OBSERVE
Due à l'obligeance de M. DupreuIL.
Urticaire dû aux Mr 5 2 Dr atñe
Mne de M..., âgée de 10 ans, vient consulter M. Dubreuilh % 14 mars 1893.
Elle raconte qu'elle est à Arcachon depuis t une semaine et qu “elle s habite Ja ville l'hiver. L'éruplion dont elle se plaint a débuté trois jours après son arrivée est toujours allé en augmentant. Les démangeaisons sont continuelles mais plus violentes la nuit, qu'elle passe à se gratter avec fureur. Elle est disposée à l'attribuer aux chenilles, par ce qu ‘elle a entendu dire, et parce que plusieurs personnes de sa connaissance, ont des démangeaisons analogues en cemoment, malgré qu’un docteur (d' Arcachon), lui ait dit qu' elle
avait la gale et lait trailée en conséquence. Il faut ajouter que depuis la
même période elle a moins d’appétit et qu’elle se sent l’estomac un peu
emtarrassé.
L’éruption est disséminée sur tout le corps, aucune région n’est respectée, Les lésions sont assez nombreuses sur la face, on en trouve également sur le tronc, mais les parties les plus atteintes sont les membres : bras, avantbras, fesses, cuisses, jambes. Les membres inférieurs plus que les supérieurs. Il n’y a aucune différence entre le côté de la flexion et celui de l’extension, Beaucoup de lésions aussi au bas-ventre et aux organes génitaux.
Toutes ces régions sont couvertes de croûtes disséminées, isolées, du
volume d'une lentille et au-dessous, manifestement dues au grattage et ;
reposant sur une base plus où moins infilirée.
La lésion que j'ai pu voir naïilre sous mes yeux, est constituée au début
‘par une papule urticarienne du volume d’un grain de chènevis qui peut
alteindre le volume d'une lentille; elle est blanche, anémique, entourée
OBSERVATIONS se
FN
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d’une äuréole rouge, elle fait une saillie notable et elle est très ‘prompte-
(ape 7 + 47 07 M RS |
Cette papule est très dure au toucher et la palpation fait constater qu’elle repose sur une base profonde, sur une infiltration du derme, s'enfonçant profondément et dépassant sensiblement en largeur L2s limites de la papule. Par la palpation, la compression, soit avec le doigt, soit avec la lame de verre, on ne conslate pas de papule inflammatoire centrale ou de poiat rouge central analogue à ce qui se voit dans le strophulus. Aucune de ces
papules n'est vésiculeuse. Les papules des cuisses ont une couleur orangée qui tient à un peu d'extravasalion sanguine ainsi qu'on peut le constater surtout sur les papules en voie d’affaissement,
Les papules naissent en quelques minutes mais persistent assez longtemps avec leur caractère urlicarien, Car à 3 heures du soir, celles qui sont nées la nuit dernière, le présentent encore très nettement.
Toutes les lésions ont le même volume, il en est de plus petites, mais aucune ne dépasse le volume d’une lentille. Elles sont toutes isolées, ne présentent nulle part aucune tendance au groupement non plus qu'à l'agrandissement excentrique. Se
Toutes ces lésions, pendant leur période d’augment, s’accompagnent d'un prurit violent, de sorte que la.malade se graite avec énergie,
La malade remarque qu’elle a très facilement des élevures urticariennes,
5 propos de la moindre piqüre d'insecte,
Traitement. — Lotions de vinaigre aromatique phéniqué. Poudrage à la poudre de talc. Eventuellement antipyrine,
43 mars : Les lésions n’ont pas beaucoup changé d'aspect. Le corps -surtout les membres, notamment les membres inférieurs, sont couverts de traces de grattage, de papules récentes et écorchées. Les papules offrent toujours le même aspect; sur quelques-unes, aux membres inférieurs, on peut remarquer au centre une lache rouge qui ne s’efface pas à la pression et qui est constituée par un réseau et des ponctuations rouges.
L'éruption continue à se faire avec la même abondance, la malade ne
À à 3 ment surmontée d'une croûtelle jaune d’ambre probablement due au grat-
peut dormir et passe la nuit à se gralter el à se faire des lotions vinaigrées. Elle n'a point pris d’ antipyrine. Il y a peu .. lésions nouvelles à la face. DRE La malade raconte que, pendant son séjour à Arcachon, elle se promenait beaucoup dans la forêt, s'asseyait souvent au pied des pins, etelle avait remarqué les longues théories de chenilles qui se promenaient; elle s'était fort amusée à les observer. — Huile mentholée, : La malade se plaint toujours. Mais il y a manifestement une certaine . amélioration, car il y a peu de lésions nouvelles, et celles qu'il y a sont plus pelites et ne dépassent guère le volume d'un grain de chènevis. à
Le vinaigre produit plus de soulagement que l'huile mentholée.
OBSERVATION II (personnelle).
Me veuve D... est allée passer quelques semaines à Arcachon-plage. Elle a fait quelques excursions dans les bois de pins avec sa famille. Quelques jours avant son départ d'Arcachon, elle fit une dernière promenade dans les bois entourant la ville d'hiver.
Son pelit garçon, enfant assez turbulent, qui l’'accompagnait, s’amusa avec un bâton à soulever la poussière du chemin. Une heure après environ, Mne D... ressentit une légère cuisson dans les jambes et dit aux gens qui étaient avec elle que quelque bête l’avait probablement piquée.
Le soir, elle fut prise de violentes démangeaisons dans les deux jambes. Elle les examina et constata que le mollet et le cou-de-pied étaient rouges et tuméfiés. La démangeaison fut un peu calmée par le graltage. Le lendemain et le surlendemain, elle ressentit encore à la même heure les démangeaisons violentes, mais elle constala que l’éruption n'avait pas pris plus. d’étendue, Elle mit sur ses jambes des compresses d'eau fraîche et d’eaude-vie camphrée, sans pouvoir calmer le prurit.
Enfin le cinquième jour, le prurigo ne se manifesta plus.
Aujourd’hui, c’est-à-dire huit jours après la cessation de tout prurigo, on:
FOIE NE PRRRTURNE P S
constate sur les mollets et les cous-de-pied de légères excoriations dues au
grattage. Enfin, la malade dit ressentir des douleurs sourdes dans les deux
membres inférieurs.
.OBSERVATION III (personnelle).
M. P..., 12 ans, était allé s'amuser, le 17 mars 1895, dans un petit bois de pins que possède son père sur les bords de la Méditerranée. Il présentait sur les mollets, qu'il avait nus, une éruption erythémateuse, | accompagnée de petits points rouges disséminés et de papules urticariennes, plus blanches que le tissu environnant. En passant la main, on sent, au niveau de ces Laches blanches, une espèce de ressaut produit par l’élevure en plateau de la papule urticarienne,.
Ces parties affectées sont le siège de vives démangeaisons qui font que l'enfant se gratte tout le temps.
Nous lui fimes frotter fortement les jambes avec du persil; au bout de deux heures, toute démangeaison avait disparu, et l’éruption ne se montra
plus les jours suivants.