‹ De l'urine et des sédiments urinaires [electronic resource]Chapitre 78 sur 185 · C. Pratique de l'analyse · texte numérisé non relu

C. Pratique de l'analyse

La teinture de tournesol ne peut pas être ajoutée directement à l'urine, parce que la couleur de ce liquide s'oppose à ce que l'on puisse observer avec netteté le passage du rouge au bleu. Conséquemment, pour déterminer dans l'urine le point de saturation, nous devons avoir recours au papier de tournesol, et nous procédons de la manière suivante :

Après avoir mesuré 50 ou 100 c. c. d'urine et les avoir versés dan§ un gobelet de verre, on ajoute goutte à goutte la solution titrée de soude. Après l'addition de chaque demi-centimètre cube, on prélève, avec une baguette de verre, une goutte du liquide, que l'on porte sur un morceau de papier de tournesol bleu sensible. Si l'endroit ou la goutte est posée est encore rouge au bout de quelques secondes, on continue l'addition de la lessive de soude jusqu'à ce qu'enfin le papier ne se colore plus du tout en rouge. Maintenant on porte une goutte sur du papier de tournesol rougi, et l'on observe si celui-ci est bleui; si cela est, on note le volume de la lessive de soude employée, et l'on répète l'expérience avec une nouvelle quantité d'urine; on ajoute quelques gouttes de moins, et, en essayant fréquemment, on atteint bien exactement le point de satura' ion.

§ 69. Dosage de l'acide sulfurique.

A. Principe de la méthode. — La méthode de dosage de l'acide sulfurique consiste à ajouter, à une quantité d'urine déterminée, une solution titrée de chlorure de baryum, tant qu'il se produit un précipité de sulfate de baryte. Seulement il ne faut pas oublier que, dès que l'on ajoute à un volume déterminé d'urine, faiblement acidifiée avec de l'acide chlorhydrique, une quantité exactement équivalente de chlorure de baryum, on atteint un point neutre où le liquide filtré se trouble légèrement, aussi bien avec l'acide sulfurique qu'avec la solution de chlorure de baryum. Dans la solution ainsi formée, on doit regarder le chlorure de potassium, le chlorure de baryum et le sulfate dépotasse, comme étant dans un certain état d'équilibre; de sorte que si l'on ajoute du chlorure de baryum ou du sulfate de potasse, l'équilibre est détruit, et du sulfate de baryte se dépose. Lors du dosage de l'acide sulfurique dans l'urine avec une solution de chlorure de baryum, on peut ajouter cette dernière, soit jusqu'à ce que le

point neutre soit atteint (jusqu'à ce que, par conséquent, dans le liquide filtré, un léger trouble soit produit, aussi bien par une nouvelle goutte de solution de chlorure de baryum que par une goutte de solution de sulfate de potasse versée dans un autre échantillon), soit jusqu'à ce que dans le liquide filtré le sulfate de potasse n'indique qu'un petit excès de baryte.

Suivant que l'on choisit l'une ou l'autre de ces méthodes, la solution de chlorure de baryum doit naturellement avoir une concentration différente. Si l'on titre jusqu'au point neutre, il est convenable de donner à la solution de chlorure de baryum une concentration telle que 1 c. c. renferme exactement une quantité de baryte équivalente à 10 milligrammes d'acide sulfurique; mais, dans le deuxième cas, la solution de baryte doit contenir un petit excès de cette base, si chaque centimètre cube doit précipiter 10 milligrammes d'acide sulfurique, et si la fin de l'opération doit être indiquée dans le liquide filtré par un léger précipité barytique. Je me suis assuré que le point neutre peut être atteint assez facilement, et que lorsqu'on a titré à ce point, les résultats sont très-satisfaisants. C'est pourquoi je préfère regarder, une fois pour toutes, le titrage de l'acide sulfurique comme terminé, si, dans deux échantillons du liquide filtré, un léger trouble est produit avec une égale intensité, aussi bien par le chlorure de baryum que par le sulfate de potasse. — Midder n le premier appelé l'attention sur ce point neutre, à propos du titragô de l'argent par le chlorure de sodium.

