méthémoglobine, il se produit un coagulum constitué par de l'hématine et une matière albuminoïde, et qui le plus souvent a une couleur rouge brun et presque noire après la dessiccation. Si nous traitons à une douce chaleur avec de l'alcool sulfurique ce coagulum préalablement lavé, il prendra une couleur plus ou moins rouge ou brun rouge et, après une concentration suffisante, il montrera au spectroscope les raies d'absorption décrites en A- et caractéristiques de l'hématine et de la méthémoglobine (pl. IV).
c. On mélange avec un peu de lessive de soude un troisième échantillon de l'urine à essayer, on chauffe h l'ébullltion et on laisse reposer quelque temps. Les phosphates terreux, en se précipitant, entraînent l'hématine formée par la décomposition de l'hémoglobine et de la méthémoglobine, et ils paraissent tantôt rouge brun, tantôt d'un beau rouge de sang, et souvent avec un rcllel vert à la lumière réfléchie. Cette réaction ne permet pas de distm-
inier entre elles l'hémoglobine, la méthcmoglobinc et l'hématine.
Si le coagulum phosphaté est coloré par de la rhubarbe, du séné , de la santonine, etc., et non par de l"hcmaliiic, il se distingue, parce qu'il ne devient pas dichroïque par l'action de la potasse, comme cela a lieu pour celui qui renferme de l'hématine, mais parce que avec le temps, surtout à l'air, il se colore en violet.
Il n'y a que le microscope qui permette de reconnaître avec certitude la présence du pus dans l'urine.
A. Caractères microscopiques. — Les corpuscules normaux du pus paraissent, au microscope, sous forme de vésicules rondes, pâles, non nettement granulées et de grosseur variable. Ce qu'il y de particulièrement important à observer dans ces corpuscules, c'est un noyau parfaitement visible qu'ils renferment le plus souvent, et qui, chez un grand nombre de ces petits corps, est simple, mais qui, chez d'autres, offre des formes différentes et est segmente de diverses manières (pl. 1, fig. 6; pl. 3, fig. 3). Tous les corpuscules du pus n'ont pas des contours nets, mais chez un grand nombre ceux-ci sont peu distincts et ils paraissent comme effacés.
i . Action de l'eau sur les corpuscules de pus. — Si l'on étend du pus frais avec une grande quantité d'eau distillée, on voit aussitôt les corpuscules se gonfler beaucoup et devenir extrêmement pâles et leurs bords s'amincir; généralement leur surface granulée disparaît, tandis que les noyaux deviennent plus évidents, et, indépendamment de ceux-ci, on aperçoit encore de petits granules sombres et semblables à des points.
2. Action de l'acide acétique sur les corpuscules du pus. — Si nous faisons agir sur du pus de l'acide acétique étendu, ou bien un autre acide organique, ainsi que des acides minéraux fortement étendus, les corpuscules se gonflent de manière à acquérir quelquefois le double de leur volume primitif; leur surface perd son aspect granulé ; les parois elles-mêmes deviennent extrêmement transparentes et souvent elles crèvent, de telle sorte qu'avec un bon éclairage on peut encore distinguer çà et là leurs débris dentelés et fendus de diverses manières. Les noyaux, dont il a déjà été question plus haut, apparaissent d'une manière très-évidente avec des formes différentes et en nombre variable ; tantôt ils sont simples, et alors ronds, ovales, lenticulaires ou en fer à clieval ; tantôt ils sont doubles , ou triples, ou quadruples et groupés différemment , suivant la manière dont ils se produisent par suite de la segmentation des noyaux simples (pl. m, fig. 3, moitié inférieure).
Les alcalis causiiqucs détruisent rapidement les corpuscules de pus ; cepon-
dant ils ne les dissolvent pas complétemcnf.. Fréquemment les corpuscules restent visibles pendant un peu de temps, mais on est sûr de les faire disparaître en ajoutant de 1 eau, et alors ils ne laissent qu'un résidu gélatineux dans lequel on peut reconnaître quelques petits points plus ou moins clairs.
B. Recherche qualitative. — Par le repos, le pus descend trèspromptement au fond du vase dans" une urine acide, et l'on peut alors, après avoir décanté l'urine qui surnageait, à l'aide d'un siphon, le soumettre facilement à un examen microscopique (pl I * fig.3;pl.II,fig. 3;pl. III, fig. 3).
