‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 8 sur 158 · C^IP · texte numérisé non relu

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caractérisée par son odeur .le poisson de mer. (Annal, d. Ciirmic ii. Pharm., t. C. p. 128.) ■

1^2 DßS UIUNES.

partie de l'ammoniaqne se combine aussi avec le pliosplialc de magnésie contenu dans l'urine et une grande quantité de beaux cristaux cannelés de phosphate ammoniaco-magnésicn se séparent à côté du phosphate de chaux (planche II, lig. 3 et 5). — Cette décomposition particulière est en connexion intime avec la formation des sédmients, et j'y reviendrai à propos de ceux-ci.

D'après les recherches de Schönhein, ce sont les champignons, qui se forment peu à peu dans l'urine en décomposilion, qui transforment en peu de temps même l'urée pure en carbonate d'ammoniaque. D'après Pasteur et Tiecjhem., il y a ici en jeu une torulacée, qui prend naissance dans l'intérieur du liquide et sm-tout au fond du vase, sous forme d'un dépôt blanc. Au microscope, cette torulacée se présente en chapelets constitués par de petits globules sphériqucs de 0,0015 de diamètre, sans granulations ni paroi reconnaissablc et qui paraissent s'accroître par bourgeonnement.

De toutes les substances qui se rencontrent dans l'urine de l'homme, la plus importante est incontestablement l'urée qui, ainsi que nous l'avons déjà vu plus haut, est le produit ultime principal de la métamorphose régressive de la matière. L'urée constitue l'intermédiaire par lequel l'azote devenu impropre à l'organisme est rendu à la nature minérale, car, une fois éliminée du corps, elle se dédouble avec une extrême facilité, au contact de matières en décomposition, en ammoniaque et en acide carbonique, afin, sous cette forme, de servir d'aliment aux plantes et de recommencer ainsi le mouvement circulaire de la matière. — Après l'urée vient l'acide urique, qui certainement a pris également naissance par métamorphose régressive des éléments azotés du corps ; il occupe encore un degré plus élevé que l'urée, et par une oxydation progressive, il se dédouble aussi en urée et en acide carbonique. Sa quantité variable est plus faible que celle de l'urée et il ne se trouve pas comme celle-ci à l'état libre, mais bien combiné à des bases.

Dans toute urine, nous trouvons aussi, à coté de l'acide urique, de petites quantités d'acide hippurique, dont on ne connaît pas d'une manière précise le mode de production, bien qu'il soit trèsurobable qu'il se forme d'une manière analogue à celle de l'urée et de l'acide urique et qu'il soit un terme de la métamorphose régressive de la matière. — Indépendamment de ces corps, toute ui^ne renferme encore de petites quantités de xanthine et de créa-

CfVRACTÈRES DE L'URIME îsÛRMALE. 15 lininc et, en outre, des substances colorantes et extractives dont la nature' chimique, le mode de production, etc., ne sont encore connus que d'une manière très-peu positive. — Parmi les éléments minéraux, nous trouvons d'abord des chlorures métalliques, du chlorure de sodium, du chlorure de potassium et de petites quantités de chlorure d'ammonium ; en outre, des phosphates, principalement du phosphate acide de soude et de petites quantités de phosphate de chaux et de phosphate de magnésie ; nous rencontrons aussi des sulfates, des traces de fer et d'acide silicique. Sclwnbein a, en outre, découvert dans l'urine normale de faibles proportions d'azotates qui, pendant la fermentation alcaline de l'urine se transforment en azotites, ainsi que des traces de bioxyde d'hydrogène. — Enfin, le sang fortement chargé d'acide carbonique cède toujours à l'urine, en traversant les reins, une certaine quantité d'acide carbonique qui n'est pas tout à fait sans importance et qui est éliminé avec cette sécrétion.

D'après Bcchamp, toute urine normale renferme également un ferment particulier, la néphrozymase, qui, comme le ferment de la salive, a la propriété de transformer l'amidon en sucre. — On ne sait encore rien sur ces substances qui produisent la fluorescence blanchâtre de l'urine que l'on peut fréquemment observer et qui devient vert émeraude, lorsque la réaction est alcaline.

Yis-à-vis des éléments normaux de l'urine, organiques ou inorganiques, nommés jusqu'ici, se placent les substances que l'on y trouve pathologiquement ou accidentellement. Parmi les substances pathologiques les plus importantes sont : l'albumine, le sucre, les pigments biliaires, la graisse, la mucine et plusieurs autres que, dans certains dérangements de la santé, on rencontre dans l'urine, tandis que les autres, c'est-à-dire les substances accidentelles, peuvent être de nature très-différente, suivant qu'une matière ou une autre est introduite par accident ou avec intention clans l'organisme et que maintenant, par cette voie, elle est éliminée, soit sans avoir éprouvé d'altération, soit après une transformation chimique préalable.

Nous allons maintenant examiner en détail chacun des éléments normaux, organiques et inorganiques, ainsi que les substances pathologiques et accidentelles.

DES imiNES.

A. Éléments organiques.

/ C-O'-* Carbone. . . . 20,000

Formule rationnelle : Az- I II- Hydrogène. . . 0,606

( Azote 46,667

Formule : C'^H^Az^O- Oxygène. . . . 26,667

k. État naturel . — L'urée se trouve dans l'urine des mammifères, des oiseaux, ainsi que des reptiles, et c'est l'urine des carnivores qui en renferme le plus. Cependant nous rencontrons aussi constamment ce principe dans le sang, et il s'y montre en proportion souvent importante, principalement dans les affections des reins (maladie de Bright) ou bien également après l'extirpation de ces organes. Cette dernière circonstance fait voir que l'urée ne se forme pas dans les reins, mais dans le sang, et la production de cet élément a lieu, par un procédé d'oxydation, aux dépens des substances azotées devenues inutiles, des débris de la masse des tissus, ainsi qu'aux dépens des corps azotés introduits en excès dans le sang. Dans le suc des muscles, nous ne trouvons pas d'urée, mais bien d'autres corps, par exemple la créatine, la xanthine, l'hypoxanthine, etc., au moyen desquelles nous pouvons produire artificiellement de l'urée. On peut bien admettre, par conséquent, que ces substances, auxquelles se rattacbe également l'acide urique qui se trouve dans le sang, sont sous l'influence de l'oxygène et des alcalis libres métamorphosés dans le liquide sanguin en urée et autres produits et que celle-là est séparée par l'action des reins. Enfin, si nous introduisons dans le sang de l'acide urique, de la créatine, de la glucine, de l'allantoïne^ de la guanine, de la théine, de la gélatine ou un excès de substances alimentaires riches en azote, ces corps sont transformés en urée et autres produits et par conséquent ils donnent très-i)romptement lieu à une augmentation de l'urée dans l'urine;

