‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 106 sur 185 · DOSAGE DES ACIDES BILIAIRES · texte numérisé non relu

DOSAGE DES ACIDES BILIAIRES

§ 83. Dosage des acides biliaires.

Bien que, même dans i'iclère très-grave, il ne passe jamais clans l'urine que de très-petites quantités d'acides biliaires, ces corps peuvent cependant, d'après Hoppe-Seyîer^, être déterminés approximativement au moyen du polarimètre. D'une quantité d'urine ictérique au moins égale à 400 ou 600 c. c, on sépare les acides biliaires d'après la méthode indiquée Tpav Hoppe et décrite § 29. La solution alcoolique des sels biliaires, décolorée si c'est nécessaire par le charbon animal, est d'abord réduite à un petit volume, mesurée et ensuite examinée avec soin au polarimètre, en suivant les indications du g 70.5.

Comme le pouvoir rotatoire spécifique du cholate de soude en solution alcoolique est égal à 4- 51^*, 4, mais que celui du sucre est H- 56« pour la lumière blanche, les degrés lus sur l'échelle et sur le vernier doivent être convertis. On trouve la richesse centésimale de

Ci 56

la solution alcoolique en acide cholique, d'après la formule

= p et le poids de l'acide cholique contenu dans la quantité d'urine

soumise à la recherche au moven de la formule T^-x^^i^ = ^«

100 oi,4

Dans cette formule, a indique la rotation trouvée avec un tube long de 1 décimètre, v le volume en centimètres cubes de la solution alcoolique du cholate de soude et x le poids de l'acide cholique qui s'y trouve contenu. En outre, si le volume de la solution alcoolique du cholate de soude, correspond à 500 c. c. d'urine ictérique, ,x indique la richesse centésimale de l'urine en sels biliaires.

Il est vrai que dans l'urine l'acide cholique ne se trouve pas toujours seul, comme on l'admet ici; mais comme la différence de rotation des acides glycocholique et cholique n'est qu'extrêmement faible, l'erreur occasionnée par cette circonstanc3 rentre dans les limites des erreurs d'observation, et peut par conséquent ne pas être prise en considération. (Hoppe.)

§ 84. Dosage de l'Indican d'après Jaffé-.

A. Principe de la méthode. — Si l'on mélange une solution d'indican incolore ou faiblement colorée en jaune avec à peu près son égal

^ Traité d'analyse chimique appliquée à la physiologie et à la patholoqie, -i" édit., Paris, 1877, p. 59.

- Archiv f. d. gesam. Physiologie, t. III, p. 448. Zeitschr. f. anahjt. Chem., t. X, p. 126.

NEUBAUER ET VOGEL. DE l'uRINE. 2« ÉDIT. 20

volume d'acide chlorhydrique pur, et si ensuite on ajoute avec précaution en agitant quelques gouttes d'une solution saturée de chlorure de chaux, le mélange se colore immédiatement en bleu intense et se trouble, par suite de la séparation d'indigo, qui au bout de quelques minutes se réunit en flocons, lesquels se déposent complètement au bout de quelques heures. L'urine humaine ne devient que trèsrarement bleue ou verte ; généralement elle offre après l'addition du chlorure de chaux une nuance rouge ou violette, mais lorsqu'on filtre l'urine ainsi traitée, elle laisse sur le filtre un dépôt bleu parfaitement évident.

B. Pratique de lUmalyse. — 1000 ou 1500 c. c. d'urine sont rendus alcalins avec un lait de chaux, et les phosphates sont ensuite précipités complètement par le chloj-ure de calcium. Au bout de douze heures on filtre, le liquide filtré et l'eau de lavage sont évaporés à consistance sirupeuse, d'abord à feu nu et ensuite au bain-marie. Pendant cette opération il faut avoir soin d'essayer de temps en temps la réaction, et d'ajouter, si c'est nécessaire, un peu de carbonate de soude. Le résidu sirupeux est chauffé pendant plusieurs minutes avec environ 5U0c.c. d'alcool concentré, puis versé dans un gobelet de verre et abandonné au repos pendant 12-24 heures, afin que tous les corps précipités puissent se séparer complètement; ensuite on filtre et l'on distille l'alcool. Le résidu est dissous dans une grande quantité d'eau et précipité avec une solution très-étendue de perchlorure de fer, dont il faut éviter d'ajouter un grand excès. Le liquide séparé par filtration du précipité do fer est mélangé avec de l'ammoniaque, chauffé à l'ébullition, et après élimination du peroxyde de fer séparé, évaporé à un volume de 200-250 c. c. Avec ce liquide, qui en général doit encore être filtré, on procède maintenant comme il suit au dosage de l'indigo. Dans ce but, on mesure 20-40 c. c. du liquide, et l'on étend peu à peu avec des quantités d'eau déterminées, jusqu'à ce que dO c. c. du mélange, additionnés d'un égal volume d'acide chlorhydrique, donnent avec une goutte de solution saturée de chlorure de chaux une coloration bleue encore appréciable, jusqu'à ce que par conséquent la limite de la réaction soit atteinte. 11 a été établi par un grand nombre d'expériences que le nombre des volumes de la solution qui peuvent être ajoutés à une solution d'indican jusqu'à l'apparition de la réaction limite, est à peu près le double du nombre de gouttes de la solution de chlorure de chaux qui indique pour 10 c* c. d'indican le maximum de la teneur en indigo. Supposons que l'expérience effectuée précédemment ait donné la dernière coloration bleue encore visible avec une dilution de 8 fois avec de l'eau, 4 gouttes environ de la solution de chlorure de chaux sont alors nécessaires par chaque

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