‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 74 sur 185 · Pratique de F analyse · texte numérisé non relu

Pratique de F analyse

On introduit 5 — 10 c. c. d'urine dans une petite capsule de platine, on ajoute 1 — 2 grammes de salpêtre exempt de chlore, et l'on évapore à sec au bain-marie. Ensuite on chauffe le résidu à feu nu, d'abord doucement, plus tard plus fortement, jusqu'à ce que le charbon soit complètement oxydé, et le résidu obtenu se présente sous forme d'une masse saline blanche fondue. De cette manière l'opération se fait sûrement et facilement, parce que le grand excès de salpêtre modère beaucoup la déflagration, qui sans cela serait vive. On dissout ensuite la masse dans un peu d'eau, on introduit la dissolution dans un gobelet et, au moyen de la fiole à jet. on lave la capsule de platine avec le plus grand soin. Au liquide ayant une réaction alcaline, on ajoute goutte à goutte de l'acide azotique pur très-étendu, jusqu'à ce que le mélange ait une réactionacide faible quel'on fait ensuite disparaître avec un peu de carbonate de chaux précipité. Avant l'analyse on ne filtre pas pour enlever l'excès de carbonate de chaux parce qu'il n'apporte aucun obstacle à la production de la réaction finale. On ajoute au mélange deux ou trois gouttes de Chromate de potasse, et agitant la liqueur, on y laisse couler la solution neutre d'argent jusqu'à ce qu'il se produise une nuance rougeàtre persistant même après l'agitation. La réaction est très-belle : le liquide, qui est d'abord jaune-serin clair, montre» dans les points où tombe la solution d'argent, des taches

rouges qui disparaissent par ragitatioii tant qu'il reste encore du chlorure de sodium. Mais dès que ce dernier est complètement décomposé par une nouvelle addition d'azotate d'argent, la première goutte produit une coloration rougeàtre persistante due à la formation de Chromate d'argent, et cette réaction indique la fin de l'opération.

A chaque centimètre cube de solution d'argent employ>é, correspondent 10 milligr. de chlorure de sodium ou 6"""'8%065 de chlore. Par conséquent, si nous avons employé, par exemple, 5 c. c. de solution d'argent pour 5 c. c. d'urine, ceux-ci contiennent 50 milligr. NaCl. 1000 c. c. d'urine renferment par conséquent 10 grara. NaCl ou G8%065 de chlore.

Pribram^ détruit les matières organiques par traitement à chaud avec du permanganate de potasse. 10 c. c. d'urine sont chauffés avec 50 c. c. d'une solution de caméléon (contenant 1 ou 2 grammes de sel par litre) et le chlore est dosé comme à l'ordinaire dans le liquide liltré. Avec ce procédé je n'ai pas obtenu souvent de bons résultats. Dans mes expériences 10 c. c. d'urine normale décomposaient souvent une quantité de permanganate de potasse quatre fois plus grande que celle indiquée par Pribram, Il se forme, comme il est facile de s'en assurer, une quantité considérable d'acide oxalique, et le titrage par la solution d'argent, notamment avec des urines concentrées, indiquait souvent dans le liquide^^filtré limpide, mais assez fortement étendu, beaucoup plus de chlore que la méthode précédemment décrite, et que pour cette raison je préfère sans hésitation.

Le dosage du chlore avec l'azotate de bioxyde de mercure d'après Liebig^, abstraction faite de ce que dans beaucoup de cas il est tout à fait inapplicable, donne aussi fréquemment des résultats absolument inexacts, lorsqu'il n'est pas effectué tout à fait suivant les règles. Au point de vue de la facilité du mode opératoire et de la réussite, la méthode par l'azotate d'argent est de beaucoup supérieure, c'est pourquoi je me contente de renvoyer relativement au procédé de Licbig au mémoire original.

Modification du procédé lorsque l'urine contient de l'iode et du brome.

L'iodure et le bromure de potassium passent, comme on le sait, dans l'urine, avec une grande facilité, aussi est-il important de tenir compte de ce fait lorsqu'il s'agit de doser exactement le chlore. La manière la plus simple pour éviter cette erreur consiste à opérer comme il suit, d'après Salkowski : on évapore comme à l'ordinaire, avec du salpêtre 10 c. c. d'urine, et l'on brûle; on dissout le résidu dans l'eau, on acidifie avec de l'acide sulfurique et l'on élimine l'iode par agitation avec du sulfure de carbone. Si l'acide azoteux qui se forme pendant la fusion n'est pas suffisant pour mettre tout l'iode présent en liberté, il est convenable d'ajouter au liquide urinaire acidifié quelques gouttes d'une solution d'azotite de potasse, avant d'agiter avec le sulfure de carbone. La solution aqueuse est enfin neutralisée

' Zcilsclirift für analyt. Chemie, l. IX. p. 248. - Annal, der Chemie und Pharm., t. XCV, p. 297.

avec du carbonate de soude, puis évaporée et titrée avec l'argeut comme à Tordinaire.

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