B. Préparation des dissolutions.

a. Solution de ddorure de barymn. Cette solution doit être concentrée de telle sorte que 1 c. c. précipite exactement 10 milligrammes d'acide sulfurique. Pour la préparer, on dissout simplement 50s'', 5 de chlorure de baryum cristallisé, séché à l'air et pulvérisé, puis on étend la dissolution de manière à faire 1 litre. 1 c. c. correspond alors à 10 milligrammes d'acide sulfurique anhydre.

b. Dissolution de sulfate dépotasse. Elle doit être exactement équivalente à la solution de chlorure de baryum. Pour l'obtenir, on dissout 2l6'-,778 de sulfate de potasse chimiquement pur, séché à 100" et pulvérisé, ensuite on étend la solution à 1 litre, l e. c. conti'ent alors 10 milligrammes d'acide sulfurique, et est par conséquent exactement équivalent à la solution de chlorure de baryum a.

G. Pratique de l'analyse. — Dans un petit ballon à long col (fig. 61), on introduit 100 c. c. de l'urine à essayer, on les mélange avec 20 ou 50 gouttes d'acide chlorhydrique et l'on chauffe au bain-marie ; au moyen d'une burette, on fait couler 5 ou 8 c. c. de la solution de chlorure de baryum, et l'on attend que le sulfate de baryte se soit déposé. A l'ébullition, il se rassemble promptement et se dépose ensuite avec facilité. Lorsque le liquide est devenu clair, on ajoute un autre centimètre cube de solution de chlorure de baryum, on

DOSAGK DE L'ACIDE SULFURIQÜE.

chauffe, et sur uu petit filtre grand comme un dé, on filtre iO ou 12 gouttes de l'urine, que l'on recueille dans un tout petit tube étroit, long d'environ 0 centimètres, et l'on essaie avec du chlorure de baryum, pour savoir s'il se produit encore un précipité. S'il ne s'en produit pas, on ajoute, à un nouvel échantillon, quelques gouttes de solution de sulfate de potasse, et l'on sait de cette façon si l'on a ajouté un excès de solution barytique. Mais si dans le premier échantillon, on a obtenu un trouble évident au moyen du chlorure de baryum, on verse le liquide dans le ballon, on lave le filtre et le tube avec un peu d'eau, et l'on verse aussi ce liquide dans l'urine. Si jusqu'à présent on avait employé environ 8 c. c. de solution de chlorure de baryum, on ajoute de cette liqueur, suivant l'intensité de la réaction produite, 1, 2, 5 ou 4 autres centimètres cubes, ce qu'avec un peu d'exercice on apprend facilement à apprécier d'après le degré de trouble produit lors du premier essai; on chauffe jusqu'à ce que la liqueur soit devenue claire, on filtre de nouveau quelques gouttes pour l'essai, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'enfin le chlorure de baryum ne produise plus aucun trouble dans le liquide filtré. Si cela arrive après l'emploi de 13 c. c, et si maintenant le sulfate de potasse dénote, dans un nouvel échantillon, un excès bien évident de baryte, on sait, par conséquent, que le point exact doit être entre 12 et 15 c. c, et que les 100 c. c. d'urine contiennent une quantité d'acide sulfurique comprise entre 120 et 150 milligrammes. On mesure encore une fois 100 c. c, on mélange avec 20 ou LO gouttes d'acide chlbrydrique,on ajoute aussitôt 12 c. c. de solution de chlorure de baryum, on chauffe et on essaie quelques gouttes du liquide filtré avec

j^de c. c. de solution barytique. S'il se produit immédiatement un

trouble parfaitement évident, on réunit le produit de la filtration au

liquide principal, on ajoute encore de c. c. de solution barytique,

on essaie de nouveau le liquide filtré, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'enfin la solution de chlorure de baryum ne produise un léger trouble qu'après quelques secondes. Maintenant on essaie un deuxième échantillon du liquide filtré avec quelques gouttes de solution de sulfate

Fi<;-. 61.— Ballon pour le dosage de l'acide sulfurique.

252 DÉTERMINATIOIS DE ClfAQUE CORPS EN PARTICULIER. § 69

(le potasse, o( l'on trouvo que ce réactif produit aussi, après quelques secondes, un léger trouble, de telle sorte que le point neutre est atteint, et que par conséquent l'opération est terminée. Si pour cela nous avons employé environ j2,8 c. c. de solution de chlorure de baryum, les 100 c. c. contiennent 0«% 128 SO^, et de cette donnée on peut facilement déduire la proportion pour 24 heures. Mais, si dès la première expérience on avait beaucoup dépassé le point neutre en versant sans précaution la solution de chlorure de baryum, on ajoute quelques centimètres cubes de la solution de sulfate de potasse qui lui est équivalente, et maintenant, en ajoutant avec précaution la solution barytique, on cherche à atteindre la limite. Le nombre des centimètres cubes de solution de sulfate de potasse ajoutés doit, dans le calcul, être naturellement retranché des centimètres cubes de solution barytique employés en totalité.

