CHAPITRE II
Historique des constatations de la présence du gonocoque dans l’endocarde
À côté des recherches qui ont été faites directement sur le sang, nous avons cru utile de faire mention, comme corollaire au chapitre précédent. des cas d’endocardiles qui ont été observées et chez lesquelles le gonocoque à pu être montré soil dans des préparations faites avec lenduit de lendocarde, soit dans des cultures ensemencées avec des thrombus ou des végélations valvulaires. N'est-ce pas, en effet, une preuve indirecte de la présence du gonocoque dans le sang que cette constatation de son arrêt dans l'organe moteur du système circulatoire.
Depuis 1854, de nombreux cas d’endocardiles blennorragiques sont signalés, mais il faut arriver à celui de Martin, en 1882, pour trouver un examen bactériologique. Weckerlé (1886) cite l'observation d’une femme morte de rhumaltisme blennorragique: à l'examen microscopique, les végétations valvulaires, le myocarde contenaient des coccis nombreux, en chaine ou en amas: mais comme ces deux auteurs n’ont fait ni Gram, ni cultures, le doute est plus que permis.
L'année suivante, Weichselbaum constate la présence dans l’enduit valvulaire de quelques coccis, groupés en général par deux, les faces adjacentes étant aplaties. Les cultures sur gélose ne donnent qu'un résultat négatif. Sur les coupes des végétations se voient, autour de la perte de substance, des coccus peu nombreux. Dans les espaces où existent des leucocytes, les coccus sont intra-cellulaires et se décolorent par le Gram, mais
incomplèltement:; ils restent colorés si on diminue légèrement le temps de la décoloration. Weichselbaum lui-même pense que l'infection est mixte et qu'à côté du gonocoque se trouve le streptocoque,
Gluzinski rapporte en 1869 une observation d’endocardite ulcéreuse où des microbes ayant la forme de gonocoques furent trouvés sur les valvules et His en 1892 celle d’un homme qui atteint de blennorragie présente une éruption roséolique et purpurique généralisée ; quelques jours après, une hypertrophie du cœur est constatée avec souffle systolique à la pointe; la mort survient dans une syncope. A l’autopsie: thrombus mou, situé à la pointe du cœur; dilatation cardiaque ; endocardite ulcéreuse des valvules aortiques. Dans les parties malades de la valvule, on trouve à l’aide de la fuchsine phéniquée de nombreux cocci. ressemblant beaucoup au gonocoque par leur structure et leur grosseur, et décolorés par la méthode de Gram.
Finger pense que le micro-organisme observé est bien le gonocoque contrairement à His qui ne croit pas ce diplocoque capable de déterminer une endocardite ulcéreuse.
Wilms (1870) relate l'observation d’un homme qui, trois semaines après une seconde infection blennorragique, est pris de rhumatisme articulaire avec frisson et fièvre et peu de jours après d'insuffisance aortique. L'examen microscopique des végétations valvulaires montra de nombreux coccus disposés par deux, excavés sur leurs faces adjacentes et ne prenant pas le Gram. L'auteur, de même que His, refuse de porter le diagnostic de gonocoque, s'appuyant pour cela sur ce que les complications, exceptés les faux abcès péri-urétraux, sont dues à des infections secondaires. Finger rejette cette raison et fait du microbe de Neisser l’auteur de cette infection.
Leyden constate de même dans un cas d’endocardite ulcéreuse des gonocoques dans les valvules malades. Malheureusement il ne fut pas fait de cultures. Dans The American Journal of med. Se. de septembre 1893, Councilman rapporte avoir fait des coupes du cœur chez un homme mort d’arthrites blennorragiques compliquées de myocardite et d’endocardite. Des diplo-
coques se décolorant par le Gram furent constatés. L'auteur ne put à temps faire des cultures. Le cas de Golz est très incomplet et le doute est permis. Il s’agit de la constatation de coccus dans les végétations des valvules pulmonaires d’un sujet atteint de rhumatisme blennorragique; mais l’auteur ne nous dit pas si la coloration par la méthode de Gram a 6t6 effectuée et si des cultures ont été ensemencées.
Winterberz (1894) a trouvé dans une observation analogue des diplocoques présentant les caractères du gonocoque.