L'urée se rencontre aussi normalement dans le sung, l'eau de l'amnios, l'humeur vitrée et riiumeur aqueuse de l'œil, en outre, dans la sueur, dû Funke cl

ÉLÉMENTS NORMAUX DE L'UniNK. 15

d'autres l'ont trouvée normalement. — Wiirl% l'a aussi découverte dans la lymphe et dans le ehylc de plusieurs animaux. — L'urée ne paraît pas exister à l'état normal dans les muscles de l'homme et de la plupart des animaux vertébrés, du moins, jusqu'à présent, on n'a pas réussi à l'y découvrir. Il est cependant vraisemblable que l'urée se rencontre dans les muscles et les organes de plusieurs animaux, dans lesquels, jusqu'à présent, eUe n'a pas été trouvée chez l'homme. Ainsi Städeler et Frerichs en ont découvert des quantités importantes dans la chair musculaire et dans presque tous les organes d'un grand nombre de poissons cartilagineux (plagiostomes) , tandis qu'on l'a recherchée vainement dans les organes correspondants des poissons osseux.

Lorsque la séparation de l'urée par les reins est plus ou moins empêchée ou même complètement interrompue, nous voyons cette substance passer dans presque tous les liquides animaux. Elle se montre d'abord en plus grande quantité dans le sang et de là elle passe facilement dans les exsudations séreuses. Mais, dans ces circonstances, on a trouvé aussi de l'urée dans le suc des muscles, la bile, la salive, les matières du vomissement, même dans le pus et dans le lait. La sueur est surtojit alors riche en urée, de telle sorte qu'après l'évaporation de cette sécrétion, il reste souvent une croûte constituée par de l'urée. {Schottin.)

Lorsqu'on introduit artificiellement de l'urée dans le corps, celle-là n'est pas décomposée dans les circonstances normales, mais l'organisme s'en débarrasse très-rapidement, de telle sorte que, souvent au bout de quelques minutes, on peut observer dans l'urine une augmentation importante de l'urée. — Gallois vil mourir un lapin de 2 kilogrammes après lui avoir administré 20 grammes d'urée. Il se produisit d'abord une accélération de la respiration, puis une faiblesse des membres, des tremblements avec convulsions, des convulsions générales, du tétano»et enfin la mort.

L'urine d'un homme sain, qui fait usage d'une nourriture mixte, renferme en moyenne 2,5 — 3,2 pour 100 d'urée, de telle sorte que, dans l'espace de vingt-quatre heures, il en élimine entre 22 et 35 grammes. Mais la quantité de l'urée séparée est très-variable, et elle dépend beaucoup notamment du poids du corps et de la nourriture. Ainsi Lehmann a vu avec une alimentation animale pure la quantité de l'urée de vingt-quatre heures s'élever jusqu'à 58 grammes, et tomber au contraire au-dessous de 15 grammes, avec une nourriture pauvre en azote; mais pendant une diète complète l'urée ne disparaît jamais entièrement de l'urine.

La production artificielle do l'urée peut être effectuée à l'aide de moyens très-^ différents; ainsi lö cyanate d'ammoniaque, qui a la même composition élémentaire, se transfor'mc immédiatement en urée, lorsqu'on chauffe sa dissolution. Elle peut en oütrc être préparée avec la créatine, la guanine, rallantoïne, Talloxane, l'oxamidc et plusieurs autres corps. — Par l'action des oxydants énergiques, l'acide liriquc donne seulement comme produits ultimes de l'urée, de l'acide carbOiliquè et de l'eau. — Nnthansen est parvenu dernièrement à

16 DES UUINES.

découvrir deux autres modes de formation de l'urée, qui rendent Ircs-vraiseni- Wable l'opinion que lurée est un amidc de l'acide carbonique. Nathansen a obtenu de l'urée en chauffant l'éther carbonique avec un excès d'ammoniaque, ainsi qu'en faisant agir l'acide chloroxycarbonique sur le gaz ammoniac sec. Je puis confirmer ces deux modes de formation.

B. Préparation.

1. Avec l'urine. On mélange deux volumes d'urine avec un volume de solution de baryte, comme celle qui sert pour la détermination quantitative de l'urée ; on filtre pour séparer le précipité de phosphate et de sulfate de baryte qui a pris naissance, et l'on évapore à sec, au bain-marie, le liquide filtré. On épuise le résidu par l'alcool ; après avoir filtré, on évapore encore à sec, et maintenant on a traite la masse saline restée comme résidu avec de l'alcool absolu. Cette solution contient de l'urée pure qui, après l'évaporation, cristallise en aiguilles incolores. Si l'urée ainsi préparée n'est pas complètement incolore, on peut facilement, en la traitant avec un peu de charbon animal pur, l'obtenir tout à fait sans couleur.

2. Avec le cyanate d' ammoniaque . On fait fondre sur un feu doux 80 grammes de prussiate de potasse deshydraté avec 50 grammes de carbonate de potasse, jusqu'à ce qu'un échantillon prélevé sur la masse se solidifie sous forme d'un verre blanc laiteux. Lorsqu'on a atteint ce point, on retire le creuset du feu et l'on y ajoute peu à peu, par petites portions, 150 grammes de minium ; on chauffe encore pendant 10 minutes, en agitant fréquemment, et l'on verse la masse sur une plaque de fer. Après le refroidissement, on ramollit le cyanate de potasse brut avec une dissolution de sulfate d'ammoniaque dans 400 — 500 grammes d'eau ; on filtre, lorsque tout est dissous, et l'on év&pore à sec le liquide filtré. On traite plusieurs fois la masse saline avec un peu d'alcool bouillant cà 90 pour 100 (100 — 200 grammes), on filtre, on distille l'alcool et on laisse cristalliser.

C. Caractères microscopiqves. — Lorsque l'urée pure se sépare rapidement d'une dissolution concentrée, elle paraît au microscope sous forme d'aiguilles blanches soyeuses. Cependant, si nous laissons la cristallisation s'opérer lentement dans des solutions étendues, elle forme des prismes à quatre pans blancs, presque transparents, soyeux, striés, et dont les extrémités sont terminées

ÉLÉMliNiS iNüUMAUX DE L'UlllNü. 17

par une ou deux faces obliques. [Funke, planche il, lig. 4, 2" édition, m, 1-) Les cristaux appartiennent au système rhomboidal.

D. Caradères chimiques. — L'urée possède une saveur fraîche, un peu amère, analogue à celle du salpêtre. Ses cristaux ne contiennent pas d'eau, ils sont inaltérables à l'air et ils se dissolvent avec facilité dans l'eau et dans l'alcool. Les solutions sont neutres- Elle est a\i contraire à peu près insoluble dans l'élher.

