‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 171 sur 185 · AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

AMMONIAQUE

Dans un cas de catarrhe bronchique chronique, elle varia pendant 11 jours entre 0 et 0,8. Moyenne 0,5.

Femmes.

Chez une fille qui avait des engorgements glandulaires scrofuleux, la quantité varia de 1,6 à 2,4. Moyenne de 4 jours 2,0.

Chez une femme de 30 ans atteinte d'irritation spinale, elle oscilla entre 0 et 0,8. Moyenne de 5 jours 0,7.

Chez une femme de 70 ans atteinte d'une ascite symptomatique d'une maladie du foie, elle varia deO à 3,1. Moyenne de 18 jours 1,41.

§ iÄ8. — Ammoniaque.

C. Neubauer : Jouiii. f. pvakt. Chemie LXIV, p. 177 et 278. — W. Heintz und II. bamberger : Würzburger medic. Wochenschriß, t. 2, Heft 2 et 3. — L. Thiry : Zeitschrift f. rat. Medic. 1863, p. 166. — A.IDucheck : Wochenbl. d. Zeiisch. d. K. K. Gesellsch. d. Aerzte, zu Wien, 1864, n°51. — R. Koppe, lieber Ammoniakausscheidung durch die Nieren [Pertersburger med. Zeitschr, KIY, 2, 1868).

Les méthodes à l'aide desquelles on peut doser l'ammoniaque contenue dans l'urine ont déjà été décrites dans les g§ 77 et 78.

Il résulte des recherches de Boussingault, de Heintz et de Neubauer que l'urine humaine contient toujours de petites quantités d'ammoniaque. D'après de nombreuses expériences faites par Neubauer sur différentes personnes, la proportion de cette base s'élève en moyenne par 24 heures, chez l'homme adulte, à environ Os%07 ; mais cette quantité peut s'abaisser à 0^%3 et monter au-dessus de 1 gr. Koppe a trouvé dans l'urine normale de 0, 42 à 0,45 pour 1000 d'ammoniaque ; un peu moins chez les femmes. La quantité absolue s'élevait chez les hommes à 0s%8, chez les femmes à Os^S-Os^ô seulement en 24 heures.

Comme jusqu'à présent il n'a été fait sur ce sujet qu'un petit nombre de recherches, et comme, en ce qui concerne l'urine dans les maladies, les observations sont extrêmement rares, il n'est pas encore possible de dire avec certitude quelle signification a pour le médecin l'augmentation ou la diminution de l'ammoniaque.

Ducheck a toujours rencontré de l'ammoniaque dans l'urine fraîchement éliminée par des personnes atteintes d'affections fébriles diverses ; les quantités trouvées étaient assez considérables, mais elles ne s'élevaient pas beaucoup au-dessus de celles observées chez les individus bien portants et qui ont été indiquées plus haut. En outre la proportion de l'ammoniaque contenue dans l'urine lui a paru augmenter avec l'aggravation des phénomènes morbides, et diminuer à mesure que la guérison approchait. Koppe a trouvé l'excrétion de l'ammoniaque plus grande dans les mnladies infectieuses (ls%3 à le%5 en 24 heures) et dans la période d'augment de la fièvre typhoïde, affection dans laquelle elle s'élevait avec la température du corps.

Les considérations suivantes pourront servir à guider les personnes qui veulent se livrer à d'autres recherches :

L'ammoniaque contenue dans l'urine provient évidemment de deux sources tout à fait différentes.