Si longue que paraisse cette opération, elle peut cependant être facilement effectuée en une demi-heure et elle donne des résultats satisfaisants. 100 c. c. d'urine, analysés par la méthode pondérale, contenaient 0^\\29 SO^, et dans une même quantité de la même urine, on trouva, en titrant jusqu'au point neutre, 0s%128. — 100 c. c. d'une autre urine donnèrent par la méthode pondérale, 0s%159 SO^, et par la méthode volumétrique, 0^'%157 SO^. (Documents analytiques.)

Dosage de l'acide sulfurique par la méthode pondérale.

Avec une pipette on mesure 100 c. c. d'urine filtrée, on laisse couler le liquide dans un petit gobelet de verre, on chauffe au bain-marie, on ajoute un peu d'acide chlorliydrique, et ensuite une solution de chlorure de baryum en léger excès. Le sulfate de baryte formé se dépose très-promptement, et le liquide qui surnage devient clair. On porte le précipité tout entier sur un petit filtre dont on connaît le poids de la cendre, ensuite on lave avec de l'eau bouillante, jusqu'à c^ que les gouttes qui s'écoulent, essayées avec de l'acide sulfurique, ne se troublent plus du tout, et dès que le lavage est terminé on dessèche le précipité. Le sulfate de baryte ainsi obtenu doit maintenant être chauffé au rouge ; pour cela, on le sépare du filtre et on le porte dans un petit creuset de platine pesé. Après avoir brûlé le filtre sur le couvercle, on place celui-ci sur le creuset, de telle sorte cependant que la cendre ne tombe pas sur le précipité, et ensuite on chauffe au rouge intense pendant quelques instants. Mais comme avec le sulfate de baryte des matières organiques se précipitent toujours de l'urine, par suite de la présence de ces substances, il se forme, pendant le chauffage au rouge, un peu de sulfure de baryum; c'est pourquoi, après que le creuset est refroidi, on doit humecter son contenu avec quelques gouttes d'acide sulfurique étendu, et chauffer encore une fois, jusqu'à ce que l'excès d'acide sulfurique soit volatilisé. Maintenant on laisse refroidir le creuset dans un vase en présence d'acide sulfurique, et ensuite on le pèse. Si du poids total on retranche ceux du creuset et de la cendre du filtre, on obtient comme différerxe la quantité du sulfate de baryte précipité, et à l'aide de cette donnée il est facile de calculer l'acide sulfurique, parce que à 100 parties de sulfate de baryte correspondent 54,33 parties d'acide sulfurique.

§ 90. Dosag;e du sucre.

1 . Dosage voliimétrique par la solution alcaline de cuivre. a. Méthode de Fehling.

A. Principe de la méthode. — Cette méthode de dosage du sucre de diabète repose sur la propriété indiquée g 25 D. 7, que possède cette substance de précipiter, sous forme de protoxyde rouge, le cuiyre des dissolutions alcalines de sulfate de cuivre. En employant, dans ce but, une dissolution de cuivre titrée, dont un volume mesuré est exactement réduit par une quantité déterminée de sucre de diabète, on peut, dans des solutions de sucre dont la richesse est inconnue, arriver facilement à la détermination exacte du sucre qui s'y trouve contenu, si l'on détermine le volume qui est exactement suffisant pour décomposer complètement un volume mesuré de la solution titrée de cuivre. 180 parties en poids de sucre de raisin (— 1 équiv.) précipitent le cuivre de 1247,5 parties en poids de sulfate de cuivre (= 10 équiv.).

B. Préparation de la solution de cuivre.

Dans environ 200 grammes d'eau on dissout 54s%659 de sulfate de cuivre pur et cristallisé; d'un autre côté, on dissout 175 grammes de tartrate de potasse chimiquement pur et cristallisé dans 500 à 600 grammes de lessive de soude caustifpie d'un poids spécifique de 1,1-, et l'on ajoute peu à peu à cette solution basique la solution de sulfate de cuivre. On étend ensuite à 1 litre les liquides mélangés. 10 c. c. de cette solution de cuivre sont exactement réduits par O^sOS de sucre de diabète. Si la solution doit être conservée longtemps, il est absolument nécessaire de la verser dans de petits flacons (de 40 à 80 grammes), de fermer ceux-ci avec de bon^ bouchons, de les cacheter et de les placer à la cave.

