ASGER SE
du sang fut inoculée à l’urètre. L'inoculation ne réussit que trop bien, le gonocoque ayant paru exalter sa virulence dans le sang. En effet, il ne se développa pas seulement une urétrite blennorragique intense : douze jours après l’inoculation, violent frisson, ascension thermique à 40°; dans le poumon droit, sur la ligne axillaire antérieure, on entend un souffle bronchique faible et râles crépitants fins. Cœur normal: Crachats abondants muco-purulents et légèrement striés de sang. Puis douleurs articulaires, synovite de l'extenseur commun des orteils conte-
nant des gonocoques. Guérison.
Opservarion IX (Coromgini, 1896) Infection gonorrhéique généralisée
Examen du sang. — Le 20 août, le bras droit est bandé et le pli du coude soigneusement désinfecté. 4 centimètre cube de sang est aspiré de la veine médiane basilique avec une seringue de Pravaz stérilisée. Le 27, 1 centimètre cube de sang est prélevé à la veine médiane basilique aveeles mêmes précautions que précédemment. Les préparations microscopiques sont soumises à plusieurs colorations et notamment aux couleurs d'aniline ‘usuelles et à la méthode de Gram, avec ou sans coloration consécutive à l’éosine et au brun de Bismark. Dans aucune préparation (à l'exception d'une préparation de sang prélevé le 27 août) on ne peut conclure à la présence du gonocoque. é
Cultures. — On ensemence sur les milieux appropriés. On se sert de gélose-urine, préparée en mélangeant de la gélose neutre ou légèrement alcaline (2 pour 100 d'agar et 1 pour 100 de peptone) avec une partie d'urine stérilisée recueillie aseptiquement. On se sert aussi de géloseascite selon la méthode de Kiefer. On emploie uniquement des boites de Pétri, On ensemence le sang en le versant simplement en couche assez épaisse sur le milieu. Toutes les boîtes furent maintenues à l'étuve à 36°. On n'observe au bout de vingt-quatre heures ni plustardaucun développement dans celles ensemencées avec le sang de la première prise. Par contre, on obtient un résultat positif avec Le sang de la deuxième prise.
Les colonies sont punctilormes; on voit sur la surlace du milieu de
te
nn
nombreux points isolés, transparents, comme des gouttes de rosée. Au bout de quarante-huit heures, les lignes et les gouttes ont un peu augmenté d'épaisseur et de largeur; ces dernières à jour frisant sont encore transparentes avec des bords surélevés. On voit très nettement les formes fragmentés de Wertheim, surtout au centre des colonies. Ainsi se comportent les boîtes d’agar-ascite. Dans celles de gélose-urine, le développement des colonies est moins exubérant et leur nombre est plus petit; cependant les quelques colonies qui poussèrent, qui avaient un aspect ferme, jaune, avec les bords découpés et étaient parcourues de fissures, atteignent avec le temps un plus grand développement que les autres. :
Il faut remarquer l'apparition rapide de formes dégénérées en vingtquatre heures. Déjà à ce moment on trouve des formes qui se colorent mal.
Pas d’autres micro-organismes que le gonocoque ne poussèrent, sauf dans deux boîtes où il y eut des contaminations.
Comme le sang avait été importé en assez grande quantité sur le milieu de culture et que les colonies poussèrent en partie dans lesang, elles ne présentèrent pas tout à fait tous les caractères des colonies gonococciques. Mais elles prirent ces caractères après avoir été transplantées au bout de quarante-huit heures. sur gélose-ascite et géloseurine. De ce deuxième ensemencement on voit en vingt-quatre heures apparaître de nombreuses colonies de deuxième génération, semblables à celles du pus. On les réensemence pour la troisième fois sur de nouveaux milieux ; les colonies obtenues sont identiques; elles sont formées d’un diplocoque ayant tous les caractères du gonocoque.
On les inocule à un urètre humain. Le sujet n’a jamais eu de blennorragie. En deux jours se développe une urétrite typique plutôt intense.
OBsERvATION X (THAYER et LAZEAR)
Septicémie gonococcique avec endocardite.
