‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 156 sur 185 · NEUBAUEU ET VOGEL. DE L URINE. "2^ ÉDIT · texte numérisé non relu

NEUBAUEU ET VOGEL. DE L URINE. "2^ ÉDIT

Acide chlorhydrique dilué Acide nitrique dilué. . .

Eau .

Sirop d'oranges

âa 15 grammes.

. 45 grammes.

. 15 grammes.

402 SÉDIMENTS URINAIRES. § IJO

de laquelle il est impossible de douter, et ({u'eu outre tout médeciu très-occupé a l'occasiou d'observer des cas entièrement semblables à ceux décrits par Begbie (moimême jeu ai rencontré plusieurs), il nous paraît convenable de consefiller aux praticiens de ne pas négliger ces cas dans lesquels l'urine renferme pendant longtemps de grandes quantités d' Oxalate de chaux, de rechercher avec soin les causes de ce phénomène (troubles de la respiration avec diminution dans l'absorption de Toxygène, ingestion immodérée de sucre, trouble de l'une des autres fonctions nutritives secondaires) , et de mettre en pratique les règles thérapeutiques indiquées plus haut.

2. D'autre part, il est certain que tous les cas dans lesquels on rencontre de l'oxalate de chaux dans l'urine ne peuvent pas être classés dans la catégorie dont il vient d'être question. Lorsque l'urine ne renferme que des traces de ce sel, ou bien lorsque de grandes quantités de ce même corps n'apparaissent dans la sécrétion urinaire que d'une manière transitoire, comme cela s'observe souvent dans différentes maladies aiguës ou chroniques, on n'a pas à redouter les conséquences fâcheuses indiquées précédemment. Dans ce cas, la tâche du médecin est de rechercher la cause de la présence de l'oxalate de chaux : il doit s'informer si peut-être il ne provient point d'aliments ou de médicaments renfermant de l'acide oxalique , ou bien s'il ne s'est pas produit quelques altérations dans les fonctions nutritives. Dans les cas de ce genre , le pronostic n'est pas aussi défavorable, et l'on n'a que rarement à craindre les conséquences fâcheuses indiquées précédemment. Cependant , il semble convenable , lorsqu'on a déterminé les causes de cet état anormal, de les combattre par des moyens appropriés, et de cette façon prévenir les conséquences fâcheuses qui peuvent en résulter (remplacer notamment une nourriture presque exclusivement végétale par une nourriture animale).

I tll. Cystine.

A. Fabre, De lacystine, etc., Paris, 1859. — Bdvte\s,Virchow' s Archiv, 1863, p. 419. — Jul. Müller, Archiv d. Pharmacie, 1852, p. 228. — Toel, Annal, d. Cheniie u. Pharmacie, t. LGVI, p. 24. — Bartels, Virchow's Archiv, 1863, p. 419.

La signification pratique de la cystine est relativement très-peu importante, parce que ce corps ne se rencontre que rarement dans l'urine. Tout ce que l'on sait actuellement au sujet de la cystine, c'est qu'elle donne quelquefois lieu à la formation de calculs urinaires. Dans ce cas elle apparaît toujours sous forme de sédiment; et pour cette raison, nous l'examinons ici, bien qu'elle puisse aussi se trouver en dissoluion dans l'urine.

On ne sait pas encore au juste si la formation de cette substance exerce quelque action nuisible sur l'organisme par les altérations qu'elle peut produire dans les fonctions nutritives. Cependant, cela ne

XANTHINE. HYPOXANTHINE. TYROSINE.

paraît pas probable, car l'expérience a appris que l'urine peut contenir de la cystine pendant des années, sans que la santé en souffre, si toutefois des calculs de cystine ne viennent pas à se former.

Pour reconnaître ce corps dans l'urine par les moyens chimiques et à l'aide du microscope, voyez § 47.

Les causes qui donnent lieu à sa formation dans l'organisme sont encore tout à fait inconnues. Par sa grande richesse en soufre (elle en renferme plus de56p. 100), cette substance se place à côté de la taurine, et nous sommes pour cette raison autorisés à penser que le foie joue peut-être un rôle dans sa formation.

En effet, Scherer a trouvé de la cystine dans un foie, ce qui dans tous les cas est une preuve que cette substance, de même que l'urée, l'acide urique, etc., ne se forme pas dans les reins, mais dans quelque autre partie du corps, qu'elle est introduite dans le sang et qu'ensuite elle est éliminée par les reins.

Marowky [Deutsch. Archiv, f. Klin. med., IV, p. 449) a observé un cas dans"lequel la présence de la cystine dans Furine était liée avec une acholie chronique presque complète, et il est probable qu'ici l'excrétion de la cystine par les reins remplaçait la séparation de la taurine biliaire contenant du soufre.

Les futures investigations nous donneront probablement des renseignements sur la valeur séméiologique de la cystine et sur les conditions intimes de sa formation.

