II. ËLEMEI^rs AlVORMüUX DE L'URIIVE
§ 23. Albumine.
Scherer. Mulder.
Carbone 54,883 53,5
Hydrogène . . . 7,035 7,0
. . Azote 15,675 15,5
formule mconnue. n • -i oo n
Oxygène ) 22,0
Soufre \ 22,365 1,6
Phosphore. , . ) 0,4
A. État naturel. — L'allnimiiiè est, comme on le sait, la substance la plus importante dont le corps animal ait besoin pour son entretien.
elle lui donne les matériaux nécessaires à sa nutrition, ainsi qu'à la réparation des organes. Sa diffusion dans tout le corpsest par conséquent très-grande ; ainsi elle forme le principal élément du sang, de la lymphe, du chyle, de tous les fluides séreux et des liquides du tissu cellulaire. A l'état normal l'albumine ne passe pas dans l'urine, mais dans les maladies elle s'y rencontre si fréquemment qu'il est nécessaire dans toute urine, sur la composition de laquelle on veut être renseigné, de rechercher l'albumine. C'est dans toutes les affections des reins comprises sous le nom de maladie de Bright que l'albumine se rencontre le plus constamment dans l'urine.
W. Leube * a trouvé différentes fois de l'albumine dans la sueur. Waldenslröm ^ a observé plusieurs fois des urines albumineuses à la suite de l'emploi de l'acide phéniquc à l'intérieur ou à l'extérieur.
B. Préparation de l'albumine pure. — On mélange goutte à goutte du sérum sanguin avec de l'acide acétique très-étendu tant qu'il se l'orme un précipité floconneux, on filtre, on évapore à un petit volume dans le vide ou au bain-marie à la température de 40 degrés, on salure à peu prés avec du carbonate de soude et l'on soumet le résidu à la diffusion. Si après avoir renouvelé fréquemment l'eau extérieure il ne passe plus de sels dans celle-ci, on évapore à sec le contenu du dialyseur dans le vide ou au bain-marie à 40 degrés. Cependant l'albumine ainsi préparée n'est pas entièrement exempte de sels [Eoppe-Seyler) .
C. Caractères chimiques. — L'albumine du sérum (sérinej purifiée constitue à l'état sec une masse jaunâtre, vitreuse et transparente qui se dissout dans l'eau en donnant un liquide visqueux.
1. L'albumine du sérum est identique avec l'albumine que l'on rencontre dans l'urine; en solution aqueuse neutre elle possède un pouvoir rotatoire égal à — 56 degrés pour la raie D du spectre solaire.
2. L'alcool produit dans les solutions d'albumine un précipité qui se redissout dans l'eau, du moins en partie, aussitôt après l'élimination de l'alcool. Par l'action prolongée de l'alcool l'albumine du sérum paraît se transformer tout entière en albumine coagulée.
3. Si l'on mélange une solution d'albumine avec de l'acide acétique jusqu'à réaction fortement acide et si ensuite on ajoute quelques gouttes d'une dissolution de ferrocyanure de potassium, il se produit un précipité blanc floconneux. (Détermination quantitative par la méthode des volumes d'après Bödeker) .
4. Si l'on chauffe de l'albumine avec de l'acide chlorhydrique concentré, ou encore mieux en y ajoutant un peu d'acide sulfurique concentré, il en résulte un liquide violet.
• Virchow's Archiv, t. XLVIII, p. 181.
i >ues Jahrbuch d. Pharm., t. XXXlV, p. lil.
§ 25 ALBUMINE. 85
5. L'acide azotique concentré colore à chaud un liquide albumineux en jaune. (Acide xanthoprotéique.) Après addition de soude caustique la coloration jaune passe au rouge orange.