J. K..., âgé de dix-neuf ans entre à l'hôpital le 5 février 1896. Examen bactériologique pendant la vie. — Le 22 mars, des cultures
sont faites de la façon suivante : 2 centimètres cubes de sang sont pris
CSD
à la veine médiane basilique par une seringue hypodermique stérilisée par l’ébullition, la peau est stérilisée autant que possible et toutes les précautions antiseptiques sont suivies. Le sang est incorporé à 4 ‘centimètres cubes de gélose fondue, et le tout coulé et solidifié dans une boîte de Pétri. On la maintient à 35°. Au bout de vingt-quatre heures, pas de colonie visible. Au bout de quarante-huit heures commencent à apparaitre des colonies deux fois plus petites que des têtes d’épingle, granuleuses et à bords irréguliers. Elles sont formées de cocci arrangés par paires; ils ressemblent à des biscuits ou à des haricots, se regardant par leurs faces plates. Ils se/colorent bien par les réactifs basiques ordinaires et se décolorent par le Gram. Par repiquage en surface sur gélose-sérum humain, il se développe un grand nombre de colonies pareilles, formées de diplocoques ayant les mêmes caractères. Par repiquage sur gélose ordinaire, il pousse quelques fines colonies du même diplocoque. Sur gélatine-sérum de bœuf et bouillon, rien ne pousse. Au bout de dix jours, tous les micro-organismes meurent.
Les 24% et 25, un ensemencement semblable est fait, et chaque fois il poussa en culture pure des diplocoques, se comportant de la même façon au point de vue de la coloration et de la culture sur les différents milieux.
Examen après la mort. — Les préparations faites avec les végétations valvulaires montrent un grand nombre de diplocoques se décolorant par le Gram.
On ensemence le sang du cœur : sur sérum de Léœæffler préparé avec du sang de bœuf, du sang de chien, sur gélose. Pas de colonies. Les valvules et le sang ensemencés sur des tubes de sérum humain fournirent des colonies délicates, conîluentes, et d’autres petites, punctiformes, grisâtres et blanchâtres, légèrement surélevées. Au microscope, ces colonies se montrèrent formées de diplocoques ne prenant pas le Gram et ressemblant en (out, saui peut-être en ce qui concerne leur faible développement, aux micro-organismes isolés pendant la vie.
Les
Ogservarion XI (Renou et Hazcé, 1897)
Endo-péricardite blennorragique.
Examen du sang pendant la vie. — Après avoir pris les précautions ordinaires (lavage de la peau au sublimé et à l’alcool) on retire 4 centimètre cube de sang de la veine médiane céphalique. L'examen sur lamelles ne montre pas d'organismes.
Les ensemencements faits sur six tubes de Wertheim, dont le liquide est ensuite réensemencé au bout de vingt-quatre heures sur d'autres tubes ne donnent lieu à aucun développement.
Aussitôt après la mort, une pipette dirigée vers l'oreillette gauche ramène du sang très noir contenant un nombre considérable de leucocytes. Malgré de nombreux examens sur lamelles faits le jour même et au boutde 12heures d’étuve, malgré un ensemencement trèsabondant fait sur une vingtaine de tubes propres au développement du gonocoque, il a été impossible de déceler aucune espèce d'organisme dans ces liquides. Les ensemencement anaérobies sont également restés stériles.
Recherches au moment de l'autopsie, faite vingt-trois heures après la mort. — On prélève du sang du ventrieule gauche. Examiné sur lamelle on ne constate aucun organisme. Il n’est pas réensemencé.
Végétations aortiques : Les examens sur lamelle de petits fragments de végétations écrasées montrent après coloration des organismes abondants semblant appartenir à une seule espèce microbienne et formés de cocci et de diplococci, ne gardant pas le Gram et ayant tous les caractères du gonocoque.
D’autres frottis avec des fragments des caillots montrent quelques diplocoques offrant les caractères du gonocoque.
Cultures. — Des fragments de végétations aortiques sont ensemencés dans des tubes d’agar-ascite de Wertheim par dilution successive. Les tubes à semence très dilués réstent stériles. Les autres montrent au bout de vingt-quatre heures des petites colonies qui le lendemain offrent tous les caractères des colonies de gonocoque : en assez petit nombre sur chaque tube, quinze à vingt environ. L'examen des colonies, les réensemencements sur différents milieux, l'aspect des organisme permet-
n OA QE rene APTE