1 . Si l'on chauffe modérément l'urée sur une lame de platine, elle fond en dégageant de l'ammoniaque, puis, à une température un peu plus forte, elle redevient solide, elle brunit, et enfin elle brûle facilement et complètement sans laisser de résidu de charbon.

Si l'on conduit l'action de la chaleur avec précaution, à 150-160°, il se dégage une grande quantité d'ammoniaque. Le résidu fondu obtenu au commencement se solidifie sous forme d'une masse constituée par de l'acide cyanurique û (C'-'U*Az202) = (CGH^Az^Oe + 3 AzH^), qui renferme de petites quantités d'autres produits de décomposition (ammélide C^H^Az^O* et biuret C^H^Az^O*).

2. Si nous chauffons l'urée avec des acides minéraux forts, comme l'acide sull'urique, etc., ou avec de la soude ou de la potasse caustique, elle éprouve une décomposition. A ses éléments s'ajoutent deux équivalents d'eau et, comme produits ultimes, elle donne de l'acide carbonique et de l'ammoniaque. (Détermination quantitative d'après Heintz et Rayshj.) Mais elle subit aussi cette mènie décomposition si, en premier lieu, nous mélangeons sa dissolution avec des substances organiques azotées putrescibles (cause de la fermentation alcaline de l'urine), et, en second lieu, si nous l'exposons pendant longtemps à une haute température après l'avoir introduite dans un tube fermé à la lampe. (Détermination quantitative d'après JBmisßn.) C^lM-rO^-l- 2HO = 2CO^ -t- 2AzlP.

3. Si, à une solution d'urée, nous ajoutons de l'acide azoteux ou une dissolution d'azotite de protoxyde de mercure dans l'acide azotique, elle se décompose en eau, acide carbonique, azote et ammoniaque, {iiebuj, Wöhler, Liidwùj et Kr ohmey er.) C41*Az-0'h- AzÜN-AzO%Ilü==W-f-2Az-f-Äzir,ÜH-llÜ. — D'après cela, 1 gramme d'urée fournit le'',2 de gaz qui se dégagent.

4. Si nous chaulfuns une solution d'urée avec de l'azotate d'ar-

U DES UlUrsES.

geiit, il se l'orme un précipité insoluble de cyanate d'argent et la solution contient de l'azotate d'ammoniaque. Par ce moyen, nous la décomposons en les mêmes combinaisons (acide cyaniquc et ammoniaque) à l'aide desquelles nous pouvons la reproduire arti- (iciellement,

5. L'oxyde de mercure forme avec l'urée plusieurs combinaisons solides, dans lesquelles suivant les circonstances deux, trois ou quatre équivalents d'oxyde de mercure sont unis avec un équivalent d'urée.

6. Une solution d'azotate de bioxyde de mercure produit dans une dissolution d'urée un précipité blanc floconneux qui, suivant la concentration du liquide, offre une composition variable. Le précipité a l'une des formules suivantes :

Az0^iJl• + 2HgO Az05,Ûr+5HgO AzOs^r + ^IIgO .

Àu contraire, le sublimé ne produit pas de précipité dans les solutions d'urée faiblement acides, mais il en donne dans les solutions alcalines. — C'est sur ces réactions que sont basées les déterminations (luantitatives de l'urée et du chlore, d'après la méthode de Liebicj.

7. Si l'on mélange l'urée avec une solution d'hypochlorite de soude ; elle se décompose en azote, acide carbonique et eau. L'acide carbonique est très-rapidement absorbé par la lessive, dé telle sorte qu'en mesurant directement l'azote, on peut déterminer l'urée quantitativement.

[G^H*Az^O'-+ 5{Na0,G10) = 5NaGl4-2C0^-H 4110 -1-2 Az] .(tay,

Le conte.)

8. En solution alcaline, l'urée résiste très-énergiquement à l'action oxydante du permanganate de potasse ; mais, en solution clilorhydriquc, elle se décompose en acide carhonique et ammoniaque, et le phénomène se produit avec facilité, sui'tout lorsqu'on chauffe. Par cette réaction, l'urée se révèle comme produit ultime de la métamorphose régressive de la matière, puisqu'on solution alcaline sous l'inlluencc des oxydants, par conséquent alissi dans le sang normal, elle ne subit pas d'autre oxydation, et par cela elle se distingue, essentiellement notamment de l'acide Urique, de là

ÉLÉMENTS NUUM.Vl]\ DE l/UUIKE. 19

créatlue, do la guaiiiue, etc., qui poui' ainsi dire occu|)eiit iiii degré plus élové. L'urée est tout aussi iudiOérenle en présence de l'ozone, sous l'inllucncc duquel l'acide urique est également décomposé de la manière la plus énergique, et il est vrai avec formation d'urée. — Mais, en présence d'un alcali, l'urée est dédoublée par l'ozone en acide carbonique et ammoniaque.

9. Avec plusieurs sels (sublimé, sel marin, azotate de chaux, chlorure de calcium, etc.), l'urée forme facilement des combinaisons cristallines, de même elle donne avec plusieurs acides organiques (acides succinique, tartrique, citrique, gallique) ou minéraux des sels cristallisables, parmi lesquels deux sont particulièrement importants : l'azotate et l'oxalate.

a. Azotate d'urée. C^IMz-0%AzO^HO. Si l'on mélange une solution concentrée d'urée avec de l'acide azotique modérément concentré et pur, exempt notamment d'acide azoteux, par le refroidissement du mélange, la combinaison se sépare sous forme de lamelles ou d'écaillés blanches et brillantes, qui, la plupart du temps, sont simples, mais qui souvent aussi paraissent sous forme de masses entassées les unes sur les autres.

Avec de petites quantités d urée, on laisse la combinaison se former sous le microscope, et la meilleure manière d'opérer consiste "à placer sur la goutte dans laquelle on veut rechercher l'urée l'extrémité d'un petit morceau de fil retors, à couvrir la goutte et la moitié du fil avec une plaque de verre et à humecter avec de l'acide azotique pur l'autre extrémité du fil. Les deux liquides se mêlent peu à peu, et la production des cristaux s'effectue avec une grande régularité sous le couvercle de verre aux deux extrémités du fil- Maintenant, on observe les cristaux pendant leur formation ; on trouvera d'abord à côté de plusieurs formes compliquées des tables rhomboidales ou des prismes courts dont les angles aigus ont 82". Par suite du remplacement des angles obtus par des faces, les formes sont changées en tables hexagonales ou en prismes à six pans. Cependant, ce développement régulier n'a lieu que lorsque les cristaux se forment lentement, tandis que, lorsque la formation est plus rapide, il se dépose promptement une grande quantité de tables hexagonales imbriquées les unes sur les autres. Fréquemment aussi, au jiremier contact des deux liquides, il se forme des octaèdres rhomboédriques obtus qui durent très-peu et dont les angles aigus mesurent 82°, mais auxquels s'ajoutent rapidement de nouvelles particules .salines, de telle sorte que Toctaèdre primitif prend la forme des tables rhom- Imïdalcs ou hexagonales nommées plus haut. Enfin, on observe encore des doubles cristaux très-caractéristiques, qui, par suite d'un arrangement particulier difficile à décrire, donnent lieu à des formes cristallines tout à fait semblables à celles du gjpsc que tout le monde connaît.

