‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 49 sur 158 · C. Application · texte numérisé non relu

C. Application

Afin de pouvoir, à l'aide de cette méthode, doser l'urée dans l'urine, il faut, comme pour le sel marin, éliminer l'acide phosphorique. Dans ce but, on mesure avec une pipette 40 c. c. de l'urine; on les mélange avec 20 c. c. de solution barytique, et au moyen d'un filtre non humecté, on sépare le précipité formé. Du liquide filtré, on mesure pour chaque analyse 15 c. c, qui par conséquent correspondent exactement à 10 c. c. d'urine. — Le plus généralement, 1 volume de solution de baryte pour 2 volumes d'urine est suffisant pour éliminer entièrement les acides phosphorique et sulfurique, de telle sorte qu'il reste un peu de baryte en dissolution. Mais si l'urine contient des carbonates alcalins, qui, dans certaines circonstances, peuvent être représentés par du carbonate

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d'ammoniaque provenant do la décomposition de rurco, ou bien si elle a une réaction fortement acide, souvent 1 volume de solu. tion barytique ne suHit pas pour 2 volumes d'urine ; il faut alors en prendre luie plus grande quantité. Si l'on mélange 5 volumes de solution de baryte avec 4 volumes d'urine, on prend du liquide filtré 17,5 c. c. (correspondant à 10 c. c. d'urine) ; lorsqu'on a mesuré des volumes égaux de solution barytique et d'urine, on prend pour l'essai 20 c. c. du mélange, etc.

Dans cette quantité mesurée d'urine, et sans neutralisation préalable (qui est nécessaire quand il s'agit du dosage du sel marin), on fait couler, en agitant continuellement le mélange, la solution titrée de mercure contenue dans une burette de Möhr ; dès que l'on ne remarque plus aucune précipitation, et que le mélange ne s'épaissit plus, on procède à l'essai. Dans ce but, avec une baguette de verre on porte quelques gouttes du mélange sur un verre de montre, et après avoir posé quelques gouttes de solution de carbonate de soude sur le bord du verre, on les laisse couler sur celles qui s'y trouvent déjcà ; il est convenable de se servir pour cette dernière opération d'une pipette de Möhr. Si le mélange conserve sa couleur blanche, il y a encore de l'urée libre ; alors on ajoute encore quelques gouttes de solution de mercure ; on essaye de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce que dans un essai sur le verre de montre avec le carbonate de soude, il se produise une coloration jaune bien évidente. La nuance doit naturellement être semblable à celle que l'on a obtenue en déterminant le titre de la solution de mercure, car si, en faisant l'analyse, on s'arrête tantôt à une nuance claire, tantôt à une nuance foncée, on commet une erreur qu'avec un peu d'exercice on apprend facilement à éviter.

A l'aide du nombre de centimètres cubes de solution de mercure employés, on calcule la richesse en urée ; cependant, dans certaines circonstances, quelques corrections sont nécessaires, et elles sont indiquées dans les pages suivantes.

D. Modifications du vrocédé et corrections nécessitées par certaines circonstances.

\. L'urine contient plus de 2 p. 100 d'urée.

Notre solution de mercure est titrée avec une solution d'urée qui contient 2 p. 100 de cette substance ; par conséquent, nous

avons besoin de 50 c. c. de solution de mercure pour précipiter complètement l'urée de 15 c. c. de notre solution d'urée et produire la réaction finale avec le carbonate de soude. Le volume du mélange s'élèvera donc à 45 c. c, et nous avons dans cette quantité 50 -f- 5,2 = 456 milligrammes d'oxyde de mercure libre; chaque centimètre cube contient par conséquent 5,47 milligrammes. Si les 15 c. c. de la solution d'urée contiennent 4 p. 100, et si l'on ajoute à 15 c. c. de cette solution 60 c. c. de solution de mercure, on a un mélange ayant un volume de 75 c. c. et dans lequel il se trouve 60 + 5,2= 512 milligrammes d'oxyde "de mercure libre; dans chaque centimètre cube, il y en a donc 4,16 milligrammes, et par conséquent 0,69 milligrammes de plus qu'il n'en faut pour produire la réaction finale avec le carbonate de soude.

Il résulte de ce qui précède, que, dans les analyses de l'urine, on commet une erreur dès que la richesse en urée s'élève au-dessus de 2 p. 400 : la véritable richesse se trouve alors diminué. Si l'urine contient, comme dans le cas précédent, 4 p. 100 d'urée, on n'aura pas besoin de 60, mais seulement de 59,57 c. c. de solution de mercure.

Pour éviter cette erreur, en opérant sur 15 ce. d'urine, on ajoute au mélange, avant l'essai par le carbonate de soude, un nombre de centimètres cubes d'eau égal à la moitié de celui que l'on a employé en plus dos 50 c. c. nécessaires pour la précipitation. Si-, par exemple, on emploie 50 c. c. de solution de mercure pour 15 c. c. d'urine, c'est-à-dire 20 c. c. de plus que 50, on ajoute, avant l'essai par le carbonate de soude, 10 c. c. d'eau.

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