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II. SÉDIMENTS ORGANISÉS § 50. Mucus et épithélium

Le mucus animal est, comme on sait, le produit de la sécrétion des membranes muqueuses et il contient en suspension les différentes formes des cellules épitliéliales qui se sont séparées de la surface de ces membranes. Toute urine renferme du mucus, qui provient de la muqueuse interne des voies urinaires et de la vessie, et qui par le repos se sépare très-promptement sous forme de flocons transparents et semblables à des nuages. Si l'on filtre une urine de ce genre, le plus souvent le mucus reste sur le filtre sous forme de masses transparentes et incolores, ensuite il se resserre en se desséchant et forme un enduit brillant analogue à un vernis.

L'élément caractéristique du mucus est la mucine, qui est un dérivé des corps protéiques ; dissoute même en petite quantité dans un liquide elle rend celui-ci visqueux et filant. Une dissolution de mucine n'est pas coagulée par l'ébullition (ce qui la distingue de l'albumine), mais elle l'est lorsqu'on y ajoute de l'alcool, qui précipite la mucine sous forme d'un coagulum fibreux. L'acide acétique, ainsi qu'une solution d'alun, précipite la mucine en flocons denses ; la masse filamenteuse produite par l'acide acétique a une certaine analogie avec la fibrine du sang coagulée. — Les acides minéraux précipitent également une solution de mucine; cependant les précipités formés sont facilement solubles dans un léger excès des acides. La mucine se distingue de la pyine, qui se rencontre dans le pus, surtout parce qu'elle n'est pas précipitée par une solution de sublimé, ainsi que par une solution d'acétate neutre de plomb, mais bien par le sous-acétate de la même base.

Dans le sédiment muqueux d'une urine normale on trouve, au microscope, à côté des cellules épithéliales nettement granuleuses, aux formes variées et provenant des voies urinaires, etc., quelques corpuscules de mucus ; ceux-ci se présentent sous forme de cellules rondes contenant un ou plusieurs noyaux et extrêmement granuleuses, et elles ne possèdent aucun signe caractéristique susceptible de les faire distinguer des cellules incolores du sang, des corpuscules de la lymphe, du chyle et du pus. (Planche I, fig. 4, 5 et 6 ; pl. II, fig. 1, 2 et 5; pl. III, fig. 3.)

Lorsque la sécrétion du mucus augmente par suite d'un état pathologique, le nuage muqueux décrit plus haut pour l'urine normale devient souvent extrêmement volumineux et l'on y trouve des cellules épithéliales bien formées et des flocons de mucus. Si le sédiment muqueux qui se dépose par le repos ne contient pas de pus, mais seulement du mucus, l'urine filtrée est dépourvue d'albumine, tandis que lors de la présence simultanée du pus, l'urine contient toujours

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des quantités d'albumine qui sont en rapport avec la proportion du sérum du pus. (Voy. g 52, B.).

Les corpuscules de mucus que l'urèthre produit dans la g^onorrhée se distinguent habituellement de ceux de la vessie, etc., par leur grandeur, par leur transparence et leur apparence peu granuleuse. Dans les maladies de la prostate, on rencontre les corpuscules cystoïdes de cette glande, et souvent on observe (quelquefois aussi après la gonorrhée) de longs cylindres de mucus, qui au microscope paraissent composés de corpuscules muqueux serrés étroitement les uns contre les autres.