Ce sel inaltérable à l'air se dissout facilement dans l'eau, difii-

20 DES UIUNES.

cileinciit dans l'eau contenant de l'acide azotique, et très-difficilement dans l'espi'it-de-vin renfermant de ce dernier acide.

Chauffe vivement sur une lame de platine, il détone, mais à 140", il se décompose en acide carbonique, protoxyde d'azote, urée et azotate d'ammoniaque..

Lorsqu'on mélange une solution concentrée d'azotate d'urée avec de l'acide oxalique, la deuxième combinaison, l'oxalate d'urée, se précipite.

b. Oxalate d'urée. 2 (C-H*Az^O^) C*H''4- 4H0. Cette combinaison se forme également, lorsqu'on mélange de l'acide oxalique avec une solution concentrée d'urée, dans laquelle elle se précipite sous forme de lamelles minces et allongées ou sous forme de prismes. Si on laisse la formation s'effectuer sous' le microscope, il se présente ordinairement avec l'apparence de l'azotate d'urée, c'est-àdire en tables hexagonales, mais quelquefois aussi en prismes à quatre pans. {Fnnke, planche H, fig. 6, 2' édition.)

La combinaison est facilement soluble dans l'eau, cependant elle est précipitée de la solution par un excès d'acide oxalique. Lorsqu'on la chauffe, elle se décompose en carbonate d'ammoniaque et en acide cyanique.

E. Recherche qualitalive. — Pour reconnaître la . présence de l'urée dans l'urine, il suffit, dans la plupart des cas, d'évaporer au bain-marie à consistance sirupeuse une petite quantité de ce liquide (15 — 20 grammes), et de traiter à plusieurs reprises le résidu par l'alcool, jusqu'à ce qu'une goutte évaporée sur un verre de montre ne laisse pas de résidu. L'urée se trouve dans la solution alcoolique et, lorsqu'on a expulsé l'esprit-de-vin au bainmarie, elle reste sous forme d'un résidu plus ou moins coloré. Si on la dissout dans l'eau et si on mélange de l'îicide azotique pur avec une portion de la dissolution et une autre portion avec une solution concentrée d'acide oxalique, elle donne les deux combinaisons nommées plus haut. Lorsqu'on a affaire à des quantités très-petites, on laisse la cristallisation avec l'acide azotique s'effectuer sous le microscope; on voit alors facilement se produire les formes cristallines indiquées précédemment au sujet de l'azotate d'urée. Cependant, si l'urine est albumineuse, on mélange la quantité indiquée avec une goutte d'acide acétique et l'on chauffe à l 'ébullition ; l'albumine est maintenant complètement coagulée;

ÉLÉMENTS NORMAUX DE I/URINE. 21 on filtre et l'on traite le liqnide filtre comme plus haut, c'est-àtlire que l'on évapore d'abord nu l)ain-marie, que l'on épuise le résidu par l'alcool, etc.

§ 3. CRÉATIiNIiNE

Carbone 42,48

Hydrogène ... . 6,19

Azote 57,17

Oxygène .... 14,10

A . État naturel. — La Creatinine, qui est la base la plus forte du corps animal, a d'abord été. découverte par LieZ^jg dans le précipité cristallin que Heintz et plus tard Pettenkofer obtinrent en traitant l'urine épaissie par évaporation avec une solution de chlorure de zinc. Liebig trouva dans cette combinaison de chlorure de zinc la créatininc à côté de la créatine, et il fut ainsi amené à conclure (pie ces deux corps étaient contenus primitivement dans l'urine. Seulement, Heintz démontra plus tard, par une recherche trèsapprofondie, que, dans l'urine fraîche, il n'y a pas de créatine, mais que celle-ci ne se forme qu'aux dépens de la créatinine par absorption d'eau et par suite de la décomposition de la combinaison de chlorure de zinc et de créatinine, fait qui a été aussi confirmé par Liebig et Dessaignes. Comme maintenant la créatine, qui se trouve toujours dans le suc des muscles, peut être tout aussi facilement transformée en créatinine par soustraction d'eau, elle passera, en perdant de l'eau, à l'état de créatinine ou bien dans les muscles eux-mêmes ou d'abord dans le sang, pour être ensuite sous cette forme éliminée avec l'urine. Cependant Lehmann veut, et il est vrai avec raison, que l'on se soit préalablement assuré par de nouvelles expériences si la créatine des muscles se transforme toujours en créatinine pour êtrp séparée, ou si, comme semble l'indiquer sa facile décomposition' en sarkosine et en urée par ébullition avec de l'eau de baryte, elle contriliue aussi à la formation de l'urée. Au contraire. Dessaignes présume que le liquide des muscles, de même que l'urine, ne contiendrait priuiitivcmentque delà créatinine, qui seulement, lors de la séparation par l'action prolongée de la chnlcui' sur le liquide neutre, passe-

Formule : mVAz^O'-

22 DES URTISES.

rail en plus grande partie à l'étal, de créatine. Mais, d'après mes recherches, la chose se passe exactement en sens inverse. D'après la méthode décrite an snjct de la créatine, on peut en très-peu de temps préparer ce corps à l'état de pureté au moyen du suc des muscles, et en outre j'ai découvert avec certitude que précisément la créatine se transformait peu h peu en créatinine en chauffant pendant longtemps sa solution aqueuse. Dans le suc musculaire, on ne rencontre pas de créatinine, mais seulement de la créatine ; si on trouve celle-là, c'est uniquement parce qu'elle a pris naissance aux dépens de la créatine, par suite de l'action de la chaleur trop longtemps prolongée pendant la préparation.

D'après mes propres déterminations, un homme sain, qui fait usage d'une bonne alijncntation mixte, élimine en 24 heures 0^,6 — 1^',5 de créatinine avec une quantité moyenne d'urine de i 5 — 1600 centimètres cubes ; les recherches de Munie s'accordent avec les miennes. Münk trouva en outre que la créatine introduite dans le sang ou dans l'estomac produit une augmentation de la créatinine et de i'uréc contenues dans l'urine, et que la quantité de la créatinine séparée chaque jour est plus faible avec une nourriture végétale qu'avec une nourriture animale. Dans aucun cas, Miink n'a trouvé de créatine dans l'urine ; ce qui l'a conduit à admettre que la créatine des muscles est en partie transformée en créatinine et en urée, soit dans le sang, soit dans les reins; que, par conséquent, une partie de l'urée qui se trouve dans l'urine provient de la créatine des muscles. Miink trouva une augmentation dans la créatinine séparée dans les maladies aiguës, notamment dans la pneumonie, le typhus arrivé à sa dernière période, la fièvre intermittente, etc. Une diminution se montra dans la convalescence de maladies aiguës, notamment dans celles oCi l'anémie des malades avait été poussée très-loin.

