‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 53 sur 158 · C. Application à Vurine · texte numérisé non relu

C. Application à Vurine

a. Dosage de la proportion totale de l'acide phosphorique.

1. On verse dans un gobelet de verre 50 c. c. d'urine préalablement filtrée ; on ajoute 5 c. c. de la solution d'acétate de soude; on chauffe au bain-marie, et ensuite on laisse couler la solution d'urane contenue dans une burette de Möhr divisée en dixièmes de ccn ■ timetre cube. Dès que le précipité n'augmente plus, ce que l'on peut observer, avec assez de netteté, si, sans agiter, ou laisse couler lei,-

>I0 DES HRtî<ES.

tcmciit la solution d'uranc le long de la paroi du vase , on procède à l'essai. Dans ce but, on porto une ou deux gouttes du mélange sur un morceau de porcelaine Ijlanclie et à l'aide d'une bai,aiette de verre mince, on dépose, au milieu de la goutte du mélange un peu étendue, une goutte d'une solution de ferrocyanure de potassium faiblement colorée en jaune. S'il y a déjà un petit excès d'oxyde d'uranc, il se forme à l'endroit où la solution de ferrocyanure de potassium a été posée, une tache ayant un éclat brun rongeàtre, qui, entourée par un liquide incolore ou faiblement coloré en jaune, peut être observée avec une grande netteté. Si la réaction s'est produite faiblement, on chauffe encore quelques instants (1 ou 2 minutes) au bain-marie et l'on essaie de nouveau. Si maintenant la coloration reste encore perceptible, etsilanuance correspond à celle obtenue en déterminant primilivement le titre de la solution d'urane, l'expérience est terminée. Mais, si cela n'a pas lieu, on continue l'addition de la solution d'urane jusqu'à ce que la réaction finale se produise d'une manière nette et persistante. Si, ne prenant pas assez de précaution, en ajoutant la solution d'urane, on avait dépassé le point exact, si, par conséquent, l'addition du ferrocyanure de potassium produit immédiatement une coloration d'un brun foncé, on ajoute au mélange, suivant les circonstances, 10 ou 20 c. c. d'urine, et maintenant on titre en ajoutant avecplusde précaution la solution d'uranc, jusqu'à ce qu'on ait obtenulanuance exacte. Ainsi qu'onl'adéjà fait remarquerplus haut, l'acétate de soude retarde l'action du ferrocyanure de potassium sur l'oxyde d'urane ; c'est pourquoi chaque échantillon que l'on essaie devient de plus en plus foncé, et il ne faut pas se laisser induire en erreur par cette circonstance. Dans tous les cas, ce qu'il y a de mieux, c'est de considéier comme la fin de l'expérience la première apparition d'une coloration brune extrêmt ment faible, que l'on peut, après avoir chauffé de nouveau au bain-marie (pendant 2 ou 5 minutes), reproduire avec la môme nuance, bien que la couleur brune soit devenue plus intense au bout de dix ou quinze minutes. — Pincns et Bödeker, qui, après moi, ont aussi recommandé l'oxyde d'urane dans le même but, procèdent à froid à l'opération du titrage; mais je préfère sans restriction le liquide bouillant, parce que la séparation complète du phosphate d'uranc se fait beaucoup plus rapidement dans des liqueurs bouillantes.—

Par conséquent, si pour 50 c. c. d'urine on a, par exemple, employé 20 c. c. de solution d'uranc pour produire la première apparition d'une coloration faible, mais persistant sous l'influence de la chaleur, cette quantité d'urine contient 0^\iOÖ d'acide phosphoriquc, et il est maintenant facile de calculer la proportion de cet acide pour l'urine émise en vingt-quatre heures,

2. Les résultats sont encore plus précis, si l'on précipite tout l'acide phosphorique de l'urine avec une solution de magnésie et si l'on titre comme plus haut l'acide phosphorique contenu dans le précipité lavé. Dans ce but, on précipite 50 c. c. d'urine avec une mixture de magnésie (un mélange clair de sulfate de magnésie, de chlorhydrate d'ammoniaque et d'ammoniaque) et on laisse reposer plusieurs heures, jusqu'à séparation complète du précipité. On ra: semble sur un petit filtre le précipité de phosphate ammoniaco-magnésien ; onlave avec de l'eau ammoniacale (1 partied'ammoniaque et 5 d'eau), et après avoir percé le filtre on fait tomber le précipité dans un gobelet de verre. Celui-ci étant chauffé au bain-marie, on y verse goutte à goutte de l'acide acétique jusqu'à ce que le précipité soit complètement dissous ; on étend avec de l'eau de manière à faire un volume de 50 c. c. ; on ajoute 5 c. c. de la solution d'acétate de soude et l'on titre avec la solution d'uranc exactement comme il a été dit plus haut. — On ne se sert de cette modification que dans des cas très-rares, parce que, en titrant directement dans l'urine, les résultats sont très-satisfaisants. En opérant sur la même urine, on emploiera le plus souvent en moins quelques dixièmes de centimètre cube de solution d'urane; ce qui fait, pour 1,500 c. c. d'urine émis en vingt-quatre heures environ 0^^,15 à 0,2 gr. PhO^

b. Dosage de l'acide phosphorique combiné aux terres.

