‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 44 sur 185 · SANG · texte numérisé non relu

SANG

scope, présentent une forme impossible à confondre avec celle d'autres objets ; ils nous apparaissent sous forme de disques jaunes, épais, un peu biconcaves et à bords arrondis. Chez Thomme, leur diamètre est d'environ 0'"'",00752, (pl. I, fig. 6; pl. III, fig. 1 et 2). Cependant les formes normales éprouvent en présence de plusieurs sels alcalins et d'autres corps des modifications et des changements particuliers, qui pour nous ont précisément une importance spéciale.

1. Action de l'eau sur les globules sanguins. — Suivant la quantité de l'eau ajoutée et la durée du contact, les globules du sang éprouvent des changements qui sont représentés, pl. III, fig. 2, en allant de gauche à droite. La pre.uière action de l'eau a pour résultat de taire gonfler les cellules, qui alors prennent une forme plus lenticulaire et finissent par devenir sphériques : on voit d'abord leur dépression centrale s'effacer, puis se bomber peu à peu , ce qui entraîne nécessairement une diminution dans le diamètre de chaque disque. Maintenant les corpuscules nous apparaissent plus petits, l'ombre centrale disparait graduellement, tandi. qu'une ombre circulaire apparaît à leur bord. Si l'action de l'eau dure plus longtemps, les cellules deviennent de plus en plus molles et pâles, et enfin elles n'apparaissent plus que sous forme de vésicules minces et transparentes, qui ne tardent pas à disparaître tout à fait et à devenir invisibles.

2. Action des solutions salines sur les globules sanguins. — Si l'on arrose des globules sanguins normaux avec la solution concentrée d'un sel neutre, par exemple du sulfate de soude, ils éprouvent assez rapidement une forte contraction, qu'au microscope on reconnaît principalement à l'augmentation de la dépression centrale; l'ombre qui indique celle-ci s'étend plus près du bord du disque que dans les corpuscules normaux. Le plus ordinairement les bords des globules ne sont plus circulaires, mais plus ou moins contournés, oblongs, anguleux, et au lieu d'être lisses ils sont, la plupart du temps crénelés, ou dentelés. En outre, si l'on mélange des corpuscules sanguins devenus invisibles par l'action de l'eau avec une solution concentrée de sulfate de soude, ils redeviennent visibles, mais ils nous apparaissent maintenant avec les formes décrites, c'est-à-dire contournés, anguleux et dentelés, pl. III, fig. 2, en bas et à droite.

5. Les alcalis caustiques, ainsi que plusieurs acides organiques, par exemple l'acide acétique, gonflent fortement les globules du sang, ils altèrent leurs contours et les détruisent plus ou moins rapidement.

L'élément le plus important des globules rouges du sang est l'hémoglobine (matière colorante de sang, hématocristalline), que l'on peut avec une facilité plus ou moins grande obtenir à l'état cristallisé. Lorsqu'on examine au spectroscope sa solution colorée en beau rouge de sang, elle montre, la liqueur étant fortement étendue (i/1000) et la couche liquide ayant 1 centimètre d'épaisseur, deux raies d'absorption entre les raies de Frauenhofer D et E dans le jaune et dans le vert du spectre (pl. IV). La raie la plus voisine de D est limitée plus nettement, elle disparaît aussi plus tard que l'autre, lorsqu'on vient à étendre encore plus la liqueur. Mais si l'on abandonne pendant quelque temps dans un vase fermé une solution d'hémoglobine oxygénée, ou bien si on enlève l'oxygène avec quelques gouttes de sulfure d'am-

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inonium, la coloration artérielle disparaît peu à peu. Dans le spectre on ne voit plus maintenant les deux raies d'absorption, et à peu près au milieu de l'intervalle qui sépare les raies spectacles D et E se trouve une raie plus large et mal limitée. Lorsqu'on agite la solution avec de l'air, cette dernière raie disparaît, et l'on voit réapparaître les raies d'absorption caractéristiques de l'hémoglobine oxygénée. Si l'on chauffe pendant quelques minutes à 70° ou 80° une solution d'hémoglobine, en changeant de couleur et en se coagulant, elle se dédouble en hématine et en une matière albuminoïde coagulée. Le sous-acétate de plomb ne précipite pas une solution d'hémoglobine pure. Lorsqu'on abandonne pendant longtemps à elle-même, notamment à la température du sang, une solution concentrée d'hémoglobine, sa coloration devient plus foncée et sa réaction acide, l'hémoglobine se transforme en méthémoglobine, que l'on rencontre dans les anciennes extravasations sanguines, ainsi que dans l'urine après la destruction des globules du sang. Examinée au spectroscope, une solution de méthémoglobine suffisamment étendue montre les mêmes phénomènes qu'une solution acide d'hématine pure. Toutes deux elles ne donnent qu'une raie d'absorption entre les lignes C et D, et qui est plus rapprochée de C, (pl. IV). Si la solution est rendue alcaline, la raie se rapproche davantage de D, elle devient moins large et moins nettement limitée. — Le sous-acétate de plomb précipite une solution de méthémoglobine. Nous devons à Hoppe-Seyler et à Stokes ces excellentes réactions.

B. Recherche qualitative.

i. L'urine contient des globules sanguins.

Si l'urine est acide, les globules sanguins se conservent intacts pendant un temps assez long, c'est tout au plus s'ils sont un peu dentelés, mais ordinairement ils sont gonflés et se rapprochent de la forme sphérique. Leur couleur est plus claire qu'à l'état normal, en outre ils ont toujours des contours plus nets, mais ils ne sont plus placés les uns sur les autres, de manière à former des rouleaux. D'après les modifications décrites plus haut, tous ces changements doivent être attribués à l'eau et aux sels renfermés dans l'urine (pl. I, fig. 6, pl. 111, fig. 1 et 2). Lorsque l'urine ne renferme qu'une petite quantité de sang, on la laisse reposer dans un tube étiré en pointe à sa partie inférieure. Alors les globules sanguins se déposent au fond du vase, sous forme d'un beau sédiment rouge, que l'on peut reconnaître même à l'œil nu. Lorsqu'elle renferme du sang, l'urine filtrée contient toujours des quantités correspondantes d'albumine, que l'on reconnaîtra d'après le g 25, D.

Examinée au spectroscope, une urine de ce genre montrera, lorsqu'elle sera suffisamment étendue, entre les raies spectrales D et E

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