D'après Verdeil et Marcel, lurinc n'est pas le seul liquide du corps humain qui renferme de la créatinine; on en trouve aussi dans le sang; SocoloffVa reiiconlrée dans l'urine des chevaux et dos veaux à la mamelle; Dessaùjnes, dans l'urine des vaches; Liebicj, dans l'urine des chiens. D'après Sclicrer, elle parait aussi exister dans l'eau de l'amnios.

B. Caractères microscopiques. — - La créatinine se présente sous forme de prismes incolores, très-brillants, qui appartiennent au système monocline. [Fuuke, planche III, (ig. 2, S'' édition, IV, 5).

ÉlKMENTS NORMAUX BE I.'URINI'. 27.

C Caractères chmiques. - La Creatinine est bien la base organiouela plus forte du règne animal ; elle a une saveur presque ,ussi caustique que l'ammoniaque ; elle se dissout dans onze parties d'eau à 12 — 20«, et elle est encore plus facilement soluble dans l'eau bouillante. Cent parties d'alcool froid dissolvent environ une partie de Creatinine ; cependant dans l'alcool bouillant, elle se dissout en quantité telle que, par le refroidissement de la liqueur, elle se dépose sous forme d'une masse cristallme; l'ether n en dissout que de très-petites quantités. Les dissolutions ont une réaction fortement alcaline, et elles ont une saveur caustique comme l'ammoniaque étendue.

La Creatinine se comporte comme un nitrile; elle s unit directement avec 1 équivalentd'iodure d'élhyle et se transforme alors en iodure d'ethyle et de Creatinine; en traitant cette combinaison par l'oxyde d'argent, on peut en séparer sous forme d'une base énergique, l'éthylcréalinine et obtenir celle-ci a l etst cristallin.

1. Si, à une dissolution de créatinine, nous ajoutons une solution concentrée de chlorure de zinc, il se produit immédiatement un précipité cristallin de chlorure double de zinc et de créatmine (G'H^Az"'OS ZnCl). Lorsque les cristaux se sont formés très-lentement, ils sont nettement prismatiques; mais lorsque leur production a été rapide, on ne voit au microscope que de fines aiguilles qui, groupées concentriquement , forment des rosettes complètes , ou bien des houppes qui se croisent ou qui sont unies deux à deux par leur court pédicule, de manière à ressembler à des pinceaux enfoncés l'un dans l'autre. Le chlorure de zinc et de créatinine est difficilement soluble dans l'eau froide ; il se dissout plus facilement dans l'eau bouillante, mais il est insoluble dans l'alcool.

Si, à l'aide du chlorure de zinc, on sépare la créatinine de l' extrait a queux de l'urine, le plus ordinairement, on obtient la combinaison sous forme d'une masse mamelonnée de couleur foncée, dans laquelle, à l'aide du microscope, on peut à peine découvrir une structure cristalline. Quelquefois on obtient aussi, dans ce cas, des groupes de cristaux parfaitement nets, de fines aiguilles, qui sont associés à des masses étoilées ou en forme de balai. Cependant, en traitant l'extrait alcoolique de l'urine par une solution également alcoolique de chlorure de zinc, on a toujours le chlorure de zinc et de créatinine sous forme d'une poudre faiblement jaunâtre, dans laquelle, à l'aide du microscope on ne trouve pour ainsi dire que des globules jaunâtres, à contours nets et de grosseurs différentes, sur lesquels, au moyen d'une amplification plus grande (/(OO), on peut avec netteté apercevoir une cannelure. Si l'on dissout de cette poudre dans l'eau bouillante.

on peut fîicilement, sous le microscope, produire des formes régulières. On dépose surFobjectif une goulle de la dissolution, presque complètement refroidie, et ensuite on y fait arriver un pou de solution de chlorure de zinc, en se servant d'un petit morceau de fil, exactement comme il a été dit page 19, à propos de l'azotate d'urée. Maintenant, on verra, au bout de peu de temps, se produire des deux cotés du fil, et souvent sous un volume assez grand, les groupes de cristaux décrits précédemment et qui caractérisent le chlorure de zinc et de créatinine.

2. Une solution de Creatinine pas trop étendue, mélangée avec une dissolution concentrée d'azotate d'argent se solidifie sous forme d'un réseau d'aiguilles cristallines, qui se dissolvent dans l'eau bouillante, mais qui se séparent par le refroidissement.

3. Lebichlorure de mercure se comporte d'une manière analogue. Le précipité est d'abord caillebotté; cependant, en quelques minutes, il se transforme en un amas de fines aiguilles incolores.

4. Une solution d'azotate de bioxyde de mercure ne produit pas immédiatement un précipité dans les dissolutions étendues de créatinine, mais, si l'on ajoute goutte à goutte au mélange une solution de carbonate de soude, jusqu'à ce que la liqueur reste trouble, la combinaison (C'^H'Az^O%AzO^ + 2HgO) cristallise promptement en beaux cristaux microscopiques. Dans des solutions concentrées, le précipité prend naissance très-promptemcrit et même sans addition de carbonate de soude, s'il n'y a pas du tout d'acide azotique libre.

5. Si l'on chauffe un sel ammoniacal avec de la créatinine, l'ammoniaque en est expulsée.

6. Avec les acides chlorhydriquc, azotique et sulfurique, elle donne des combinaisons solubles dans l'eau et cristallisant avec facilité.

a. Le chlorhydrate de créatinine cristallise en prismes transparents et en lamelles larges. Il donne avec le chlorure de platine une combinaison analogue à celle que fournissent la potasse et l'ammoniaque, mais qui est facilement soluble et qui cristallise en prismes de couleur aurore.

b. Le sulfate de créatinine constitue des tables quadrangulaires, groupées concentriquement et transparentes.

Il ne faut pas manquer de faire remarquer que la combinaison la plus importante pour la créatinine, le chlorure de zinc et de créatinine, ne se précipite pas, lorsqu'on ajoute au chlorhydrate

ÉLÉMENTS NORMAUX OE L'URINE. 25 de créalininc, etc., une sohiliou de cldonire de zinc. Mais la séparation arrive imniédiatemenl, si, avant l'addition de la solution de chlorure de zinc, on verse dans le sel de Creatinine une quantité suffisante d'acétate de soude.

