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Elle réduisait à chaud la solution alcaline de cuivre

5. Une solution de perchlorure de fer donna immédiatement une coloration d'abord vert foncé, puis noire. En outre, si à un liquide ne contenant que des traces de perchlorure de fer on ajoutait un peu d'acide tartrique, puis si on rendait la liqueur ammoniacale, et si ensuite on versait un peu de la solution aqueuse du corps en question, on voyait apparaître la coloration violette caractéristique, qui devenait vert pâle par addition d'acide acétique, mais repassait au violet lorsqu'on versait de nouveau un peu d'ammoniaque.

6. L'acétate de plomb donnait un précipité blanc soluble dans un peu d'acide acétique.

Bien que l'expérience de la sublimation et l'analyse élémentaire n'aient pu être effectuées, à cause du manque de substance, les réac-

* Wircliow's Archiv., t. LXU, p 554.

§ 40 URORUBROHÉMATINE ET UROFUSCOHÉMATINE. 141

Lions mentionnées ressemblent si complètement à celles de la pyrocatéclîine, que l'on peut être à peu près certain que l'urine en question contenait ce corps remarquable. Sous beaucoup de rapports, cette urine ressemble à celle dans laquelle Boedeker a trouvé l'alcaptone (p. 103), et il est possible que dans ce cas on'ait eu aussi affaire à de la pyrocatéchine.

Disons enfin que V. Gorup-Besanez a trouvé de la pyrocatéchine dans les feuilles de la vigne vierge (Ampélopsis hederacea), et Hoppe- Seyler l'a reconnue parmi les produits de décomposition de l'amidon, du sucre de canne, du sucre de lait et de la cellulose, lorsqu'on chauffait ces substances à SOO-SSO'^ avec de l'eau et pendant quatre à six heures, dans des tubes scellés.

§ 40. Urorubroliématine et urofnscohématine.

F. Baumstark * a trouvé dans l'urine d'un lépreux ces deux matières colorantes pathologiques bien caractérisées, qui semblent avoir des rapports intimes avec l'hématine. La couleur de l'urine était, au commencement de la maladie, rouge foncé comme du vin de Bordeaux ; elle devint peu à peu rouge brun, et aux approches de la mort elle passa au brun foncé pur, presque au noir.

Préparation. — L'urine fut soumise à la dialyse : il passa avec les sels, à travers la membrane, un liquide coloré en jaunâtre comme l'urine normale, et il resta un dépôt brun. Ce dépôt entra facilement en dissolution dans une lessive de soude, et la solution additionnée d'un acide donna un précipité formé par l'urofuscohématiiie, tandis qu'une matière colorante rouge-magenta magnifique , l'urorubrohématine, resta en dissolution. Ce dernier pigment se sépara lorsqu'on soumit la solution rouge à la dialyse. On obtint en douze jours environ 2 grammes des deux matières colorantes.

L'urorubrohématine (C'^P^Az^ße^ö^^) se présente sous forme d'une masse légère noir-bleu, qui est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éthcr et le chloroforme, mais soluble dans les alcalis fixes carbonatés et phosphatés, ainsi que dans l'alcool contenant un acide. Aucune solution n'est dichroïque, pas même après addition d'un sel de zinc.

La solution acide présente une bande d'absorption étroite devant h et une large derrière D, de sorte qu'on croirait être en présence du spectre de l'hémoglobine qui aurait été poussé vers la gauche ; cependant les deux bandes sont plus rapprochées l'une de l'autre que dans le spectre de l'hémoglobine. Lorsqu'on étend la solution,

' Berliner Berichte, t. Vil, \). 1 17U. IMlüger's Archiv., t. IX, p. 568.

142 ÉLÉMENTS ANORMAUX BE L'URIiNE. § 41

la bande étroite disparaît d'abord. La solution alcaline offre nne bande à droite de D, une autre en E, une bande large à droite de F et une autre à droite de G, sans que le bleu soit absorbé entre les dernières ; ces quatre bandes diminuent proportionnellement à la dilution.

Vurofuscohématine (€^*H^*'^Az*ô*^) est une masse noire, brillante, semblable à du goudron , qui au point de vue de la solubilité se comporte comme la matière colorante rouge. Les solutions n'offrent pas de dichroïsme. Dans le spectre, on voit une ombre entre D et E et une deuxième devant F, qui ne peut être reconnue qu'avec difficulté.

