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SUCRE DE DIABÈTE, SUCRE DE RAISIN

raisin chimiquement pur, qui forme des croûtes cristallines blanciies (F. -Sc/ii^ar;s). Au bout d'un long temps, lorsqu'il ne se sépare plus rien, on rassemble les cristaux, on les lave bien à l'alcool, on les dessèche dans l'exsiccatenr, et enfin on les fait recristalliser dans l'alcool absolu bouillant.

Î2. On dissout au bain-marie du bon sucre de fécule dans à peu près la moitié de son poids d'eau, et ensuite on filtre dans un entonnoir de verre dont la pointe est fermée avec un bouchon. Lorsque l'entonnoir est presque plein, on le couvre avec une plaque de verre, on le pose sur un support, et on le porte ensuite dans une cave fraîche où on le laisse pendant plusieurs mois. Au bout de ce temps, le sucre de raisin a cristallisé sous forme d'hydrate.

On fait écouler l'eau-mère, on couvre le sucre avec une couche d'alcool à 80 p. 100, et on lave avec ce liquide jusqu'à ce que le sucre soit d'un blanc éclatant. On le dessèche ensuite, d'abord à l'air l'bre, puis dans rexsiccateur en présence de chlorure de calcium. On ne doit employer la chaleur que lorsque la majeure partie de l'humidité est éliminée, parce qu'autrement le sucre se ramollit à l'humidité et se prend en masse (Möhr).

D. Caractères chimiques. — 1. Le sucre de raisin pur est blanc, inodore ; il a une saveur beaucoup moins sucrée que le sucre de canne, et il est aussi moins soluble dans l'eau que ce dernier. Sa dissolution est sans réaction sur les couleurs végétales, et elle dévie à droite la lumière polarisée. Il est assez soluble dans l'alcool, mais il ne l'est pas du tout dans l'éther. Si l'on expose pendant longtemps à une température de 100** le sucre de raisin cristallisé, il perd son eau de cristallisation.

2. Le pouvoir rotatoire spécifique d'une solution aqueuse de sucre de raisin s'élève à -f- 56,4 pour la lumière jaune, si cette solution a été chauffée ou si elle est préparée depuis longtemps. Une solution froide fraîchement préparée produit, lorsqu'on l'essaye immédiatement après la dissolution, une rotation droite du plan de polarisation plus grande, mais qui, par un long repos, et plus rapidement lorsqu'on chauffe, s'abaisse jusqu'à -H 56, 4^

5. Mis en contact avec des substances azotées, surtout la caséine, il subit la fermentation lactique, et, plus tard, la fermentation butyrique. Dans l'urine diabétique, il se transforme à la température ordinaire, plus rapidement à 27 ou 40°, en un acide qui, suivant les circonstances, peut être de l'acide acétique ou de l'acide butyrique et même de l'acide lactique.

1 Zeitsclir. /'. unalyl. Clmii., t. XIV, n"» 3 el 4

94 ÉLÉMENTS ANORMAUX DE L'UlUNE. § 25

4. Le sucre de raisin donne, avec plusieurs bases, des combinaisons particulières désignées sous le nom de saccharates.

a. Saccharate de potasse, li:' Q Q^imy' . [m) -h Cni'H)'^]. — On peut l'obtenir facilement en mélangeant une solution alcoolique de sucre avec une solution de potasse caustique dans l'alcool. La combinaison se précipite immédiatement en flocons blancs, qui s'agglutinent à l'air, tombent en déliquescence et attirent l'acide carbonique.

b. Saccharate de chaux. — Si l'on traite une dissolution de sucre avec un excès de chaux caustique, si Ton filtre la dissolution et si l'on mélange le liquide filtré avec de l'alcool, cette combinaison se précipite sous forme d'une masse blanche.

c. Combinaison du sucre de raisin avec le sel marin. 2(4i''ir'^4)^), NaCl H- H^Ô. [2 -NaCl + 2H0] .— Si l'on mélange une solution de sucre de raisin avec une solution de sel marin, et si l'on abandonne le mélange au contact de l'air à l'évaporation spontanée, la combinaison cristallise en doubles pyramides hexagonales, volumineuses et incolores, ou bien en rhomboèdres. Les cristaux sont durs, faciles à pulvériser, facilement solubles dans feau, difficilement solubles dans l'alcool. Ils renferment 15,52 pour 100 de chlorure de sodium.

5. Si l'on chauffe une dissolution de sucre de raisin avec une lessive de potasse ou de soude, elle se colore en beau rouge brun; si l'on ajoute ensuite de l'acide azotique, il se dégage une odeur douceâtre et piquante qui rappelle soit celle du caramel, soit celle de l'acide formique.

6. Si l'on chauffe à l'ébullition une solution de carmin d'indigo rendue alcaline par du carbonate de soude avec un peu de sucre de raisin, elle se colore, si l'on n'a ajouté qu'une petite quantité de sucre, d'abord eli vert, puis en rouge pourpre, et, s'il y a une plus grande quantité de sucre, en rouge et enfin en jaune. Si l'on agite la solution jaune bouillante de manière que l'oxygène de l'air puisse agir, le changement de couleur se produit en sens inverse. Le mélange se colore en rouge pourpre; puis en vert et enfin en bleu; cependanf, lorsqu'on abandonne le liquide au repos, la couleur jaune reparaît promptement (Mulder). Cette réaction est très-brillante, et elle permet de découvrir de très-petites quantités de sucre. Lorsqu'on a affaire à des traces de sucre, on doit naturellement employer une solution d'indigo très-faiblement colorée.

