‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource] (volume 2)Chapitre 9 sur 158 · G. ACIDE URIQUE · texte numérisé non relu

G. ACIDE URIQUE

Carbone 55,714

Ilydroi^ènc. . . 1,191

Formule : C«oiläAz»0'' + 2HO / Azote .... 55,555

Oxygène. . . . 19,048

Eau 10,714

A. Etat naturel. — L'acide urique se trouve dans l'urine de toutes les classes du règne animal, et on le rencontre mémo chez

5i DES URINES.

des aiiiiiiaiix très-inlericurs. Les excrcmeiils des oiseaux (guano), des reptiles, des gastéropodes et des insectes sont riches en acide urique. L'urine n'est pas le seul liquide qui en renferme, il a été aussi découvert dans le sang, notamment après l'extirpation des reins, par Strahl et Lieherkähn\ et plus récemment par Garro(V\ D'après ce dernier, la richesse du sang en acide urique augmenterait toujours dans la goutte. En outre, il a été déjà trouvé dans la rate, dans le tissu des poumons et dans le foie du hreuf, ainsi que dans les concrétions goutteuses.

La quantité d'acide urique, qui se rencontre dans l'urine humaine, dépend moins des aliments ingérés, comme c'est le cas pour l'urée, que de l'état particulier dans lequel se trouve l'organisme. A l'état normal, un homme sain élimine en vingt-quatre heures, d'après Becquerel, de 0^'^495 à 0«'',557 d'acide urique. D'après des expériences que j'ai faites sur un jeune homme de vingt-trois ans, vigoureux et en bonne santé, une moyenne de "o^r^s^? d'acide urique fut séparée avec 2,000 centimètres cubes d'urine et 56s'',4 d'urée. Mais d'autres expériences m'ont fait voir que, même à l'état normal, la proportion de l'acide urique éprouve de très-grandes variations et peut, dans l'espaçe de vingt-quatre heures, osciller entre 0s%2 et \ gramme. D'après Ranke, la proportion de l'acide urique comparée avec celle de l'urée diffère en vingt-quatre heures de 1 : 50 à 1 : 80. Lestroubles de la digestion, ainsi que l'alimentation incomplète, ont pour conséquence une augmentation dans la proportion de l'acide urique. En outre, il a été trouvé en plus grande quantité dans les états fébriles, de même que dans les affections des organes respu^atoires et dans les troubles de la circulation.

Si nous introduisons de l'acide urique dans le corps des animaux, à l'état normal, il est décomposé en acide carbonique et en urée, mais il donne aussi de l'acide oxalique aussitôt que le phénomène d'oxydation a, par une cause quelconque, éprouvé du retard Nous pouvons regarder l'acide urique comme une substance excrémentitielle, marchant de pair avec l'urée et dont la constitution exacte n'est cependant pas encore découverte maigre les travaux sans nombre qui nous Dnt lait connaître une senc de pro-

1 strahl und Lieberkiihn, Harnsäure im Blute, elc. Berlin, 1848. - PrcKjer Viertetjalircsschrift, l. V.

duits de décomposition cxtrêmciucnL inlércssants. Mais autant que l'on peut en juger par ses propriétés chimiques, l'acide urique, analogue à la créatine, est un terme de la métamorphose régressive des éléments azotés du corps, qui occupe un rang plus élevé que l'urée, parce que par oxydation progressive, il se dédouble exactement en acide carbonique et en urée. Dans l'organisme animal, "il subira certainement, au moins en partie, un sort analogue.

B. Préparation. — 1. Avec l'wine humaine. On mélange de l'urine du matin, fraîche et fdtrée, avec de l'acide chlorhydrique (20 centimètres cubes par litre d'urine) et on laisse reposer quarante-huit heures. On trouvera l'acide urique séparé sous forme de cristaux plus ou moins colorés, qui conviennent surtout pour l'étude microscopique.

2. Avec les excréments des serpents. On fait bouillir les excréments des serpents avec une solution de 1 partie de potasse caustique dans 20 parties d'eau, jusqu'à ce que l'odeur ammoniacale ait disparu. Dans la solution (iltrée, on fait passer un courant d'acide carbonique jusqu'à ce qu'elle n'ait plus qu'une réactioîi alcaline faible ; on rassemble l'urate acide de potasse qui s'est séparé, et on le lave avec de l'eau. Après le lavage, on dissout le sel de potasse dans une lessive de potasse et l'on filtre la dissolution dans l'acide chlorhydrique étendu, mais on a soin que ce dernier soit toujours en excès ; le précipité est de l'acide urique pur qui, après avoir été lavé et desséché, se présente sous forme d'une poudre ténue et légère.

