‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 157 sur 185 · H4 PUS · texte numérisé non relu

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impossible d'établir une distinction (qui du reste n'a pas d'importance pratique) entre les corpuscules purulents et les corpuscules muqueux, parce que ces deux espèces sont tout à fait identiques.

Lorsque l'urine renferme de grandes quantités de pus, il se forme toujours un sédiment. S'il n'y a qu'un petit nombre de corpuscules purulents mélangés avec l'urine, il ne se produit un sédiment appréciable qu'au bout d'un temps très-long. Pour découvrir dans ce cas les corpuscules purulents il faut laisser reposer l'urine pendant plusieurs heures dans un vase élevé et ensuite examiner au microscope la couche la plus inférieure, ou bien il faut filtrer l'urine et soumettre à l'examen microscopique ce qui est resté sur le filtre.

Mais il y a des cas dans lesquels la présence du pus ne peut être que soupçonnée et non démontrée. C'est ce qui arrive lorsque l'urine purulente est fortement ammoniacale. Le carbonate d'ammoniaque contenu dans l'urine détruit entièrement la forme, etc., des corpuscules purulents et les convertit en une masse mucoso-gélatineuse. Cette masse est ordinairement prise pour du mucus et regardée comme le résultat d'une blennorrhée, tandis que, en réalité, elle tient à l'existence d'une pyorrhée et qu« le prétendu mucus est simplement formé par des corpuscules purulents, qui sous l'influence de l'alcali ont perdu leur forme caractéristique.

Comme toute urine purulente renferme aussi, indépendamment des corpuscules de pus, un sérum albumineux dans lequel nagent ces petits corps, il est évident qu'une urine contenant du pus renferme aussi de l'albumine, qui peut être découverte dans ce liquide par les moyens ordinaires ; et si l'urine est par hasard alcaline, il faut naturellement dans ce cas ne procéder qu'avec certaines précautions (voy. § 97).

Signification. — La présence du pus dans l'urine indique toujours l'existence d'un foyer purulent dans le système uropoiétique ou bien d'un abcès en communication avec ce système. Chez la femme seulement le pus peut aussi provenir des organes génitaux, du vagin ou de l'utérus.

Mais le pus peut être formé dans différentes parties du système uropoiétique : dans le canal de l'urèthre (blennorrhagie), dans la vessie, dans les uretères, les bassinets et même dans le parenchyme rénal (abcès des reins). Différentes parties de l'appareil urinaire peuvent en même temps donner naissance à du pus. 11 n'est pas toujours facile de déterminer exactement où se trouve la véritable source du pus. Les faits suivants peuvent aider le médecin pour établir le diagnostic.

Dans la blennorrhée on peut, en dehors du moment de l'émission

de l'iirine, faire sortir par compression du canal de l'urèthre un liquide purulent. Généralement la sécrétion apparaît dans l'urine sous forme de filaments muqueux.

Si le pus vient de la vessie, il existe toujours des symptômes d'une affection aiguë ou chronique de cet organe (ténesme vésical, etc.).

Lorsqu'il se forme du pus dans un uretère ou dans les deux en même temps, il existe ordinairement des douleurs semblables à des coliques sur le trajet de ces conduits.

•Lorsque le siège de la formation du pus est limité au parenchyme rénal, les symptômes locaux sont quelquefois si peu accentués, qu'on ne peut en être averti que d'une manière toute fortuite par la présence continue du pus dans l'urine.

Exemple. K., homme de 56 ans, vint à la clinique de Giessen pour une fièvre rhumatico-gastrique. Son état s'améliora promptement et il était sur le point de quitter l'hôpital, lorsque apparut subitement dans son urine un sédiment assez abondant constitué par des corpuscules purulents ; cette circonstance fit qu'il put être encore longtemps soumis à l'observation. Le sédiment persista pendant plusieurs semaines, le malade n'éprouvait pas la moindre douleur en urinant, et il n'avait aucun symptôme qui indiquât l'existence d'une affection du système uropoiétique. Mais plus tard, on vit apparaître des douleurs dans la région des reins, accompagnées de frissons fréquents. Un typhus intercurrent, qui à ce moment régnait épidémiquement, mit opinément fin à la vie du malade, et l'autopsie fit voir que le parenchyme de l'un des reins était en pleine suppuration. Il n'y avait, du reste, aucun autre désordre dans l'appareil urinaire.

Dans les cas de ce genre il est extrêmement important, au point de vue pratique, de savoir si le pus est le produit d'une affection superficielle de la membrane muqueuse (inflammation catarrhale), ou bien s'il est le résultat d'un désordre plus profond en connexion avec une altération matérielle. Les faits suivants peuvent servir pour résoudre cette question :

La durée de la formation du pus. Lorsque la présence du pus dans l'urine est temporaire, lorsqu'elle ne dure que quelques jours, cela indique toujours une affection simplement superficielle.

La constitution du pus, que l'examen microscopique permet de constater. Des corpuscules purulents tout à fait normaux, ayant une forme parfaitement ronde et dans lesquels le traitement par l'acide acétique fait apparaître des noyaux caractéristiques, généralement doubles ou triples, indiquent un pus louable ayant pour origine un simple catarrhe de la membrane muqueuse. Au contraire des corpuscules anormaux, qui présentent une forme et des contours irréguliers et dont les noyaux mis en évidence par l'acide acétique sont aussi irréguliers, ou bien une masse amorphe, finement granuleuse, mélangée avec des corpuscules de pus irréguliers et des cellules partiellement décomposées, dénotent l'existence probable d'une suppu-

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