7. Si l'on mélange une solution de sucre avec un peu de potasse caustique et quelques gouttes d'une solution de sulfate de cuivre, il ne se forme pas de précipité, ou bien^ s'il s'en forme un, il se redissout en donnant un beau liquide bleu. Si l'on chauffe le mélange, le liquide se colore d'abord en jaune orange^ il se trouble promptement

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et il se sépare un précipité cle protoxyde de cuivre ayant une belle couleur rouge. Cette réduction se produit même à froid après un long repos sans l'emploi de la chaleur. D'après les recherches de Salkowski, la réaction a lieu en deux phases. 11 se forme d'abord un précipité vertbleu, une combinaison d'hydrate de bioxyde de cuivre et de sucre, qui se dissout dans la lessive de potasse en excès, laquelle exerce bientôt une action décomposante. Il est donc absolument nécessaire, pour produire la réaction, d'ajouter un excès de lessive alcaline. — L'acide urique, l'hypoxanthine, le mucus, etc., produisent également à chaud la réduction du bioxyde de cuivre avec séparation de protoxyde rouge. 11 faut, en outre, ne pas oublier que quelques substances, si elles sont présentes, empêchent la séparation du protoxyde de cuivre; ainsi, par exemple, les substances albumineuses, notamment les peptones, lacréatine, la créatinine, la pepsine, les matières colorantes de l'urine, etc.

8. Si l'on introduit dans un petit ballon une solution de sucre avec un peu de levure, la fermentation ne tarde pas à se manifester, surtout à une température de 15 à 20^. On peut très-facilement observer la marche du phénomène dans l'appareil suivant (fig. 9).

A est un petit ballon de verre dans lequel on introduit la solution de sucre avec la levûre; ce ballon est mis, au moyen du tube à gaz c, en communication avec un autre petit ballon B, qui est rempli à moitié avec de l'eau de chaux ou de baryte.

Le tube a est fermé à la partie supérieure au moyen d'une petite boule de cire b. Si l'on chauffe le mélange contenu dans A à la température indiquée, la solution de sucre se trouble au bout de peu de temps; elle commence par produire beaucoup de mousse et il se dégage des bulles de gaz très-régulières. Celles-ci sont constituées par de l'acide carbonique, qui, en passant à travers l'eau de chaux ou de baryte, la trouble et la précipite promptement en donnant lieu à un dépôt de carbonate de chaux ou de baryte. Enfin, si le dégagement gazeux cesse, le liquide devient clair en A ; il a perdu son goût sucré, qui est remplacé par une saveur vineuse. Le sucre s'est dédoublé en alcool et acide carbonique; cependant il se forme toujours dans cette décomposition une petite quantité de quelques termes homologues de l'alcool

éthylique, ainsi que des traces de glycérine et d'acide succinique.

Lorsqu'on a affaire à de petites quantités de sucre, on remplit un tul3e d'essai avec du mercure et on le retourne dans une petite cuvette à mercure. A l'aide d'une pipette munie d'un bec recourbé, on introduit dans le tube, en la laissant s'élever au-dessus du mercure, une solution de sucre neutre ou faiblement acide et qui a été mélangée avec de la levure de bière active et bien lavée, puis l'on abandonne le tout au repos à la température 25-50^ Si au bout d'un ou deux jours le dégagement gazeux a cessé, on fait arriver dans le liquide, au moyen de la pipette, un peu de lessive de potasse concentrée qui absorbe complètement le gaz mis en liberté.

9. Si l'on mélange une solution de sucre de raisin avec une solution d'azotate d'argent faiblement ammoniacale, il se précipite de l'argent métallique, sous forme d'un beau miroir métallique brillant, dés qu'on chauffe à Tébullition et qu'on maintient quelque temps à cette température. — Cette réduction peut être utile dans certaines circonstances, parce que la présence de l'ammoniaque ne l'empêche pas. Cependant il ne faut pas oublierque plusieurs autres substances, comme par exemple l'acide tartrique, etc., réduisent de la même manière le nitrate d'argent.

10. Si l'on mélange une solution de sucre avec son volume d'une solution de carbonate de soude (o parties d'eau et 1 partie du sel cristallisé) , si l'on ajoute un peu de sous-nitrate de bismuth, et si l'on chauffe pendant un certain temps à l'ébullition, le bismuth est réduit et il se produit une coloration noire. La moindre coloration en noir ou en gris qui se produit sur le sel de bismuth blanc de neige indique de la manière la plus certaine la présence de sucre de diabète, parce que d'après Böltger aucun autre élément de l'urine n'exerce une action réductrice sur ce sel de bismuth. L'urine doit cependant être absolument dépourvue d'albumine, parceque sans cela il se forme facilement du sulfure de bismuth noir qui peut donner lieu à des erreurs grossières.

La réaction réussit aussi très-bien avec une solution alcaline d'oxyde de bismuth, que l'on obtient de la manière suivante : avec un grand excès de lessive de soude on précipite une solution d'azotate de bismuth et en chauffant doucement on ajoute une goutte de solution d'acide tartrique, jusqu'à ce que le précipité qui a pris naissance se soit redissous. D'après Almèn, on dissout 4 gram, de sel de Seignette dans 100 gram de lessive de potasse d'un poids spécifique de 1,35, on chauffe doucement et l'on ajoute du sous-nitrate de bismuth, jusqu'à ce qu'il ne s'en dissolve plus; il faut en ajouter environ 2 grammes.

11. Si l'on mélange une solution de sucre contenant de la potasse avec quelques gouttes d'une solution de molybdate ou de tungstate

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