‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 13 sur 185 · Séparation simultanée des quatre acides de l'urine · texte numérisé non relu

Séparation simultanée des quatre acides de l'urine

On mélange avec de l'hydrate de chaux de l'urine de vache fraîche (40 kilogr.), on fait bouillir une fois, on décante pour enlever l'excès de chaux et l'on évapore au huitième. Après qu'il est bien refroidi, on mélange le liquide filtré avec de l'acide chlorliydriquc. Au bout de 24 heures, on décante l'eau-mère pour la séparer do l'acide hippurique déposé et on la soumet à la distillation. En rectifiant plusieurs fois le liquide laiteux obtenu dans la première distillation, on obtient enfin une liqueur oléagineuse faiblement jaunâtre, qui est en majeure partie au-dessous de l'eau qui a passé en même temps à la distillation. — Dans cette huile on peut découvrir l'acide phénique au moyen de sa réaction avec le perchlorure de fer, ainsi que par la coloration bleue d'un copeau de sapin. Avec l'urine humaine la quantité du liquide huileux que l'on obtient est extrêmement petite*.

L'huile obtenue d'après 1 est mélangée, ainsi que l'eau qui la surnage, avec une quaaitité en excès et pesée d'hydrate de potasse, et soumise à la distillation. Dans le liquide condensé se trouve contenue une huile azotée, très-odorante et peu étudiée. Au résidu contenu dans la cornue on ajoute une quantité d'acide sulfuriquc telle qu'elle sature les 5/6 de la potasse employée, et l'on distille tant que le liquide condensé donne un précipité avec l'acétate basique de plomb. En distillant à plusieurs reprises sur du sel marin le liquide obtenu, on a enfin à l'état huileux la plus grande partie des acides, et il ne reste qu'une petite quantité d'une solution aqueuse ayant une réaction fortement acide. Pour séparer ces corps à réaction acide, on sature le liquide distillé avec du carbonate de soude, on agite fréquemment pendant 12 heures et avec de l'éther on sépare la couche huileuse des sels de soude.

a. Acides qui ne sontjjas combinés avec la soude. — Par distillation on sépare l'éther de la solution éthérée obtenue d'après 2 et l'on soumet encore une fois le résidu à la distillation avec une lessive de potasse concentrée. La combinaison de potasse qui reste est décomposée avec du bicarbonate de potasse et le produit de la distillation obtenu est complètement déshydraté avec du chlorure de calcium. La plus grande partie, qui est constituée par de l'acide phénique et de l'acide taurylique, passe en opérant par distihation fractionnée à 180 — 195°; ces deux acides ne peuvent être qu'incomplètement séparés par une nouvelle distillation fractionnée. — Outre que l'acide taurylique entre en ébullition à une température plus élevée, ces deux corps diffèrent par la manière dont ils se comportent avec l'acide sulfurique concentré : l'acide taurylique donne une combinaison solide, tandis que le composé fourni par l'acide phénique reste liquide.

b. Acides qui sont combinés avec la soude. — La solution des sels de soude, qui est débarrassée par l'éther des acides phénique et taurylique, est évaporée, mélangée avec de l'acide sulfurique, et distillée. Le hquide condensé ayant une odeur analogue à celle de l'acide butyrique se sépare en deux couches, l'une huileuse et l'autre aqueuse. On fait bouillir le tout avec un excès de carbonate de baryte et on

* Annal, der Chemie und Pharm., t. XCVII, p, 154.

ÉLÉMENTS ^'ORMA^\ PK ITHT^E.

laisso cristallisor. — Par cristallisation IVactionnéo on ol)lionl différents sels de baryte renfermant des proportions variables de base (27 à 41 p. 100 de baryte). L'acide dont le sel de baryte renferme un peu plus de 59 p. 100 de base constitue rélément principal (3% 4^ et 5« cristallisations). Cet acide est l'acide damalurique (voyez cet acide). Le deuxième acide (l"'^ et cristallisations), dont le sel de baryte renfej'mc27,4 p, 100 de base, est l'acide damolii|ue (voyez cet acide].

Les sels de baryte qui restent {eau-mère évaporée) sont des mélanges d'acide damalurique avec un autre sel de baryte; jusqu'à présent on na pas pu découvrir si l acide qui se trouve dans ces sels est l'acide butyrique, l'acide valérianique ou bien encore un acide nouveau.

Lorsqu'on emploie l'urine bumaine pour la préparation, la quantité de ces acides qne l'on retire est extrêmement petite, et si l'on ne s'est pas servi d'urine tout à fait fraîche, on obtient toujours une assez grande proportion d'acide acétique.

c. Recherche de V acide phénique dans V urine humaine. — L'urine est fortement acidifiée avec de l'acide tartrique et la moitié à peu près est distillée à feu nu. On agite deux fois le liquide passé à la distillation avec plusieurs volumes d éther et on lui enlève ainsi l'acide phénique que l'urine pouvait contenir. On dissout dans quelques centimètres cubes d'eau l'acide phénique qui reste après distillation de l'éther et on se sert de cette solution pour produire les réactions indiquées précédemment ; parmi celles-ci on doit recommander spécialement celles de Landolt, de Lex et de Plügge. (Salkowski.)

Landolt se sert aussi de la réaction indiquée prc-cédemment, précipitation de l'acide par l'eau de brome sous forme de tribromophénol, pour la recherche de cet acide dans l'urine normale. Si l'on mélange de l'urine humaine (500 c. c.) directement avec un excès d'eau de brome, il se produit généralement un trouble, et après un repos de plusieurs heures un précipité floconneux brunâtre se dépose au fond du vase. Si l'on rassemble celui-ci, si on le lave et si on le traite par l'amalgame de sodium, l'odeur de l'acide phénique se manifeste de la manière la plus nette.

Mais comme l'eau de brome décompose l'acide paroxybenzoïque avec formation de tribromophénol et comme en outre l'acide salicylique donne avec l'eau de brome de l'acide dibromosalicyli(iue, qui est décomposé par l'amalgame de sodium en donnant naissance à de l'acide phénique libre, Maly ne considère pas la manière dont se comporte l'urine en présence de l'eau de brome comme une preuve suffisante de la préexistence de l'acide phénique dans l'urine normale.

A la suite de l'emploi à l'intérieur d'acide phénique (0e'',5-0«%9 par jour), celui-ci aurait pu être retrouvé pendant 22 jours chez 5 malades en opérant avec 200 c. c. d'après le procédé de Salkowski, et en suivant le même procédé on l'aurait également découvert 4 fois chez trois autres malades à la suite de l'usage externe de cet acide.

§ iO. Matières colorantes de l'uriiie.

Page 1