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Gouget (1895) obtient deux épreuves négatives avec du sang prélevé par piqûre sur l'index gauche d’une malade atteinte d’arthrite blennorragique et de phlébite de la saphène interne.
Wertheim, la même année, voit des gonocoques dans les capillaires veineux d’une vessie atteinte de cystite blennorragique ; aucun de ces microbes ne se trouvait dans les artérioles.
À la même époque, Thayer et Blumer font paraitre, dans les Archives de médecine expérimentale, l'observation d’une femme de trente-quatre ans présentant les signes généraux et locaux d’endocardite ulcéreuse à forme seplicémique. La mort survint au bout de trois semaines. Des prises de sang furent faites durant la vie qui donnèrent un résultat positif.
En 1896, Griffon dans la Presse médicale et Nannotti dans Il Morgagni citent deux examens négatifs au point de vue de la présence du gonocoque dans le sang. Pour le premier, il s'agissait d'un enfant présentant une ophtalmie purulente ; pour le second, d’une femme atteinte de rhumatisme blennorragique avec souffle mitral systolique. Des milieux de culture ne furent ensemencés que pour le cas de Griffon.
Vers le milieu de cette année, Marcel Sée soutient sa remarquable thèse sur « Le gonocoque » devant la Faculté de Paris. Il n'apporte aucun fait personnel nouveau pour le sujet qui nous occupe: il se contente de citer certains cas et de les critiquer. Mais devant les nombreux résultats négatifs obtenus jusque-là il ne nie pas, comme Bose, la possibilité du passage de l’agent pathogène blennorragique dans le sang. « Le fait n’a rien qui doive surprendre, nous dit-il, étant donnée la difficulté qu'on a à retrouver dans le sang les microbes qui y passent le plus certainement. »
Lesser, le 14 juillet 1897, rapporte à la Société de médecine berlinoise un cas positif obtenu par Welander : une culture à la cinquième génération, obtenue avec le gonocoque retiré du sang, fut inoculée dans l’urètre d’un individu indemne de blennorragie; il en résulta une blennorragie qui se compliqua d’arthrite et de synovite, dans l’exsudat desquelles on retrouva le gonocoque.
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Jullien el Sibut ont trouvé extemporanément des microbes spécifiques dans le sang retiré de la veine médiane céphalique chez une femme atteinte de vaginite gonococcique avec complications arthritiques et cardiaques, fièvre intense et albuminurie.
Cette même année, Ahmann présente le cas d’un jeune homme de vingt-deux ans atteint de rhumatisme blennorragique avec épanchement dans la gaine des tendons du muscle tibial gauche, Une ponction de cet épanchement fit constater la présence de gonocoques. On retira un peu de sang d’une veine du bras droit au moment d'un frisson. L’ensemencement fournit des cultures qui, à la cinquième génération, purent reproduire chez un autre sujet n'ayant jamais eu de blennorragie une urétrite qui se compliqua de cystite, épididymite, prostatite, synovite et pleurite blennorragiques.
Keller, ayant recueilli chez un malade du sang dans le ventricule droit, ne put obtenir aucun résultat positif.
Verzhbitski, médecin à l'hôpital militaire de Skermevitzy (Russie), prétend qu'ayant rencontré parfois dans le sang gonorrhéique des cocci à l’état de diplocoques, il ne peut prouver que ce sont là de véritables gonocoques, et qu'ayant fait 50 préparations colorées par le mélange luchsine phéniquée-bleu de méthylène à saturation, il n'a jamais rencontré l'agent spécifique.
Rendu et Hallé, à la séance de la Société médicale des hôpitaux de Paris, en novembre 1897, présentent l'observation d’une femme atteinte de métrite blennorragique et d’endo-péricardite. Des prises de sang faites pendant la vie et à l’autopsie donnèrent un résultat négalif, alors que les végétations de l’endocarde ensemencées donnèrent des colonies de gonocoques.
L'année suivante parait le travail de P. Colombini : « L'étude bactériologique et expérimentale d’un cas remarquable d’infection gonococcique généralisée », dans lequel il est question d’un homme atteint de blennorragie compliquée d’épididymite et de parotidite suppurée. La présence du gonocoque ayant été constatée dans le pus de l’urètre, des abcès du scrotum et de la parotide, on préleva du sang dans la veine du bras qui, ense-
mencé, ne donna rien la première fois, mais cultiva à la deuxième reprise. La culture de la troisième récolte inoculée dans l’urètre d’un autre sujet provoqua en vingt-quatre heures les symptômes de la même maladie.