Les sédiments purulents sont fréquemment accompagnés de globules sanguins, que l'on peut reconnaître à leur couleur rougeâtre, ou encore plus sûrement à l'aide du microscope. Dans ces deux cas, l'urine claire renferme de l'albumine (§21, C.).— Dans l'urine alcaline, le pus éprouve une modification essentielle, qui est d'autant plus importante que, précisément, dans les catarrhes de la vessie, etc., des quantités de pus souvent considérables sont fréquemment éliminées avec des urines alcalines. Les alcalis transforment le pus en une masse muco-gélatineuse, qui adhère fortement à la paroi des vases, dans laquelle le microscope ne montre' plus aucun corpuscule de pus, et que l'on peut facilement prendre pour du mucus. Cependant, dans la plupart des cas, on réussit à trouver, outre cette masse visqueuse et gélatineuse, un assez grand nombre de cellules de pus en suspension dans l'urine ; il suffit, pour cela, de soumettre ce liquide à un examen microscopique, le plus près possible du moment où il a été éliminé. — L'action exercée sur le pus par les alcalis, dont il a été question précédemment peut servir pour le distinguer du mucus. On arrose avec une lessive de potasse concentrée le sédiment en question ; alors le pus se coagule en donnant la masse gélatineuse indiquée précédemment, tandis que le mucus se dissout, en formant un liquide peu consistant et tenant des flocons en suspension. (Procédé de Donné.)
Amsi qu'on l'a déjà remarqué précédemment, lorsque l'urine renferme du pus elle contient aussi toujours de l'albumine provenant du sérum du pus ; par conséquent, on peut, d'après la quantité d'albumine renfermée dans l'urine, préalablement filtrée, déterminer approximativement la proportion du pus, en supposant toutefois que l'on ait des raisons suffisantes pour exclure l'existence simultanée d'une albuminurie véritable. En outre, lorsque du sang
SÉDIMENTS DE L'UUINE. Ijl
existe en même temps clans l'urine, il doit être également compté comme la source d'une partie de l'albumine.
§ 48. CYLINDRES URINIFÈRES.
Dans plusieurs maladies, et surtout dans la maladie deBright, on remarque dans le sédiment de l'urine des corps particuliers en fprme de tubes ou de cylindres. Il y a déjà longtemps que ces corps ont été observés, et ils diffèrent un peu par leur structure ; c'est ce qui fait que Lehmann les a divisés en trois espèces différentes :
1. Tubes qui paraissent être constitués par la couche épithéliale elle-même des tubes de Bellini; ils se rencontrent dans presque toutes les irritations inflammatoires des reins et ils forment des tubes réguliers, sur lesquels se trouvent groupés, à peu près en forme de rayons de miel, de petites cellules avec leur noyau
(pl.I,fig. 4). , . . P
2. Tubes qui paraissent être formés par les produits de 1 exsudation des tubes de Bellini et qui ont conservé la forme de ceux-ci Ces cylindres constituent des fragments granulés, qui fréquemment sont recouverts de corpuscules de sang et de pus. Ils semblent être formés par de la fibrine ; c'est du moins ce que paraît indiquer leur facile solubilité dans les alcalis, et lorsqu'on les met en contact avec ces corps^ parmi les globules sanguins et purulents qu'ils renferment les uns sont décomposés et les autres restent en suspension dans le liquide. On les rencontre toujours dans la maladie de Bright [{Frerichs, la Maladie de Bright) pl.I, fig. 6].
3. Enfin on remarque aussi quelquefois des tubes qui consistent en cylindres creux munis de parois si transparentes que ce n'est qu'avec peine que l'on peut, au microscope, les distinguer du liquide qui les entoure. Ils sont fréquemment aplatis ; ils forment des plis et il semble qu'ils sont enroulés autour d'un axe. Dans la forme chronique de la maladie de Bright on ne les rencontre ordinairement qu'à l'état isolé [{Lehmann) pl. I, fig. S]-
Recherche. — Pour reconnaître avec certitude ces produits extrêmement importants, on laisse reposer pendant plusieurs heures, dans un tube étiré en pointe à sa partie inférieure, l'urine, qui
presque toujours est fortement albumineuse. Le sédiment formé est généralement blanc et floconneux, ou, s'il y a d'autres substances, il constitue une masse plus dense. Dans ce sédiment, examiné à un grossissement de 180 à 200 diamètres, on constate facilement la présence des tubes urinifèrcs. Les cylindres souvent très-transparents, indiqués en 5, peuvent quelquefois se soustraire à l'observation, mais ils deviennent visibles dès qu'on colore le sédiment examiné en jauncàtre à l'aide d'une solution d'iode dans l'iodure de potassium, ou en rougeàtre avec une solution pas trop concentrée de fuscine. — Comme fréquemment on ne rencontre que de petites quantités de ces cylindres, on doit, afin d'être plus sûr, préparer différents spécimens et les examiner avec soin. Ces sédiments sont souvent accompagnés de gouttes graisseuses, de pus, d'épithélium, de sang, etc.