7. Par l'action du bioxyde de mercure, du peroxyde de plomb et de Tacide sulfuriquc ou du permanganate de potasse, la Creatinine, de même que la créatine, est décomposée en acide oxalique et en'oxalate de méthyluramine (OTAz^O^ + 40= C»H^Az-^+ C^Û°) .

8. La créatinine prend naissance aux dépens de la créatme, qui perd 4 équivalents d'eau, par l'action des acides minéraux, ou • bien lorsqu'on chauffe pendant longtemps à 100° une solution aqueuse de créatine. Mais si l'on abandonne pendant longtemps une solution de créatinine en présence des alcalis, elle repasse a l'état de créatine en absorbant de l'eau. La chaleur favorise la métamorphose. [Uehig, Dessaignes.)

Chauffée avec de la baryte caustique dans une solution aqueuse, la créatinine donne de la méthylhydantoïne, et il se dégage de l'ammoniai^ue. En même temps il se produit un acide sirupeux non encore étudié avec précision.

CsHUz^O^ + H202 = C8H6Âz''0* + AzH^

Creatinine. Mélhylhydantoïne.

Traitée -de la môme manière, la créatine donne de la méthylhydantoïne avec de la sarkosine et de l'urée. (Voy. Créatme.)

D. Recherche quaUlative. — Comme la créatinine ne se rencontre qu'en faible proportion dans l'urine, on a besoin pour la reconnaître avec certitude de grandes quantités de ce liquide ; cependant 200 à 300 centimètres cubes sont dans tous les cas suffisants pour une recherche qualitative. On procède de la manière suivante : on neutralise l'urine fraîche avec un peu de lait de chaux, et ensuite on en précipite l'acide phosphorique avec une dissolution de chlorure de calcium. On sépare le précipité par filtration, et l'on évapore rapidement le liquide au bain-marie juscju'à consistance d'un sirop épais. Avec de l'alcool concentré et mieux avec de l'alcool absolu, on épuise le résidu ainsi obtenu, on laisse reposer quelques heures, on filtre et on mélange le liquide clair avec une solution concentrée et neutre de chlorure de zinc. Après avoir agité fortement, la liqueur ne tarde pas à se troubk'r, et au bout de 48 heures la séparation du chlorure de

zinc el, de Creatinine est complète. Sur un filtre on lave la combinaison avec de l'esprit-de-vin, on la dessèche, et, d'après C, 1 , on la soumet à l'examen microscopique. — Si l'on veut préparer la Creatinine à l'état de pureté, on dissout la combinaison obtenue dans un peu d'eau bouillante et l'on sépare l'oxyde de zinc et l'acide chlorhydrique au moyen d'hydrate d'oxyde de plomb fraîchement précipité et bien lavé, avec lequel on l'ait bouillir le liquide pendant au moins un quart d'heure. On décolore la liqueur obtenue par fdtration en la faisant bouillir avec du charbon animal et ensuite on l'évaporé à sec. Le résidu, qui consiste toujours en un mélange de créatinine et de créatine, est traité par l'espritde-vin concentré froid, qui dissout la créatinine, tandis qu'il laisse la créatine. Par l'évaporation de la solution alcoolique, on obtient la créatinine en beaux cristaux, et l'on peut aussi avoir dans le même état la créatine en faisant cristalliser dans un peu d'eau bouillante la partie insoluble dans l'alcool. Il faut faire attention que, si l'on a traité pendant très-longtemps avec l'oxyde de plomb la dissolution de chlorure de zinc et de créatinine, souvent on ne trouve dans le résidu que de la créatine et pas du tout de créatinine. Celle-ci, en absorbant 4 équivalents d'eau se transforme en créatine par l'action prolongée de l'oxyde de plomb en excès.

Si l'urine renferme de l'albumine, il faut tout d'abord l'en débarrasser par coagulation.

Ainsi préparée, la créatinine est bien caractérisée par ses propriétés fortement basiques et par sa tendance à former des combinaisons doubles avec les sels métalliques et des sels avec les acides. En outre, elle se distingue de la créatine par sa solubilité beaucoup plus grande dans l'alcool absolu, ainsi que par sa forme cristalline.

La créatine n'est pas aussi bien caractérisée ; pour la reconnaître avec certitude, il ne nous reste plus qu'à comparer la forme des cristaux, etc.

Pour la recherche de la créatinine il est convenable de se servir de l'extrait alcoolique de l'urine, qui, après avoir été acidiHé avec de l'acide chlorhydrique, a été débarrassé de l'acide sulfurique par agitation avec de l'éther, § 7, E. 2. Après avoir enlevé l'éther, on sature exactement l'acide chlorhydrique fivec une les-

kl.ÉMENTS NOlîM.VllX HF, I/URINI",.

slve de soiulo, on tHend avec 00-40 ccntinièlros cubes d'alcool absolu, et l'on précipite la Creatinine par la solution de chlorure de zinc.

§ .[. CRÉATINE

/ Carbone. . . . 56,64 ^,T,^ ) Ilvdroftenc. . . 6,87 Formule : CsmAz^O* + 2110 ^,^01^. . . . . 52,06

l Oxygène. . . . 24,45 (Anhydre) 100,00

A. État naturel — La créatine se trouve dans le suc des muscles striés de même que dans celui des muscles lisses, et d'après mes recherches ces organes en contiennent à peu près 0,2 pour 100 en moyenne. D'après Verdeilel Marcel, on en rencontre des traces dans le sang. W. Millier et Lerch l'ont aussi trouvée dans le cerveau, mais jusqu'à présent on ne l'a pas rencontrée dans les oriranes glanduleux. Au sujet de son existence dans l'urine, voyez ce qui a été dit à propos de la créatinine.

On ne peut rien dire de bien précis sur l'importance physiologique de la créatine. En ayant égard au fait de son existence dans le suc des muscles, ainsi qu'à sa grande richesse en azote, on serait tenté de regarder la créatine comme un élément réparateur-, cependant la facile décomposition de ce corps en ùrée, en créatinine et en sarkosine qui, sans doute, doivent être considérées comme des substances excrémentiti elles, l'assimile plutôt à un produit de séparation qui, par l'influence de la métamorphose régressive de la matière, est amené à constituer en quelque sorte un terme moyen entre les substances d'une complication atomique très-grande (les substances protéiques) et les matières de composition très-simple (l'urée, etc.). Dans tous les cas, la créatine est plus rapprochée de l'urée que des corps protéiques.

