‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 77 sur 185 · DOSAGE DE L'ACIDE PHOSPIIORIQUE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'ACIDE PHOSPIIORIQUE

b. Dosage de l'acide phosphoriqiie combiné aux terres.

Pour doser séparément l'acide phosphorique combiné aux terres, on mélange avec de l'ammoniaque, jusqu'à réaction alcaline, 100 ou 200 c. c. (suivant la concentration) de l'urine filtrée, et on laisse reposer douze heures. On rassemble sur un filtre les phosphates terreux qui se sont séparés pendant ce temps, et on lave avec de l'eau ammoniacale (1 partie d'ammoniaque pour o d'eau). Cela fait, on perce le filtre, on fait tomber le précipité dans un gobelet de verre, on le dissout à chaud dans aussi peu d'acide acétique que possible, et, après avoir ajouté 5 c. c. de la solution d'acétate de soude et porté le volume total à 50 c. c, on titre avec la solution d'uranium comme il a été dit en a.

Exemple :

Pour le dosage de Facidc phosphorique total de 50 c. c. d'urine il a fallu 18,4 c, c. de solution d'uranium, ce qui donne Os'', 092 d'acide phosphorique, et pour 1000 \ c. ls'",840. Pour le dosage de l'acide phosphorique uni aux terres on a employé dans 100 c. c. d'urine 6 c. c. de solution d'uranium, La proporition de l'acide phosphorique est donc égale à 0s%03 ; par conséquent à 0s%500 dans 1000 c. c.

L'urine contient donc :

a. Acide phosphorique total ls'-,840

h. Acide phosphorique combiné aux terres. . . 0s%300

c. Acide pliosphorique combiné aux alcalis . . ls^540 [2. Dosage par Je mohjhdate cV ammoniaque ^ .

A. Préparation de la solution de molybdale d'ammoniaque. — Dans 100 c. c. d'ammoniaque on dissout en agitant 100 gr. de molybdate d'ammoniaque. On ajoute cette liqueur par petites portions à un litre d'acide azotique ordinaire, en agitant constamment et prenant garde que le liquide ne s'échauffe, et dès (pi'il a atteint une température supérieure à celle de la main, on rafraîchit le bahon où se fait le mélange au moyen d'un courant d'eau froide. Chaque fois que l'on fait tomber un peu de solution ammoniacale dans l'acide, il se produit un trouble blanc, qui disparaît au bout d'un instant, on ajoute alors de nouveau la giolution, et ainsi de suite. Quand les deux liquides sont complètement mélangés, on ajoute de l'eau pour faire 2 litres 1/2 et on laisse reposer la liqueur à une chaleur tiède pendant deux jours, ahn de laisser déposer le phosphore que des impuretés peuvent avoir introduit ; on ültre ensuite, et la liqueur peut alors être employée.

B. Pratique de l'analyse. — Dans une toute petite capsule on évapore à sec de 2 à 5 c. c. de l'urine à essayer, on reprend par 5 c. c. d'acide azotique pur, on ajoute 5 c. c. d'eau distillée et l'on filtre. On verse la solution limpide , du résidu de l'urine dans 50 c. c. de la liqueur de molybdate d'ammoniaque contenue dans une autre capsule, et on y fait tomber, avec la fiole à jet, les dernières traces de la liqueur contenant le phosphore, tout en employant le moins d'eau possible. On couvre le vase et on laisse reposer 12 heures, en agitant de temps en temps, afin d'empêcher que le précipité n'adhère aux parois de la ca^psule. On coupe alors deux filtres de 4 à 5 cent, de rayon, et on les pèse séparément ; on met le plus lourd à l'intérieur, et on les mouille légèrement avec de l'eau distillée en les posant sur un petit entonnoir. On filtre pour séparer le précipité, puis on lave la capsule et le filtre avec 100 c e. d'eau contenant 1 c. c. d'acide azotique. On termine en lavant avec

* J. Teissier. Du diabète jyhosphatiqîte, p. 127. Paris, 1877.