6. Si l'on chauffe une solution d'albumine dans un tube d'essai au-dessus de la lampe à esprit-de-vin , elle commence à se troubler dès que la température s'est élevée à 60 ou 65 degrés, et l'on remarque que le trouble apparaît d'abord à la surface du liquide et se propage peu à peu dans tout le tube. Maintenant il se produit promptement un coagulum floconneux, blanc ou quelquefois plus ou moins coloré, parce que l'albumine se transforme à 72 ou 75 degrés en la modification insoluble. Il y a cependant plusieurs remarques à faire au sujet de cette réaction simple en elle-même : si la solution d'albumine est très-étendue, le trouble ne se produit souvent qu'à la température de l'ébullition, quelquefois cependant, surtout après une longue ébullition et le repos, on voit apparaître nettement des flocons. Si la réaction du liquide est faiblement acide, dans la plupart des cas il se produit, dès que l'acide n'est plus en excès, une coagulation complète ; mais si la solution a une réaction neutre ou même alcaline , souvent l'action de la chaleur ne produit qu'un léger trouble, même si la liqueur renferme beaucoup d'albumine; celle-ci reste en dissolution unie avec la potasse. Ajoute-t-on au contraire avant de chauffer autant d'acide acétique qu'il est nécessaire pour saturer l'alcali libre, la précipitation a lieu d'une manière complète et sous forme de flocons volumineux. Un excès d'acide doit être évité avec précaution, parce que sans cela, sous l'influence de l'acide acétique libre, il reste en dissolution, même à l'ébullition, une quantité plus ou moins grande d'albumine.
Le sel marin et d'autres sels alcalins neutres abaissent le point de coagulation d'une solution d'albumine; c'est pourquoi dans une urine acide la coagulation a lieu ]e plus souvent au-dessous de 70 degrés.
7. Si l'on mélange une solution d'albumine avec de l'acide acétique jusqu'à réaction fortement acide, si l'on ajoute au liquide son égal volume d'une solution saturée de sulfate de soude et si ensuite on chauffe à l'ébullition, la coagulation a lieu d'une manière complète.
8. Si dans son poids d'acide azotique concentré d'un poids spécifique de 1,41 (point d'ébullition 115-120 degrés), on dissout du mercure d'abord à froid et ensuite à une douce chaleur, puis si l'on étend avec deux volumes d'eau et enfin si au bout de quelque temps on sépare par décantation le liquide clair du précipité cristallin, on obtient un liquide (réactif de Millon) qui constitue le réactif le plus sensible de l'albumine, ainsi que de tous les corps protéiques, que ces substances soient ou ne soient pas dissoutes. Si avec cette solution de mercure on chauffe à 60 ou 100 degrés un liquide contenant
80 ÉLÉMENTS ANORMAUX DE L'URINE. g 2"
do l'albumiiio, on obtient une coloration rouge intense qui ne disparaît ni au contact de l'air, ni par une longue ébullition.
D'après Vintscligau et GintlK on peut aussi préparer le réactif de Mil Ion en ajoutant un peu d'azotite de potasse à une solution d'azotate de bioxyde de mercure et versant l'acide azotique nécessaire seulement au moment où l'on veut el'fectuer la réaction.
9. L'acide azotique étendu, ajouté en proportion pas trop petite, produit dans les solutions d'albumine un précipité blanc d'azotate d'albumine qui est soluble dans beaucoup d'acide azotique et dans beaucoup d'eau. (Réaction importante.) D'autres acides minéraux se comportent d'une manière analogue.
10. La plupart des sels métalliques, ainsi que l'alun, donnent des précipités de composition variable.. La précipitation avec le bichlorure de mercure (sublimé) est particulièrement importante.
11. Le sucre et l'acide sulfurique concentré se colorent avec tous les corps protéiques en beau rouge, exactement comme avec les acides biliaires. (Schnitze.)
12. Les corps albumineux mélangés avec une dissolution de sulfate de cuivre, puis chauffés après addition d'une lessive de potasse ou de soude, communiquent à la dissolution une belle couleur violette. La réaction ne se produit pas, ou seulement très-imcomplétement, si l'alcali est ajouté avant le sel de cuivre.
13. L'albumine solide, traitée par l'acide sulfurique contenant de l'acide molybdique, se colore en un beau bleu foncé. (Fröhde^.)
La plupart des réactions qui viennent d'êtres indiquées sont communes à l'albumine et aux autres substances protéiques.