B. Préparation. — On délaye delà chair linement hachée ou pilée avec de la poudre de verre grossière, avec son volume ou soji volume et demi d'esprit-de-vin, on chaul'fe doucement au bain-marie et l'on ox|)rime. Par distillation, on enlève l'esprit-de vin du liquide obtenu, ou précipite h; résid\i avec une quantité suffisante de aousncétale de plomb, avec de l'hydrogeue sulfuré, ou enlève le plomb

au liquide filtré el l'on évapore au hain-marie à consistance sirupeuse la liqueur débarrassée, par filtration, du sulfure de plomb. Au bout de quelques jours, on rassemble les cristaux qui se sont séparés, on les débarrasse de Teau-merc en les plaçant sur du papier Joseph et on les fait cristalliser de nouveau dans l'eau bouillante.

Pour la préparation avec l'urine, voyez Creatinine (Recherche qualitative).

C. Caractères microscopiques. — La créatine préparée à l'état de pureté, constitue des prismes incolores, complètement transparents, très-brillants et qui appartiennent au système monocline. [Funke, pl. III, fig. 1 , '2' édit., pl. IV, fig. 4.) Dans la plupart des cas, elle forme des groupes dont l'aspect rappelle celui de l'acétate neutre de plomb.

Si l'on prépare dans un objectif concave une solution étendue de Creatinine et si on l'abandonne à Févaporation spontanée, on voit d'abord les bords se recouvrir de longs cristaux prismatiques qui sont .épais aux extrémités libres et qui s'amincissent graduellement. Au milieu du liquide, il se forme peu à peu des cristaux très-réguliers et principalement des prismes, qui sont unis les uns aux autres à angles aigus de manière à former une sorte d'éventail. Chaque cristal considéré isolément présente dans son milieu comme le lactatc de zinc un renflement caractéristique ; il se rétrécit à ses extrémités et se termine par deux faces. Enfin, on rencontre aussi fréquemment de tables épaisses dont les angles semblent être droits et qui sont tantôt isolées, tantôt en grande quantité.

D. Caractères chimiques. — La créatine a une saveur âpre et amère, elle se dissout dans 75 parties d'eau froide; toutefois elle est beaucoup plus facilement soluble dans l'eau bouillante; mais, parle refroidissement, la dissolution laisse déposer la créatine sous forme de fines aiguilles cristallines brillantes. Elle se dissout difficilement dans l'alcool, 1 partie de créatine exige 9410 parties d'alcool ; l'éther n'en dissout pas du tout.

La solution aqueuse est sans action sur les couleurs végétales, elle a un goût amer et elle se décompose très-facilement. Si l'on évapore lentement au bain-marie avec une solution aqueuse étendue de créatine, celle-ci se transforme peu à peu en créatinine. — Dans ces derniers temps, Dessaignes a réussi à produire des sels cristalli.sables de créatine avec les acides sulfurique et azotique.

2. Si l'on fait liouillir pendant longtemps de la créatine avec

de la baryte caustique, elle se dédouble en urée, en sarkosine et en méthylhydantoïne (C^tPAz^O*) .

C8H3Az->0* -I- 2H0 = C2lMz'^0' + CgU'AzO*

Créatine. Urée. S;.rliosine.

(CsiIfizsO* + AzlI* = CsiIGAz^O*)

rréatine Méthylhydantoïne.

Si l'on prolonge l'action de la baryte, l'urée se décompose en acide carbonique et en ammoniaque ; celle-ci se dégage tandis que l'acide carbonique se combine avec la baryte. La sarkosme peut être obtenue, bien que difficilement, sous forme de cristaux incolores; la métliylbydantoïne, après avoir été séparée du sulfate de sarkosine au moyen de l'alcool, cristallise plus facilement.

3. Les acides minéraux étendus dissolvent la créatinine sans la décomposer; mais si on la fait bouillir avec des acides concentrés, elle se transforme, en perdant de l'eau, en créatinine.

(CsHsAz^O* — 2H0 = C8HUz--0-^)

Créatine. Créatinine.

4. La créatine pure en solution étendue n'est pas précipitée par le chlorure de zinc. Dans une dissolution concentrée, il se dépose des cristaux durs de chlorure de zinc et de créatine (C^tPAz'Û*, ZnCl). La créatine donne des combinaisons analogues avec le chlorure de cadmium, le chlorure de cuivre et l'azotate de bioxyde de mercure.

5. Le peroxyde de plomb est sans action sur la créatine, mais celle-ci est décomposée par le permanganate de potasse ; mais, excepté l'acide carbonique, les produits qui se forment dans cette réaction ne sont pas encore connus. Peut-être se forme-t-il de l'urée?

6. Si l'on fait bouillir une solution de créatinine avec un cxcè*^ de bioxyde de mercure, il se sépare du mercure métallique en même temps qu'il se dégage de l'acide carbonique, et la dissolution contient l'oxalate d'une nouvelle base énergique, laméthyluramine (CHPAz^j. (Voy. § 3, C, 7.)

E. Recherche qualitative. — Voyez Créatinine.

§ 5. XAiNTHlNE

! Carbone 39,5

Hydrogène.. . . 2,6

Azole oG,8 .

Oxygène .... 21,1

A. Etat naturel. — Jusqu'à une époque encore récente on ne connaissait la xanthine que comme un élément très-rare de quelques calculs vésicaux, mais Scherer et Städeler ont reconnu qu'elle constituait une substance très-répandue dans l'organisme animal. — Scherer a trouvé la xanthine dans l'urine humaine, dans la rate, dans le pancréas, dans le cerveau, dans le foie du bœuf, dans le thymus du veau et dans la chair musculaire du cheval, du bœuf et des poissons, en outre dans une rate atteinte de tumeur, ainsi que dans un foie atteint d'atrophie jaune. Mosler a découvert la xanthine dans le sang et l'urine de personnes leucémiques. Dürr et Stromeyer, dans l'urine après l'usage de bains sulfureux, Bence Jones l'a observée une fois comme sédiment chez un garçon de dix ans. La plupart du temps la xanthine était accompagnée par l'hypoxanthine ; mais dans la rate, dans le foie et dans l'urine, on la trouva aussi en même temps que de l'acide urique.

B. Caractères microscopiques. — La xanthine est amorphe, et lorsqu'on l'examine au microscope, on ne lui reconnaît pas de structure cristalline. La solution aqueuse bouillante dépose par le refroidissement la xanthine dissoute, le plus ordinairement en flocons incolores, mais quelquefois aussi sous forme d'une poudre fine qui, au microscope, paraît constituée par des grains arrondis, et ces grains sont placés les uns sur les autres dans la forme floconneuse, tandis qu'ils sont isolés dans la forme pulvérulente.

G. Caractères chimiques. — La xanthine forme des masses blan^ ches et dures qui, par le frottement avec l'ongle, acquièrent l'éclat de la cire. Elle se dissout très-difficilement dans l'eau froide^ mais elle est un peu plus soluble dans l'eau bouillante^ On l'a préparée artificiellement avec la guaninc;

1. L'ammoniaque, la lessive de potasse, les acides chlorhydrique, azotique et sulfurique, dissolvent la xanthine. Elle est précipitée

ÉLÉMENTS NORMAUX DE L'URINE. ol des solutions alcalines par l'addilion d'un acide, cl elle donne, avec les acides, des combinaisons cristallines.