1. Elle provient des aliments, des boissons, de l'air inspiré, qui renferment plus ou moins d'ammoniaque. Cependant, la richesse en ammoniaque de ces ingesta est généralement peu considérable ; de telle sorte que la quantité d'ammoniaque qui est éliminée de l'organisme par l'urine est ordinairement peu importante : elle est égale à un peu plus de i/2 gram, par 24 heures. Dans certaines circonstances des quantités d'ammoniaque plus considérables qu'à l'ordinaire peuvent être introduites dans l'organisme, par exemple, chez des personnes bien portantes qui séjournent dans une atmosphère remplie de fumée de tabac, ou bien qui font usage de certains aliments riches en ammoniaque, comme les raiforts, etc. ; chez les malades le même fait peut se produire à la suite de l'administration de préparons ammoniacales: carbonate d'ammoniaque, chlorure d'ammonium, etc. ISeiibauer a montré que la plus grande partie du sel ammoniac pris à l'intérieur est éliminée par l'urine. Dans tous les cas où la richesse de l'urine en ammoniaque dépasse 1 gram, par jour, le médecin doit d'abord rechercher si l'excès ne dépend pas d'une ou de plusieurs de ces causes.

2. Mais l'ammoniaque peut certainement être aussi produite à l'intérieur de l'organisme par un processus pathologique. Nous savons avec certitude que l'urée peut se décomposer en donnant naissance à du carbonate d'ammoniaque, et, d'après une des théories de l'urémie, cette maladie dangereuse aurait pour cause la transformation en carbonate d'ammoniaque de l'urée retenue dans l'organisme. La facilité avec laquelle il se dégage de l'ammoniaque de toutes les matières animales (notamment le sang, les substances dites extractives, etc.), qui sont en dehors de l'organisme, môme lorsqu'elles n'ont encore subi qu'une légère putréfaction, permet de supposer que dans les processus pathologiques que nous désignons sous le nom d'état putride, d'état septique, d'état de dissolution, il se produit même â l'intérieur du corps vivant un dégagement d'ammoniaque. C'est pour* quoi il est d'une haute importance pour le diagnostic de ces états pathologiques (ammonémie) de rechercher si l'organisme sépare une quantité d'ammoniaque plus grande qu'à l'ordinaire. 11 est vrai que l'ammoniaque n'est pas éliminée seulement par l'urine, elle l'est aussi par d'autres voies, l'intestin et les poumons ; mais sa détermination quantitative dans l'urine est, avec les moyens dont nous disposons actuellement, d'une simplicité et d'une exactitude très-grandeS;

Les recherches demandent toujours dans ces circonstances beaucoup de i)récautions, parce que ordinairement l'urée contenue dans

§ m CHLORE ET SEL MAKIN. 463

l'urine a une grande tendance à entrer en décomposition (ce qui, d'après les observations de Neubauer, n'a pas lieu avec l'urine normale).

11 est, par conséquent, très-difficile de déterminer combien, sur la quantité de l'ammoniaque trouvée dans l'urine, il y avait de cette base au moment de la sécrétion, et combien il s'en est formé par la décomposition ultérieure de l'urée dans la vessie ou en dehors du corps. Pour atténuer le plus possible ces causes d'erreur, je conseille dans tous les cas de procéder comme il suit :

a. On soumet l'urine à l'analyse le plus près possible du moment où elle vient d'être sécrétée par les reins ; dans ce but on introduit une sonde dans la vessie, on fait sortir de cette cavité l'urine qui s'y trouve et l'on essaie seulement le liquide, qui, après cette opération, s'écoule goutte à goutte par la sonde.

h. Afin de s'opposer le plus possible à l'altération ultérieure de l'urine, on y ajoute de l'acétate basique et de l'acétate neutre de plomb (voyez p. 262), pour la débarrasser des matières colorantes et extractives, du mucus, etc.

L'urine contient quelquefois de l'hydrothionate d'ammoniaque. Bet% admet que dans CCS cas cette substance provient de l'intestin, que de celui-ci elle passe dans le sang' et qu'une fois dans ce iluide elle donne lieu à des symptômes graves (liydrothison-ammonémie, voyez page 128). Cependant l'explication de cette origine a besoin d'être appuyée par de nouvelles preuves, parce que le canal intestinal des personnes tout à fait en bonne santé contient souvent une assez grande quantité d'hydrogène sulfuré, sans qu'on puisse découvrir aucun des symptômes dus à l'action de ce gaz vénéneux sur le sang.

§ 139. Chlore et sel marin.

