‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 102 sur 185 · DOSAGE DE L'ACIDE CARBONIQUE ET DE L'AZOTE TOTAL · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'ACIDE CARBONIQUE ET DE L'AZOTE TOTAL

Les tcntativos faites pour doser la potasse en précipitant l'urine préalablement concentrée par l'acide tarlrique n'ont pas donné de résultats favorables. Le bitartrate de potasse précipité étant impur, les résultats étaient toujours trop élevés. {Salkowski ^ . )

§ 80. Dosage de l'acide carbonique.

D'après Marchand (Journal für pract. Chemie. T. 44, p. 255), on peut doser l'acide carbonique libre de l'urine de la manière suivante. On introduit l'urine à essayer, environ 100 c. c, dans un ballon de verre hermétiquement fermé avec un bouchon percé de deux trous. Dans l'un des trous passe un tube qui plonge dans l'urine, et qui à l'autre extrémité est étiré en une pointe fine facile à fondre. Le deuxième trou est traversé par un tube deux fois recourbé, dont une branche plonge dans un flacon vide en passant à travers un bouchon fermant hermétiquement le vase; ce flacon est uni, par l'intermédiaire d'un deuxième tube, avec un flacon semblable rempli d'eau de baryte claire, et celui-ci est à son tour mis en communication avec un ou deux flacons également à moitié pleins d'eau de baryte. Le dernier de ces flacons communique avec une pompe à air. Lorsque l'appareil est monté, on chauffe l'urine au bain-marie à 50 ou 60*^, et à l'aide de la pompe on aspire lentement l'air. Le liquide entre bientôt en ébuUilion, il distille dans le flacon vide, et les solutions de baryte se troublent par suite de la formation de carbonate de baryte. Au bout d'une demi-heure ou de trois quarts d'heure, on brise la pointe fine du premier tube, et en aspirant on fait passer de l'air à travers l'appareil. On filtre avec précaution pour séparer le carbonate de baryte précipité, après l'avoir lavé on le dissout dans l'acide chlorhydrique, on le précipite de nouveau avec de l'acide sulfurique, et l'on pèse le sulfate de baryte formé. Avec la quantité trouvée on calcule l'acide carbonique qui était contenu dans l'urine. 116,5 part, en poids de sulfate de baryte correspondent à 22 part, en poids d'acide carbonique.

§ 81. Dosage de l'azote total.

L'urine contient, comme on le sait, de l'azote sous des formes très différentes : à l'état d'urée, d'acide urique, de créatinine, de sels am moniacaux, etc. Gomme il peut être important, pour la solution de certaines questions physiologiques, de déterminer quantitativement la proportion totale de l'azote éliminé avec l'urine sous différentes formes» je donne ici la méthode indiquée dans ce but par Voit et Seegen.

* Pfluger's Archiv, t. VI, p. 209.

Cependant, comme lors du titrage de l'urée dans l'urine par la méthode de Liebig, l'urée n'est pas seule précipitée, mais qu'en outre, d'autres éléments azotés, tels que la créatinine, etc., forment des combinaisons avec l'azotate de bioxyde de mercure, on peut d'après les recherches de Voit^, de Parkes et de Wollowicz^ calculer l'azote total avec une certitude assez grande avec l'urée trouvée par la méthode de Liebig. Voit a trouvé comme moyenne de 17 analyses par combustion 98%51 d'azote dans 700 c. c. d'urine humaine , tandis que l'azote calculé avec l'urée obtenue s'élevait à 9e%4. Parkes et Wollowicz ont trouvé comme moyenne de 26 analyses par combustion une excrétion d'azote de i6^%46 par vingt-quatre heures, tandis que l'urée obtenue d'après la méthode de Liebig^ après la précipitation du chlore, donna en moyenne IQ^^.M d'azote. F. Schenk^ est arrivé à des résultats un peu différents ; il a déterminé l'azote par combustion avec de la chaux sodée et d'après la méthode de Dumas, et il l'a en outre calculé avec l'urée obtenue. Tandis que les deux méthodes de dosage de l'azote donnèrent des résultats à peu près semblables, les calculs avec l'urée, offrirent des différences. La moyenne de 8 analyses par combustion fut de 0s%1595 d'azote pour 10 c. cd'urine, tandis que l'azote calculé avec l'urée s'éleva à 08% 1585. Les plus grandes différences constatées entre les résultats obtenus par la méthode de Liebig et ceux fournis par dosage direct de l'azote, s'élevèrent pour 10 c. c. d'urine à — 0,01^ et -H 0,021 ; si la quantité d'urine émise en vingt-quatre heures, avait été de 1000 c. c, on aurait trouvé par conséquent lë%4 d'azote en moins, ou 28%1 en plus. Schenk, se basant sur ses expériences, considère la méthode de Liebig comme peu convenable, aussi bien pour le dosage de l'urée que pour celui de l'azote, et par suite, pour toutes les recherches relatives à la métamorphose de la matière, et comme le dosage de l'urée d'après Heintz lui a toujours donné moins d'azote que les déterminations avec les autres méthodes, il considère le procédé de Heintz comme le plus convenable pour déterminer la véritable teneur de l'urine en urée. Du reste, les nombres moyens indiqués par Voit, Parkes et Wollowicz, ainsi que ceux obtenus par Schenk lui-même, nontrent que dans les longues séries d'expériences, comme on en exécute pour les recherches sur les métamorphoses de la matière, les différences entre les dosages directs de l'azote et les quantités calculées avec l'urée obtenue par la méthode de Liebig s'effacent à peu près. Enfin, en ce qui concerne la

^ Zeitschr. f. Biologie, t. II, p. 467. 2 Chem. CentralbL, 1870, p. 651.

' Centralbl., f. d. med. Wissenschaften, 1869, p. 855. Wiener Silzungsbericht. 1869, p. 162.

Page 1