‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 158 · IV. ÉLÉMENTS ACCIDENTELS DE L'URINE · texte numérisé non relu

IV. ÉLÉMENTS ACCIDENTELS DE L'URINE

Cette partie comprend l'examen des changements qu'éprouvent les substances lorsqu'elles passent dans l'urine. On comprend immédiatement combien est importante l'étude de ces changements, car elle nous renseigne sur les diverses métamorphoses auxquelles est soumise la matière dans l'intérieur de l'organisme animal. Cependant, pour arriver par cette voie à des résultats d'une application générale, il est naturellement nécessaire d'effectuer de trèsnombreuses recherches poursuivies jusque dans les plus petits détails. La marche la plus convenable à suivre, c'est d'observer le résultat auquel donne lieu l'introduction dans le corps de substances organiques, dont la constitution chimique est parfaitement connue et dont les produits de décomposition ont été l'objet d'investigations complètes ; en se basant sur les modifications que ces substances éprouvent dans le corps animal, on peut arriver à des conclusions concernant les forces chimiques qui, dans l'organisme et notamment dans le sang, président à la métamorphose de la matière.

Avant de passer à l'examen de chacune des substances en particulier, les faits suivants doivent d'abord être indiqués :

Il est évident que les seules substances qui puissent passer dans l'urine, sans avoir éprouvé d'altérations, sont, en premier lieu, celles qui ne servent pas comme aliments et, en second lieu, celles qui sont solubles dans l'eau et n'ont aucune tendance à former des composés insolubles avec les matières organiques du corps animal. C'est pour ces raisons que l'on réussit facilement à trouver inaltérés dans l'urine la plupart des sels alcalins solubles. Si cependant nous introduisons dans le corps une substance non oxydée, mais qui ait de la tendance à absorber l'oxygène, nous la retrouvons oxydée dans l'urine; tel est, par exemple, le sulfure de sodium qui passe toujours dans l'urine à l'état de sulfate de soude. Mais toutes les substances qui forment avec les matériaux du corps des combinaisons insolubles ou difficilement solubles, comme, par

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exemple, la plupart des métaux avec les substances protciques, n'apparaissent dans l'urine, comme l'a découvert Orfila, que si elles sont introduites dans le corps en très-grande quantité.

En outre, beaucoup de corps organiques subissent dans l'organisme des métamorphoses analogues ou semblables à celles qu'elles sont susceptibles d'éprouver artificiellement dans des solutions neutres ou alcalines, par l'action du permanganate de potasse et de l'ozone. D'autres substances sont si complètement oxydées que l'on ne réussit pas à retrouver dans lurine elles ou leurs produits de décomposition; au contraire, il y en a plusieurs qui abandonnent de l'oxygène et qui apparaissent dans l'urine à leur dernier degré d'oxydation.

Enfin, il y faut encore faire attention au temps qu'emploie une substance pour passer dans l'urine. On peut admettre qu'en général les substances facilement solubles sont rapidement éliminées du corps avec l'urine; cependant l'individu lui-même paraît aussi avoir quelque influence : ainsi Lehmann a observé que, chez plusieurs personnes, on ne pouvait plus trouver aucune trace d'iode dans l'urine, vingt-quatre heures après l'administration d'une dose de O^SSO d'iodure de potassium, mais que souvent, chez d'autres, il était encore possible d'en découvrir trois jours après.

Nous allons maintenant examiner la manière dont se comporte dans le corps animal chacune des substances en particulier :

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