‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 148 sur 185 · SANG DISSOUS. IIÉMATOOLOBIILINE LIQUIDE · texte numérisé non relu

SANG DISSOUS. IIÉMATOOLOBIILINE LIQUIDE

morplîose de la matière suit son cours normal, il ne passe jamais d'hématoglobuline dans l'urine. Mais lorsque par des influences pathologiques des proportions très-considérables de globules sanguins sont subitement décomposées, la quantité d'hématoglobuline qui se trouve alors dans le sang est si grande qu'elle ne peut pas tout entière subir la transformation normale indiquée plus haut, et dans ces circonstances une partie de l'hématoglobuline passerait inaltérée dans l'urine, absolument comme nous voyons d'autres substances ne se trouvant pas ordinairement dans l'urine (par exemple le sucre , les matières biliaires , peut-être aussi l'albumine) apparaître dans ce liquide lorsque le sang en renferme un excès.

Cette manière de voir est confirmée par les expériences de Pow/?â; (Virchow's Archiv, t.. LYXlII, p. 5'28) ; ces expériences ont montré que de petites quantités d'hémoglobine introduites dans le système vasculaire d'un animal sont transformées par la métamorphose de la matière et disparaissent, tandis que de grandes quantités produisent une hémoglobinurie et sont par conséquent en partie éliminées par les reins sans altération.

Signification. — L'apparition de l'hômatoglobuline dans l'urine est importante pour le médecin, à un double point de vue.

1. Elle indique qu'il s'est produit une décomposition pathologique trop abondante des globules sanguins. Il peut ici se présenter deux cas, que l'on doit bien distinguer dans la pratique :

a. La cause de la décomposition du sang est temporaire; les suites ordinaires se bornent à la perte d'une quantité plus ou moins grande de globules sanguins; le pronostic est favorable, comme dans les exemples cités plus haut.

b. La cause de la décomposition du sang est permanente; il se produit alors une véritable dissolution du sang, qui met la vie en danger. Le pronostic est défavorable ou au moins douteux. C'est ce que l'on observe dans les cas de scorbut intense, de typhus avec dissolution du sang, dans les fièvres septiques, etc.

2. Nous savons, d'après les observationr^ de Meckel, Heschl, Frerichs, et surtout d'après les belles recherches de Jul. Planer\ que dans certains cas, et très-probablement lorsqu'une grande quantité d'hématoglobuline est devenue libre, un pigment granuleux peut s'accumuler dans le sang et, en bouchant les vaisseaux capillaires, notamment ceux du cerveau, avoir des conséquences fâcheuses (mélanéraie). Il semble donc utile de conseiller, relativement au pronostic, dans les cas de ce genre, d'examiner aussi le sang au microscope, pour savoir si par hasard il renferme le pigment indiqué plus haut. Dans ces

' Ueber das Vorkommen von Pigment im Blute {Zeitschr. der Wiener Aerzte, 18o4, p. 127 et 280). — Voyez, en outre, Oppolzer, Wiener med. Woehensclirift, 1860, p. 25 et 26.— Mettenlieimer, Würzburger med. Zeitschrift, 1862, p. 1.

cas de mélanémie, on trouve aussi quelquefois dans l'urine des noyaux de pigment (voy. § 116).

§ toi. Graisse.

G. Mettenheimer, Archiv für gemeinsch. Arbeiten, t. 1, 5« partie, p. 374. — A. G. Lanz, De adipc in urina. Dorpati, 1851. — L. Beale, London microsc. journal, January 1855, 1. 2. — Schmidt's Jahrbüchr, 1853, VII, p. 7. — Kletzinsky, in lleller's Archiv, 1852. p. 287. — A. Bouchardat, Pimélurie endémique des paijfi chauds (Ann. de thérapeutique. Paris, 1862). — J. Crevaux, Thèses de Paris, 1872.

Nos connaissances sur Forigine et la signification de la graisse dans l'urine sont encore très-incomplètes. Nous n'avons que des renseignements incertains sur la fréquence de son apparition dans l'urine normale; nous ne savons pas non plus exactement dans quelles proportions et dans quelles conditions on la trouve dans cette humeur, et les indications peu nombreuses que nous possédons au sujet de son origine dans les cas pathologiques ne paraissent pas satisfaisantes. Ce sujet doit par conséquent être mis au nombre de ceux qui exigent de nouvelles investigations; cependant les connaissances déjà acquises font pressentir l'importance que pourra avoir la présence de la graisse dans l'urine pour le diagnostic de plusieurs états pathologiques , et principalement de la dégénérescence graisseuse des reins.

A. Recherche qualitative. — Pour découvrir la graisse dans l'urine, on se sert des moyens indiqués g 55. La meilleure manière de procéder est la suivante :

1. L'urine présente quelquefois des yeux de graisse que l'on peut voir à l'œil nu, et semblables à ceux qui flottent sur une soupe. Mais il faut examiner ces yeux avec encore plus de soin, notamment à l'aide du moyen très-simple qui consiste à rechercher s'ils font sur le papier des taches de graisse ne disparaissant pas par la dessiccation. Mais dans tous les cas le médecin doit, avant d'admettre la présence de la graisse dans l'urine, s'assurer s'il ne s'agit point d'un fait purement accidentel, c'est-à-dire si l'urine n'a point été recueillie dans des vases malpropres, contenant de l'huile ou de la graisse. Cette source d'erreur se rencontre même fréquemment.

2. Dans d'autres cas, la graisse peut être reconnue au microscope. Elle apparaît sous la forme des gouttes et des granules connus de tous les observateurs au microscope, et qui se rencontrent dans l'urine à l'état de liberté, ou bien renfermés dans des cellules, des produits d'exsudation, des cylindres fibrineux. Pour la trouver, on doit chercher soit à la surface de l'urine, où les gouttes graisseuses se ras-

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