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pu, dans des préparations convenables de chenilles du pin sylvestre, pousser le contenu du poil dans la glande et inversement le contenu de la glande dans le canal du poil. Il ne peut donc être douteux que le contenu du poil soit sécrété par une glande. L'ouverture que laisse la chute du poil serait, d’après nous, comme nous l’exposerons plus loin, l’orifice de communication entre le canal de la glande et le canal du poil.
Moins heureux ou moins adroit que cet auteur, nous n'avons jamais pu renouveler son expérience de passage successif de la matière sécrétée sur les chenilles processionnaires du pin maritime ; mais nous avons cependant pu observer la présence de cette matière hors des poils.
Nous avons, en effet, remarqué, dans une touffe de poils du miroir brisés pris sur une chenille vivante et qui avaient été comprimés entre deux lames de verre, des flocons d’une matière grisâtre, transparente et réfringente sous une certaine incidence et que nous croyons être de la substance sortie du canal. Keller dit avoir pu compter sur un miroir de chenille du pin sylvestre jusqu’à cinq mille glandes. La chenille du pin maritime, qui est plus grande, doit en avoir un nombre sinon supérieur, tout au moins égal à celui-là.
Ces poils du miroir se distinguent donc des autres poils du corps d’abord par leurs dimensions microscopiques, en second lieu par leurs piquants, qui sont dirigés presque perpendiculairement à leur surface; enfin, en troisième lieu, par leur mode d'implantation, qui est aussi très différent pour les uns et les autres. Les gros poils, comme nous l’avons vu plus haut, avec leur large base, reposent sur un anneau de chitine(voir pl. VI) et sont creusés d’un canal plein de matière non urticante. Les petits poils du miroir, au contraire, reposent simplement par leur bout le plus effilé sur la concavité du miroir. Les uns sont fortement insérés et ne peuvent se détacher en entier du
corps, ils se brisent et laissent leur base adhérente; les autres, au contraire, sont simplement enchâssés, ils se détachent avec une grande facilité et tout d’une pièce; ils. laissent, après leur chute, de petites ouvertures qui, dans leur ensemble, donnent au miroir vu de face l'aspect d’une écumoire.
Nous ferons enfin remarquer, avant de passer à l'étude microscopique de la coupe du miroir, que ces poils ne sont qu'un organe accessoire et sont formés de chitine comme le tégument de la chenille. Ils ne sauraient être comparés aux poils urticants de l’ortie (urtica urens), qui sont formés par une cellule et secrètent eux-mêmes la matière urticante.
Après avoir fait ainsi l'étude macroscopique du miroir, nous allons passer à l'étude microscopique des coupes que nous avons pu faire. Tout d’abord, nous allons exposer les procédés techniques employés par nous pour ramollir la chi-
- tine : Si l’on prend des solutions d’eau de Javelle (solution d'hy-
pochlorite de potasse) allongées de 4 volumes d’eau et que l’on
y fasse macérer des organes chitineux pendant vingt-quatre
heures ou plus, selon leur grosseur, la chitine n’est pas dissoute
mais devient transparente, molle et perméable pour les solutions colorantes aqueuses, aussi bien qu’alcooliques. Les structures les plus délicates, telles que les terminaisons nerveuses, ne sont pas altérées par ce traitement.
On peut avantageusement traiter de cette manière des Nematodes et leurs œufs, des coccides (objets dont la résistance est bien connue). Après lavage, on peut passer par les alcools à la parafine. La chitine est suffisamment ramollie pour faire de bonnes coupes. On peut colorer en masse avant l’inclusion par le picro-carmin (Loos, Zoo!. Anzeig., 1885, p. 333; List, Zeit. f. Win. Mik., 1886, p. 212).
Nous avons suivi ces conseils et nous avons pu obtenir d'excellentes coupes. Malheureusement, toutes nos chenilles
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ayant été conservées dans l’éther, il ne nous a pas été possibls de retrouver certains éléments qui avaient été détruits par ce
mode de conservation.
Lorsqu'on fait une coupe à travers un miroir (v. planche IV,
fin du travail) on voit tout d’abord qu'à chaque extrémité
la préparation est limitée par une espèce de promontoire (planche IV, fig. 2, n° 2) coloré en brun très foncé et portant çà et là quelques gros poils ordinaires. Puis vient une couche formée
par des espèces de cellules allongées laissant entre leurs som-
mets un espace vide qui n’est autre que le point d'insertion des poils du miroir (planche IV, n° 1) au centre du miroir se trouve
le promontoire central également coloré en brun et portant
des poils ordinaires (planche IV, fig. 1 et fig. 3, n° 2) et enfin une nouvelle couche d'implantation de poils urticants et un promontoire limitant.
Si maintenant nous étudions les couches successives qui forment le miroir, en allant de la périphérie vers le centre du corps de la chenille, nous trouvons tout d’abord la couche cuticulaire chitinisée qui supporte les poils urticants; vient ensuite une couche sous-cuticulaire; puis une couche composée de grosses cellules; enfin, au-dessous de cette couche, un amas de cellules ayant tout l’aspect d’un tissu glandulaire. De plus, au-dessous de la couche de grosses cellules, se trouvent aussi de chaque côté du miroir les muscles moteurs de ces miroirs, représentés par des espaces foncés sur un des côtés de la figure 1, planche IV (représentation de la surface totale du miroir).
La couche cuticulaire vue à un fort grossissement a été décrite un peu plus haut. La couche sous-cuticulaire a, au premier examen, l'aspect d'une bande uniquement striée horizontalement. Mais si on fait varier un peu la mise au point, on remarque qu’il existe des stries verticales partant du point
d'implantation d’un poil et aboutissant à la troisième couche ou couche à grosses cellules (ces stries sont représentées par des : traits noirs dans les figures 2 et 3 de la planche IV). V0)
Si nous examinons maintenant dans toute sa longueur cette couche à grosses cellules, nous voyons qu’elle à l’aspect d’un canal, ou du moins semble être très voisine d’un canal ou plutôt d’un réservoir occupant toute la surface du miroir sous la couche sous-cuticulaire et auquel viennent aboutir d’un côté, des canaux émanés de la couche située immédiatement au-dessous (voir fig. 2 et 3, planche IV, n° 3, coupe de ce réservoir avec deux canaux larges y aboutissant), d’un autre côté, les stries perpendiculaires de la couche sous-cuticulaire. Selon nous, rious fondant sur ce que ces stries perpendiculaires aboutissent du côté de la périphérie au point d'implantation des poils, nous en avons conclu que ces mêmes stries n'étaient autres que des canaux faisant communiquer le poil avec le réservoir, lequel serait alimenté par des canaux collecteurs venant de la couche à aspect glandulaire, que nous avons représentée en pointillé dans la fig. 1 de la planche IV.
La couche des grosses cellules serait la couche matrice, dont les fonctions seraient de reproduire après chaque mue la cuticule chitinisée avec ses poils et la couche sous-cuticulaire.
Nous ne donnons ici que notre opinion personnelle pour ce qu'elle vaut, n'ayant pas pu, pour les raisons exposées plus haut de conservation défectueuse des chenilles, démontrer l'existence réelle des glandes et découvrir les canaux qui viendraient s’aboucher avec les canaux collecteurs alimentant le réservoir dont nous parlons.