C. Caractères microscopiques. — Au microscope, l'acide urique s'offre à nous sous des formes très-différentes, cependant il est le plus souvent en tables lisses, rhomboidales. Quelquefois celles-ci sont colorées, elles sont toujours d'une transparence très-grande et de dimensions variables souvent assez considérables. Ces tables sont fréquemment modifiées : par suite de l'arrondissement des angles obtus, des cristaux fusiformes prennent naissance, et à ceux-ci se trouvent mélangés de courts cylindres en forme de tonneau. Cependant on rencontre aussi fréquennuent des lames hexagonales, des tables rectangulaires ou des prisiUes à quatre côtés, exactement rectangulaires et avec des faces terminales droites; ceux-ci se trouvent souvent en amas caractéristiques ayant la forme de rosaces. Indépendamment de ces modifications, on

56 , DES UHINES.

en rencontre encore d'autres : ainsi, on trouve des cristaux dentés

en forme de scie et en forme d'éventail, etc. (planche I, iig. 2 et

3; pl. il, fig. 4; pl. JII, Ug. 4).

En mélangeant avec une urine normale des quantités différentes d'acide chlorhydrique, j'ai réussi à produire des formes très-diverses d'acide unique, dont on reconnaît facilement le caractère en les comparent avec les gravures de Funke. Cependant si l'on a quelque doute sur la forme trouvée, il est très-facile de la changer en la forme ordinaire : on dissout les cristaux sur l'objectif dans une petite quantité de lessive de potasse, on ajoute une goutte d'acide chlorhydrique et l'on voit se produire promptement les formes ordinaires, c'est-k-dirc les tables et les fuseaux.

D. Caractères chimiques. — L'acide urique pur, préparé avec les excréments des serpents, constitue des écailles cristallines, blanches, extrêmement légères, douces au toucher, qui, vues au microscope, présentent les formes indiquées précédemment. Il n'a ni odeur ni saveur ; il se dissout très-difficilement dans l'eau (1 partie d'acide urique exige 14-15,000 parties d'eau froide et 18-1,900 parties d'eau bouillante), et les solutions obtenues ne rougissent pas le tournesol. Il est tout aussi insoluble dans l'acide chlorhydrique étendu, et il ne se dissout pas du tout dans l'alcool et dans l'éther. Il entre facilement en dissolution sans se décomposer dans l'acide sulfurique concentré, cependant l'eau le précipite de cette dissolution.

1 . L'acide urique est assez facilement soluble dans une dissolution de phosphate de soude, de même que dans un grand nombre d'autres sels alcalins. 11 enlève à ces sels une partie de leur base, avec laquelle il se combine, et il donne alors lieu à la formation de sels acides. Dans cette combinaison, il est contenu dans l'urine à côté du phosphate acide de soude, qui est la cause principale de la réaction acide de ce liquide. On réussit facilement, en dissolvant de l'acide urique dans une dissolution chauffée de phosphate de soude, à préparer un liquide analogue à l'urine, ayant une réaction acide et dans lequel se déposent, après une concentration suffisante, des cristaux d'urate de soude. (Pour la séparation de ce sel dans l'urine, voy. Sédiments.)

2. Si nous chauffons l'acide urique dans un tube de verre, il se décompose, sans cependant commencer par fondre. Il se dedouble alors en urée et en acide cyauique qui se subliment, sous forme d'un anneau, en acide cyanhydrique et un peu de carbonate

d'ammoniaque que l'on peut reconnaître à l'odeur. En outre, on remarque des produits huileux particuliers, et il reste un résidu constitué par un charbon poreux azoté.

5. Si l'on fait bouillir avec du peroxyde de plomb de l'acide urique que l'on a mélangé avec de l'eau de manière à faire mie bouillie, il se décompose en quatre corps : acide carbonique, aliantoïne, urée et acide oxalique. L'allantoïne, qui se trouve naturellement dans l'urine des veaux, ainsi que l'urée, peuvent être facilement obtenues et recormues par cristallisation ; l'acide oxalique reste combiné avec l'oxyde de plomb, tandis que l'acide carbonique se dégage avec effervescence. D'après Pelouze, il se forme aussi un peu d'acide allanturique. 11 est probable que l'urée qui prend naissance dans cette décomposition est un produit de l'oxydation ultérieure de l'allantoïne, et qu'il en est de même pour l'acide carbonique relativement à l'acide oxalique, de telle sorte, que la décomposition la plus simple de l'acide urique ne donne que de l'allantoïne (C^H^Az^O") et de l'acide oxalique.

ClOH4Az40G + 0 + H»02 = CSH6ÂZ*0G + G^Os. . Acide urique. Allantoïne.

4. Si l'on introduit peu à peu 1 partie d'acide urique dans 4 parties d'acide azotique concentré (d'une' densité de 1,42), celui-là se dissout avec effervescence et tout le liquide finit par se prendre en une bouillie cristalline. L'acide urique se dédouble alors en alloxane et en urée; la première se sépare sous forme de cristaux, tandis que la dernière, par la formation simultanée de l'acide azoteux, se décompose immédiatement en acide carbonique et en azote qui se dégagent et occasionnent reffervcscence du liquide.

La formation de l'alloxane et de l'urée aux dépens de l'acide urique a lieu par suite de labsorption de deux cquiv. d'eau et do 2 équiv. d'oxygène.