Un fait intéressant à noter est le suivant : dans les cas assez rares où jusqu'à présent on a rencontré la cystine à l'état de calcul ou de sédiment, cette substance a été trouvée proportionnellement très-souvent chez plusieurs membres de la même famille.

Ce fait est aussi confirmé par deux cas que j'ai eu l'occasion d'observer grâce à l'obligeance de M. le docteur Harnier, de Wildungen. Ils concernent deux frères, jeunes Hollandais nés aux Indes orientales, qui tous deux étaient atteints de cysturie, sans que du reste leur santé en général en souffrît; l'affection donnait parfois lieu à la formation de sable et de petits calculs.

§ 113. Xanthinc. — Hypoxanthine. — Tyrosine.

Strecker, Annal, d. Chemie und Pharm., t. CXII, p. 108. — Steedeler, ibid., t. ClI, p. 28. — Scherer, ibid., t. GXII, p. 257. — ioiWaxà., Calcul de Xanthine, Alger médical, 1873, n° 1.

La xanthine (voy* les §§ 5 et 49) n'avait encore été trouvée chez l'homme sous forme de calculs urinaires que dans des cas très-rares (et dans ces mêmes cas l'urine en renfermait aussi de très-petites quantités), lorsque dans ces derniers temps on l'a aussi observée à l'état de sédiment cristallin (Bence Jones, Journ. of the chem. soc, 1862, p. 68).. La présence d'un sédiment de ce genre n'est importante pour le médecin praticien que parce qu'elle indique que des calculs de xanthine peuvent se former dans les reins ou dans la vessie. Les

404 SÉDIMENTS URIIS AIRES. § 115

causes qui augmeutent la production de la xanthine dans l'organisme et qui donnent ultérieurement naissance aux sédiments de cette substance sont encore inconnues.

Vhypoxanthine est une substance qui se rapproche beaucoup de la xanthine; on la rencontre en petite quantité dans différents organes du corps de l'homme (la rate, le foie, le pancréas), et il est probable qu'elle se trouve aussi quelquefois dans l'urine (Strecker). Dans tous les cas, elle doit être considérée comme un produit de la métamorphose de la matière animale, et elle se rapproche beaucoup de l'acide urique au point de vue de sa constitution chimique (voy. p. 34). Cependant , les renseignements que nous avons sur son mode de production et sur sa signification sont encore si peu certains qu'il nous semble convenable de nous borner à indiquer son nom.

Mos 1er [Vire how' s Archiv,^!, p. 45) indique la présence de rhypoxantliine dans l'urine comme un signe caractéristique de la leucémie. Salkowski n'a pas pu constater cette coïcidence, E. Reichardt n'a pas été plus heureux [Virchow's Archiv, 1870, 50, p. 174; Jena sehe Zeitschrift, V. p. 587).

La tyrosine (voy. §§ 57 et 48) est une substance qui résulte de la décomposition des matières protéiques ; elle a été observée dans différents organes du corps de l'homme, et le plus ordinairement en même temps que la leucine ; dans des cas extrêmement rares, elle se rencontre aussi sous forme de sédiment urinaire. Lorsqu'elle se montre en grande quantité dans l'urine, cela indique toujours des altérations dans la métamorphose de la matière (décomposition excessive des substances protéiques), et elle devient, pour cette raison, intéressante pour le médecin. Jusqu'à présent, on l'a trouvée principalement dans l'urine de personnes atteintes d'atrophie aiguë du foie, et elle est, pour ainsi dire, caractéristique de cette maladie. On l'a cependant aussi rencontrée dans quelques cas de leucémie, de typhus, de variole, etc. (voy. aussi § 133).

B. SÉDIMENTS ORGANISÉS § il3. Mucus et épithélium.

Les sédiments de mucus et d'épithélium ont pour le praticien une grande importance. Nous les examinerons ici tous ensemble, parce que généralement ils se rencontrent simultanément.

Toute urine, même celle des personnes en bonne santé, contient un peu de mucus, qui provient de la membrane muqueuse des voies urinaires, de la vessie et [du. canal de l'urèthre notamment. Chez les

g 113 MUCUS ET ÉPITHÉLIUM. 405

femmes, il se mêle souvent à l'urine du mucus et de l'épithélium dn vagin. Une faible quantité de mucus dans l'urine n'a, par conséquent, aucune importance pathologique. Le mucus se présente généralement sous forme d'un léger nuage qui descend peu à peu au fond du vase, et qu'il est très-facile de reconnaître en regardant à la lumière transmise l'urine contenue dans un verre.

S'il y a augmentation anormale dans la proportion du mucus , le trouble occasionné par ce dernier devient plus considérable, et après un long repos, il s'est produit un sédiment muqueux. Avec un peu d'exercice on peut de cette manière déterminer à simple vue la quantité approximative du mucus, et ce mode de détermination, non-seulement conduit plus rapidement au but, mais il donne généralement un résultat meilleur que la méthode chimique très-compliquée, qui ne peut pas être facilement appliquée aux usages médicaux.

