‹ De L'urticaire: Produite par les chenilles processionnaries du pin maritimeChapitre 19 sur 25 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Due à l'obligeance de M. Faècue, chef de clinique des maladies de la peau.

Mre M..., 28 ans, a toujours joui d’une bonne santé; elle a toujours vécu dans le Lot-et-Garonne, sauf depuis 4 ans qu’elle est venue s'installer à Arcachon. Elle ne s'occupe pas des travaux du pays, faisant simplement son ménage, mais elle vit de la nourriture de l'endroit : poissons, huitres, moules. Elle prend tous les jours des bains de mer pendant la saison.

Jamais ce régime n’a produit chez elle d'urticaire.

Il y a 3 ans (elle ne sait pas déterminer au juste l’époque), elle traversa la forêt de pins maritimes pour aller faire ses provisions. Elle fut prise, à

son retour chez elle, d'une crise de démangeaison suivie d’élevures urtica- 1 Parasol.

riennes. Cette crise dura deux’ heures ‘environ ét la malade n'y fit presque

päs atténtion, ne s'en préocctpant pas autrement. Mais elle-remarqua, par

la suite, que, chaque fois qu'elle traversait la forêt, les mêmes phénomènes

apparaissaient, Quelle que soit la saison, si elle traverse la forêt de pins,

l'urticaire apparait. Il existe des élevures de la grandeur d’un haricot à

cellé d’une pièce d'un franc siégeant sur la face externe des bras et des cuisses, Le prurit est très vif et dure une heure où deux environ. La malade s'abstient en ce moment (août 1895), de traverser la forêt de pins, malgré les injonctions de son mari qui traite cela de fantaisie pure. Lorsqu'elle passe sur la lisière du bois, aucun phénomène n'apparait. La malade n'est pas nerveuse, mais cependant s’émeut facilement, comme j'ai pu le remarquer du reste à l'occasion d’une diarrhée survenue chez son enfant. Cette émotion est légitime, il est vrai, car un nourrisson est mort tout dernière-

ment du choléra infantile dans le voisinage.

OBSERVATION V Due à l’obligeance de M. le Dr LALESQUE.

Dans une lettre adressée à M. le D' Lalesque, M. le D' Balards médecin à Sabres, petite commune des environs de Mont-de-Marsan, disait : « Pour mon compte, je ne connais qu'un seul de ces cas spéciaux d’irritation (urticaire des processionnaires) ».

Il s'agissait d'un enfant de 2 ans environ qui s’élait amusé à pétrir dans ses mains une vinglaine de chenilles et qui ne se génait pas de s’en frictionner la face. Un prurigo urticoïde avec tuméfaction de la peau fut le seul trouble amené. Il disparut d’ailleurs très vite.

Mais où cette propriété irritante de la chenille processionnaire est quelquefois funeste, c'est sur les jeunes agneaux et voici dans quelles conditions,

Les agueaux courant la lande et les forêts de pins avec leurs mères essaient quelquefois de baisser la tête pour brouter quelque herbe très ten-

dre. Mais, comme l'enfant cité plus haut, tout-à-fait sans expérience, ils ne

‘se détournent pas toujours des chenilles qu'ils rencontrent quand elles vont

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en file se cacher dans le sable. Leurs lèvres les touchent.souvent et par suite |

de ces contacts plus ou moins répétés, il survient une tuméfaction très prononcée des lèvres et de Ja langue, avec boutons, disent les bergers. Cette tuméfaction gêne d’une facon manifeste les efforts de succion, à un tel point que les agneaux dès ce moment ne peuvent plus téter. Aussi com-

mence pour eux une période d’amaigrissement de laquelle ils ne se relèvent

pas loujours. Mais alors les bergers soucieux de leur métier les alimentent

à la cuillère, Ils emploient contre cet accident des lèvres, des lotions d’eau

miellée. Le ya

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