C»oiI*A7,40ß 4- 20 + = Csir-^Az^O» -j- C211«Az202 Acide urique. Alloxane. Un'c.

L'alloxane par un traitement ultérieur pai- Facidc azotique se transforme, en absorbant 2 équiv. d'oxygène, en 2 équiv. d'acide carbonique cl en 1 équiv. d'acide i)aral)aniquo :

Ci<ir-.\7,20s + 20 = Ccir^A/,»0«H- C^O»

Alluxane. Acide paralianlque.

L'acide parabanique, par absorption de 2 équiv. d'eau se change en acide oxalurique :

1 équiv. d'acid'e parabanique CIl-A.z^O'^ -I- 2II0 = 1 équiv. d'acide oxalurique C^IM/rO^, et enfin l'acide oxalurique se dédouble lorsqu'on le fait bouillir dans l'eau en acide oxalique et en urée :

1 équiv. d'acide oxalique CH^Az^O» 1 équiv. d'urée CMI*A.z«02

2 équiv. 0 0°

Si nous résumons toutes ces égalités, nous voyons que 1 équiv. d'acide urique, par absorption de 4 équiv. d'eau et de 4 équiv. d'oxygène, en passant successivement à l'état d'alloxane, d'acide parabanique et d'acide oxalurique, finit par se décomposer en 2 équiv. d'urée, 2 équiv. d'acide carbonique et 2 équiv. d'acide oxalique :

1 équiv. d'acide urique Cm'^hz'^O« 2 équiv. d'urée C^II^Âz^O*

4 équiv. d'eau II* 0* 2 équiv. 0 C* 0^

4 équiv. d'oxygène. . . 0* 2 équiv. GO"- C- 0*

CiO]i8Az40i4 CioiFAz^O'*

Si enfin l'acide oxalique éprouve maintenant une oxydation ultérieure en absorbant 2 équiv. d'oxygène, il reste en définitive comme produit de décomposition de l'acide urique, de l'eau, de l'acide carbonique et de l'urée. L'oxydation complète de l'acide uinque peut donc être représentée simplement par le schéma suivant :

1 équiv. d'acide urique C'oiI'*Az*06 2 équiv. d'urée C^lPAz^O* 6 équiv. HÖ II* 0* 0 équiv. C0°- 0^°

6 équiv, 0 0* C'°]I'*Az*0*ß

Il est certain que l'acide urique est décomposé d'après ce schéma dans le corps normal des animaux, mais, par l'action du permanganate dépotasse employé en excès, nous pouvons le dédoubler exactement en acide carbonique et en urée ou, si l'oxydation est incomplète, en allantoïne, acide carbonique, urée et autres produits!. L'ozone agit aussi très-énergiquement sur l'acide urique; dans une solution aqueuse il se forme de l'allantoïne, de l'acide carbonique et de l'urée, tandis que dans une dissolution alcaline il se produit de l'urée, de l'ammoniaque, de l'acide oxalique et de l'acide carbonique. {Gonip-Besanez.)

5. Si nous faisons agir sur la solution de l'alloxane des corps réducteurs, par exemple l'hydrogène sulfuré, l'hydrogène, etc., des cristaux d'un nouveau corps, l'alloxantine (C^lI'^Az/Û'-") ne tardent pas à se séparer. Ce corps est beaucoup plus diflicilemeut soluble que l'alloxane, il cristallise en prismes obliques à quatre faces et il est coloré en rouge par les vapeurs ammoniacales.

* Annal, der C/tcm. und Pharm., L XCXIX, pag. 200.

ÉLÉMENTS rsOUMAllx'DE L'URINE. 59

L'alloxanc et l'alloxantine terminent les réactions les pins imporlàntes de l'acide urique : si l'on mélange une dissolution d'alloxane et d'alloxantine avec de l'ammoniaque, elle se colore en rouoe pourpre, et, après quelque temps de repos, il se dépose des cristaux de murexide {O^WA^O- + AzIP, purpurate d'ammoniaque). Celle-ci forme des prismes h quatre pans qui rellechissent ■les rayons lumineux avec une couleur vert cantharide; lorsqu'on les écrase, ces cristaux donnent une poudre brune, et ils se dissolvent dans l'eau en colorant ce liquide en pourpre foncé. La murexide nous sert toujours pour reconnaître l'acide urique.

6. Si l'on traite l'acide urique avec de l'acide azotique modérément étendu, il se dissout, et dans le liquide on trouve principalement de l'alloxantine. Si nous évaporons cette solution avec précaution presque jusqu'à sec, il se forme, aux dépens de l'alloxantine, par suite de l'action ultérieure de l'acide azotique, une certaine quantité d'alloxane. Si maintenant nous faisons agir de l'ammoniaque sur ce mélange, la magniüque couleur de murexide prend naissance. Par l'action de la potasse caustique, la couleur de la murexide passe au bleu pourpre. A l'aide de cette réaction, on peut découvrir facilement les plus faibles traces d'acide urique. — Si, au lieu de traiter le résidu par l'ammoniaque, on y ajoute immédiatement de la lessive de potasse ou de soude, on obtient u:ie magnifique dissolution d'un violet pourpre qui, cependant, lorsqu'on chauffe, devient plus pâle et qui, enfin, avant que le liquide soit entièrement évaporé, perd tout à fait sa belle couleur. (Pour la distinction d'avec la xanthine, voy. celle-ci.)

