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SANG DISSOUS. HÉMATOGLOBULINE LIQUIDE

Dans tons les cas d'hémorrhagie du système uropoiétique, le médecin ne doit pas se contenter de diagnostiquer le siège et la cause de l'hèmorrhagie, il doit aussi s'efforcer de pronostiquer les conséquences que peut entraîner l'affection.

On peut dans ce but se baser sur les considérations suivantes.

Une hémorrhagie dans les voies urinaires n'est que rarement assez considérable pour entraîner une forte diminution des globules sanguins, et par conséquent pour produire l'anémie ou l'oligocythémie.

Plus fréquemment, ses conséquences ordinaires sont les suivantes : le sang épanché se coagule entièrement ou partiellement dans les voies urinaires ; il bouche les uretères ou l'uréthrc et empêche ainsi l'émission de l'urine ; ou bien les caillots donnent lieu à la formation de concrétions persistantes (calculs urinaires). Dans des cas semblables, où la quantité du sang épanché est très-petite, de petits caillots peuvent même devenir les noyaux de calculs urikaires.

Indépendamment de ces conséquences possibles de l'hèmorrhagie proprement dite, il faut toujours, dans le pronostic, tenir compte des suites de la maladie qui a occasionné l'hèmorrhagie, — affection des reins, pyèlite, maladie de la vessie, etc.

Toute urine qui renferme des globules sanguins doit aussi contenir de la fibrine et de l'albumine, parce que ces substances constituent des éléments intégrants du sang. 11 n'y a qu'un examen judicieux, basé sur la détermination approximative de la quantité de chacun de ces trois éléments du sang, qui puisse décider si la proportion totale de ces trois corps provient de sang épanché ou si, indépendamment de riiémorrhagie, on doit aussi admettre une exsudation de fibrine ou d'albumine (voy. g 98).

§ lOO. ^an§^ dissous. Hématog^lobuline liquide.

(Hémoglobine et métliémogiobine)

Quelquefois l'urine est colorée en rouge de sang, ou en brun-rouge, en noir-brun et même en noir d'encre, sans qu'il soit possible, ä l'aide de l'examen microscopique le plus minutieux, d'y découvrir des globules sanguins. Mais si l'on fait bouillir une urine de ce genre seule ou en y ajoutant avec précaution un peu d'acide acétique, il s'y forme un coagulum rouge-brun plus ou moins abondant et tout à fait semblable à celui que donne le sang étendu d'eau, puis soumis à l'ébullition. Si l'on fait bouillir ce coagulum avec de l'alcool contenant de l'acide sulfurique, le liquide dissout de l'hématoglobuline et

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se colore en brun-rouge. De cette façon, notamment si l'on emploie en même temps l'analyse spectrale, on peut reconnaître avec certitude s'il existe du pigment sanguin dissous dans l'urine, et en outre découvrir si c'est de l'hémoglobine non altérée, de l'hémoglobine modifiée (méthémoglobine) ou de l'hématine (voy. g 51).

Ces urines se rencontrent quelquefois dans des maladies qui sont associées avec ce que l'on appelle un état de dissolution du sang, — dans le scorbut, dans les fièvres putride, typhoïde, intermittente pernicieuse, après l'inhalation d'hydrogène arsénié ^

Exemples. A., jeune homme atteint d'une lièvre typhoïde grave, élimina pendant plusieurs jours, au summum de la maladie, une urine colorée en rouge de sang, dans laquelle il ne fut pas possible de découvrir, à l'aide du microscope, la présence de globules sanguins, mais qui par l'ébullition donnait naissance à d'abondants coagula d'hématoglobnline. Au bout de quelques jours, l'urine perdit cette propriété et le malade se rétablit lentement, mais complètement.

X., étant en parfaite santé, avait dans une expérience respiré un mélange gazeux composé d'air atmosphérique, d'hydrogène et d'hydrogène arsénié. Il fut momentanément indisposé, mais il se rétablit promptement. L'urine émise quelques jours après était noir d'encre ; elle ne contenait pas de globules sanguins, mais elle donnait par l'ébullition un abondant coagulum d'hématoglobnline. L'urine conserva cette propriété pendant environ 24 heures.

Des ouvriers occupés à l'extraction de l'argent qui avaient respiré de l'hydrogène arsénié et éprouvé par suite un empoisonnement, auquel 5 sur 9 succombèrent, éliminèrent une urine sanglante. (Trost, in Enlenberg s Vierteljahrsschr. f. gerichtliche. Medicin u. öffentl. Sanilälswesen, t. XVI, p. 269.)

Un chien, auquel, dans un but expérimental, on avait fait respirer une grande quantité d'hydrogène arsénié, éliminait également une urine brun-noir foncé, riche en hématoglobuline.

A la suite des transfusions (opérations (jue dans ces derniers temps on a de nouveau fréquemment pratiqué), une partie des opérés élimine également par l'urine du pigment sanguin dissous. (Oehme, Sitzungsbericht d. Dresdener Gesellschaft /'. Natur-und Heilkunde, 11 avril 1874, — Yoy. aussi Landois, Centralb. f. d. medic- Wissensch. 1873, n°^ 56 et 57.)

Le passage de l'hématoglobuline dans l'urine, en pareil cas, doit probablement être expliqué de la manière suivante. Dans l'organisme des corpuscules sanguins sont continuellement décomposés par suite de la métamorphose de la matière, et par conséquent de l'hématoglobuline est mise en liberté. Lorsque la métamorphose de la matière suit une marche normale, cette hématoglobuline, dont la quantité devenue libre dans le sang est toujours peu considérable, est à son tour transformée ; la globuline sert à la nutrition des muscles et des autres tissus protéiques, et est enfin éliminée du corps sous forme d'urée et d'acide urique ; l'hématine est également modifiée, et finit probablement par être séparée de l'organisme sous forme de pigments urinaires et biliaires ; de telle sorte que lorsque la méta-

* J. Vogel, in AreJmi cl. Vereins f. Gemeinsch. Arheiten, t. 1,2' partie, p. 209,

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