F. Guiard fait paraitre son Traité sur les complications de la blennorragie, dans lequel, après avoir parlé rapidement de quelques observations, il entrevoit la possibilité de nouvelles observations plus démonstratives : « Il semble prouvé dès maintenant que le microbe spécifique peut exister dans le sang et il
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est probable que de nouvelles observations ne tarderont pas à fournir d’autres confirmations de plus en plus nettes. »
Dans son article du 12 avril 1899, sur les « Manifestations spinales d’origine blennorragique », Boinet rapporte qu'il a prélevé du sang de la veine du pli du coude vingt-quatre heures avant la mort d’un malade. L'examen bactériologique n’a pas montré le gonocoque, mais seulement le bacille pyocyanique.
Hon!l obtient un résultat positif avec le sang d’un homme atteint de blennorragie et d’endocardite consécutive.
Berg, dans le Medical Record du 29 avril 1899, cite l’histoire d'un homme entré à l'hôpital du mont Sinaï pour fièvre élevée et palpilations de cœur. Douze jours avant son arrivée, il avait contracté une blennorragie. On porte le diagnostic de pyélonéphrile; on relève un souffle systolique à la base du cœur avec absence du second bruit. Le malade meurt dans le coma. Des ensemencements faits pendant la vie avec le sang puisé à la veine médiane céphalique ef, de suite après la mort, au cœur ne donnèrent pas de résultat.
Sydney Thayer et Lazear citent deux cas : l’un atteint de rhumalisme blennorragique avec sténose mitrale, dont le sang, pendant la vie, donna des cultures d’un diplocoque en biscuit décoloré par le Gram et non cultivable en milieux usuels; l’autre, avec complications cardiaques et articulaires, des cocci ayant été trouvés dans Îles exsudals pleuraux et péricardiques, fournit un sang qui, pris lrois jours avant la mort, donna aussi des cultures de diplocoques.
Le 26 août de la mème année, Rodolphe Panichi fait la com-
munication (all Academia medicofisica fiorentina) de « Deux cas de gonococcémie ». Dans ces deux cas, il s'agissait de sujets atteints de blennorragie aiguë avec complications articulaires dans les genoux et les pieds, le tout accompagné de fièvre. Pour ces deux malades, il put obtenir des cultures présentant tous les caractères des cultures du gonocoque et dont des réensemencements successifs purent donner encore des résultats positifs.
Il a institué aussi des recherches sur d’autres malades ayant des arthrites multiples, mais à forme chronique, et, dans ce cas, il n’a jamais pu déceler la présence du gonocoque, sauf une fois dont le résultat fut plus douteux ; de mème, il n’a pu réussir à observer directement cet agent pathogène dans lé torrent circulatoire, non plus qu’à reproduire la maladie chez l’homme sain en lui inoculant les cultures obtenues. L'auteur conclut que ce n'est qu'à la période aiguë des lésions métastatiques que les microbes de Neisser pénètrent dans le sang.
Bjelogowy communique, dans la Polnitche Gazette de 1899, l'observation d’un paysan entré à l'hôpital pour une épididymite blennorragique. Des palpitations et de la douleur précordiale survinrent quinze jours après. Le malade succomba à la suite d’une endocardite. L'examen bactériologique du sang montra la présence du diplocoque et des cultures furent obtenues.
A la séance du 1° juin 1900 de la Société d’obstétrique, de gynécologie et de pædiatrie de Paris, Doléris cite le cas d’une femme enceinte de six mois qui succomba de pleuro-pneumonie. De nombreux abcès du poumon contenaient le diplocoque de Neisser. Le sang examiné à son entrée à l’hôpital et celui prélevé pendant la période agonique au niveau de la veine basilique présentèrent des gonocoques légèrement déformés.
La même année, Charvet et Lesieur, internes des hôpitaux de Lyon, font paraitre dans la Province médicale une observation d’endocardite blennorragique avec hémiparésie du côté gauche et semi-anesthésie transitoire. Du sang prélevé durant la vie ne donna pas un résultat positif au point de vue de la
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présence du coccus blennorragien. Bertrand, à Anvers, signale deux cas démonstratifs de la présence du gonocoque dans le sang de blennorragiens. Prochaska, en 1901, a fait l'examen du sang chez un homme qui, au cours d’une blennorragie, fut pris de fièvre élevée avec tuméfaction des articulations. Le résultat fut négatif, ainsi que celui de l'examen du liquide contenu dans le cœur, cet homme ayant succombé au bout d'nne quinzaine de jours d’endocardite ulcéreuse. Mais le même auteur, dans deux autres cas d'infection gonococcienne avec symptômes généraux légers (arthrite sterno-claviculaire dans un cas, arthrite de la hanche et iritis sans conjonctivite dans le deuxième), dit que l'examen du sang fait pendant la vie donna un résultat positif.