D'aprcs Hardy, lors de révaporation deTacide urique avecdeTacide azotique, il se forme d'abord de Talloxane modifiée de couleur rouge et anhydre, qui sous l'influence de l'ammoniaque se convertit ßn iso-alloxanate d'ammoniaque coloré en rouge.

7. L'acide urique forme, avec les bases, des sels qui se dissolvent plus ou moins facilement dans l'eau; le plus soluble est le sel de lithine. L'acide urique est séparé à l'état cristallin de ces dissolutions lorsqu'on vient à ajouter à celles-ci de l'acide chlorhydrique, de l'acide acétique, etc. Lorsque les liqueurs sont concentrées, la séparation a lieu immédiatement; lorsqu'elles sont étendues, comme par exemple l'urine, elle ne se produit qu'après un long repos (24-56 heures). Les cristaux sont faciles à recon-

naître nu microscope. i^Pour chaque sel en particulier, voy. Sédiments.)

8. Une solution alcaline d'acide urique réduit immédiatement, même à froid, le nitrate d'argent. Si l'on dissout une trace d'acide urique dans une solution de carbonate de soude, et si, avec ce liquide, on touche légèrement un papier sur lequel on a laissé s'étaler une goutte de solution de nitrate d'argent, il se produit immédiatement une tache de couleur foncée, même si la liqueur ne renferme que d'acide urique ; mais des quantités encore plus faibles pouvant aller jusqu'à — de gramme, produisent, après quelques secondes, sans que l'on ait besoin de chauffer, une réaction jaunâtre parfaitement visible. (Schiff.)

9. Si à une dissolution alcaline de cuivre on ajoute une solution d'acide urique dans la potasse, il produit un précipité blanc d'urate de protoxyde de cuivre. Si l'on chauffe ce dernier à l'ébullition avec un excès de solution de cuivre, l'acide urique est oxydé, il se sépare du protoxyde rouge de cuivre, tandis que les produits de l'oxydation de l'acide urique, l'allantoïne, l'urée et l'acide oxalique restent en dissolution.

E. Recherche qiiaUtative. — D'abord il ne faut pas oublier qu'une urine en fermentation acide laisse fréquemment déposer son acide urique à l'état de cristaux plus ou moins colorés. Dans les urines diabétiques notamment on trouve souvent, au bout de peu de temps, au fond du vase, tout l'acide urique sous forme d'une poudre cristalline sablonneuse rouge.

1. On évapore au bain-marie, dans une capsule de porcelaine, 100 à 200 centimètres cubes d'urine. Si l'urine contient de l'albumine, il faut d'abord coaguler celle-ci en faisant bouillir la liqueur préalablement additionnée d'une goutte d'acide acétique; on nitre et l'on évapore le liquide fdtré à consistance sirupeuse. Par un traitement répété avec de l'alcool, on débarrasse le résidu de l'urée,' des matières extractives et des sels solubles dans l'alcool, au contraire, l'acide urique reste avec les sels insolubles et le mucus qui peut s'y trouver. En arrosant avec une petite quantité d'acide chlorhydiique étendu, les sels peuvent être enlevés, et l'on a maintenant l'acide urique seul avec un peu de mucus. Pour le reconnaître avec certitude, on produit les réactions suivantes :

a. Dans un verre de montre, on arrose un petit fragment avec

une goutte d'acide azotique. En chauffant, l'échantillon se dissoudra plus ou moins complètement, et, après l'ovaporation au bain-marie, il prendra une couleur rougeâlre. Si l'on humecte ce résidu avec de l'ammoniaque étendue (1 partie et 10 d'eau), on verra apparaître instantanément la coloration rouge pourpre de murexide qui, par l'addition d'une goutte de potasse caustique, passe au bleu pourpre. Si l'acide urique est en très-petite quantité, un excès d'ammoniaque peut facilement empêcher la réaction, aussi est-il plus sûr d'approcher du résidu une baguette de verre humectée avec de l'ammoniaque, et de souffleries vapeurs ammoniacales sur le résidu. De cette manière on sera sûr, avec des traces d'acide urique, d'obtenir une belle réaction.

I). On dissout le reste dans quelques gouttes de lessive de potasse, où le mucus restera comme résidu. Maintenant, on peut, en ajoutant de l'acide chlorhydrique, séparer de cette dissolution d'urate de potasse, l'acide urique que l'on reconnaît ensuite au microscope.

2. La méthode suivante est plus simple: dans un gobelet de verre on mélange environ 200 centimètres cubes d'urine avec 5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, et on laisse reposer 24 à 48 heures. Au bout de ce temps, on trouvera l'acide urique déposé sous forme de cristaux colorés, dont les uns flottent à la surface du liquide, mais dont les autres se sont déposés sur les parois et au fond du \ase. Par un examen microscopique, ainsi que par un essai des cristaux séparés par iîltration, on reconnaîtra facilement l'acide urique.