On fera attention à ne pas prendre pour des cylindres granulés le coagulum muqueux indiqué paragraphe 45, à propos du mucus et qui se trouve dans l'urme acide à côté des urates (pl. Il, fig. 2 ; voy. Mucus, § 45).
En ce qui concerne le cancer et les tubercules, voyez la deuxième partie.
§ i9. SPERMATOZOÏDES.
Les spermatozoïdes se présentent au microscope sous forme d'éléments sphériques ou à peu près sphériques, munis d'une queue plus ou moins longue parfaitement distincte et généralement terminée en pointe ; en outre, les spermatozoïdes sont doués de mouvements spontanés. Nous les rencontrons dans l'urine après les pollutions et le coït ; on les a aussi observés fréquemment dans l'urine de personnes atteintes de typhus.
Il est très-facile de découvrir les spermatozoïdes à cause de leur forme caractéristique, qui s'oppose à ce qu'on puisse les confondre avec toute autre matière. Ces corps sont en outre extrêmement difficiles à détruire ce qui aide encore à faire découvrir la présence du sperme dans l'urine. Pour découvrir les spermatozoïdes, il est nécessaire de laisser reposer l'urine au moins pendant quelques heures dans un verre terminé en pointe à sa partie inférieur (verre à Champagne) , parce que alors les spermatozoïdes descendront au
fond du vase avec les flocoris de mucus. En décantant avec précautions, on enlève la plus grande partie du liquide qui surnage et l'on porte sur le microscope une goutte du sédiment qui se trouve dans la pointe du verre. S'il y a des spermatozoïdes, ils se montrent avec leur forme de larve de grenouille décrite précédemment. On doit faire l'observation avec un grossissement de 300 à 500 diamètres. Dans l'eau pure de même que dans l'urine, notamment dans l'urine fortement acide ou alcaline le mouvement se perd proraptement ; souvent alors les spermatozoïdes subissent un changement de forme particulier : la partie postérieure de l'animalcule est recourbée en avant en forme de lacs et souvent elle est enroulée autour de la portion antérieure. En outre, l'observation de Lehmann mérite d'êlre remarquée, il a vu que l'urine renfermant du sperme devient facilement alcaline et que dans son sédiment muqueux, même s'il n'y a que peu de spermatozoïdes, on trouve des flocons particuliers légers, semblables à des lamelles et très-transparents.
CZeme«s a vu fréquemment du sperme, imparfaitement formé, ètré éliminé avec l'urine ; les spermatozoïdes se trouvent encore dans leurs cellules et ils adhèrent à l'enveloppe par leur tète et par leur queue ; rarement ils étaient doués du- mouvement, que l'on observe seulement chez ceux qui sont complètement développés. En même temps que ces cellules spermatiques, Clemens a souvent vu dans lurine de personnes atteintes de spermatorrhée des cellules globuleuses ayant de 0,0099 à O.OIS""" de diamètre, remplis de fins granules, qui, le plus souvent, se trouvaient presque tous placés d'un seul côté de la cellule. Ces cellules ne sont autre chose que les cellules-mères des spermatozoïdes. Généralement on trouve ces éléments dans les dernières gouttes de l'urine qui est émise par les personnes déjà très-affaiblies par une spermatorrhée, ainsi que par les malades atteints de typhus. {CanslaW s Jahresbericht, 1860, p. 285.)
§ 50. CIIAWriGNONS. INFUSOIRES.
Au microscope, on observe des champignons et des infusoires dans toute urine qui a été abandonnée pendant longtemps à elle-même ; mais on peut aussi en observer dans l'urine tout à fait fraîche, si celle-ci a déjà commence à se décomposer dans l'intérieur de la vessie, comme cela a lieu assez fréquemment, par exemple, dans le catarrhe des parois vésicales.
Les infusoires sont généralement très-petits. Le plus fréquemment on trouve des monades punctiformes ou bien des vibrions sous forme de chapelets ou de
ramifications. Au commencement de la décomposition de l'urine, ces derniers ne sont qu'en petite quantité ; plus tard , lorsqu'ils deviennent plus nombreux, ils se rassemblent à la surface et y forment , avec le triple phosphate et les champignons, une pellicule qui se fendille et plus tard descend au fond du vase. Ils se forment surtout abondamment dans les urines riches en mucus et en albumine. — Hassal a remarqué dans l'urine une deuxième espèce d'infusoire , le bodo urinarius ; les individus , qui sont vivants et qui se meuvent, sont ovales ou ronds et ont un diamètre égal de 1/60 à 1/100 de millimètre ; ils sont granulés et semblables à des cellules muqueuses. Souvent ils sont plus larges à une extrémité et, en différentes parties, ils sont pourvus de un, ou plus généralement de deux, ou de trois fils ou cils. Ils se multiplient par division. D'après Hassal, ils ont la plus grande analogie avec le bodo intestijialis d'Ehrenberg. On les rencontre surtout fréquemment dans l'urine alburaincuse h côté des vibrions.