Pour doser séparément l'acide phosphorique combiné aux terres on mélange avec de l'ammoniaque, jusqu'à réaction alcaline, 100 ou 200 c. c. (suivant la concentration) de l'urine filtrée et on laisse reposer douze heures. On rassemble sur un filtre les phosphates terreux qui se sont séparés pendant ce temps, et on lave avec de l'eau ammoniacale (1 partie d'ammoniaque pour 3 d'eau) Ce a fait on perce le filtre ; on fait tomber le précipité dans un gobelet de verre ; on le dissout à chaud dans aussi peu d'acide acetnp.e que possible et, après avoir ajouté 5 c. c. de la solution

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d'acétate de soude et porté le volume total à 50 c. c., on titre avec la solution d'urane comme il a été dit en a.

Eœeviple :

Pour le dosage dePacide phosphorique total de 50 ce. d urine, il a fallu 18,4c. c de solution d'urane, ce qui donne 0,092 grammes d'acide phospliorique, et pour 1000 c. c, 1,840 grammes. Pour le dosage de Pacide phosphorique uni aux terres on a employé dans 100 c. c. d'urine, 6 c. c. de solution d'urane. La proportion de Pacide phosphorique est donc égale à 0,03 grammes, par conséquent à 0,500 grammes dans 1000 c. c.

L'urine contient donc :

a. Acide phospliorique total 'le'^,840

b. Acide phosphorique combiné aux terres 0 300

c. Acide phosphorique combiné aux alcalis 1«',540

§ 6i. DÉTERMINATION DU DEGRÉ D'ACIDITÉ.

A. Principe. — Comme la réaction acide d'une urine n'est pas due seulement à la présence du phosphate de soude, mais que d'autres acides, l'acide lactique par exemple, peuvent aussi y contribuer, on doit, en déterminant l'acidité, se contenter de comparer le pouvoir de saturation avec celui d'un autre acide connu. Dans ce but, on choisit l'acide oxalique, et maintenant on a à déterminer à combien d'acide oxalique correspond l'acide libre contenu dans une quantité d'urine déterminée. Pour obtenir ce résultat, on neutralise exactement le volume d'urine connu avec une solution alcaline dont chaque centimètre cube représente une quantité déterminée d'acide oxalique. Une solution de soude caustique est tout à fait convenable pour ce but, parce que, comme le fait l'ammoniaque, elle ne perd pas de son activité par l'évaporation, et, en même temps, elle permet d'atteindre le point neutre avec beaucoup de précision. B. Préparation des solutions.

a. Solution Htrée d'acide oxalique. - Cette liqueur sert pour titrer la lessive de soude caustique. Pour la préparer, on d.ssou 1 gramme d acide ox hqu pur, non eflleuri et l'on étend à 100 c. c; 10 c. c. de celle solution renferment par'conséquent 100 milligramme d'acide oxalique. r „,..,^,„p.

^ ft.7emlr.d.W..r...o/. - On laisse digérer pendant longtemps o g mme de tournesol avec 20 grammes d'eau et Pon filtre la solution bleu fonce ainsi obtenue.

nÉTFJiMINATION DE CHAQUE CORPS. ^213

c Lessive de sonde caustique. - On la prépare comme à l'ordinaire avec du carbonate de soude et de la chaux caustique, et ensuite on détermine sa valeur avec la solution d'acide oxalique a. Chaque centimètre cube doit indiquer 1Ü milligrammes d'acide oxalique.

Au moyen d'une pipette, on mesure exactement 10 c. c. de la solution d acide oxalique "que l'on lait couler dans un petit gobelet de verre et que l'on colore en rouge bien distinct avec quelques gouttes de teinture de tournesol. On place ensuite le vase sur une base blanche et maintenant on y ajoute goutte à goutte la lessive de soude étendue, jusqu'à ce que le liquide soit redevenu bleu. Ce point peut être observé avec la plus grande précision, parce que le passage delà couleur ronge au bleu se fait subilement. Si nous supposons que l'on ait* employé pour cela Oc. c. de solution de soude, cette quantité correspond à 100 milligrammes d'acide oxalique ; par conséquent nous ajoutons à 000 c. c. de la lessive°de soude 400 c. c. d'eau, et nous obtenons ainsi 1 litre d'une liqueur, dont 1 c. c. représente exactement 10 milligrammes d'acide oxalique. Maintenant, en titrant une seconde fois, on s'assure si la solution est exactement étendue ; si, après que la dernière goutte des 10 c. c. a été ajoutée, la coloration bleue est apparue, on peut se servir de la lessive de soude pour déterminer l'acidité de l'urine.

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