3. Si l'on ne dispose que d'une petite quantité d'un liquide dans lequel on veut rechercher l'acide urique, on en verse de 4 à 8 grammes environ sur un verre de montre plat, on ajoute 6 à 12 gouttes d'acide acétique concentré, et, après avoir placé dans le liquide un fil de lin long de 1 pouce, on abandonne le tout pendant 18-24 heures à une température de 16" à 20° au plus. Au bout de ce temps, l'acide urique s'est déposé en cristaux sur le fil, que maintenant il faut examiner au microscope. Cette méthode convient notamment pour rechercher si le sérum du sanodes goutteux renferme de l'acide urique. {Garrod.} ^

§ 7. AciPE iiiprraïQUE

Carbone. . . . 60.335

Hydrogène, . . 4,4C9

Formule : CiSH^AzOMlO ( Azole 7,821

Oxygène. . . . 22,347

Eau 5,028

A. Etat naturel, — L'acide hippurique se rencontre principalement dans l'urine des herbivores. Dans l'urine de l'homme on le trouve aussi hien à l'état normal qu'à l'état anormal, Bence Jones trouva dans l'urine de 24 heures, chez un homme d'un faible poids, 0^^,52 d'acide hippurique; et 0«'',5 d'acide urique ; chez un homme plus lourd, 0?',42 d'acide hippurique, et 0^'",82 d'acide urique. Avant les repas l'urine de deux personnes contenait, dans 1000 pailies, toujours moins d'acide hippurique et d'acide urique qu'après les repas. Thudkhum trouva en moyenne, chez un adulte, de G-"M69 à 0=\515 et même jusqu'à 1 gramme d'acide hippurique par 24 heures. Mais après avoir fait usage de prunes, la quantité de 24 heures s'éleva jusqu'à 2«', 212, Halh wachs retira de l'urine de 24 heures, de plusieurs personnes, 1 gramme environ d'acide hippurique, même avec un régime animal à peu près exclusif.

L'acide hippurique augmente avec une nourriture purement végétale, notamment après l'usage des prunes, des baies de myrtille, des mûres, ainsi qu'après l'emploi interne de l'acide benzoïque, de l'essence d'amandes amères, de l'acide cinnamique et de l'acide quinique, etc. Au contraire, d'après Hallwachs, l'acide succinique ne produit aucune augmentation dans l'acide hippurique, mais, d'après Meissner, il passe en partie dans l'urine sans éprouver de transformation. Dans plusieurs maladies, principalement dans la fièvre intense et le diabète, la quantité de l'acide hippique séparé paraît également augmentée. L'urine ne renferme pas seule de l'acide bippurique, ce corps a été trouvé en petite quantité dans les capsules surrénales du bœuf, dans le sang pathologique de l'homme, ainsi que dans les écailles de richtbyose. — L'acide bippurique contenu dans l'urine peut avon^

une origine double; d'abord, des corps qui se transforment dans l'organisme en acide bippurique,' peuvent être ingérés avec les aliments. Hallwachs, il est vrai, n'a pu découvrir d'acide benzoïque dans les fourrages ordinaires de la vacbe, au contraire Zwenger et Siebert ont trouvé dans le myrtille d'assez grandes quantités d'acide quinique , qui , nous le savons, est également "transformé en acide hippurique dans l'organisme. Si l'acide quinique était plus répandu dans le règne végétal, il est évident que la grande richesse en acide hippurique de l'.urine des herbivores se trouverait ainsi expliquée d'une manière très- simple. Mais, lors de l'oxydation de l'albumine en solution alcaline avec le permanganate de potasse, nous voyons une quantité assez considérable d'acide benzoïque prendre naissance; d'après cela , il est plus que probable qu'au moins une partie de l'acide hippurique éliminé avec l'urine est aussi formée lors de la métamorphose de la matière des substances azotées du corps K

B. Caractères microscopiques. — Si nous laissons refroidir rapidement sous le microscope une solution saturée bouillante d'acide hippurique, celui-ci paraît sous formes de fines aiguilles et de lamelles brillantes. D'une solution étendue saturée à froid il se sépare cependant en cristaux réguliers et bien formés. Alors il constitue des prismes h quatre pans, blanc laiteux, demi-transparents, dont les extrémités se terminent par deux ou quatre faces. La forme primitive est toujours uti prisme vertical rhombe (pl. I, fig. 1). Quelques formes isolées ont parfois de l'analogie avec les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, duquel l'acide hippurique est cependant facile à distinguer par ses propriétés chimiques.

C. Préparation. — On fait bouillir pendant quelques minutes de l'urine fraîche de cheval ou de vache (5 à 6 litres) avec un lait de chaux en excès, on filtre, on évapore rapidement à i/8 ou à

de son volume primitif la solution claire d'hippurate de chaux et l'on mélange avec de l'acide cblorhydrique ; au bout de vingtquatre heures l'acide hippurique a cristallisé ; afin de le purifier, on le dissout encore avec un lait de chaux et on le laisse de nouveau (cristalliser dans le liquide filtré préalablement additionné

< Meissner und Shnpard, Unlcrsuchungcn über das Entstehen der lUppursüure. Hannover, 18Gü.