Dans les deux matières colorantes, la proportion du carbone par rapport à l'azote est comme 8 : 68, absolument comme dans l'iiématine ; soumis à la distillation sèche, les deux pigments fournissent un produit qui, de même que les dérivés de l'hématine étudiés par Hoppe-Seyler, donne d'une manière très-nette les réactions du pyrrol. On ne peut pas préparer de cristaux d'hémine avec ces matières colorantes.

§ 41. Acétone, alcool et acide éthyldiacétique.

F. Rupstein^ a trouvé de l'acétone et de l'alcool dans l'urine d'une femme de quarante ans atteinte de diabète sucré grave. L'haleine de cette femme offrait une odeur de chloroforme caractéristique, qui manquait à l'urine fraîche, mais se montrait d'une façon très-nette avec l'urine émise depuis quelques heures.

Recherche. — Pendant six semaines. L'urine éliminée chaque jour fut soumise à la distillation, et le liquide distillé fut fractionné méthodiquement après addition d'acide sulfurique. Le produit obtenu à la quatrième distillation offrait une odeur urineuse repoussante, ne rappelant que très-peu celle de l'acétone; mais il était combustible, ne se mêlait pas avec une lessive de soude, par laquelle il était bruni, de même qu'avec l'acide sulfurique, et il donnait avec une goutte de solution concentrée de bisulfite de soude un précipité cristallin (réaction caractéristique pour l'aldéhyde et l'acétone). La première fraction de ce liquide passa jusqu'à 67*'. Le produit distillé fut traité par le chlorure de calcium fondu, puis distillé au bain-marie, et ce liquide distillé soumis encore une fois au même traitement. Le produit distillant à 60° (40 c. c), qui avait une odeur d'acétone, fut distillé au bain-marie par petites portions, et l'on soumit à l'analyse élémentaire le produit obtenu à 58**.

En chauffant ensuite à feu nu le résidu contenant le chlorure de

' Ceiiiralhlall f. d. vœrl. Wissei^schaff. 187i, n" 55.

calcium, on obtint un liquide composé essentiellement d'alcool éthylique. L'alcool fut transformé en éther acétique, et celui-ci fut soumis à l'analyse après plusieurs rectifications.

Origine de F acétone et de F alcool. — Gerhardt fit remarquer le premier qu'une urine diabétique, dans laquelle il y a ou il se forme de l'acétone se distingue en même temps par une réaction remarquable : elle donne avec le perchlorure de fer une coloration brun-rouge foncé. Cette réaction ressemble à celle de l'acide étliyldiacétique découvert par Geuther, acide qui, en outre, se décompose facilement en acétone, alcool et acide carbonique.

L'urine fraîche dont il s'agit donnait avec le perchlorure de fer la réaction indiquée, mais elle ne sentait pas l'acétone, et la réaction du fer disparaissait par l'ébullition, ainsi que lorsque le liquide était abandonné pendant longtemps à lui-même. Ces faits, joints à l'observation que l'odeur de l'acétone n'apparaissait que quelques heures après l'émission de l'urine, rendent probable, d'après Rupstein, que cette urine diabétique contenait primitivement de l'acide éthyldiacétique, dont la décomposition a donné naissance à l'acétone et à l'alcool. Enfin Rupstein est parvenu à isoler d'une grande quantité de cette urine diabétique, préalablement acidifiée avec de l'acide acétique et agitée avec de l'éther, un corps qui, additionné d'une solution éthérée de perchlorure de fer, donnait immédiatement une coloration brun foncé.

Comme maintenant on put trouver en même temps do l'alcool dans l'urine, Rupstein considère comme démontrée la présence de l'acide éthyldiacétique dans l'urine diabétique , acide dont la décomposition a produit, d'après l'équation suivante, de l'acétone et de l'alcool, avec séparation d'acide carbonique : *

(Acide éthyldiacétique). (Acétone). (Alcool). (Dic;ii)joiialc de soude).