14. Tous les albuminates, y compris les peptones et les ferments amorphes, dissous dans un excès d'acide acétique cristallisable, donnent, lorsqu'on ajoute de l'acide sulfurique concentré, des dissolutions colorées en beau violet avec une légère fluorescence. Lorsque ces liquides sont convenablement concentrés, ils produisent dans le spectre une absorption située entre les lignes b et F, comme celle de l'urobiline et de la cholétéline. {A. Adamkiewicz.)
D. Préparation par diffusion de V albumine absolument exempte de sels. — B. Aronstein'" a obtenu, en procédant de la manière suivante, de l'albumine ne laissant pas de traces de cendre après combustion. Il a soumis à la dialyse pendant trois ou quatre jours, à la température de -1- 10 à 12", en remplaçant l'eau extérieure deux ou trois fois par jour, des solutions albumineuses alcalines ou neutres ; la membrane du dialyseur dont il s'est servi était du papier-parchemin anglais très-fin.
^ Chem. Centralbl, 18G9. p. 8GÜ.
^ Zeitschr. /". analyt. Chem., t. VII, p. 2GG.
^ Archiv f. PInjsiologie, t. VHI, p, 7;j.
^ 23 AÎ.BUMINE. 87
Les principales propriétés du produit pur ainsi obtenu sont les suivantes ;
1. L'albumine est un corps complètement soluble dans l'eau, dont la dissolution dans les liquides animaux n'est influencée ni par les sels solubles ni .par les sels insolubles que ces liquides renferment.
2. L'albumine pure n'est coagulée ni par l'ébullition ni par l'alcool; sa coagulation dans une solution naturelle est due seulement à la présence des sels que celle-ci renferme.
3. Il n'existe pas de combinaison de l'albumine avec les sels insolubles des liquides animaux, à laquelle ces sels doivent leur dissolution dans ces liquides ; ces sels sont plutôt maintenus en dissolution à la faveur d'une substance organique contenue dans le sérum sanguin comme dans le blanc de l'œuf, substance qui n'appartient pas aux corps protéiques.
4. Outre l'albumine, le sérum sanguin, de même que le blanc d'œuf, contient un autre corps alburainoïde dissous par les éléments cristalloïdes, — la paraglobuline.
E. Recherche qualitative. — La recherche de l'albumine dans l'urine repose sur des opérations très-simples, qui, exécutées avec soin, permettent une conclusion certaine. On s'assure d'abord de la réaction de l'urine préalablement filtrée, dans le cas où elle ne serait pas claire ; puis on en remplit un tube à moitié et l'on chauffe au-dessus d'une lampe à esprit-de-vin. Si l'urine a une réaction acide, dès que la température est élevée à 50 ou 60"^, un trouble se manifeste à la surface du liquide, dans le cas où celui-ci renferme de l'albumine, et le trouble est bientôt suivi de la coagulation de cette substance. Si cependant l'urine est neutre ou alcaline, pour les raisons indiquées plus haut, la séparation n'a pas lieu, mais le plus souvent la liqueur ne fait que se troubler et devient laiteuse. Mais dans ce cas, si l'on mélange l'urine bouillie avec de l'acide azotique jusqu'à réaction fortentent acide, il se produit, lors de la présence de l'albumine, un précipité persistant. Cependant on doit à ce sujet faire remarquer que l'acide azotique doit être ajouté en grand excès, parce qu'en présence de quantités trop petites, des corps albumineux peuvent rester en dissolution.
L'acide azotique a sur l'acide acétique, autrefois employé pour acidifier l'urine, quelques avantages; en effet, en premier lieu, l'additiou de l'acide acétique doit être faite avec beaucoup de précaution, parce qu'un excès empêche complètement la séparation de l'albumine; et en second lieu, d'après les recherches de Reissner, l'acide acétique produit dans une urine renfermant du mucus (mucine) en dissolution un trouble uniforme ne disparaissant pas avec un excès d'acide acétique, et qui peut être facilement confondu avec un précipité d'albumine.