*t DES URINE?;.

d'acide chlorliydriffue. Si, après celle cristallisalion , il n'esl pas encore incolore, on peut le Irailer en solution aqueuse par du charbon animal bien calcine. Apres le refroidissement du liquide filtré il se déposera en longs cristaux incolores et transparents. L'eau-mère donne après évaporation une deuxième cristallisation.

Lœiue mélange l'urine fraîche avec du sulfate de zinc , il évapore à i/6 avec le précipité qui a pris naissance, il filtre rapidement et , au moyen de l'acide chlorhydrique , il sépare l'acide hippurique , qui doit être purifié par une nouvelle cristallisation. La méthode donne une préparation très-pure.

Un procédé convenable pour la purification de l'acide hippurique coloré a été indiqué par Gössmann. On dissout les cristaux dans une quantité suffisante de lessive de soude, et dans le liquide chauffe à l'ébullition on ajoute goutte à goutte une solution de permanganate de potasse, jusqu'à ce qu'un échantillon donne avec l'acide chlorhydrique un précipité tout à fait blanc. Ensuite on mélange le liquide filtré encore chaud avec un petit excès d'acide chlorhydrique et on laisse cristalliser.

D. P7'opnétés chimiques. — 1. L'acide hippurique est inodore et il a une saveur faiblement amère. Il exige pour se dissoudre 600 parties d'eau froide, mais il se dissout dans une quantité d'eau bouillante beaucoup moins grande. L'alcool le dissout facilement ; l'éther plus difficilement , il s'y dissout cependant complètement. Les dissolutions rougissent fortement le tournesol.

2. Si nous chauffons l'acide hippurique dans un tube de verre, il fond en un liquide huileux. Si maintenant nous hissons refroidir, il se solidifie en formant une masse cristalline d'un blanc laiteux . C'est seulement lorsqu'on vient à chauffer plus fort que la décomposition a lieu : il se forme promptement un sublimé d'acide benzoïque et de benzoate d'ammoniaque, et en même temps on voit apparaître des gouttes rouges oléagineuses, qui répandent une odeur particulière analogue à celle du foin frais ; ces gouttes se solidifient après le refroidissement et se dissolvent dans l'alcool et dans l'ammoniaque, mais ^non dans l'eau. Si maintenant nous portons la chaleur presque jusqu'au rouge, il se dégage une forte odeur analogue à celle de l'acide cyanhydrique et il reste un charbon poreux. Cette réaction est très-caractéristique pour l'acide hippurique : elle nous permet de reconnaître facilement cet acide et de le distinguer de l'acide urique et de l'acide bcnzoïque avec lequel

il a surtout beaucoup d'analogie. Si dans cette distillation sèche on n'élève pas la température au-dessus de 250", l'acide hippurique ne donne que de l'acide henzoïque, faiblement coloré en rouge par un corps étranger, des traces d'acide cyanhydrique et un corps liquide, l'azo-benzoïle (C^'iMz) . Par son odeur ce corps offre la plus grande analogie avec l'essence d'amandes amères.

0. Si nous faisons agir des acides minéraux étendus sur l'acide hippurique, il n'est pas altéré, mais il l'est au contraire lorsqu'on le cliaufl'e avec de l'acide chlorhydrique, de l'acide sulfurique ou de l'acide azotique concentré. Sous l'influence de ces acides, il éprouve un dédoublement qui lui est' particulier ; après le refroidissement, nous trouvons séparé, à l'état cristallin, de l'acide henzoïque, et dans le liquide il reste en dissolution, uni avec l'acide minéral, un corps, le sucre de gélatine (C^ffAzO'^), (giycocolle), qui, à l'état libre, a une réaction faiblement acide.

Ci8H9Âz06 + mo = C» + C^H^AzO*

Acide hippurique. Acide benzoïque. Giycocolle.

Le giycocolle peut être préparé artificiellement en faisant agir ranimoniaqiic sur l'acide monochloracétique, de telle sorte qu'on peut le considérer comme de

l'acétamide G* | ^^^j 0*. En effet Dessaignes, en traitant le chlorure de bcnzoile

par le giycocolle zincique, a régénéré l'acide hippurique, dételle sorte que ce dernier peut être regardé comme de l'acide henzoïque dans lequel 1 atome d'hydrogène a été remplacé par le .radical de l'acétamide, par conséquent du

S RS 0* giycocolle C«* | , q„

-1 AzH3

Au sujet des acides de la hile, nous trouverons des relations analogues.

» 4. Mis en contact avec des substances en fermentation ou en putréfaction, l'acide hippurique se transforme en acide henzoïque ; c'est pour cette raison que souvent on ne peut plus parvenir à l'extraire de l'urine ancienne ; l'acide henzoïque formé se volatilise facilement avec la vapeur d'eau aussitôt que nous ajoutons à l'urine , lors de son évaporation , un peu d'acide chlorhydrique.

