‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 146 sur 185 · SANG DANS L'URINE · texte numérisé non relu

SANG DANS L'URINE

quelques globules sanguins. Mais ces derniers étaient beaucoup trop rares pour que le sang qu'ils représentaient ait pu fournir toute la fibrine contenue dans le coagulum.

Signification. — La présence de la fibrine dans l'urine, que ce principe soit liquide ou coagulé, permet toujours de conclure que dans quelque partie du système uropoiétique il s'est produit une exsudation d'un liquide fibrineux (plasma sanguin). Dans la plupart des cas, cette fibrine provient des reins ; cependant elle peut aussi venir d'une autre partie des voies urinaires.

g 99. !§>ang^ dans l'urine.

(Globules sanguins. — Caillots sanguins).

A. Caractères. — L'urine a une couleur rouge de sang, et au microscope on constate la présence des globules sanguins caractéristiques (voy. §51). Si la quantité du sang est trés-petite, on ne peut être sûr de trouver les globules sanguins qu'en laissant l'urine reposer pendant quelque temps. Les globules se déposent alors au fond du vase sous forme d'un sédiment rouge.

On reconnaît de cette manière, même à l'œil nu, la présence d'une trés-petite quantité de sang, et si l'on avait quelque doute sur la nature du sédiment, on examinerait celui-ci au microscope.

Si le sang est en quantité tant soit peu considérable, il se coagule dans les voies urinaires ; de gros caillots peuvent alors obstruer cellesci et de cette façon donner lieu à de la dysurie, de la strangurie ou à une rétention d'urine, et même occasionner la formation de calculs urinaires ; ou bien la coagulation du sang ne se produit qu'après l'émission de l'urine (voy. § 98).

B. Signification. — La présence de globules ou de caillots sanguins dans l'urine indique qu'une hémorrhagie s'est produite dans quelque partie du système uropoiétique. Les causes de cette hémorrhagie et ses conséquences peuvent varier beaucoup, mais ce n'est pas ici le lieu de décrire avec détails toutes les circonstances qui peuvent lui donner naissance. On pourra se guider à ce sujet sur les considérations suivantes.

Si l'urine contient une très-grande quantité de sang, celui-ci provient généralement des bassinets, des uretères ou de la vessie, et plus rarement des reins eux-mêmes. La cause réside quelquefois dans un état scorbutique général, dont le diagnostic n'offre aucune difficulté pour le médecin attentif.

Abstraction faite de ce cas, les hémorrhagies dos bassinets et des uretères sont le plus souvent occasionnées par des calculs urinaires*

et plus rarement par des ulcérations de ces parties provoquées par . d'autres causes. Dans des cas de ce genre, il y a presque toujours, outre riiémorrhagie, une inflammation des bassinets et des uretères (pyélite), et indépendamment du sang, l'urine contient aussi des corpuscules purulents, et quelquefois des fragments de calculs ou des graviers ; les malades éprouvent des douleurs dans la région des reins et sur le trajet des uretères. Ces symptômes suffisent généralement pour arriver à un diagnostic exact.

S'il n'existe aucune douleur dans la région rénale et sur le trajet des uretères, la source de l'hémorrhagie se trouve probablement dans la vessie. Elle peut être due aux causes suivantes : hypérémies de la muqueuse vésicale allant jusqu'à la rupture des vaisseaux (hémorrhoïdes de la vessie), calculs vésicaux, érosions et ulcérations de la muqueuse vésicale, ou maladie organique grave de la vessie, notamment un cancer ramolli de cet organe. Les symptômes d'une affection vésicale qui coïncident avec la présence du sang dans l'urine, rendent ordinairement facile, dans les cas de ce genre, la découverte du lieu de l'hémorrhagie, et on peut aussi être renseigné sur la nature de la maladie de la vessie par un examen plus minutieux et une observation continue.

Mais des symptômes d'une maladie vésicale (dysurie, ischurie) temporaire ou apparaissant subitement sans prodromes peuvent aussi se présenter lorsque l'hémorrhagie n'a pas son siège dans la vessie, mais dans les bassinets ou dans les uretères. Cela a lieu lorsque le sang arrivé dans la vessie s'y coagule et de cette façon obstrue l'orifice de l'uréthre, de manière à rendre difficile ou impossible l'émission de l'urine ; le même phénomène peut être produit ptir des caillots sanguins qui, formés dans les uretères, sont entraînés dans la vessie.

Si la quantité du sang contenu dans l'urine n'est que peu considérable et que tous les symptômes d'une affection des voies urinaires lont défaut, on peut présumer que le sang provient du parenchyme rénal, notamment des vaisseaux des corpuscules de Malpighi, et que l'on a affaire à une des formes pathologiques appartenant à la grande classe d'affections désignée sous le nom général de maladie de Bright. Dans les cas de ce genre, si la présence du sang dans l'urine n'est pas transitoire, celle-ci contient généralement, indépendamment du sang des cylindres . fibrineux ou des corpuscules de pus et des cellules granuleuses, dont la présence ne fournit pas seulement les éléments d'un diagnostic générai, mais permet aussi quelquefois de diagnostiquer avec une probabilité plus ou moins grande une certaine forme des affections rénales.

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