88 ÉLÉME?^TS ANORMAUX DE L'UPJNE. § 23
Pour la confirmation ultérieure de la présence de l'albumine on se sert surtout des réactions 5 et 7.
Il peut cependant encore se rencontrer des cas où lors de l'ébuUition de l'urine, surtout si celle-ci n'est que faiblement acide ou neutre, il se forme un précipité alors même que la liqueur ne renferme pas de traces d'albumine. Le précipité est constitué par des phosphates terreux, qui dans une urine faiblement acide sont le plus souvent maintenus en dissolution seulement à la faveur de l'acide carbonique libre, mais qui après l'expulsion de ce gaz par l'ébullition se précipitent en flocons, et que sous cette forme l'œil peut à peine distinguer de l'albumine coagulée. Mais le doute peut être facilement écarté, si après le refroidissement on ajoute au liquide dans lequel est suspendu le précipité de l'acide azotique et si l'on agite; si le précipité consistait en phosphates, ceux-ci se dissoudront et le liquide de\iendra clair; mais s'il était constitué par de l'albumine, il ne disparaîtra pas. Ce cas se rencontre très-fréquemment, de telle sorte qu'on ne doit jamais négliger d'essayer une seconde fois avec l'acide azotique, surtout si le liquide ne s'était troublé que faiblement par l'ébullition.
Si en outre l'urine renferme des substances résineuses, comme cela peut avoir lieu, d'après les recherches de Maly, lorsqu'on fait usage à l'intérieur de térébenthine, de baume de copahu, etc., il se produit, après addition d'acide chlorhydrique ou d'acide azotique, un précipité jaune-blanchâtre non sans analogie avec l'albumine devenue insoluble, mais qui disparaît aussitôt qu'on ajoute de l'alcool, et qui par cette réaction se distingue suffisamment de l'albumine.
D'après Heller, on peut aussi, de la manière suivante, exécuter avec une grande netteté l'essai avec l'acide azotique. Dans un verre à Champagne, on verse un centimètre et demi de haut d'acide azotique concentré pur, et l'on recouvre celui-ci avec l'urine à essayer (qui doit être claire) : dans ce but, à l'aide d'une pipette, on fait couler avec précaution le dernier liquide des bords du verre sur l'acide. Lorsque l'opération est bien faite, l'urine flotte sur l'acide azotique et le mélange des deux liquides a lieu lentement. Dans la plupart des cas, il se forme aux surfaces de contact un cercle rouge intense, violet puis bleu, c'est la réaction de l'indican. Tant qu'on n'aperçoit pas au-dessous du bleu une coloration verte parfaitement évidente on n'a pas à se préoccuper de confondre ces changements de couleur avec la réaction des matières colorantes de la bile. Si l'urine contient de l'albumine, il se produit, lors de cet essai, aux surfaces de contact des deux liquides, un trouble annulaire parfaitement limité en dessus et en dessous, et qui, même en présence de traces d'albumine, peut être reconnu avec une grande netteté. La réaction persiste assez longtemps; cependant, après un long temps, l'albumine coagulée descend peu à peu au fond du vase. Un trouble ayant à première vue de l'analogie avec le précédent peut prendre naissance si l'urine est riche en urates ; dans ce cas aussi il se produit un trouble annulaire, seulement cet anneau occupe un point plus élevé que les surfaces de contact des deux liquides, et le plus souvent aussi il est plus haut que le bord supérieur de l'anneau d'albumine; en outre, le bord supérieur n'est pas nettement limité, mais il s'efface en se confondant insensiblement avec la surface de
FIBRINE, CVSÉmE, ALP.UMINOSE, PARALBUMINE, ETC.
l'urine. Par conséquent, si l'urine con lient rte l'albumine et en même temps beaucoup rt'urates, deux anneaux peuvent se former : un anneau inférieur constitué par rte l'albumine, qui le plus ordinairement est séparé par une couche claire rte Panneau supérieur formé par des urates. Mais dans un cas de ce genre il vaut mieux, avant l'essai, étendre l'urine avec 2 ou 3 parties d'eau, pour empêcher la réaction des urates ou du moins l'affaiblir le plus possible. En outre, les troubles occasionnés par les urates disparaissent lorsqu'on vient à chauffer doucement et l'on peut par conséquent, à l'aide de la chaleur, écarter avec facilité toute espèce do doute. — Dans des urines très-concentrées, un précipité d'azotate d'urée peut aussi se produire, mais ce précipité est crislallin, et il disparaît dès qu'on ajoute de l'eau.