La même année, Unger obtint lui aussi un résultat positif en ensemençant du sang d’un homme de dix-huit ans qui présenta, à la suite d’un traumatisme au niveau de la hanche gauche, puis, plus tard, à la racine de la cuisse correspondante, des phénomènes douloureux, le tout accompagné de fièvre. On constata un souffle systolique à la pointe du cœur et diastolique à l’orifice aortique. L'examen de lurètre fit connaitre un cul-desac, situé à 1 centimètre de profondeur, contenant une sécrétion riche en gonocoques.
M. Sabrazès, dans la Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Bordeaux, du 2 février 1902, dit à propos de l’observalion d'Unger: « On sait que le bacille d’Eberth, le bacille de Koch peuvent se rencontrer dans le sang des malades beaucoup plus souvent qu’on ne le croyait il y a quelques années. Pour déceler le bacille d’Eberth, par exemple, il est indispensable d’ensemencer plusieurs centimètres cubes de sang dans une assez grande quantité d'un milieu nutritif liquide. De même pour le gonocoque ; on crut tout d’abord qu'il restait cantonné dans les voies génitales ; puis on le trouva dans des complications éloignées de la blennorragie — arthrites, endocardites, etc. On est arrivé, en suivant la méthode rappelée ci-dessus, à le dépister dans le sang de la circulation générale, pendant la vie. Ernst Unger, en incorporant 10 centimètres cubes de sang puisé dans la veine du coude à un milieu nutritif liquide
approprié, a obtenu des cultures positives de gonocoque, dans un cas de polyarthrite rhumatismale produite par ce micro-organisme. Ces germes, apportés par voie sanguine dans les organes favorables à leur fixation et à leur culture sont la cause déterminante des complications de la gonococcie. »
Barbiani, en 1902, a pu constater la présence du gonocoque dans le sang extrait d’une veine chez un diabétique atteint de rhumatisme blennorragique généralisé fébrile, accompagné d’érythème polymorphe. Oro, la même année, a examiné le sang pris dans la veine de sujets blennorragiques et l’a cultivé sur les milieux appropriés. L'examen a été négatif dans 35 cas d’urétrite antérieure datant de trois à soixante jours et n'ayant subi aucun traitement, dans 12 cas d’urétrite totale subaiguë dont le traitement avait été suspendu depuis quatre jours, dans 3 cas d’urétrite postérieure, dans 4 cas de gonorrhée avec abcès péri-urétraux dus à des associations microhiennes, dans 1 cas d’urétrite subaiguë avec inflammation phiegmoneuse du pénis exclusivement de nature gonococcienne, dans 4 cas de blennorragie subaiguë avec adénite inguinale droite suppurée à gonocoque. L'examen a été positif une fois, le sang ayant été pris à distance sur 3 cas de blennorragie avec rhumatisme aigu.
Dans sa thèse soutenue à Zurich en 1902, Diggelman donne 3 observations de polyarthrites avec prise et ensemencement du sang. Le résultat fut positif pour les trois.
Harris et Johnson publient à la même époque le cas d’un nègre de vingt ans entré le 18 septembre 1901 au John Hopkin’s Hospital. Le malade, dix semaines après sa deuxième infection blennorragique, est pris d’un frisson violent, avec des maux de tête, vertiges et prostralion générale. Les frissons continuent pendant une semaine, survenant deux fois par jour. Le douzième jour de la maladie on constate un souffle systolique à la pointe. Le 18 octobre, le malade tombe dans le coma et meurt. Cinq prises de sang avec ensemencement furent pratiquées, une fois on obtint des colonies de diplocoques ne prenant pas le Gram.
Silvestrini, en 1903, dit avoir obtenu aussi un résultat positif avec le sang d’un individu amené à la Clinique de Florence et soigné pour polyarthrites, endocardite et seplicémie grave d’origine blennorragique. Dans un cas de pneumonie survenu au déclin d'une gonorrhée, Bressel (1903) a ensemencé du sang au quatrième jour de l'infection pulmonaire ; il obtint une culture pure de gonocoque; ayant fait quelques jours après une nouvelle prise, le sang se montra stérile. |
Krause en 1904 fait paraître deux observations, l'une ayant trait à un homme atteint de blennorragie récente, compliquée de rhumatisme avec fièvre. A l'autopsie, l'examen microscopique décela la présence du gonocoque dans le pus des foyers broncho-pulmonaires. Deux prises de sang pendant la vie avec ensemencement donnèrent un résultat positif. Dans le second cas, se rapportant à une femme récemment accouchée présentant de la fièvre, des douleurs articulaires et un pyosalpinx gonorrhéique double, deux prélèvements de sang firent constater une seule fois la présence du gonocoque dans une culture au bout de quarante-huit heures.
