QUANTITÉ D"E L'URINE
tion de boissons abondantes, bien qu'assurément, comme le pense Falck, la quantité totale de l'eau ingérée ne soit pas éliminée avec l'urine. Tout le monde sait que chez une personne qui, par une grande chaleur, boit beaucoup et se livre à un exercice violent, la Perspiration cutanée est très- abondante, et des expériences ont montré que dans ces circonstances une grande partie de l'eau absorbée n'est pas éliminée par les reins, mais par la peau. Les boissons les plus différentes, comme l'eau ordinaire, l'eau fortement chargée d'acide carbonique, la bière, le vin, le thé, etc., agissent comliie diurétiques chez les personnes en état de santé, lorsqu'elles sont prises en quantité suffisante (il n'en est pas de même chez tous les malades) ; mais les différences qui existent certainement dans l'action diurétique de chaque boisson en particulier sont très-difficiles à déterminer exactement, parce que de nombreuses circonstances extrêmement variables modifient leur action, et en outre la disposition particulière de chaque personne exerce aussi une certaine influence.
Exemples. Par une ingestion abondante d'eau la quantité d'urine émise en une heure par des hommes en bonne santé fut élevée de 60 ou 70 c. c. à 300, 400, tiOO c, c. et même plus.
Chez douze étudiants qui dans un but expérimental ingérèrent de grandes quantités de bière la proportion moyenne de l'urine éluninée par heure s'éleva à 473 c. c; le minimum fut de 212 et le maximum de 858 c. c,
C. Westphal (Virchow's Archiv, 1860, t. XVIII, p. 509) et /{. H. Ferber {Archiv d. Heilkunde, 1860, I, p. 244) ont aussi trouvé que chez l'homme et le chien l'ingestion de l'eau donne lieu à une augmentation de la sécrétion urinaire, qui après s'être produite graduellement reste stationnaire pendant quelques heures et ensuite revient à la normale. Ils ont, en outre, vu que toute l'eau absorbée n'est pas évacuée avec l'urine, mais qne toujours une portion considérable est éliminée par la transpiration.
La sécrétion de l'urine est amoindrie lorsque la quantité des boissons ingérées est plus petite (abstinence de boissons jusqu'à ce que la soif soit très-vive) ; mais cette diminution l'est pas aussi considérable que l'augmentation produite parles boissons abondantes.
Exemple. Quatre hommes de 20 à 25 ans lurent mis à un régime sec. La quantité moyenne d'urine émise par heure, qui avec une nourriture ordinaire s'élevait à 86 c. c, s'abaissa à 57 c. c. [Mosler].
Toutes les influences qui augmentent la quantité de l'eau séparée dn corps par d'autres voies diminuent la sécrétion urinaire ; c'est ainsi qu'agissent les sueurs abondantes, les selles aqueuses souvent répétées, les vomissements fréquents.
Au contraire, toutes les influences qui diminuent les autres excrétions aqueuses augmentent la quantité de l'urine, comme, par exemple, une grande humidité de l'air, qui amoindrit les exhalations cuta-
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née et pulmonaire, d'autres influences qui, comme le froid, rendent moins abondante la Perspiration cutanée.
Les influences dont il s'agit, exercent rarement seules leur action sur la sécrétion urinaire, de telle sorte que la quantité d'urine observée dans ces cas ne fournit presque jamais uneT mesure de l'action d'une inüucncc déterminée. Pour cette raison je me dispense de donner des exemples numériques, Lien que j'en aie beaucoup à ma disposition. L'observation suivante peut servir à donner une idée générale de la grandeur de ces influences. La quantité de l'eau qui est évacuée avec l'urine est à peu près égale à celle qui est éliminée par la peau, les poumons et l'intestin. Par conséquent l'augmentation ou la diminution de l'activité d'une seule de ces dernières fonctions doit exercer une influence considérable sur la quantité de l'urine.
L'action exercée par le système nerveux sur la fonction des reins a certainement une très-grande influence sur la quantité de l'urine sécrétée. La sécrétion rénale est généralement augmentée lorsque l'activité du corps et de l'esprit devient plus grande, et elle diminue lorsque le corps est en repos et pendant le sommeil ; dans un grand nombre de maladies elle subit aussi des variations.
De très-nombreuses observations faites sur sept hommes ont donné 58 c. c. comme quantité moyenne de l'urine éliminée par heure pendant la nuit, tandis que pendant le jour, la moyenne fut de 73 c. c. Le repos et l'absence des autres influences qui peuvent se faire sentir pendant le jour sont bien certainement la cause de ces différences, car les personnes qui pendant la nuit travaillent de corps ou d'esprit émettent autant d'urine que durant le jour.
C'est dans l'hydropisie que se fait sentir avec le plus d'intensité cet accroissement de l'action sécrétoire des reins. Chez un hydropique, qui n'élimine en moyenne que 400 c. c. d'uriue par 24 heures, on peut par des diurétiques, ou même en augmentant simplement l'activité corporelle, élever en très-peu de temps la quantité de l'urine sécrétée en un jour à 5000 et même à 5000 c. c, et cela sans apporter de grandes modiflcations dans le genre de vie, dans la quantité des boissons ingérées, etc. -
La formule physiologique suivante est l'expression la plus simple en laquelle on puisse résumer les différentes influences dont l'action se fait sentir sur la quantité de l'urine séparée :
Les principaux facteurs, qui règlent la proportion de l'urine sécrétée y sont :
1. La richesse plus ou moins grande du sang en eau. L'introduction dans le sang d'une grande quantité de liquide augmente la sécrétion urinaire, une forte diminution de l'eau de cette même humeur la rend moins abondante;
2. U activité sécrétoire des reins. L'action des reins n'est pas assurément une force simple ; elle dépend de l'intensité de la pression du sang dans les artères rénales, et principalement dans les glomérules, de la facilité plus ou moins grande avec laquelle l'urine peut sortir des canalicules, de l'état du système nerveux général et particulièrement des nerfs rénaux, etc. Mais jusqu'à présent on n'a pas pu déterminer