1. L'urine normale ne contient jamais que des traces de mucine en dissolution. D'après Reissner*^, il se produit une augmentation dans la proportion de cette substance dans différents états fébriles ; c'est ce qui a lieu dans la pneumonie, le typhus, la fièvre intermittente, les catarrhes des voies respiratoires et de l'intestin, la méningite, la manie aiguë et dans les attaques épileptiques avec excitation du système vasculaire, etc. Souvent la mucine apparaissait seulement avec le commencement de la fièvre, quelques jours plus tard, elle était accompagnée par de l'albumine, qui, au bout d'un temps plus ou moins long, disparaissait de nouveau, tandis que la mucine persistait encore quelques jours. Rarement on observa des cas oii l'urine, étant dépourvue d'albumine, présenta pendant longtemps des quantités abondantes de mucine. Le plus ordinairement, le microscope montrait un grand nombre de cellules épithéliales d'espèces très-différentes, souvent on trouvait des concrétions muqueuses trèsabondantes, mais quelquefois elles n'étaient qu'en petite quantité. Fréquemment, les cellules de mucus et de pus faisaient complètement défaut. Pour découvrir la mucine dissoute, on se sert surtout de l'acide acétique, qui, dans toute urine contenant de la mucine, produit un trouble uniforme ne disparaissant pas par l'addition d'un excès d'acide. Ce n'est que rarement qu'un précipité floconneux se forme après un long repos, mais si, avant l'addition de l'acide acétique, l'urine a été étendue de plusieurs fois son volume d'eau, on voit apparaître au bout de quelques heures, si la quantité de la mucine n'est pas trop petite", des flocons assez gros, qui, au microscope, se présentent sous .l'aspect de masses assez finement granuleuses renfermant quelques cristaux d'acide urique. L'acide tartrique agit comme l'acide acétique. 11 n'y a que les acides minéraux très-étendus qui, ajoutés goutte à goutte à l'urine, donnent un précipité, lequel est soluble dans le plus petit excès d'acide. De même quelques gouttes d'acide chlorhydrique détruisent le trouble occasionné par l'acide acétique, et instantanément et complètement, si la deuxième opération suit immédiatement la première.

' Archiv, für patfi. Anat., t. XXIV, p. 191.

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Dans certains états fébriles intenses, beaucoup d'urines donnent aussi, avec l'acide acétique, un trouble qui ne disparaît pas dans un excès de réactif, mais que la chaleur détruit et qui ne se produit pas dès que l'urine, avant l'addition de l'acide, a été suffisamment étendue avec de l'eau. Ce trouble, qui est probablement causé par des urates, est, par conséquent, facile à distinguer d'un précipité de mucine.

Au commencement de la fermentation acide, la mucine dissoute est, probablement par les acides formés, souvent précipitée à l'état d'un coagulum muqueux, qui se présente sous forme de rubans tordus plus ou moins larges, disposés par séries et constitués par des granules et des points extrêmement fins. Ce coagulum muqueux (pl. II, fig. 2) accompagne très-fréquemment les sédiments d'urates ; il a quelquefois une certaine analogie avec les cylindres urinaires granulés (pl. I, fig. 6), et pour cette raison il peut donner lieu à des erreurs. Cependant, avec un peu d'habitude, on peut facilement et sûrement les distinguer l'un de l'autre.

2. Les épithéliums se présentent sous trois formes différentes :

a. Cellules arrondies, provenant des canalicules urinifères et des couches profondes de la muqueuse des bassinets. A cause du sel contenu dans l'urine, elles sont généralement gonflées et paraissent sous forme de sphères parfaites avec un noyau bien formé.

L'épithélium des urethères de l'homme ressemble beaucoup à l'épithélium des reins, de sorte qu'il est assez difficile de les distinguer l'un de l'autre à l'aide du microscope. Lorsque l'urine renferme de l'épithélium des reins, elle contient généralement aussi de l'albumine.

b. Des cellules coniques munies de prolongements proviennent, dans la plupart des cas, des bassinets. Les cellules sont généralement deux fois aussi longues que larges, et plus larges à une extrémité qu'à l'autF'e. Le prolongement existe, soit d'un seul côté, soit des deux côtés, c. Les cellules aplaties proviennent, soit de la vessie, soit du vagin. Le plus souvent elles forment des lamelles aplaties polygonales, avec un noyau bien apparent, presque central.

§ 51. Sang.

L'apparition du sang dans l'urine n'est point un phénomène rare, et même pour le reconnaître on n'éprouve aucune difficulté particulière. Pour ce qui nous concerne, les globules sanguins, et surtout leurs caractères microscopiques, ont une importance parti-^ culière.

A. Caractères microscopiques. — Les globules sanguins normaux sont de petits corpuscules massifs et circulaires, qui, vus au micro-

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