Méhu^ emploie dans la recherche qualitative de l'albumine un mélange composé rte 1 partie rt'acirte pliénique cristallisé, rte 1 partie rt acirte acétique rtu commerce et de 2 parties d'alcool à 90 p. 100. On ajoute à Purine 2 à 3 p. 100 d'acide azotique et environ 10 p. 100 de la solution phéniquée. on agite et on laisse déposer. Le dépota lieu plus rapidement si, au lieu d'acide azotique, on emploie un demi-volume de solution saturée de sel de Glauber. Cette réaction est sensible ; des traces très-faibles d'albumine peuvent être décelées avec certitude.
§ !S4. Fibrine, caséine, albuminose, paralbiimine et parajg;Iobulin<><. peptone. néphro7jmase.
1. Fibrine. — Parmi les autres matières protéiques, on rencontre encore quelquefois de la tibrine, qui, surtout dans les inflammations violentes des reins et des voies urinaires, se sépare sous forme de gros peloions. Mais dans ces cas les urines contiennent toujours du sang, et, par suite de la présence de celui-ci, elles sont également albumineuses. Ackermann a trouvé dans la galacturie que l'urine renfermait de la fibrine. Les cylindres urinifères en forme de tubes, que Frerichs considère comme des concrétions fibrineuses aplaties, seront traités apropos des sédiments.
On a encore observé quelques cas où l'urine laissait déposer de la fibrine, soit sous forme d'une masse gélatineuse, soit en pelotons granuleux ou filamenteux.
2. Caséine. — La caséine n'a pas encore été découverte avec certitude dans l'urine. En outre, il passe quelquefois dans l'urine des matières protéiq.tes qui par leurs
propriétés diflèrent des corps protéiques ordinaires. Ainsi Bcnce Jones décrit [Ann.d. Chem.u. Pharm., t. LXVII, p. 97-105) un cas dans lequel l'urine d'un homme atteint d'un ramollissement des os renfermait, à côté des cylindres urinifères, une substance albumineuse particulière qui se distinguait par 1 ^s caractères suivants : elle était soluble dans l'eau bouillante et, après avoir été précipitée par l'acide azotique, elle se dissolvait lorsqu'on chaufiait, mais se séparait par le refroidissement. Par la manière dont elle se comportait avec les réactifs dont il a été question au sujet de l'albumine, comme l'acide acétique, le prussiate de potasse et l'acide chlorhydrique concentré, on reconnaîten elle, avec certitude, une matière protéique; cependant, à cause de sa réaction avec l'eau et l'acide azotique, nous ne pouvons pas la regarder comme de l'albumine ou de la caséine, rtu moins tant qu'on n'aura pas réussi à transformer artificiellement l'albumine ou la caséine en cette mortification particulière.
3. Albuminose. — Sous le nom rt'albuminose, Baylon rtécrit une matière albuminoïrte qui rtoit aussi se rencontrer rtans l'urine normale. D'après Mialhe, cette substance serait vis-à-vis de l'albumine ce qu'est la glycose vis-à-vis de l'amidon (?). L'albumiiiose n'est précipitée ni par la chaleur, ni parles acides, ni par les alcalis, mais elle l'est par le tannin et un grand nombre de sels métalliques. Elle doit,
* Journ. de pharm, et de chimie, t. IX, p. 93. 1869.
