‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 29 sur 185 · SUCRE DE RAISIN, SUCRE DE DIABÈTE · texte numérisé non relu

SUCRE DE RAISIN, SUCRE DE DIABÈTE

trammoniaque, si l'on chauffe à l'ébuUitioii et si ensuite on acidifie avec précaution avec de l'acide chlorhydrique, on voit apparaître la couleur bleue du molybdate de protoxyde de molybdène ou du tungstate d'oxyde de tungstène. En solution chlorhydrique le sucre ne réduit à l'ébullition que l'acide molybdique en colorant le liquide en bleu, cependant cette réaction est loin d'être aussi sensible que celle en solution alcaline. {Huizinga ^)

E. Recherche qualitative. — I. Les méthodes pour découvrir le sucre dans l'urine diffèrent suivant les quantités de sucre que l'on suppose devoir exister dans ce liquide. Si la quantité de l'urine de 24? heures est considérable (de 4 à 6 litres), si la couleur est jaune verdâtre et si en même temps le poids spécifique est élevé, en tout cas au-dessus de 1,02, il est probable que l'urine à essayer est une urine diabétique. Dans ce cas la recherche du sucre est simple, parce que l'urine diabétique, décolorée par le charbon animal, se comporte avec presque tous les réactifs conmme une dissolution de sucre pur. Si en outre l'urine en question est exempte d'albumine, ce dont il faut préalablement s'assurer d'après le g 25, on peut employer directement les différentes réactions du sucre de raisin, dans le cas contraire on doit, avec les précautions indiquées g 25, débarrasser le liquide de l'albumine. On procède ensuite à la recherche du sucre :

1. Avec 4 ou 5 c. c. d'eau on étend 15 à 20 gouttes de l'urine en question, décolorée par le charbon animal, on ajoute 1/2 c. c. de lessive de soude ou de potasse et ensuite on verse goutte à goutte une solution très-étendue de sulfate de cuivre. S'il y a du sucre, le précipité qui prend d'abord naissance se dissout après agitation en donnant un liquide bleu et clair. Il faut, si l'on présume n'avoir affaire qu'a de petites quantités de sucre, éviter une proportion trop grande de solution de cuivre, parceque sans cela il se forme également à l'ébullition du bioxyde noir de cuivre, qui masque le protoxyde rouge de cuivre produit en même temps. Si ensuite, sans agiter, on chauffe la solution limpide bleue, jusqu'à ce qu'elle soit sur le point de bouillir, il se forme à la surface un flocon jaune, auquel, sans que Ton ait besoin de chauffer plus fortement, succède bientôt un précipité de protoxyde de cuivre jaune ou rouge. Il faut se garder de chauffer le mélange d'urine et de lessive de potasse avant d'avoir ajouté la solution de cuivre, parceque, sans cela, notamment lorsqu'il n'y a qu'une petite quantité de sucre, celui-ci peut être modifié de telle sorte qu'il n'exerce pas d'action réductrice sur le bioxyde de cuivre.

On abandonnera au repos pendant 6 à 24 heures un deuxième iné-

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lange préparé do la même manière. Dans ce cas égalemenl il se produira, si du sucre est présent, un précipité de protoxyde de cuivre. Cette contre-épreuve est d'une grande importance et elle ne doit jamais être négligée, parceque la plupart des substances, qui comme le sucre réduisent la solution de cuivre, ne donnent lieu à cette réaction que sous l'influence de la chaleur ou après une longue ébullition, et non à froid comme le fait le sucre de diabète.

Lorsque l'urine essayée ne contient que peu de sucre, il est convenable de filtrer le liquide sur le charbon animal (5 ou 4 fois), jusqu'à complète décoloration. Le liquide filtré limpide donne des réactions beaucoup plus nettes que l'urine primitive. {Maly, Seegen.)

Seegen * a découvert plus tard que le charbon animal pur retient des quantités considérables de sucre. Aussi, si après que la décoloration est complète, on lave le charbon qui se trouve sur le filtre avec un peu d'eau distillée, ce liquide donne une réaction très-nette. Avec des urines très-colorées, et d'un poids spécifique élevé, la réaction n'est pas généralement aussi sensible dans la première eau de lavage, tandis que Seegen a trouvé que dans ces cas la deuxième et la troisième eau de lavage donnaient une réaction beaucoup plus caractéristique.

2. On étendra un deuxième échantillon de l'urine filtrée, décolorée et débarrassée d'albumine, avec son volume d'une solution de carbonate de soude, puis on ajoutera une petite quantité de sous-nitrate de bismuth et l'on chauffera pendant longtemps à l'ébuUition. Suivant la quantité de sucre présente, il y aura une réduction partielle ou totale de l'oxyde de bismuth et par conséquent le réactif se colorera en gris ou en noir. Lorsqu'on aura affaire à de petites quantités de sucre, on prendra aussi peu que possible du sel de bismuth, afin qu'une faible réduction ne soit pas masquée par un grand excès du sel blanc. Si ensuite on laisse le mélange en repos, l'oxyde de bismuth non décomposé se dépose d'abord au fond du vase et le bismuth réduit vient constituer par-dessus une couche parfaitement évidente et ayant la forme d'un anneau noir. La réaction réussit aussi très-bien avec la solution alcaline de bismuth. (Voyez réaction 10.)

3. On versera une autre portion d'urine dans un tube d'essai assez long, mais étroit, on ajoutera un peu de lessive de potasse caustique et maintenant on chauffera à l'èbullition la partie supérieure de la colonne liquide. S'il y a du sucre, cette portion se colorera en jaune puis en rouge brun, tandis que la partie inférieure conservera sa couleur primitive. Les moindres changements de couleur peuvent être

* Arch. d, Phijsiologie, t. V, p. 375.

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