L'année suivante, Finger; Ghon et Schlagenhaufer obtinrent dans lobservation dont nous avons déjà parlé à propos des recherches sur le sang un résultat positif, ainsi que dans le cas d’une femme de dix-huit ans présentant les symptômes d’une endocardite ulcéreuse aiguë avec embolie d’une artère fémorale. On connait le cas important signalé à la même époque par Thayer et Blumer et sa constatation du gonocoque sur les végétations de la valvule mitrale, et celui de Daubert et Borst paru en 1895.
A l’autopsie d’un sujet, Lœb trouve sur l’enduit des valvules aortiques de nombreux gonocoques. Le défaut de milieux appropriés l’empêcha de faire des cultures.
En 1896, Michaelis, au sujet d’un malade atteint de blennorragie et ayant succombé avec tous les symptômes d’insuffisance, cardiaque, nous rapporte que « lexamen microscopique des végétations valvulaires démontra la présence de nombreux gonocoques. Les caractères de ces micro-organismes sont démontrés par la forme des diplocoques, leur position à l'intérieur des cellules, leur décoloration par la méthode de Gram, leur manière de se comporter vis-à-vis de l’action de l'alcool. L’ensemencement des dépôts valvulaires a donné des résultats négatifs. Tous ces caractères prouvent bien qu’on avait affaire à une endocardite à gonocoques. Les résultats des cultures étaient négatifs parce que les gonocoques sont très sensibles aux variations de la température et les micro-organismes ayant séjourné pendant vingt-quatre heures dans le cadavre ont perdu leurs propriétés vitales. Mais pour être sùr qu'on à
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affaire à des gonocoques, on n'a pas besoin de cultures. Les résultats négatifs obtenus par l’ensemencement sur différents milieux nutritifs, joints aux autres propriétés caractéristiques du gonocoque, assurent le diagnostie. »
Dans la thèse soutenue à Paris en 1897 par Carageorgiadès, nous trouvons l'observation d’un ébéniste entré à l'hôpital pour tuberculose pulmonaire. Une semaine avant son admission, il avait contracté une blennorragie qui se compliqua peu après d’endocardite aortique ulcéreuse. L'examen du produit de raclage des végélations montre des diplocoques en grains de calé, libres ou inclus, ne prenant pas le Gram.
En Allemagne, la même année, Schmorl n'ose certifier que des diplocoques trouvés au niveau des valvules de deux individus soient réellement des gonocoques:; mais, par contre. Lenhartz trouva chez une fille de dix-huit ans, soignée pour écoulement vaginal et endocardite ulcéreuse des pulmonaires, de nombreux gonocoques dans des thrombus valvulaires. Leur nature fut cerliliée par l’inoculation dans l’urètre d’un malade in exlremis, qui, au bout de quatre jours, présentait une gonorrhée typique.
À la séance du 25 novembre 1897 de la Société médicale des hôpitaux de Paris, Rendu et Hallé rapportent le cas d’une femme de trente ans, entrée à l'hôpital pour métrite blennorragique. Mort au bout de six semaines à la suite d’une endo-péricardite, Les végétations aortiques ont donné par examen sur lamelles, sur coupes et par cultures, le gonocoque à l’état de pureté. k
Berg, en 1899, obtient un résultat positif à l'examen de
négatif.
Bjelogowy constata de même des diplocoques ne prenant pas le Gram sur le produit de raclage des valvules aortiques. Neisser et Caskey observent de même l’année suivante, dans des cas d’endocardite blennorragique avec fièvre, des microorganismes morphologiquement identiques au gonocoque sur les valvules du cœur.
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Lartigau, en 1901, publie l'observation d’un blennorragien chez lequel on constata un souffle systolique à la pointe et qui mourut dans le coma. Des coupes portant sur la valvule mitrale montrent des gonocoques typiques qui purent être ensemencés. De même, des cultures pures de gonocoques furent obtenues par Wasserman, avec des excroissances de valvules d'un homme mort de gonococcémie.
Enfin dans les cas d’endocardite (dont nous avons déjà parlé à propos des recherches sur le sang) de Harris et Johnston, de Krause, Widal et Faure-Beaulieu, Prochaska, Thayer, des gonocoques furent observés dans lendocarde et cultivés.
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