G. Pratique de Vanalyse. — Pour obtenir, à l'aide de cette méthode, des résultats satisfaisants, il est indispensable d'étendre fortement l'urine à essayer, ainsi que la solution de cuivre. 11 est convenable de mélanger 10 c. c. de la solution de cuivre avec 40 c. c. d'eau distillée, et l'on étend 10 ou 20 c. c. de l'urine, fiUrée avant l'essai, avec 10 ou 20 fois son volume d'eau, de manière qu'elle renferme tout au plus 1/2 p. 100 de sucre.

Ensuite, après avoir chauffé presque jusqu'à l'ébullition dans un petit ballon, sur une lampe à alcool, les 10 c. c. de solution de cuivre mesurés et étendus, on ajoute l'urine également étendue et contenue dans une burette graduée jusqu'à réduction complète, jusqu'à ce que, par conséquent, le liquide soit devenu incolore. Pendant cette opération, on observera plusieurs particularités. Par exemple, dès que les premières gouttes du liquide sucré arrivent dans la solution bouillante de cuivre, la séparation du protoxyde de cuivre commence à se produire. Le mélange paraît d'un beau rouge verdàtre, par suite du protoxyde rouge de cuivre en suspension dans la solution bleue^

plus on ajoute de solution sucrée, plus le précipité devient rouge et abondant, et l'on ne peut regarder l'expérience comme terminée que lorsque le précipité a pris une coloration rouge intense, et que le liquide est devenu tout à fait incolore.

La manière la plus sûre et la plus rapide d'effectuer l'opération est la suivante. Dés que le mélange, maintenu à une douce ébullition dans le petit ballon qui le renferme, commence à prendre une coloration rouge, on retire le ballon du feu et on laisse se déposer le proloxyde de cuivre séparé, ce qui a lieu avec une facilité et une rapidité d'autant plus grandes que Ton est plus prés du point de la réduction complète de l'oxyde de cuivre. Les moindres traces décoloration bleue peuvent maintenant être observées avec une netteté plus grande, si l'on place le ballon entre l'œil et une fenêtre, et si l'on regarde le liquide de manière à ce que la lumière le traverse horizontalement. Si l'on est encore loin du point final, le protoxyde de cuivre séparé se dépose comme on l'a dit avec une lenteur plus grande, mais la coloration bleue peut encore être vue par réfraction avec une très-grande netteté, si pendant que l'on regarde le mélange on lui imprime un mouvement de rotation. Plus la couleur bleue disparaît dans le liquide toujours maintenu très-près de son point d'ébullition, plus il faut prendre de précautions lorsqu'on ajoute la solution sucrée; enfin, après avoir versé de celle ci à plusieurs reprises et maintenu le mélange toujours chaud, il arrive un moment où la dernière trace de couleur bleue disparaît par l'addition de 1 ou 2 gouttes de solution sucrée et fait place à une nuance jaunâtre très-faible. Maintenant la réaction est terminée et tout le protoxyde de cuivre est réduit, ce dont on peut s'assurer en faisant de nouvelles expériences. Dans ce but, on filtre une certaine quantité du liquide bouillant dans 5 tubes d'essai, on acidifie avec de l'acide chlorhydrique un échantillon du liquide filtré parfaitement clair et l'on essaie avec une dissolution d'hydrogène sulfuré; dans le deuxième échantillon, préalablement acidifié avec de l'acide acétique, on ajoute du prussiate jaune de potasse. Aucun des deux réactifs ne doit modifier le liquide, c'est-à-dire que le premier ne doit pas le noircir et le second le colorer ou même le précipiter en brunrouge. Si les deux échantillons demeurent inaltérés, on peut être certain que tout le cuivre est réduit et précipité, et que par conséquent on a ajouté suffisamment de solution de cuivre. Cependant, il ne faut pas oublier que le protoxyde de cuivre se suroxyde très-rapidement et se redissout; c'est pourquoi, aussitôt que l'expérience est terminée, il faut filtrer encore bouillant le liquide que l'on veut essayer, car, après le refroidissement, il prendra toujours une couleur bleuâtre par suite de la dissolution d'une certaine quantité de bioxyde de cuivre.