5. Si l'on fait agir l'acide azoteux sur l'acide hippurique, ou bien si l'on dirige du bioxyde d'azote dans une solution d'acide hippurique dans l'acide azotique, il se transforme avec dégagement d'azote en un acide non azoté, l'acide benzoglycollique (0^™»*). (C*«lPAzO«4-Azœ=:G'TO + 2Az-|-I10.) La même décomposi-

tion a lieu si l'on dissout de l'acide hippurique dans un excès de lessive de potasse étendue et si l'on traite la solution à froid par le gaz chlore, jusqu'cà ce qu'il ne se dégage plus d'azote.

6. L'acide hippurique forme avec les bases des sels cristallisables, et lorsque la solution de ceux-ci est suffisamment concentrée, il en est séparé par l'acide chlorhydrique sous forme de longues aiguilles.

7. Si l'on fait agir h la température de l'ébuUition de l'acide azotique concentré sur l'acide sulfurique, si l'on évapore à sec, si l'on introduit le résidu dans un petit tube de verre et si l'on chauffe, il se dégage une odeur intense de nitrobenzine, analogue à celle des amandes amères. L'acide benzoïque donne le même résultat. S'il s'agit de l'acide cinnamique, 'l'odeur spécifique de cannelle masque toute autre odeur. Comme une quantité extrêmement faible de nitrobenzine répand une forte odeur assez persistante, cette réaction peut être employée pour découvrir des traces même très-petites d'acide hippurique. [Lücke.)

L'albumine, la f![élatinn, l'acide urique, le sucre d'urine, la salicine, les acides salicylique, choloïdique, anisique, pyrogallique, quinique, picrique, phtaliquc» la naphtaline, l'indigo, l'isatine, ne donnent pas cette réaction.

E. Recherche qualitative. — 1. On évapore au bain-marie presque jusqu'à sec une quantité de 800 à 1,000 centimètres cubes d'urine, on triture le résidu avec de la poudre de spath pesant, on acidifie avec de l'acide chlorhydrique et l'on épuise complètement avec de l'alcool. Après avoir neutralisé l'extrait alcoolique ainsi préparé, on distille la plus grande partie de l'alcool et l'on évapore à sec en ayant soin d'agiter le liquide sirupeux restant,^ préalablement additionné d'acide oxalique. On épuise ensuite suffisamment la masse sèche avec une grande quantité d'éther auquel on a ajouté un peu d'alcool, et l'on distille presque jusqu'à sec la solution éthérée. Afin d'enlever l'acide oxalique entraîné par le dissolvant, on traite à chaud le résidu cristallin avec un lait de > chaux, on filtre, on évapore le liquide filtré jusqu'à un très-pelit volume, et l'on acidifie faiblement avec de l'acide chlorhydrique. Au bout de quelque temps, l'acide hippurique cristallise, et l'on essaye les Cristaux chimiquement et à l'aide du microscope. De très-petites quantités tlacide hippurique sont décelées par la réaction de la nitrobenzine (7).

ÉLÈftlENTS NORMAUX UE L'URINE. 47 Si cependant l'nrinc est pins riche en ucicle hippurique, par exemple, après que l'on a l'ait usage d'acide benzoïque, on parvient le plus ordinairement à extraire des cristaux d'acide hippurique de l'urine évaporée à consistance sirupeuse en la mélangeant avec un peu d'acide clilorhydrique ; il faut avoir soin de séparer par l'eau bouillante l'acide urique qui s'est déposé en même temps.

2. La recherche de l'acide hippurique est facile et sûre au moyen de la méthode suivante indiquée par Meissner; cette méthode permet aussi de découvrir en même temps Tacide succinique qui peut se rencontrer dans l'urine. Avec de l'eau de baryte concentrée, on précipite avec précaution 1,000 à 1,200 centimètres cubes d'urine ; on enlève la baryte ajoutée en excès avec quelques gouttes d'acide sulfurique, en ayant soin de ne pas en verser un excès, et l'on filtre. On évapore ensuite au bain-ma-, rie jusqu'à consistance de sirop épais le liquide filtré, exactement neutralisé avec de l'acide chlorhydrique, et l'on introduit le résidu neutre encore chaud dans 150 à 200 centimètres cubes d'alcool absolu contenu dans un vase que l'on peut fermer. Les succinates qui peuvent se trouver présents sont précipités avec le chlorure de sodium, tandis que les hippurates restent en dissolution. Après avoir agité fortement à plusieurs reprises, on décante la solution alcoolique dès que le précipité est entièrement déposé, on expulse complètement l'esprit-de-vin en chauffant au bain-marie, on introduit dans un vase susceptible d'être fermé le résidu sirupeux encore chaud qui, par le refroidissement, se prend en une masse cristalline, on acidifie avec de l'acide chlorhydrique et l'on enlève l'acide hippurique par agitation avec une quantité d'éther pas trop petite (100 à 150 centimètres cubes). Après avoir enlevé l'éther par distillation, on étend le résidu avec de l'eau et l'on chauffe à l'ébullition avec un peu de lait de chaux. Du liquide filtré réduit à un petit volume et additionné d'acide chlorhydrique, l'acide hippurique se sépare en beaux groupes de cristaux, que l'on peut facilement obtenir tout à fait incolores en les traitant avec du charbon animal pur*