Pour reconnaître le mucus, voyez §50. Il est difficile ou même impossible de reconnaître le mucus pur à l'aide du microscope,- parce qu'il forme une masse complètement transparente, que l'œil ne peut pas saisir, mais on reconnaît avec beaucoup de netteté, à leurs propriétés caractéristiques, les cellules épithéliales qu'il renferme. Mais si le mucus a été précipité par l'alcool ou par les acides, il constitue une masse fibreuse, sans forme bien déterminée, extrêmement facile à reconnaître. Il paraît avec encore plus de netteté, lorsqu'on ajoute de la teinture d'iode qui, non-seulement le précipite, mais lui communique une coloration particulière.

Si l'on filtre l'urine, le mucus reste sur le filtre sous forme d'une masse visqueuse et ayant l'éclat d'un vernis après la dessiccation. Cependant, dans l'urine filtrée il peut encore y avoir une petite quantité de substance muqueuse en dissolution, qui alors donne les réactions chimiques de la mucine décrites page 161.

Le microscope apprend que les sédiments muqueux renferment fréquemment, indépendamment de répithélium, d'autres éléments étrangers : spermatozoïdes, cristaux d'oxalate de chaux, urates, phosphate ammoniaco-magnésien, etc.; c'est pourquoi toutes les fois qu'il s'agit d'établir un diagnostic exact, il faut examiner ce mucus au microscope avec un soin tout particulier.

La présence d'une quantité anormale de mucus dans l'urine indique au médecin l'existence d'une irritation (blennorrhée) dans quelque partie du système uropoiètique , irritation qui, chez la femme, peut avoir pour siège la muqueuse génitale. Cette blennorrhée peut être une maladie simplement locale, ou bien elle peut être la suite d'un état pathologique général. C'est pour cette dernière raison que dans des maladies fébriles de différentes espèces, la fièvre typhoïde, la

pneumonie, etc., on voit fréquemment apparaître dans l'urine une quantité anormale de mucus et d'épitliélium.

Dans les blennorrhées limitées à une portion des voies urinaires, on peut quelquefois reconnaître le siège de l'affection à la forme des cellules épithéliales.

L'épithéliiim provenant des canalicules urinaires constitue presque toujours de gros fragments tubuleux ayant le diamètre et la forme des canalicules auxquels ils ont appartenu (tubes urinifères épitliéliaux — voyez le § 116, I).

L epithélium des autres voies urinaires, depuis les bassinets jusqu'au canal de l'urèthre, consiste en un épithélium pavinienteux stratifié. La couche la plus superficielle de cet épithélium est formée de cellules plates, qui dans les bassinets paraissent en général plus petites, moins aplaties, quelquefois irrégulières et munies de prolongements, tandis que celles de la vessie sont ordinairement plus grandes et plus fortement aplaties, leur face postérieure, qui regarde la couche moyenne, offre quelquefois des dépressions. La couche moyenne est surtout formée de cellules plus petites, plus ovales, en forme de massue et munies de queues. La couche la plus profonde qui repose immédiatement sur la membrane muqueuse montre des cellules rondes encore plus petites et désignées sous le nom de corpuscules muqueux

Si l'on tient compte de ces différences, on est souvent en état de déterminer si les cellules épithéliales contenues dans une urine, proviennent des canalicules urinaires , ou bien d'une partie moins profonde des voies urinaires, et, dans ce dernier cas, on peut même arriver à savoir si elles ont appartenu à une couche superficielle ou profonde, et quelquefois même si elles viennent des bassinets ou de la vessie.

Lorsqu'une urine renferme une trés-grande proportion de mucus, elle a presque toujours de la tendance à entrer en fermentation acide ou alcaline, ce à quoi le médecin doit bien faire attention, à cause des conséquences qui peuvent en résulter : — Irritation plus grande de la muqueuse des voies urinaires et formation de concrétions.

Il faut en outre remarquer que les corpuscules de pus peuvent dans une urine ammoniacale être transformés en une gelée, qui a la plus grande analogie avec le mucus, de telle sorte que le médecin croit souvent avoir affaire à un sédiment muqueux, tandis que, en réalité, celui-ci n'est pas formé de mucus, mais de corpuscules purulents, qui ont été transformés en une gelée muqueuse. (Voy. le § suivant.)

§ 114. Pus.

Caractères. — Pour découvrir avec certitude la présence du pus dans l'urine on a toujours besoin du microscope. On reconnaît les corpuscules de pus à leur forme et à leur volume, ainsi qu'aux noyaux très-caractéristiques qu'ils présentent lorsqu'on les traite par l'acide acétique (voy. § 52). Il n'y a que les corpuscules anormaux décrits plus loin qui ne présentent pas cette particulai'ité. Il est

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