50 c. c. d'enu tlislillée. On dessèche à 100°, jusqu'à ce que les filtres commencent, à pi'cndre une légère leinle bleue. On arrête à ce moment la dessiccation, on laisse relroidir et l'on fait la tare du filtre intérieur seul; on le remplace sur le plateau tie la balance par le filtre extérieur, et l'on ajoute les poids nécessaires pour rétablir l'équilibre. Le poids du précipité est donc éj;al à la somme de ces poids, moins la ditlérence de poids entre les deux filtres. On multiplie le précipité par 1,63 et on a le poids du phosphore contenu dans 1 litre. Pour avoir le poids de l'acide pliospliorique, on multiplie par 3,753.

Ce procédé donne des résultats tout à fait exacts, mais il est d'une exécution plus longue et plus difficile que la méthode précédente; aussi, doit-il être exclusivement réservé pour les recherches de physiologie pure ou pour contrôler les résultais obtenus par d'autres méthodes.]

3 68. Détermination du degré d'acidité.

A. Principe. — Gomme la réaction acide d'une urine n'est pas due seulement à la présence du phosphate acide de soude, mais que d'autres acides, l'acide lactique par exemple, peuvent aussi y contribuer, on doit, en déterminant l'acide, se contenter de comparer le pouvoir de saturation avec celui d'un autre acide connu. Dans ce but on choisit l'acide oxalique, et maintenant on a à déterminer à combien d'acide oxalique correspond l'acide libre contenu dans une quantité d'urine déterminée. Pour obtenir ce résultat, on neutralise exactement le volume d'urine connu avec une solution alcaline, dont chaque centimètre cube représente une quantité déterminée d'acide oxalique. Une solution de soude caustique est tout à fait convenable pour ce but, parce que, comme le fait l'ammoniaque, elle ne perd pas de son activité par l'évaporation, et en même temps elle permet d'atteindre le point de neutralité avec beaucoup de précision.

B. Préparation des solutions.

a. Solution titrée d acide oxalique. Cette liqueur sert pour titrer la lessive de soude caustique. Pour la préparer on dissout 1 gramme d'acide oxalique pur, non effleuri, et l'on étend à 100 c. c. 10 c. c. de cette solution renfermant par conséquent 100 milligrammes d'acide oxalique,

b. Teinture de tournesol. On laisse digérer pendant longtemps 3 grammes de tournesol avec 20 grammes d'eau et l'on filtre la solution bleu foncé ainsi obtenue.

c. Lessive de soude caustique. On la prépare comme à l'ordinaire avec du carbonate de soude et de la chaux caustique, et ensuite on détermine sa valeur avec la solution d'acide oxalique a. Chaque centimètre cube doit indiquer 10 milligrammes d'acide oxalique.

Au moyen d'une pipette, on mesure exactement 10 c. c. de la solution d'acide oxalique, que l'ûn fait couler dans un petit gobelet de verre et l'on colore en rouge bien distinct avec quelques gouttes de teinture de tournesol. On place ensuite le vase sur une base blanche et maintenant on y ajoute goutte à goutte la lessive de soude étendue, jusqu'à ce que le liquide soit redevenu bleu. Ce point peut être observé avec la plus grande précision, parce que le passage de la couleur rouge au bleu se fait subiment. Si nous supposons que l'on ait employé pour cela 6 c. c. de solution de soude, cette quantité correspondra à 100 milligrammes d'acide oxalique ; par conséquent.

§ G9 DOSAGE DE L'ACIDE SlILFURIQUE. 249

nous njoulons à 1)00 c. o. de lalessive de soude 400 c. c. d'eau, et nous obtenons ainsi 1 liire d'inio li({ueur, dont! c. c. représente exactement 10 milligr, d'acide oxalique. Maintenant, titrant une seconde fois on s'assure si la solution est exactement étendue ; si après que la dernière goutte des 10 c. c. a été ajoutée la coloration bleue est apparue, on peut se servir de la lessive de soude pour déterminer l'acidité de l'urine.

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