Acide succinique. Puisque, d'après les recherches de Meissner et Shepard., l'acide succinique doit se rencontrer même dans l'urine normale, on a aussi à s'occuper de cet acide lors de l'analyse

qualitative de l'urine. Meissner et Shepard^ ont trouve à l'état normal l'acide succinique dans l'urine et dans le sang; il augmente dans l'urine, la sueur et la salive, après que l'on a fait usage d'acide benzoïque ; la même chose se produit dans le sang après ingestion d'acide quiniquc. Cependant l'acide succinique, pris à l'intérieur, ne produit pas d'augmentation dans la quantité de l'acide hippurique séparé; mais lorsqu'on l'emploie à doses pas trop petites, il passe dans l'urine sans avoir éprouvé d'altération. Pour la recherche de cet acide, on se sert de la masse saline précipitée par l'alcool absolu dans l'urine concentrée (voy. plus haut 2). Après avoir bien lavé cette masse avec de l'alcool, puis l'avoir comprimée, on la dissout dans une quantité d'eau bouillante aussi petite que possible, on ajoute de l'acide chlorhydrique et l'on enlève par agitation avec de l'éther. (100 à 150 centimètres cubes) l'acide succinique présent. Après séparation de l'éther par distillation, il reste une masse brune, dans laquelle l'acide succinique cristallise difficilement. Pour purifier cet acide, j'ai trouvé qu'il était convenable de le traiter avec l'acide azotique, par lequel l'acide succinique n'est pas attaqué. Dans ce but, on étend l'extrait éthéré avec de l'eau, on chauffe à l'ébullition, et pendant que le liquide est bouillant, on y ajoute goutte à goutte de l'acide azotique pur, jusqu'il ce que le mélange ne soit plus coloré qu'en jaune. Dans la solution concentrée par évaporation, l'acide succinique cristallise facilement. On place les cristaux sur du papier buvard, dans lequel on laisse pénétrer l'eau-mère, et l'on soumet l'acide, faiblement coloré en jaune, aux réactions suivantes :

1. On sublime une particule dans un petit tube d'essai. L'acide succinique sublime à 120 ou 130° centigrades.

2. On dissout le reste dans un peu d'eau et l'on divise la solution obtenue en deux parties. On ajoute une moitié dans un mélange d'esprit-de-vin, de chlorure de baryum et d'ammoniaque, et il se produit un précipité blanc de succinate de baryte. On chauffe la deuxième moitié à l'ébullition avec un excès de carbonate de magnésie, on filtre et l'on mélange avec quelques gouttes d'une solution neutre de perchlorure de fer, qui occasionne un précipité volumineux brunâtre de succinate de fer. Si, après l'a-

> Meissner und Shepard, Untersuchungen Uber das Enlslchcn der Hippursäiire. Hannover, 186G.

voir lavé, on décompose le succinale de fer en le chauffant avec de l'ammoniaque, le liquide fillré neutre donne, avec une solution d'argent, un précipité blanc de succinate d'argent. On décompose le sel d'argent par l'hydrogène sulfuré, et dans le liquide filtré on laisse cristalliser l'acide succinique. [Funke, 2'"" édit., pl. Ii, flg. 5.)

■ J'ai réussi, à l'aide de cette méthode, à retrouver des quantités d'acide succinique, même très-petites, qui avaient été ajoutées à 800 ou 1,000 centimètres cubes d'urine normale.

5. Pour la recherche de l'acide hippurique dans l'urine ictérique , SchuUzen a recommandé comme donnant de bons résultats le procédé suivant : l'urine est précipitée avec de l'acétate neutre de plomb, le liquide filtré est traité par l'hydrogène sulfuré et ensuite évaporé. On épuise le résidu par l'alcool , on évapore le liquide qui en résulte, et au résidu ainsi obtenu, préalablement additionné d'acide chlor hydrique, on enlève l'acide hippurique par agitation avec de l'éther. Après évaporation de l'éther, on reprend avec de l'eau, on agite avec du charbon animal , on concentre au bain-marie le liquide filtré, et des cristaux assez purs d'acide hippurique se déposent. Si cela n'a pas lieu , on dissout le résidu dans l'eau et l'on ajoute une goutte d'acétate neutre de plomb ; par ce moyen, toutes les matières extractives et l'acide benzoïque qui pouvait être présent sont éliminés. On enlève le plomb au liquide filtré , on évapore et, après le refroidissement, on mélange avec un peu d'acide chlorhydrique, qui sépare l'acide hippurique. — Sans la précipitation préalable avec l'acétate de plomb, dans une urine ictérique on n'obtiendra souvent que de l'acide benzoïque.

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