Alfr. Hegar: Ueher die Ausscheidung der Chlorverbindungen durch den Harn, Glessen 1852. — F. Howitz : Hospitals Meddelelser ; andere Roekke,t. I, p. 04 (SchniidL's Jahrbücher t. XCV, p. 282).— E.I'h. Hinkelbein : lieber den U ebergang des Ghlornatriums in den Harn. Inaug. Dissa Marbourg 1859.

Les méthodes de dosage du chlore et du sei marin contenus dans l'urine ont été décrites dans le § 66.

On peut indifféremment indiquer le résultat obtenu à l'état de chlore ou de sel marin, bien qu'il soit certain que dans beaucoup de cas tout le chlore contenu dans l'urine ne soit pas combiné au sodium. Mais il faut prendre garde à ne pas comparer les nombres qui indiquent le chlore avec ceux qui se rapportent au chlorure de sodium, ce qui est arrivé quelquefois et adonné lieu à des confusions fâcheuses, quelques auteurs donnant leurs résultats en chlore el d'autres en chlorure de sodium.

Pour juger si l'excrétion du chlore par l'urine^' est augmentée ou

diminuée, il faut savoir à combien s'élève la moyenne du chlore qu'éliminent par jour les personnes en bonne santé. Hegar a effectué une série de recherches très-soignées sur la quantité de chlore éliminée, par jour et par heure, avec l'urine de sept hommes jeunes et bien portants. La quantité moyenne du chlore contenu dans l'urine émise en vingt-quatre heures n'était pas la même pour chacun d'eux, elle variait entre 7^%4 et 15s%9. D'après cela, im homme adulte éliminerait en moyenne avec son urine environ 10 grammes de chlore (= 16s%5NaCl) par jour, et par heure Û^%44 de la même substance (= 0s%73 NaCl). Cependant il est probable que ces nombres sont un peu trop élevés, parce que les personnes sur lesquelles on expérimenta étaient presque toutes des étudiants qui faisaient usage d'une nourriture très-substantielle et très-salée, et qui buvaient beaucoup. Pour la plupart des adultes en état de santé, des nombres un peu plus faibles seraient plus exacts; environ 6—8 grammes Cl (—10 — 15 gr. NaCl) par jour et0gs25— 0g%55 Cl (= O^^M—O^'M NaCl) par heure. Chez les femmes et les enfants, la quantité du chlore excrété est encore plus petite.

Bischof f trouva comme moyenne de la sécrétion du chlore par jour chez un homme adulte se nourrissant bien 88%7 — chez une femme de 45 ans 5,5 — chez une fille de 18 ans 4,5 — chez un garçon de 16 ans 5,3 — chez un garçon de 5 ans 0,8. Becquerel, en opérant sur le résidu de l'urine émise en un jour par une personne en santé, ne trouva que 0,66 Cl ; ce résultat, de même que tous ceux obtenus par incinération, est naturellement sans aucune valeur.

Mais des variations très-considérables dans la quantité du chlore éliminé par jour et par heure s'observent à l'état de santé non-seulement chez des individus différents mais aussi chez la même personne. Ces variations se produisent suivant une loi déterminée. Ainsi, chez les personnes saines on trouve deux maximums, l'un dans l'aprèsmidi et l'autre dans la matinée, et un minimum pendant la nuit.

llegar a trouvé chez 8 individus, comme moyenne du chlore excrété par heure: après-midi 0,57 — nuit 0,28 — matin 0,48. Il a chez les mêmes personnes observé des variations comprises entre 0,20 et 1,52, de telle sorte que, par conséquent, le maximum du chlore éliminé par heure est environ six fois plus grand que le minimum.

Les indications suivantes peuvent être considérées comme la réponse exacte à cette question : quelle est chez une personne en bonne santé la cause d'une augmentation ou d'une diminution de la quantité du chlore éliminé?

1. L'introduction dans l'organisme en proportion plus ou moins considérable du chlore, et notamment du sel marin que nous prenons avec nos aliments, exerce incontestablement la plus grande influence. Les personnes qui font usage d'aliments très-salés excrètent une

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