MATIÈRES CANCÉREUSES ET TUBERCULEUSES
ration plus profonde, d'une ulcération ou d'une affection tuberculeuse (voy. le § suivant).
Différentes matières, autrefois confondues avec le pus, parce qu'elles ne peuvent pas en être distinguées à l'œil nu, doivent aussi être rattachées à ce produit. Le microscope a montré qu'elles différaient du pus véritable, et au point de vue pratique il est très-important de pouvoir les reconnaître ; ce sont les matières cancéreuses et tuberculeuses et les cylindres (tubes) urinifères.
§ 115. Matières cancéreuses et tuberculeuses.
Des masses cancéreuses et tuberculeuses se rencontrent quelquefois dans l'urine sous forme de sédiments et elles sont importantes pour le médecin, parce que leur présence indique l'existence, dans quelque partie de l'appareil urinaire, d'un dépôt cancéreux ou tuberculeux entré en ramollissement.
La présence d'une matière cancéreuse dans l'urine tient ordinairement à un cancer de la vessie, et plus rarement à un cancer des reins. On a généralement affaire à un cancer mou (encéphaloïde) et la substance cancéreuse contenue dans l'urine constitue le plus souvent de petites masses, des agrégats de cellules primitives et secondaires, de cellules à parois épaisses ou bien fusiformes et munies de queues. En général l'urine renferme aussi dans ces cas du sang et des caillots sanguins.
Le cancer de la vessie est toujours accompagné de symptômes évidents d'une affection de cet organe : troubles dans la miction et souvent d'autres symptômes, qui indiquent l'existence simultanée d'une maladie du rectum ou du vagin, chez la femme. Dans ce cas, le diagnostic ne présente généralement aucune difficulté.
Le cancer de la vessie est ordinairement un cancer villeux, c'està-dire formé de villosités offrant généralement des ramifications nombreuses, qui sont quelquefois creuses et consistent en un stroma fibreux contenant un dépôt de cellules épithéliales de forme variée ; quelquefois aussi ces villosités se composent d'une masse amorphe dans laquelle se trouvent des cellules. Les particules de ce cancer, qui se rencontrent à l'état de sédiments urinaires dans tous les cas où la tumeur s'est ramollie, se présentent donc avec des formes extrêmement variées, mais elles sont très-caractéristiques et fort utiles pour établir avec certitude le diagnostic de cette affection.
Les figures 5 et 6 de la planche 111 représentent quelques-unes des
410 SÉDIMENTS UPJNAIRES. § 115
formes caractéristiques de ce cancer, telles qu'elles se rencontrent dans les sédiments urinaires. Elles sont empruntées soit à l'excellent travail du docteur Lamé/ {lieber Harnblasenkrebs . Ein Beitrug zur microscopischen Diagnostic am Krankenbette, avec 4 planches. • — Prager Vierteljahr sehr., 1856, t. XLIX, p. 1), soit à mos propres observations. Fig. 5, A, gros fragment d'un cancer villeux de la vessie avec de nombreuses ramifications, tel qu'il paraît à un faible grossissement (20-50 diamètres).
B. Extrémité d'une villosité d'un cancer vésical, plus fortement grossie (environ 200 diamètres). La portion intérieure cojisiste en un stroma fibreux amorphe contenant de nombreux noyaux ovales et dont l'enveloppe est formée de plusieurs couches de cellules épithéliales.
C. Cellules isolées de la couche épithéliale d'un cancer de cette espèce. Elles sont généralement de forme irréguliére ; la plupart sont munies de queues et ramifiées ; elles sont assez grandes et renferment un gros noyau.
D. Cancer villeux d'une structure un peu différente. Dans une masse amorphe formant des excroissances ramifiées se trouvent renfermés des noyaux assez gros. La couche épithéliale manque.
Fig. 6, A. Fragment d'un cancer villeux, consistant en un cylindre fibreux (creux?) recouvert d'un épithélium (strié dans certains endroits), qui est formé de petites cellules contenant un noyau.
B. Agrégat de grosses cellules présentant une grande cavité, une paroi épaisse et un noyau, qui est quelquefois renfermé dans cette dernière (B, c). Les cellules sont tantôt isolées {B, b et B, c), tantôt réunies en groupes volumineux au moyen d'un tissu connectif amorphe (B, a).
C. Fragment d'un stroma cancéreux avec des noyaux fusiformes et dos fibres élastiques sur lesquelles se trouvent de grandes cellules — reste de la couche épithéliale — qui sont soit entières (a a) , soit à demi détruites (b).
D. Cellules isolées provenant probablement du revêtement épithélial d'un cancer villeux de la vessie : a a petites cellules (ou noyaux de cellules?) rondes, munies d'un nucléole; elles paraissent nettement colorées en rouge, au premier abord elles ressemblent à des globules sanguins, et lorsqu'elles sont réunies en grandes masses, elles constituent un sédiment semblable à du sang, mais qui n'est pas altéré par l'acide acétique, bb cellules irrégulières plus grandes, la plupart munies de queues et sur lesquelles se trouve un corps rougeâtre contenant un nucléole. Elles se trouvaient mélangées parmi les petites cellules (noyaux?) a a. (Voy. § 154. Observation 15.)
Le cancer des reins est généralement beaucoup plus difficile à dia-