Parmi les champignons, on rencontre très-fréquemment le champignon de la fermentation urinaire ; ce produit se présente sous forme de cellules à noyaux rondes ou ovales, qui se forment aux dépens du mucus décomposé. Les champignons de la fermentation sont tantôt isolés, tantôt réunis plusieurs ensemble de manière à constituer des séries et des groupes (pl. II, fig. 2 et-i). Lorsque la fermentation est plus avancée , ils accompagnent fréquem.ment les sédiments d'urates, d'acide uriquc libre et d'oxalate de chaux.
. D'après Van Tieghem^, la fermentation alcaline de l'urine serait sous la dépendance du développement d'une torulacée constituée par des cellules globuleuses réunies sous formé de chapelets ; ces cellules ont 0,ÜÜ I5 millim. de diamètre, elles ne sont pas granulées et l'on ne trouve aucune différence entre leur enveloppe et leur contenu. Ce ferment parait se muhiplier par bourgeonnement et il ne se développe jamais à la surface du liquide, mais, soit à l'intérieur de celui-ci, soit au fond du vase, où il finit par se former un dépôt blanc mélangé avec les sels qui se sont séparés.
Les champignons ovales et transparents qui se forment dans la fermentation de l'urine diabétique sont beaucoup plus gros que ceux indiqués précédemment, et par leur forme et leur développement ils ressemblent aux cellules de la levùre ordinaire. Leur forme est généralement un peu oblongue , quelquefois aussi ronde, lern- grosseur est variable ; tous ont un noyau parfaitement évident , qui souvent paraît sous forme de trou. En même temps il se forme des filaments ^ confcrvoïdes renfei^mant des spores ; ceë produits sont ramifiés dichotomiquement et, après un long repos de l'urine, ils forment des enchevêtrements tellement serrés, qu'ils couvrent entièrement le champ de la vision (fig. 4). — Hassal a encore observé d'autres formations de champignons dans l'urine alcaline et albumineuse.
La sarcine a été récemment trouvé par Ph. Münk dans l'urine d'un homme de quarante-trois ans. Ce liquide, fraîchement émis, avait toujours une réaction alcaline, il était trouble et contenait un peu d'albumine. Au microscope on trouvait à côté de l'épithélium quelques cellules de sang et de pus, des vibrions et du triple phos-
1 Ilecherc/us sur la fermentation de l'urcc cl de l'acide hippurique; Thèses de la Faculté des sciences de Paris, n" 256. 18G4.
phatc, un grand nombre de cubes transparents de sareine, dont les angles sont un peu arrondis (fi g. 5). Si l'urine restait un peu en repos, il se formait promptement un dépôt blanchâtre extrême-
Fig. 4. Fig. 5.
ment abondant qui généralement était formé de sareine et des autres corps nommés plus haut, et qui, notamment dans les mois de mai et de juin occupait dans le vase la quinzième ou la vingtième partie de la hauteur totale de l'urine émise en vingt-quatre heures. Dans les mois d'automne, la sareine diminuait beaucoup et elle était presque nulle à la fin d'octobre.
Münk trouva des éléments de sareine isolés et des cubes formés de 8, 64 et 512 éléments. Indépendamment de ces formes, on trouvait aussi des masses provenant du fractionnement de cubes plus gros, notamment de ceux de 512 cléments. Les éléments isolés avaient de 0""°, 0008 5 ܰ"°,0016 de diamètre; le diamètre des cubes, composés de 8 éléments, variait de 0°"°,0016 à 0'"'",0034, celui des cubes de 64 éléments de 0'°'°,Ü052 à 0""",006 , entin celui des cubes de 512 éléments de 0""",008 à0"'"',012. Par conséquent, dans ce cas aussi, la sareine de l'urine était beaucoup plus petite que celle de Testomac. La forme particulière décrite par Virchow pouvait être reconnue distinctement dans les groupes de cubes si on faisait rouler la préparation sous le microscope. La réaction de l'urine paraît être sans influence sur le développement de la sareine ; dans ce cas elle était toujours alcaline , dans celui observé par Welker elle était acide, dans un autre elle était neutre de temps en temps. {Archiv f. palh. Anal, u. Physiol.,L\M,'^. 10.)