Nous désignons sous le nom de sédiments urinaires les différents dépôts qui se rencontrent en plus ou moins grande quantité dans toute urine, et dont les uns sont éliminés directement avec ce liquide^ tandis que les autres ne se séparent qu'après un temps plus ou moins long; Le microscope montre qu'ici nous avons affaire à des produits organisés et à des produits non organisés^ et que ces derniers se ren-

contrent tantôt amorphes, tantôt en cristaux bien formés. C'est pourquoi nous partageons les sédiments en sédiments organisés et en sédiments non organisés, et nous devons aussi distinguer les sédiments normaux qui se trouvent dans toute urine, des sédiments pathologiques. Si l'on abandonne au repos, pendant un temps court, dans un vase fermé, une urine normale fraîchement éliminée, on ne tarde pas à voir descendre vers le fond de légers flocons de mucus qui proviennent de la muqueuse interne des voies urinaires et de la vessie, et dans lesquels le microscope , outre les cellules épithéliales de formes variées provenant des voies urinaires, montre encore des globules* muqueux isolés. Cependant, trés-fréquemment, souvent même dans des dérangements extrêmement légers de la santé, l'urine dépose, peu de temps après qu'elle s'est refroidie, un sédiment composé de molécules fines ou grossières ; ce sédiment, lorsqu'on vient à chauffer l'urine, se redissout facilement et complètement, et il consiste en un mélange d'urates acides, dans lequel, d'après les recherches de Bence Jones, ne manquent jamais les urates de potasse, de soude et d'ammoniaque, faiblement combinés avec un excès d'acide urique, mais qui peut aussi renfermer des urates de chaux et de magnésie (pl. II, fig. 1). Dans l'urine tout à fait normale, on rencontre des quantités d'urates tellement petites, que ces substances restent en dissolution même lorsque le liquide se refroidit; mais si l'urine est très-concentrée, ou si des quantités anormales d'urates sont séparées par les reins, après le refroidissement elles se précipitent trés-promptement sous forme de sédiment. Dans la plupart des états fébriles et dans toutes les circonstances où l'oxydation est entravée dans le sang, les urates apparaissent dans l'urine le plus souvent sous forme de sédiment briqueté (sedimentum lateritium), que l'on connaît depuis longtemps. — On a déjà fait observer précédemment, § 1, que l'urine abandonnée à elle-même ne tarde pas à subir une fermentation acide, à laquelle succède au bout d'un temps plus ou moins long une fermentation alcaline. Dans la première période de cette décomposition, l'urine prend souvent une coloration un peu plus foncée, qui commence à la surface et s'étend graduellement au fond du liquide. D'après les recherches de Pasteur, de l'oxygène est absorbé pendant cette transformation ; de sorte que ce premier acte de la décomposition de l'acide peut être regardé comme une véritable oxydation. Au contraire, pendant la fermentation alcaline, la couleur de l'urine devient peu à peu plus claire.

Ces phénomènes sont en relation intime avec la formation et la , séparation d'un grand nombre de sédiments. Si donc, après que la fermentation acide de l'urine a déjà connnencé, on examine au mi-

croscope le sédiment d'urates dont nous avons parlé plus haut, on trouve d'abord quelques champignons de la fermentation, et en outre des coagula muqueux sous forme de bandes contournées plus ou moins larges (pl. Il, fig. 2). Lorsque la fermentation acide continue, le tableau change : les acides forts qui se sont formés, parmi lesquels on trouve notamment l'acide acétique, qui ne manque jamais dans les urines émises depuis longtemps, décomposent les urates ; par conséquent ceux-ci diminuent ; mais en revanche on voit apparaître de l'acide urique en beaux cristaux rhombiques, le plus ordinairement colorés en jaune, et qui souvent sont accompagnés de quelques cristaux d'oxalate de chaux (pl. 11, fig. 4-). Cependant la séparation de l'acide urique ne précède pas toujours le sédiment d'urates, mais très-fréquemment, dans le cours de la fermentation acide, l'acide urique se sépare immédiatement en cristaux paraissant à l'œil nu sous forme d'un sable granuleux brillant comme le l'or.

D'après les recherches de Voit eiHofmann^, des sédiments d'acide urique peuvent aussi se séparer sans fermentation préalable ; dans ce cas, le phosphate acide de soude, en se transformant en sel basique, décompose l'urate alcalin contenu dans l'urine. En effet, si l'on mélange des solutions des deux sels en proportions équivalentes, il se précipite aubJutde quelque temps des cristaux d'acide urique, et le liquide offre une réaction alcaline. Ces faits expliquent complètement, d'après Voit, la formation des sédiments d'acide urique. Ausssitôt que l'urine est devenue acide commence l'action du phosphate acide de soude sur l'urate alcalin ; un urate se précipite, et ensuite de l'acide urique; et cela arrive d'autant plus promptement que l'urine contient plus de phosphate acide de soude. Évidemment cette précipitation peut avoir aussi lieu à l'intérieur des voies urinaires et de la vessie, et alors être la cause de la production de sables et de calculs. Un dépôt plus rapide des deux sels peut être occasionné par une séparation plus abondante de phosphate acide de soude, ou bien par une concentration plus grande de l'urine. Lorsque l'action du phosphate de soude est rapide, le précipité est amorphe; lorsqu'elle est lente, l'acide urique se sépare en cristaux. Sous l'influence de cette transformation, la réaction acide de l'urine diminue peu à peu ; de sorte qu'il peut facilement se produire une réaction alcaline avant la décomposition de l'urée, s'il n'y a que la quantité de phosphate acide de soude exactement nécessaire pour former un sel basique avec la soude combinée à l'acide urique.

