‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 159 sur 185 · MATIÈRES CANCÉREUSES ET TUBERCULEUSES · texte numérisé non relu

MATIÈRES CANCÉREUSES ET TUBERCULEUSES

gnostiquer. Lorsqu'on trouve des cellules cancéreuses dans l'urine, l'absence de symptômes indiquant une maladie de la vessie, permet quelquefois de reconnaître l'existence de l'affection rénale ; quelquefois aussi on peut découvrir par la percussion une liyperLropliie d'un seul ou des deux reins.

La substance tuberculeuse, qui se trouve dans l'urine, ressemble au pus lorsqu'on l'examine à l'œil nu, mais elle s'en distingue par ses caractères microscopiques. Elle consiste en corpuscules de pus irréguliers mêlés à un détritus mal déterminé — fragments de cellules, tissu connectif et fibres élastiques, noyaux imparfaits, masse indéterminée finement granuleuse, avec lesquels sont quelquefois mélangés des fragments de cristaux de chlolestérine. Le siège des dépôts tuberculeux, qui peuvent donner lieu à des sédiments de tubercules ramollis, se trouve dans la membrane muqueuse ou dans le tissu sous-muqueux ; ces dépôts peuvent se rencontrer dans la vessie, les uretères et les calices. Dans les affections de ce genre, qui existent depuis longtemps, le dépôt tuberculeux envahit généralement une grande partie de la muqueuse du système uropoiétique, depuis les reins jusqu'à la vessie.

Les observations suivantes - pourront venir en aide au praticien pour le diagnostic des dépôts tuberculeux de l'appareil urinaire.

1. Un jeune homme de 25 ans vint à ma clinique pour une affection de la vessie dont il souffrait depuis un an. L'émission de l'urine était difficile et douloureuse; l'urine était quelquefois sanguinolente et laissait déposer après un long repos, un sédiment qui, outre des globules sanguins, renfermait des corpuscules purulents les uns normaux, les autres anormaux (ces derniers n'étaient pas ronds, mais irréguliers, anguleux; lorsqu'on les traitait par l'acide acétique, on n'y voyait pas les noyaux qu'on y rencontre ordinairement, mais ils étaient^ soit tout à fait dépourvus de noyaux, soit munis de nucléoles irréguliers). Le sédiment contenait en outre une masse indéterminée amorphe-granuleuse, soit finement divisée, soit réunie en amas dont quelques-uns étaient gros comme des têtes d'épingle. Un examen minutieux montra que la prostate était hypertrophiée et très-sensible à la pression, et que les poumons étaient dans un état avancé de tubercul'salion. Le malade n'avait jamais eu ni blennorrhagie, ni chancre. On diagnostiqua une tuberculisation de la vessie et de la prostate, et les progrès de l'affection pulmonaire ayant causé la mort du malade, l'autopsie confirma le diagnostic.

2. Un homme de 30 ans, s'étant toujours bien porté, fut pris de douleurs intermittentes, qui s'étendaient de la région rénale gauche à la vessie et se terminaient par un besoin d'uriner très-vif et très-fréquent. Ces paroxysmes duraient plusieurs heures et étaient suivis d'intervalles de rémission complète, dont la durée était tantôt de quelques jours seulement, tantôt de plusieurs semaines. Six mois plus tard, il se forma une tumeur dans le testicule gauche ; cette tumeur s'ouvrit et occasionna une fistule, qui résista opiniàtrément à toutes tentatives de guérison. L'urine ne contenait ni graviers, ni concrétions, qui pussent faire soupçonner l'existence de calculs rénaux, mais elle déposait après chaque attaque un léger sédiment composé de corpuscules purulents, qui, comme dans le cas précédent, étaient très-irréguliers et dans lesquels le traitement par l'acide acétique ne faisait voir aucun noyau nor-

mal. Dans ce cas, on trouva aussi, outre ces corpuscules, une masse indéterminée amorphe-grarmleuse, présentant au microscope l'aspect d'un détritus tuberculeux. Cette circonstance, jointe à l'aftéction du testicule, permit de diagnostirpier un dépôt tuberculeux dans l'uretère gauche.

Voyez aussi Kussmaul, Würtzhurger med. Zeitschr., 1865, p. 24.

§ 116. Cylindres et tubes urinifères.

L. Rovida. Ueber das Wesen der Harncylinder, in MoleschoU's Unters, zier Naturlehre, XI, p. 1. — A. Burkart. Die Harticylinder. Gekrönte Preisschrift. Berlin, 1874. — H. Senator. Ueber die im Harne vorkommenden Ehveisskörper, etc., über Harncylinder und Fibriausschwitziing . Virchotv's Archiv, 1874, LX, p. 466.

Un sédiment formé de cylindres et de tubes urinifères a, au point de vue pratique, une grande importance, car il est un des signes les plus précieux pour le diagnostic de certaines maladies du parenchyme rénal. 11 ne peut être reconnu avec certitude que par l'examen microscopique. Ses formes et ses propriétés ont déjà été décrites dans le g 55, cependant nous devons encore revenir sur ce sujet, afin que l'on puisse comprendre la signification du sédiment dans les différentes circonstances où on le rencontrera.

Ce sédiment consiste en produits allongés tubuliforraes ou cylindriques, qui ayant pris naissance dans les canalicules urinaires des reins, et notamment dans les tubes de Bellini de la substance médullaire, prennent plus ou moins la forme de ces canalicules et sont pour ainsi dire des empreintes de ceux-ci. Les formes principales sous lesquelles les éléments de ce sédiment apparaissent sont les suivantes :

1. Tubes épithéliaux : agrégats tubuleux, tout à fait semblables à ceux que l'on obtient en raclant avec un couteau la coupe de la substance médullaire d'un rein frais (voy. pl. I, fig. 4). C'est l'épithélium des tubes de Bellini qui, par un processus pathologique, a été détaché en fragments adhérents, puis éliminé avec l'urine. Outre ces grands tubes épithéliaux, on trouve fréquemment dans le sédiment quelques cylindres épithéliaux (cellules munies de queues), qui proviennent des calices ou des bassinets (pl. I, fig. 4) ; on y rencontre aussi quelquefois des corpuscules de pus.

2. Cylindres urinifères granulés (pl. I, fig. 6) : cylindres solides analogues pour la forme ou le volume aux produits précédents, mais ayant un aspect finement granuleux. Ils renferment parfois des cellules épithéliales, plus fréquemment des globules sanguins, des corpuscules purulents, ainsi que différents cristaux comme ceux qui se rencontrent dans les sédiments urinaires, des cristaux d'oxalate de chaux notamment; très-souvent on trouve à côté de ces cylin-

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