ÉLÉMENTS ANORMAUX DE ï/lIRTNE.
comme on l'a déjà dit, se trouver dans toute urine normale, mais on peut aussi la rencontrer dans des cas pathologiques. Cependant, dans l'urine des personnes atteintes de maladie de Bright, on pourrait à côté d'une grande quantité d'albumine ne pas trouver d'albuminose. Baijlon indique le tartrate de cuivre comme étant un réactif très-sensible de l'albuminose. Après avoir additionné l'urine de quelques gouttes de lessive de potasse, on fdtre, et ensuite on ajoute une solution de tartrate de cuivre, jusqu'à ce que le mélange ait acquis une couleur bleue peu intense. Au bout d'une ou deux heures il se précipite du tartrate d'albuminose (?), qui se dissout par la chaleur, mais se sépare de nouveau par le refroidissement. {CanstaU's Jahresbericht, 1860, p. 270).
C. Gerhardt ^ a constaté dans l'urine de personnes atteintes d'affections rénales la présence de différentes albumines. Dans plusieurs cas, l'urine ne donna de précipités ni par l'ébullition ni par l'acide azotique, mais l'alcool en séparait des substances qui donnaient nettement les réactions de l'albumine.
4. Paralbumine et paraglobuline. — E. Masing - décrit également un cas de maladie de Bright dans lequel l'urine contenait, avec de l'albumine du sérum, beaucoup de paralbumine. Cette urine, additionnée d'eau, donnait immédiatement un trouble laiteux que les acides, les alcalis et la solution de sel marin faisaient disparaître immédiatement.
Eäleßen ^ a fait la même observation dans trois cas d'albuminurie. Le trouble de l'urine, lorsqu'on l'étendait avec de l'eau, ne se produisait quelquefois qu'au bout de quelques minutes, et il était généralement augmenté par un courant d'acide carbonique. Edlefsen considère ce corps albuminoïde, de même que la paralbumine trouvée par Masing, comn)e de la paraglobuline, bien qu'il n'ait pas réussi à produire la coagulation d'un liquide contenant du fibrinogène à l'aide du corps précipité.
Recherche de la jmraglolndme dans lurine albumineuse. — L'urine préalablement filtrée est étendue avec de l'eau jusqu'à ce que son poids spécifique soit abaissé à 1,003 ou 1,002, de façon, par conséquent, que sa teneur centésimale en éléments solides devienne très-petite. Dans certaines circonstances, la dilution peut seule produire la séparation de la paraglobuline; Edlefsen ■* a du moins observé fréquemment un trouble aussitôt qu'il étendait l'urine albumineuse avec de l'eau dans la proportion de 1 : 20. Mais si maintenant on fait passer à travers le liquide -étendu, pendant trois ou quatre heures, un courant d'acide carbonique, presque toutes les urines albumineuses se troublent, par suite de la séparation de la paraglobuline, qui souvent, au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, forme un précipité bien apparent. [H. Senator) ^.
Le précipité ainsi obtenu est blanc laiteux, floconneux et il se dissout complètement lorsqu'on ajoute 1 p. 100 d'acide chlorhydrique, ainsi que quelques gouttes de solution de sel marin; il est également soluble dans l'acide acétique concentré. De la solution chlorhydrique il se sépare si complètement lorsqu'on chauffe, que dans le liquide filtré on ne peut plus trouver de traces d'un corps albuminoïde. Les flocons séparés par la chaleur ne se redissolvent pas dans l'acide acétique, du moins lorsqu'on en ajoute modérément. Si l'on dissout le précipité dans une trace de soude caustique, si l'on filtre et si l'on mélange la solution avec de la sérosité limpide du péricarde ou du péritoine, il se produit par l'agitation un trouble auquel succède, au bout d'un long temps, un abondant précipité floconneux.
D'après Senator, on peut, dans toute urine qui contient de l'albumine coagulable, découvrir aussi de la paraglobuline. Parmi les affections des reins, c'est la dégéné-
Cciiiralblatt f. d. med. Wissenschaft. 1809, p. 174. - lieitr. zu Albuminometrie. Dorpat, 1867. ^ Centralblatt /'. d. med. Wissenschaft. 1870, p. 567.
* Deutsch. Arch. f. Klin. Med., t. VII, p. 09.
* Virchow's Archiv, t. LX, p. 476.