‹ De l'utilisation de la chloropicrine dans les opérations de dératisation et désinsectisationChapitre 7 sur 22 · MO DE · texte numérisé non relu

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à son extrême diffusibilité, il pouvait passer d’un local à l’autre par la moindre fissure, dans certains cas même, par des cheminées communicantes.

L'emploi de l’acide cyanhydrique demande donc un personnel tout à fait spécialisé.

On est obligé de lui adjoindre des gaz détecteurs ou même de déceler sa présence par des réactifs spéciaux (papier à la benzidine).

Son emploi est sévèrement réglementé en France : pour le traitement des navires, il est interdit sur le territoire du département de la Seine.

Il était donc intéressant de rechercher un gaz sans action sur les métaux, les dorures, les couleurs, les étoffes et, le cas échéant, les matières alimentaires, d’un pouvoir désinsectisant et dératisant aussi intense que celui de l’acide cyanhydrique et aussi facilement détectible que l’anhydride sulfureux.

LA CHLOROPICRINE

La chloropicrine, nitrométhahe trichloré, ou trichloronitrométhane, à l’état de vapeur, est le dernier en date des gaz utilisés pratiquement pour la destruction des rongeurs et la désinsectisation.

Les premières recherches en France furent faites par M. le Professeur Gabriel Bertrand, dans le but de trouver, parmi les substances agressives, suffocantes ou lacrymogènes utilisées pendant la Grande Guerre, un parasiticide agricole efficace, d’un emploi facile et nécessitant peu de main-d'œuvre.

La substance choisie fut la chloropicrine. Cette dernière, obtenue dans l’industrie avec un rendement élevé, d’une conservation et d’un transport facile, possède la plus grande activité.

De formule C < 4 NO?

la chloropicrine tire son nom de sa préparation initiale qui s’est effectuée en traitant l'acide picrique par le chlorure de chaux.

Ce procédé est un procédé industriel ; pratiquement on utilise l’action du chlorure de chaux sur l’acide picrique ou ses résidus de fabrication.

Elle ne diffère du chloroforme que par la substitution d’un groupe nitré NO?, à l'atome d'hydrogène.

Elle peut se préparer en faisant agir l’acide nitrique sur le chloroforme. | C CF (H) + NOH = HO + C CF (NO?)

C’est un liquide incolore, assez réfringent, très mobile, de densité : D — 1,666 à + 16° ; de point d’ébullition : + 112°5 à 766% de Hg ; d’une très forte tension de vapeur : 30 5 à + 15°

Elle est peu soluble dans l’eau qui en dissout seulement 1 gr. 65 par litre à + 18°, par contre elle se dissout facilement dans l’alcool et dans l’éther.

A l’état de grande dilution dans l’air, elle possède une odeur légèrement aromatique ; plus concentrée, elle devient rapidement irritante pour les yeux et les voies respiratoires. Son pouvoir lacrymogène se fait sentir à des concentrations bien inférieures aux concentrations dangereuses ; la sensation douloureuse apparaît tout d’un coup assez forte et n’augmente que lentement d'intensité si l'on prolonge le séjour dans l'atmosphère irritante. À doses égales, la sensation de picotement et les larmes apparaîtraient un peu moins vite la matinée que l'après-midi.

Malgré ses propriétés lacrymogènes et suffocantes, la chloropicrine est d’un maniement aisé.

Elle est conservée et transportée facilement dans des récipients de fer ; on peut la transvaser en plein air sans utiliser la protection d’un masque ; sa faible solubilité dans l’eau permet de l’aspirer avec une pipette, si l’on a eu soin d'introduire tout d’abord une certaine quantité d’eau dans cette dernière.

Un masque de guerre A. R. S. cartouche S, ou un Tissot assurent une protection efficace contre les vapeurs de chloropicrine.

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