De même, Withington et Horder, obtiennent dans deux cas d’endocardites des cultures qui confirment lPhypothèse de la nature gonococcique de laffection.
A la séance du 30 juin 1905 de la Société médicale des hôpitaux, Widal et Faure-Baulieu rapportent lobservalion d'un jeune homme de dix-sept ans présentant des arthropathies aux deux genoux à la suite d’une blennorragie et qui mourut trentequatre jours après d'endocardite. Du sang prélevé seize jours avant sa mort donna une cullure pure de gonocoques. Ce microbe n’a plus été retrouvé dans les prises faites le lendemain, puis neuf et treize jours après.
M. Achard dans la même séance dit avoir trouvé le gonocoque dans le sang chez un jeune homme atteint de gonorrhée avec arthropathies, fièvre el purpura.
A la même époque, Grixoni publie le cas d’un homme ayant presenté durant plusieurs mois de la fièvre à accès d'abord intermittent quotidien, puis récurrent, loujours précédé de
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frissons. L'examen du sang décela la présence du gonocoque chaque fois que le prélèvement avait lieu au cours des accès et jamais dans les intervalles. Prochaska, en 1905, fait paraitre six observations dans chacune desquelles fut fait un prélèvement de sang qui, ensemencé, donna des colonies typiques de gonocoques. Dans le premier cas, il s’agit d’un homme qui, en avril 4901, éprouva des douleurs dans les articulations des genoux et une enflure des ganglions de l’aine. Pour le second et le troisième, la prise fut faite sur des blennorragiens avec rhumatisme. Le quatrième succomba à une endocardite ulcéreuse, le cinquième à une méningite cérébro-spinale. La dernière observation a trait à un blennorragien chez qui, au mois d'avril 1904, on fit une ponction pleurale. La sérosité fut ensemencée et donna également des cultures de gonocoques, tandis que l’inoculation d’un cobaye resta négative au bout de quatre semaines (on sacrilie l'animal à cette époque), l'animal inoculé ne présentant aucune lésion.
Wynn rapporte, dans The Lancet de 1905, deux cas où l’analyse du sang fut pratiquée. Un jeune homme fut admis à l'hôpital de Birmingham pour abcès dans la hanche droite. On constata un léger écoulement muco-purulent de l'urètre. Le sang de ce malade contenait le micro-organisme de Neisser. Dans la seconde observation, un homme est amené dans le délire et fait durant son séjour à l’hôpital un abcès de la parotide. L'examen du sang fut négatif pendant la vie et positif une heure après la mort, ainsi que celui du pus provenant de la parotide.
Thayer la même année publie deux observations, l’une où à l’autopsie on porta le diagnostic suivant: endocardite aortique aiguë avec ulcération des valvules; splénomégalie aiguë avec infarctus anémique; néphrite aiguë diffuse; dégénérescence du myocarde et œdème des poumons; légère cirrhose du foie : pleurésie chronique adhésive; cystite. Le sang ensemencé fournit des cultures de diplocoques décolorés par le Gram.
Il en fut de mème pour son second malade admis au mois de juillet 190% au John Hopkin’s Hospital. Le résultat positif obtenu par l'examen des cultures fit porter un diagnostic ferme alors
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qu'il était resté hésitant entre une septicémie gonococcique et une fièvre typhoïde. Ce cas est intéressant, car le sujet ayant présenté des symplômes généraux, aucune localisation secondaire ne se produisit.
En résumant cet historique, on voit que les recherches peuvent se classer en trois phases qui correspondent, comme nous le verrons au Chapitre IT, à des procédés et à des milieux de culture différents :
De 1872 à 1894, les’ auteurs ne contrôlent pas leurs résultats par des milieux de culture ; aussi le doute est permis sur le diagnostic de gonocoque porté par les observateurs.
De 1894 à 1896, les milieux de culture sont encore incertains et en ne comptant que les cas où il est fait mention d’ensemencement on trouve trois cas positifs et quatre négatifs.
De 1896 à 1906, les auteurs ont hbumanisé de plus en plus leurs milieux et l'emploi de divers sérums, et principalement de sang et de liquide d’ascite, devient général. La technique se précise aussi et au lieu de prélever le sang par simple piqüre des veinules des extrémités, la prise a lieu sur une veine à courant plus abondant.
Tous les résultats positifs obtenus l'ont été sur des cas de blennorragie avec complications ou symptômes généraux. Les recherches faites à propos de simples uréthrites blennorragiques n’ont abouti qu'à des insuccès.