^2. La solution aqueuse, saturée à froid, donne, avec le sublimé, un précipité blanc; lorsque la liqueur est étendue au 30,000% il se produit encore un trouble apparent, mais qui n'apparaît plus dans une solution au 40,000% avec l'acétate de cuivre, des flocons vert jaune se séparent seulement à l'ébullition. — La solution dans l'ammoniaque est précipitée par le chlorure de cadmium et le chlorure de zinc, ainsi que par l'acétate de plomb ; le dernier précipité se transforme fréquemment, par le repos, en écailles brillantes.

0. L'azotate d'argent produit, dans une solution azotique de xanthinc, un précipité floconneux qui se dissout lorsqu'on chauffe, et qui reparaît par le refroidissement. Au microscope, la combinaison d'argent montre, si le liquide se refroidit rapidement, un enchevêtrement d'aiguilles cristallines capillaires'; cependant, si le refroidissement a été lent, il se forme des agrégats de petits cristaux déliés semblables à la wavellite (alumine phosphatée). ' L'azotate d'argent donne, dans une solution ammoniacale de xanthine, un précipité gélatineux, insoluble dans l'ammoniaque. ■cnrAz^O'^ + 2 AgO.

4. La xanthine se dissout à chaud dans l'acide azotique sans dégagement gazeux, et après l'évaporation de la solutior^ il reste un résidu jaune, qui ne devient pas pourpre sous l'influence de l'ammoniaque, mais que la lessive de potasse colore en rouge jaune et en beau rouge violet si l'on vient à chauffer.

5. Si Von dissout à chaud la xanthine dans l'acide chlorhydrique concentré, il se forme, par un lent refroidissement, de beaux cristaux microscopiques de chlorhydrate de xanthine cristallisant en tables à six côtés qui sont placées les unes à côté des autres de manière à former des groupes. Mais très-fréquemment on n'observe que des formes sphériques et ovales. — L'azotate présente un mode de cristallisation analogue, bien que moins caractéristique ; dans ce cas aussi on voit des groupes formés de tables rhomboidales et de prismes.

6. Si dans un verre de montre on mélange un peu de chlorure de cliaux avec de la lessive de soude et si l'on introduit dans ce mélange un échantillon de xanthine, il se forme autour des grains

d'abord un cercle verti'oncé qui passe bientôt au brun et qui enfin disparaît. [Hoppe.)

7. La xanthine se trouve entre la sarcine (hipoxantliine) et l'acide urique.

Sarcine. . . . CoR^Az^O* Xanthine.. . , C»"IMz40* Acide urique. . O^lhkz^O''-

D. Recherche qualitative. — Ce qu'il y a de mieux, c'est d'évaporer au bain-niarie, jusqu'au sixième ou au huitième de son volume primitif, une quantité assez grande d'urine fraîche et normale (d'après mes expériences, on ne devrait pas prendre pour cette opération moins de 50 à 100 kilogrammes d'urine) , puis d'enlever l'acide phosphorique en le précipitant avec de l'eau de baryte. On évapore de nouveau le liquide filtré jusqu'tà cristallisation des sels, enfin on étend fortement avtîc de l'eau l'eau-mère obtenue, ou ajoute une dissolution d'acétate de cuivre et l'on chauffe quelque temps à l'ébullition. Maintenant il se forme un précipité brun sale, qu'on lave avec de l'eau froide, d'abord par décantation et ensuite on le filtre jusqu'à la disparition de la réaction du chlore. En traitant ce précipité avec de l'acide azotique chaud, on obtient une dissolution brunâtre, de laquelle l'azotate d'argent précipite à l'état impur la combinaison d'argent et de xanthine. Après le lavage on dissout le -composé cristallin dans l'acide azotique bouillant et étendu, on filtre pour séparer les flocons de chlorure d'argent qui pourraient encore rester, et l'on abandonne pendant longtemps à cristallisation le liquide filtré. Après avoir rassemblé la combinaison cristalline d'argent, on la débarrasse d'acide azotique en la faisant digérer avec une solution ammoniacale d'argent, puis on suspend dans l'eau le précipité préalablement lavé, on chauffe à l'ébullition et l'on décompose la combinaison avec l'hydrogène sulfuré. La solution bouillante dépose, après concentration, des flocons colorés de xanthine, et, par une nouvelle évaporation, on obtient le reste. Cependant le produit ainsi obtenu est toujours fortement coloré, mais on peut facilement le décolorer en le dissolvant dans l'acide cblorhydrique concentré et en le traitant par du cbarbon animal purifié. Le liquide fjliré, décoloré, donne, après évaporation, du chlorhydrate de xanthine, duquel, après une nouvelle évaporation avec de l'ammoniaque et après élimination du

chlorure d'ammonium formé au moyen d'un lavage à l'eau froide, on extrait à l'état de pureté la xanthine avec toutes ses propriétés caractéristiques. — La quantité que l'on obtient est très-faible ; j'ai retiré de 500 kilogrammes d'urine, après séparation préalable de la Creatinine, un peu plus de 1 gramme de xanthine pure.

Méthode de Stromeyer. — On précipite l'urine avec un lait de •chaux, on neutralise aussi exactement que possible le liquide liltré avec de l'acide chlorhydrique, puis on précipite la xanthine avec une solution de sublimé. On lave le précipité qui a pris naissance, d'abord par décantation, et ensuite sur le filtre, puis on le suspend dans l'eau et on le décompose par l'hydrogène sulfuré. On évapore le liquide filtré brunâtre, et pour enlever une matière colorante brune et l'acide urique, on le fait bouillir avec de . l'hydrate d'oxyde de plomb. Le liquide, filtré, débarrassé d'oxyde de plomb par l'hydrogène sulfuré, donne, après l'évaporation et le refroidissement, une xanthine qui est encore mélangée avec une grande quantité d'acide urique. Pour purifier cette xanthine, on la dissout dans l'eau bouillante et on la mélange avec de l'azotate d'argent : après le refroidissement, la combinaison de la xanthiné avec l'azotate d'argent se dépose sous forme de cristaux. Pour décomposer l'acide urique, on fait bouillir ceux-ci avec de l'acide azotique étendu, on décolore la solution avec du charbon animal, et l'on filtre : par le refroidissement, on obtient le composé de xanthine assez incolore. Enfin, au moyen d'une solution ammoniacale d'argent, on change ce composé en la combinaison gélatineuse contenant deux équivalents d'oxyde d'argent, on lave, on traite par l'hydrogène sulfuré, et le liquide filtré que l'on obtient donne, après évaporation, la xanthine pure.

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