Bien que les réactifs précédents n'indiquent pas de bioxyde de cuivre non décomposé, on peut cependant avoir commis une erreur en ajoutant trop d'urine, ce qui naturellement rendrait la proportion du sucre plus petite qu'elle ne l'est réellement. C'est pourquoi on mélan«,^e le troisième échantillon du liquide filtré clair et presque incolore avec quelques gouttes de solution de cuivre et ensuite on fait bouillir doucement. En présence d'une trace de sucre ajoutée en excès, il se produit, au bout de peu de temps, une teinte rougeâtre bien distincte, que l'on peut facilement et nettement observer, notamment à la lumière réfléchie. — Lorsqu'on a ajouté un plus grand excès de sucre, le liquide filtré offre une couleur jaune; alors il n'y a rien autre chose à faire qu'à répéter l'essai avec plus de précautions, ce qui doit toujours être conseillé principalement comme expérience de contrôle.

Cependant, si l'on exécute l'expérience, suivant la manière indiquée, dans un petit ballon, ce que A. Ziegler a le premier conseillé, on atteindra le point final exact avec une grande précision, fait dontje me suis assuré d'une manière suffisante.

Le volume d'urine employé contient, comme on l'a dit, 0§%05 de sucre. Maintenant, comme la richesse en sucre du liquide est inversement proportionnelle au volume employé, il faut, pour obtenir la richesse centésimale de l'urine en sucre, diviser 5 par le nombre de centimètres cubes d'urine employés, si celle-ci n'était pas étendue; mais si l'on y avait ajouté 20 volumes d'eau, on aurait à diviser 20 X 5 = 100 par les centimètres cubes employés.

Parmi les autres éléments de l'urine, l'acide urique est celui qui, on le sait, réduit avec le plus d'énergie la solution de cuivre, et pour cette raison il peut exercer de l'influence sur le résultat. C'est pour cela que Fehling précipite l'urine avec du sous-acétate de plomb. Mais Brücke repousse ce traitement, parce que, d'après lui, une portion plus ou moins grande du sucre doit être en même temps précipitée. Du glucose préparé avec de l'urine n'est cependant pas pré'^ipité par le sous-acétate de plomb, et il peut, par conséquent, être tout au plus question d'une précipitation mécanique. Fehling expérimenta avec de l'urine normale à laquelle on avait ajouté 10 à 12 p. 100 de sucre. Mais lorsqu'on a affaire à une urine diabétique contenant I environ 8 p. 100 de sucre, et si 10 c. c. de ce liquide sont étendus à 200 c. c, on a j seulement besoin pour décomposer 10 c. c. de solution de FeJding de 12'^'=, 5 de ce liquide étendu correspondant à 0",G de l'urine primitive. La quantité d'acide urique contenue dans 0",6 d'urine diabétique doit être extrêmement petite.

Afin de me rendre compte de l'action de cet acide, j'ai fait plusieurs expériences avec de l'urine diabétique :

a. 10 c, c. d'urine furent étendus à 200 c. c, et on s'en servit directement pour le titrage. Dans plusieurs expériences on employa 12", 5.

b. 10 c. c. furent étendus avec 188 c. c. d'eau et 2 c. c. de sous-acétate de plomb (qui étaient plus que suffisants pour la précipitation). Au bout de 12 heures on filtra, et on employa juste 12'=%2 du liquide filtré pour 10 c. c. de solution de Fehling.

c. 150 c. c. d'urine mélangés avec 5 c. c. d'acide chlorhydrique d'une densité de 1,1 furent abandonnés pendant 24 heures à la température de 5 à G». 10^%55 (cor-

respoiidant à 10 c. c. de l'urine primitive) de l'urine séparée par filtration de l'acide urique mis en liberté furent étendus à 200 c. c. et employés pour le titrage. Dans plusieurs expériences il fallut ajouter 12'=%3.

Les mêmes expériences furent répétées plusieurs fois, à d'autres époques, avec de l'urine diabétique, sans que les résultats obtenus par les diverses méthodes offrissent des différences dignes d'être notées. Néanmoins, dans beaucoup de cas, il est convenable de précipiter avec l'acétate de plomb; et si cela a été fait dans de l'urine préalablement étendue de telle sorte qu'elle contienne tout au plus 0,5 p. 100 de sucre, la précipitation de celte substance, ainsi que cela résulte des expériences de Fehling, sera nulle ou du moins inappréciable. S'il y a de l'albumine, il faut l'éliminer ; après avoir ajouté à l'urine une goutte d'acide acétique, on la chauffe à l'ébullition, on filtre pour séparer le coagulum formé, on lave celui-ci avec soin, et pour le dosage du sucre on se sert du liquide fdtré et étendu, si c'est nécessaire.

