CHAPITRE IV
LA METHODE NUTRITIONNELLE
Le fait que la plupart des enzymes intervenant dans le métabolisme anabolique sont encore inconnues, a provoqué de nombreuses études concernant les facteurs de croissance. | |
Les facteurs de croissance, constituent les éléments les plus aisément influençables, la partie la plus accessible de l'équipement enzymatique des microorganismes.
Les travaux de KNIGHT (18), sur la croissance des bactéries en milieu synthétique avec bilan des métabolites, nous ont fait connaître de nombreux facteurs de croissance microbiens, en partie des vitamines, en partie des groupements prosthétiques de systèmes enzymatiques. 6
La recherche de leurs inhibiteurs permet indépendemment d'applications thérapeutiques, la discussion de l'hypothèse de William, selon laquelle certains de ces métabolites participent, vraisemblablement comme coferments, à des processus diastasiques vitaux.
Le rythme de la croissance des cellules de l’hôte étant habituellement plus lent que celui des microorganismes pathogènes, la recherche d’antagonistes de facteurs de croissance c. à d. d'agents bactériostatiques, peut conduire à des inhibiteurs presque dépourvus de toxicité à l'égard des cellules de l’hôte.
Si les enzymes respiratoires sont déjà mieux connues que celles intervenant dans la croissance, leurs inhibi-
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teurs sont souvent inutilisables en thérapeutique, du fait même de leur action nocive sur l'hôte.
La formule d’un métabolite, même lorsqu'elle a conduit à la préparation d’un antagoniste à propriétés bactériostatiques ne possède pas à elle seule le pouvoir d’expliquer l’activité de cet agent thérapeutique.
La démonstration biochimique des relations existants entre les sulfamides et l’acide P. A, B. n’est satisfaisante qu’en comparaison avec l’absence totale de connaissances sur le mode d’action des sulfamides.
Cette démonstration ne permet pas de se rendre compte du degré précis de bactériostase in vitro auquel correspond l'effet anti-infectieux in vivo.
D'autre part le pouvoir anti-infectieux d’un agent thérapeutique peut être annulé par une légère modification des substituants d’un noyau jusqu'ici réputé accessoire dans l’activité de la molécule.
Le N 1—3, 4-diméthylbenzoïl-sulfonamide (D), ou Irgafen, est le plus puissant agent anti-pneumococcique actuellement connu. GEIGY (19).
Hi:
A MIN Ro : Les NS cH:
NERF LU) S0 ENTER 1) CH (p)
Irgafen
R Comme tous les sulfamide il se scinde in vivo, en sulfonamide qui est ensuite acétylé et en acide diméthylbenzoïque ; ce dernier corps est d’ailleurs inactif vis-à-vis du pneumocoque.
Or la substitution de l’un des groupements méthyle de l’acide 3, 4-diméthyl-benzoïque en position 2, fait passer l'activité anti-pneumococcique du Corps D de 100 % à 0 %.
Les acides 2,3 ou 2,4- -diméthyl-benzoïque, n'ayant pas les propriétés d’un métabolite, la littérature chimiothérapique s’enrichit d’un nouveau cas d’ espèce.