CHLORE ET SEL MÀRIN
quantité moyenne de chlore très-grande, et une ingestion temporaire de combinaisons chlorées plus considérable qu'à l'ordinaire a généralement pour conséquence d'augmenter temporairement l'élimination du chlore; chez toutes les personnes examinées (en Allemagne) la plus grande quantité de chlore éliminée par heure s'observe dans l'aprés-midi et dans la soirée, ce qui provient sans doute en grande partie de ce que toutes ces personnes prennent à midi, à leur repas principal, du sel marin en quantité plus grande qu'aux autres repas et dont une portion est séparée aussitôt après son passage dans le sang. Mais des expériences directes ont aussi montré qu'après une ingestion de chlore en quantité plus grande qu'à l'ordinaire, l'excrétion de cette substance par l'urine devient plus considérable et vice versa.
Falck éliminait par jour avec son urine: 1. Avec des aliments fortement salés, le premier jour 6 grammes de chlore, le deuxième 7,8, le sixième 10,3; 2. Avec une nourritm-e non salée, le premier jour 2,5, le deuxième 1,6, le troisième 0,f .
Plusieurs personnes, dans un but expérimental, prirent du sel marin, mais pas en quantité excessive. Chez toutes le chlore éliminé par heure avec l'urine fut augmenté : il s'éleva de 0?'',40 à 1^'',0 et même à l5%80. Chez quelques-unes le chlore passé dans le sang fut séparé du corps en grande quantité et rapidement, chez d'autres la séparation fut moins abondante et plus lente.
Dans les expériences faites par Stokvis, la proportion du sel marin contenu dans l'urine s'abaissait rapidement à mesure que l'on diminuait la dose du chlorure de sodium et elle s'élevait graduellement lorsque le sel était pris en plus grande quantité.
2. Mais l'excrétion du chlore par l'urine n'est pas seulement influencée par l'ingestion des chlorures ; elle peut aussi être augmentée ou diminuée par d'autres circonstances, ainsi que par certaines conditions de l'organisme lui-même. Chez toutes les personnes examinées par Heyar, la quantité du chlore éliminée par heure dans la matinée (0,48) était beaucoup plus grande que pendant la nuit (0,28), bien que l'une de ces personnes eût l'habitude de prendre le soir une nourriture fortement salée et de ne boire qu'un verre d'eau jusqu'au lendemain midi, et que les autres fissent aussi usage le soir d'aliments riches en sel et le matin d'une nourriture ne contenant que peu de chlore (café et petit pain) ; par conséquent, chez toutes ces personnes, des causes particulières devaient agir pour diminuer pendant la nuit l'activité sécrétoire des reins et l'augmenter dans la matinée. Ces causes sont, sans doute, d'une part le repos du corps et de l'esprit pendant le sommeil, et d'autre part l'énergie plus grande avec laquelle se produit dans la matinée la métamorphose organique, — influences qui, ainsi qu'on l'a dit précédemment, exercent une action analogue sur l'excrétion de l'acide urique et de l'urée. Chez une personne, examinée par Hegar, qui avait l'habitude de se livrer à des travaux intel-
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lectucls durant une grande partie de la nuit, la quantité moyenne du chlore éliminé par heure pendant la nuit (0,47) était plus grande que celle renfermée dans l'urine du matin (0,44) ; ce cas exceptionnel confirme l'opinion indiquée plus haut. J'ai d'ailleurs souvent observé que l'excrétion du chlore était momentanément beaucoup augmentée par un accroissement de l'activité du corps et de l'esprit. De même qu'une ingestion d'eau abondante stimule les fonctions rénales et n'augmente pas seulement la quantité de l'urine mais encore la sécrétion de l'urée, de même aussi elle donne lieu en général à un accroissement temporaire dans la quantité du chlore éliminé, auquel succède ordinairement une diminution ou une rémission dans l'activité rénale.
ExemjAes. II. but le soir quatre verres d'eau. La quantité du chlore éliminé par heure, qui chez cette personne ne dépassait pas pendant la nuit O^^IS, s'éleva dans les heures suivantes à 0,60, puis tomba à 0,12 et plus tard à 0,10 ; dans la matinée elle se releva cependant à 0,51 sous la seule influence d'un accroissement (causé par une course à cheval) d'activité dans la métamorphose organique (la personne n'ayant pris ni aliments ni boissons) .
H. Y. but dans l'après-midi 5 verres d'eau. La quantité du chlore excrété par heure fut égale dans la soirée à 1,89 et pendant la nuit à 0,57 (au lieu de 0,58). Le matin 2 verres d'eau furent encore ingérés ; malgré cela le chlore éliminé resta durant tout le jour au-dessous de la normale (0,42), et môme beaucoup au-dessous pendant la nuit (0,014!); le matin il augmenta un peu (0,22), mais il diminua encore (0,18), malgré l'ingestion de pain beurré fortement salé.
D'après ces faits, il est évident que la quantité du chlore excrété ne dépend pas seulement de la proportion des chlorures ingérés, mais qu'elle est aussi influencée par d'autres causes, et spécialement par celles qui augmentent ou diminuent l'activité sécrétoire des reins, et par conséquent la quantité de l'urine éliminée. Mais il est bien difficile, surtout dans un cas particulier, de déterminer exactement la part de chacune de ces influences. Il faudrait, dans ce but, faire prendre aux individus soumis à l'expérience une nourriture tout à fait exempte de chlore, mais il est vrai qu'en procédant ainsi les résultats obtenus ne peuvent pas être d'une exactitude et d'une utilité très-grandes ; il vaudrait mieux se donner la peine de doser exactement le chlore de tous les aliments ingérés au moment de l'expérience, comme cela a été fait par Barrai^ dans quelques-unes de ses excellentes observations.
Considérons maintenant la sécrétion du chlore dans les maladies. J'ai fait moi-même ou fait faire un grand nombre d'expériences sur ce sujet. Les principaux résultats sont les suivants :
1. Dans toutes les maladies aiguës fébriles, la quantité du chlore
' J.-A. Banal, Statique chimique des animaux appliquée spécialemênt à là question du sel. Paris, ISaO.