[h. Méthode de Duhomme.

Comme Fehling, Duhomme ^ dose le sucre dans l'urine à l'aide d'une solution alcaline de cuivre ; mais au lieu d'une burette graduée, il emploie le compte-gouttes titré de Limousin. Cet instrument consiste en un cylindre de verre d'une capacité de 5 à 4 c. c, d'un diamètre de 12 à 15 millimètres et terminé par un long tube de 5 millimètres de diamètre, dont l'extrémité donne naissance aux gouttes; il est en outre muni, à sa partie supérieure, d'un appareil aspirateur constitué par une poire de caoutchouc. A l'aide de cette poire, le liquide peut être aspiré dans l'intérieur de l'instrument, y être maintenu indéfiniment ou en être expulsé soit par gouttes, soit par jet continu suivant les besoins. Deux de ces instruments servent à l'expérience : l'un est destiné à la liqueur de Fehling et il porte un trait de jauge correspondant à une capacité de 2 c. c. ; l'autre est pour l'urine, et le trait qu'il porte indique une capacité de 1 c. c.

Après s'être assuré que l'urine est acide et exempte d'albumine, qu'elle renferme du sucre et qu'elle en contient peu ou beaucoup (à l'aide d'une solution de soude), on procède à l'opération du titrage. On commence par évaluer combien le centimètre cube de l'urine à analyser contient de gouttes ; cette évaluation est indispensable, parce que l'expérience a démontré que l'urine donne d'un jour à l'autre, avec le même compte-gouttes, un nombre de gouttes différent pour le même volume. Si 4 c. c. a fourni, par exemple, 24 gouttes, chaque goutte de l'urine actuellement en expérience représente 1/24 de c. c.

Cela faitj on mesure, à l'aide du compte-gouttes destiné à la liqueur de Fehling, 2 c. c. de ce réactif, que Ton fait couler par un jet continu dans un tube à essais, et l'on étend ensuite le liquide avec un égal volume de solution de soude caustique. Avec le second compte-gouttes on prend 1 c. c. d'urine^ on porte à l'ébullition le mélange de liquem* de

' Btilt. (jén. de thérap., 28 févr., 15 et 50 mars 1875.

Fehling et de soude contenu dans le tube, on verse quelques gouttes d'urine et Ton attend un peu pour apprécier la modification dans la coloration de la liqueur; avec précaution on ajoute de nouveau et si c'est nécessaire l'urine goutte par goutte, en ayant soin de chauffer après l'addition de chaque goutte. Lorsque la coloration bleue est disparue, l'expérience est terminée. Si pour obtenir ce résultat, il a fallu employer par exemple 8 gouttes d'urine, comme les 2 c. c. de la liqueur de Fehling correspondent à 1 centigramme de glucose, on en conclut que 8/24 de c. c. de l'urine soumise à l'examen contiennent 1 centigramme de glucose; avec cette donnée on trouve parle calcul à combien s'élève la proportion de sucre dans 1 litre d'urine.

On peut, en se servant de la formule suivante indiquée par Duhonime, simplilicr beaucoup le calcul de la teneur en sucre d'un litre d'urine :

dans celte formule, applicable aux cas où l'on emploie 2 c. c. de liqueur de Fehling normale (correspondant à 10 milligrmmes de glucose), x représente en grammes la quantité de sucre contenue dans 1 litre de l'urine en expérience, m le nombre de gouttes qui correspond au centimètre cube de cette urine, et n le nombre de gouttes d'urine employées pour décolorer les 2 c. c. de liqueur de Fehling. Exemple :

Supposons que 21 représente le nombre de gouttes de 1 c. c. de l'urine, 6 le nombre de gouttes qui ont été nécessaires pour décolorer les 2 c. c. du réactif cuprosodique; 21, multiplié par 10, donne 210, qui divisé par 0 donne 55. Un litre de cette urine contient donc 35 grammes de sucre.

A cause de sa simplicité et du peu de temps que nécessite son exécution, celte méthode est tout à fait convenable pour la clinique, bien que cependant les résultats qu'elle donne ne soient qu'approximatifs.]

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