Au bout d'un temps plus ou moins long, souvent seulement après des

' Zeitsçkrifï f. analijt. Chemie, t. Vil, \). 39t,

.NEUBAUKK ET \OGEL. DE L URINE. 2^ ÉLIT. lU

semaines, commence le deuxième acte de la décomposition de l'urine, la fermentation alcaline. Alors l'urée se décompose en produisant du carbonate d'ammoniaque , et , d'après Van Tieghem, sous l'influence d'une petite torulucée, qui consiste en un chapelet ou un amas de petits globules dépourvus d'enveloppe, d'environ O'^jOOlS de diamètre, et sans contenu granuleux. Ce ferment végétal paraît s'accroître par bourgeonnement, et il ne se développe jamais à la surface du liquide, mais dans l'intérieur de celui-ci, ou bien au fond du vase; ou enfin il forme un dépôt blanc mélangé avec les sels qui se sont séparés. Aussitôt que cette torulucée apparaît dans l'urine, commence la décomposition de l'urée (voy. p. 11). Si, comme cela a lieu ordinairement, des infusoires se montrent en même temps, l'urée se décompose plus lentement ; mais si, en outre, à la surface du liquide se montrent d'autres produits végétaux, qui gênent la torulucée dans son développement, l'urine peut, d'après Van Tieghem, rester acide pendant des mois^ Si la fermentation alcaline est à son début et si l'urine n'a qu'une réaction faiblement acide ou neutre, le sédiment se présente encore sous d'autres formes. Les cristaux d'acide urique entrent peu à peu en dissolution, et leurs rudiments sont fréquemment entourés de cristaux prismatiques d'urate de soude, et çà et là de globules foncés d'uratc d'ammoniaque. Si enfin la réaction devient alcaline, l'acide urique a disparu et des cristaux brillants de phosphate ammoniaco-magnésien, ainsi que des globules foncés, souvent hérissés de pointes et constitués par de l'urate d'ammoniaque, se rencontrent dans le sédiment à côté de phosphate de chaux amorphe , tandis que la surface de l'urine se couvre d'une couche souvent épaisse de moisissures (pl. II, fig. 5).

Ces deux actes de la fermentation de l'urine peuvent, dans certains cas pathologiques, avoir lieu dans l'intérieur de la vessie. Si la fermentation acide apparaît, l'acide urique est séparé, et il est éliminé avec l'urine sous forme de graviers plus ou moins gros. Dans la fermentation alcaline, les sédiments nommés plus haut sont fréquemment accompagnés de grandes quantités de pus (pl. Il, fig. 3.) Il ne faut pas oublier de mentionner ici que plusieurs fois, par l'usage d'une sonde malpropre, soit élastique, soit d'argent, des germes de champignons, etc., ont été introduits dans la vessie, et qu'ainsi on a donné lieu à la fermentation alcaline du contenu de la vessie, avec toutes ses conséquences ordinaires. (Memeyer et Teuffel^ Traube et Fischer.)

Dans certaines circonstances pathologiques, on trouve dans les sédiments des quantités souvent considérables d'oxalate de chaux ; rare^

* Voyez aussi, au sujet de la décomposition de Turine : Rallier, Gährzugserscheintlngen, etc., etc. Leipzig, 1867, et § 52. Champignons etjinfusoiies.

meut, au contraire, les sédiments sont composés de cystine, de tyrosine, de xanthine, de sulfate de chaux* et de phosphate de chaux cristallisé. Parmi les divers produits épithéliaux, on trouve fréquemment, à l'état pathologique, des globules de sang et de pus, des cylindres uriniféres, des spermatozoaires, de la sarcine, et, dans certaines circonstances, des produits cancéreux et tuberculeux. Nous allons maintenant nous occuper de chacun des corps en particulier.

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