ESSAIS QUANTITATIFS DE L'URINE
quantité de l'urine, et du temps pendant lequel cette quantité a été éliminée, forme, par conséquent, la base de toute analyse quantitative de l'urine, et on ne saurait trop recommander au médecin d'apporter le plus grand soin et la plus grande attention à ces déterminations fondamentales, parce que, si celles-ci sont inexactes, la peine et la dépense exigées par l'analyse sont complètement perdues. Mais la détermination du volume de l'urine, qui a été émise en un temps donné, est, dans beaucoup de cas, chez les malades surtout, difficile et incertaine : quelquefois le temps ne peut pas être indiqué exactement, et plus fréquemment encore, une certaine quantité d'urine s'écoule avec les fèces ou bien par évacuation involontaire chez les personnes gravement malades ; souvent il s'en perd un peu par la faute des garde-malades, ou bien on en jette en l'absence du médecin. Le médecin doit connaître et atténuer toutes ces sources d'erreur, et dans les cas où il n'est pas sûr de pouvoir les éviter il doit renoncer complètement à une analyse quantitative, plutôt que de courir le risque, en s'appuyant sur des bases fausses, d'arriver à des résultats inexacts.
2. 11 est en outre trés-important que le médecin sache dans quelle limite sont comprises les erreurs auxquelles peuvent donner lieu les différentes méthodes analytiques qu'il emploie, et il ne doit pas négliger de les prendre en considération dans l'interprétation des résultats obtenus. Je donnerai cette limite autant que le permet l'état actuel de nos connaissances, à propos de chaque substance en particulier, mais je ne crois pas qu'il soit superflu de fournir tout d'abord quelques indications générales relatives à cet objet.
La limite de l'erreur possible d'une méthode analytique, c'est-à-dire la quantité dont le résultat trouvé peut différer de la vérité, dépend de deux circonstances : l'^ du degré de précision de la méthode ellemême ; 2« de l'habileté et du soin de l'opérateur, de la perfection de ses appareils, de la pureté de ses réactifs, etc. La première circonstance ne peut pas être évitée, mais on peut évaluer assez exactement l'erreur qu'elle est susceptible d'occasionner : de la grandeur de celle-ci dépend l'exactitude d'une méthode analytique. La deuxième circonstance produit des résultats variables : l'erreur est grande, si l'analyse est mal faite, et très-petite, si elle est bien exécutée. On ne peut pas exiger que tout médecin qui fait une analyse quantitative d'urine, soit un chimiste habile ; mais il est tout à fait nécessaire qu'il connaisse le degré d'exactitude de ses analyses. On peut facilement se former une opinion sur ce sujet en répétant plusieurs fois le dosage du même élément de l'urine à l'aide des mêmes réactifs et de la même méthode. L'accord plus ou moins complet offert par les
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résullats des différentes analyses permet de juger et de la précision de la méthode employée et de l'habileté de l'opérateur ; il indique quelle confiance on doit avoir dans les nombres trouvés et quelle est la valeur des conclusions que l'on peut déduire de ceux-ci. Lorsqu'on a ainsi déterminé la grandeur de l'erreur que l'on peut commettre dans une analyse, on peut dans les cas où une grande exactitude n'est pas nécessaire, se contenter d'une seule analyse.
Mais toutes les fois qu'il importe d'arriver dans un essai quantitatif à des résultats aussi exacts que possible et lorsqu'en même temps les matières dont on dispose permettent de répéter l'analyse, il est de règle de toujours faire une deuxième analyse pour contrôler la première, et si les résultats différent beaucoup, de procéder à une troisième, puis de prendre la moyenne des nombres ainsi trouvés.
Souvent il se rencontre des cas où le dosage exact d'un élément de l'urine n'est aucunement nécessaire au médecin praticien ; il suffit alors à ce dernier de savoir qu'une urine contient plus ou moins qu'une quantité déterminée d'une certaine substance. Exemples : un homme en bonne santé élimine en 24 heures par son urine environ 10 ou 15 grammes de sel marin; au summum de la plupart des maladies aiguës, cette excrétion du chlorure de sodium par les reins est réduite au minimum. Si maintenant par une méthode d'analyse approximative, qui sera décrite plus loin, je trouve que chez un malade il est éliminé par l'urine moins de 1 gramme de sel marin en 24 heures, cela me suffit pour conclure qu'il s'est produit une diminution très-considérable dans la séparation du sel marin : dans un grand nombre de cas ce renseignement est tout à fait suffisant pour le médecin praticien, car il lui importe peu de savoir si la quantité de sel marin excrété s'élève à 0 gr. 1, 0 gr. 5 ou 0 gr. 8. — Un homme à l'état sain élimine en une heure par son urine environ 0 gr. 070 ou 0 gr. 100 d'acide sulfurique. Si maintenant, par une simple expérience, je trouve qu'une personne excrète en une heure plus de 0 gr. 40i3 d'acide sulfurique, cela m'est tout à fait suffisant pour conclure que la séparation de l'acide sulfurique par les reins a subi une forte augmentation, et qu'elle est au moins quatre fois plus considérable qu'à l'ordinaire.
Ces déterminations approximatives, qui peuvent être modifiées de diverses manières suivant les besoins, offrent un grand avantage pour le m.édecin : en effet, elles peuvent être effectuées en très-peu de temps, en 2 ou 3 minutes, tandis qu'un dosage exact exigerait 'peutêtre 30 ou 40 minutes. Naturellement on ne doit pas en tirer d'autres conclusions que celles qui sont autorisées par le résultat obtenu. Il résulte des considérations précédentes que dans les analyses