CHAPITRE QUATRIEME
… Observations
Avant d'interpréter les observations que nous fournissons, il convient de faire un court préambule.
Nos malades ont reçu une alimentation relativement riche en matière azotée, sous forme de viandes, laitages assez nombreux, et dont la quantité déjà suffisante dans le régime normal, a été fréquemment augmentée par la mise à la suralimentation. Elle était riche en hydrates de carbone, et sa valeur énergétique dépassait largement trois mille calories. Quant au bilan vitaminique, il est plus difficile à évaluer et peut être le problème de l’hypo-vitaminose, en particulier en Vitamines C, a pu se poser surtout pendant la période hivernale durant laquelle portent nos observations.
La pierre d’achoppement de nos observations est celle à laquelle se sont heurtés tous les chercheurs c'est l'estimation des temps de consolidation d'une fracture et sa valeur relative. À quel moment un un foyer de fracture est-il enfin solide grâce à la prédipitation des sels minéraux ? Une limite nette est extrêmement difficile à fixer, sinon impossible. On ne peut recourir qu'à une impression clinique faite de l'équilibre de plusieurs données réunies en une synthèse, à savoir en particulier, à la consolidation clinique, recherchée par l'essai délicat de la mobilisation des fragments et à l'interprétation de l’image radiologique. Et lui-même cet mot classique « d'’interpréta-
tion » est riche de sens. Combien de cals sans signature radiologique sont pourtant solides.
Par ailleurs, toute fracture est relative, car au point de vue expérimentation chaque individu est différent, tant dans sa fracture considérée du point de vue anatomique, qu'au point de vue réaction générale et réponse à l'agression.
OBSERVATION N° 1 RCI N EEE
Soldat, âgé de 27 ans, rapatrié d’Indochine et rentrant dans le service le 12 novembre 1950 pour séquelles de fractures de Montegoia à l’avant-bras gauche survenues le 2 avr11.1950
L'histoire du malade jusqu’à son hospitalisation est la suivante : le trait de fracture cubitale siégeait à l’union du tiers supérieur et du tiers moyen. Il a été traité le 12 avril 1950 par embrochage intra-médullaire transoléocranien du cubitus au moyen de broches de Kirschner.
Plâtre brachio anti-brachial en position de fonction. Très bon résultat radiologique, mais la broche, présentant à la graphie un -trajet intra-articulaire au niveau du coude, a été retirée au 15me jour.
A ce moment, apparition progressive d’une angulation à sommet postéro-interne du eubitus avec absence de cal et sans tendance aucune à la consolidation.
Intervention le 17 juillet 1950.
1° Ostéotomie du cal avec ravivement des extrémités OSSEUSES ;
2° Enclouage centro-médullaire du cubitus par broche de Kirschner transoléocranienne.
Dose d’un plâtre circulaire brachio anti-brachial.
Dans les suites, pas de consolidation osseuse. Evacué sur la Métropole, ;
Ho:pitalisé dans Le Service le 12 novembre 1950 : Porteur de la broche intra-médullaire et l'avant-bras plâtré.
Radiographie Le 14 novembre 1950 : Pas de cal. Aucune travée osseuse unissant les deux fragments ne sont visibles.
Pntervention le 28 novembre 1950 : Prélèvement d’un greffon sur l'os iliaque et mise en place de ce greffon à la face postéro interne du foyer de fracture. On laisse en place la broche.
Bon résultat immédiat constaté radiologiquement le 4 décembre 1950.
On se trouve à cette époque devant un foyer de fracture trois fois remanié et ayant présenté déjà une tendance nette