‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 155 sur 185 · HO · texte numérisé non relu

HO

OXALATE DE GHAUX.

ont riiabitude de sc donner aux jouissances de la vie, et surtout aux plaisirs de la table. Ils souffrent de dyspepsies, depuis les formes les plus bénignes jusqu'aux formes les pUis graves. Souvent aussi ils ne présentent aucun trouble apparent dans la santé, ils éprouvent seulement les malaises qu'entraînent une digestion imparfaite et une assimilation défectueuse — un sentiment de pesanteur et de pression dans la région épigastriiiue avec flatulence et palpitations quelques lieurcs après le repas. Cependant il n'est pas rare de voir apparaître des phénomènes plus sérieux qui ne se bornent pas aux organes digestifs, mais exercent une influence considérable sur le système nerveux et menacent de porter atteinte au moral des malades. Ceux-ci sont ordinairement capricieux, sensibles et irritables, ou au contraire énervés, soucieux et mélancoliques; ils sont continuellement tourmentés par la crainte que quelque maladie grave, comme la consomption ou une affection du cœur, ne vienne à se déclarer chez eux, et dans ce cas leur moral est profondément affecté. Dans les cas bénins, on observe chez ces malades l'anxiété et l'habitus d'une personne dont la santé est dérangée (langue chargée, peau sèche, pouls vif) ; — mais dans les cas invétérés le visage a une couleur sale et sombre, les malade;^ maigrissent d'une manière continue, leurs cheveux tombent, ils ont une grande tendance aux furoncles, aux anthrax, au psoriasis et autres maladies de la peau, ils éprouvent des douleurs sourdes et profondes dans les régions dorsale et lombaire; enfm, on observe encore des hémorrhagies de l'intestin et de la vessie, de l'incontinence d'urine et de l'impuissance. L'affection peut être lente dans sa marche, mais ses conséqu ences sont extrêmement variables. Sous l'influence d'un régime convenable, d'un traitement approprié et de l'air de la campagne, le mal peut être arrêté et même entièrement détruit. Mais si l'affection est négligée ou mal traitée, elle expose le malade à tous les dangers et aux souffrances qu'entraîne un calcul rénal ou vésical, ou bien aux conséquences encore plus fâcheuses d'une maladie organique de mauvaise nature.

La cause de cette affction réside dans une accumulation d'acide oxalique dans le sang. Ce poison est séparé du sang par les reins et "cette séparation sous forme d'oxalate de chaux fournit un moyen pour reconnaître la maladie, qui une fois reconnue peut être guérie par un traitement simple et efficace.

D'après Begbie, ce traitement consiste dans l'emploi des moyens suivants: faire pendant longtemps usage de viande, de lait, de végétaux farineux, proscrire complètement les substances sucrées; se vêtir chaudement et prendre des bains tièdes; employer comme médicaments de l'azotate de potasse, de l'acide chlorhydrique à la dose de 20 gouttes 2 ou 5 fois par jour, ou sous la forme suivante .

Avant chaque repas on prendra dans un grand verre d'eau une cuiller à thé de ce mélange.

Beneke (loc. cit.) explique d'une manière encore plus précise l'action nuisible de l'acide oxalique sur l'économie. Il pense que le phosphate de chaux est dissous par cet acide, qu'il est enlevé de l'organisme, et que le manque de phosphate ainsi produit aurait pour conséquence une diminution d'activité dans la formation des cellules organisées.

Cependant, on n'a pas encore démontré d'une manière évidente que ies symptômes décrits précédemment comme appartenant à la diathèse oxalique dépendent réellement d'une accumulation d'acide oxalique dans le sang; c'est pour cela que plusieurs observateurs, i^ekmann, Gallois, Snioler, regardent comme inadmissi])le I hypothèse de l'existence de la diathèse oxalique. Mais si l'on considère que l'acide oxalique, lorsqu'il est pris à haute dose, exerce sur le corps de l'homme une action vénéneuse

Page 1