‹ De l'utilité des dérivations précordiales pour le diagnostic de l'infarctus du myocardeChapitre 11 sur 37 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

D... 43 ans. Chauffeur de taxi.

Antécédents : en 1920, pleurésie gauche ponctionnée.

Début : 25 janvier 1937. A 9 heures du soir, présente une série de petits frissons et un état nauséeux. Rentré chez lui vers 10 heures, ressent brusquement une douleur vive à l’angle de l’omoplate gauche. Plus tard la douleur disparaît du dos, mais réapparaît à la région précordiale : sensation de coup de couteau, sans irradiations. Cette douleur a persisté pendant toute la nuit avec une grande intensité, accompagnée d’angoisse, sensation d'arrêt du cœur, vomissements et diarrhée.

Le lendemain matin il souffre encore, mais moins, et il vient consulter à l'hôpital pour cette douleur. 26 janvier 1937. ,

A l’examen : pas de signes périphériques d’insuffisance cardiaque. Cœur tachycardie à 100, régulière. Bruits très sourds. Pas de souffle. Pas de frottement.

Li A:13 1/21: 9

Ortho : Cœur : normal. Aorte : normale.

L’examen électrocardiographique pratiqué environ douze

ET Pre

heures après le début montre (26 janvier 1937), fig. 2-A :

D-I : Complexes Q.R.S. écrasés. Pas de décalage de l’intervalle S-T. Onde T aplatie, presque invisible.

DIT : Complexes normaux.

D-IV : Décalage de l'intervalle S-T net de 2 mill. au-dessus de la ligne isoélectrique, englobant l’onde T.

D-V : Même aspect, le décalage est plus marqué de 2 mill. et 1/2. Les 3 D classiques, bien que montrant une onde T qui n’était pas normale, ne permettaient pas de se prononcer.

Par contre, les dérivations précordiales montraient un décalage de l'intervalle S-T, permettant de penser à un infarctus.

On conseille au malade de rester à l’hôpital, mais il ne peut pas.

Il revient le 27 janvier 1937. Les douleurs précordiales ont disparu, mais il se plaint d’une fatigue générale marquée.

À l'examen : on trouve la même chose que la veille, plus un galop. 7

L’électro présente un aspect caractéristique, fig. 2-B :

D-I : Complexes Q.RS. petits, élargis, crochetés. Onde T négative, pointue, profonde de 3 mill. et précédée d’un intervalle S-T curviligne, mais non décalé.

D-IT et surtout D-III : image en miroir de D:-I.

D-IV : Onde T invisible, englobée par un décalage en haut de l’intervalle S-T très net qui atteint 5 mil.

D-V : Même aspect, seulement l’onde T suit le décalage S-T, elle est négative, avec 2 mill. de profondeur.

Les altérations existent en D-I, mais elles se présentent dans les dérivations précordiales avec une netteté beaucoup plus grande.

Era

Pendant le séjour du malade à l’hôpital, on a fait les constatations suivantes :

À son entrée une poussée fébrile à 39° qui est tombée en lysis au bout de 8 jours.

Il a toujours présenté un galop.

La T. A. est restée autour de 12-8.

L'évolution électrocardiographique a été curieuse :

Du 29 janvier au 2 février. Les dérivations classiques montrent une image rappelant celle dite de « bloc de branche gauche », mais la dérivation IV montre toujours le même aspect antérieur : décalage S-T en haut de 4 mill., suivi d’une onde T négative.

Puis pendant quelques jours : les dérivations classiques montrent une onde T négative dans les 3 dérivations, seule la D-IV montre toujours le même aspect. Tracé du 4 février 1937. Fig. 3-A.

Dans la suite l’aspect des tracés dans les dérivations classiques revient à l’aspect du début : Onde T négative en D-I; positive en D-IIT; onde coronarienne persistant, bien que moins marquée qu’au début dans les dérivations IV ét V.

Le dernier tracé pris le 27 novembre 1937 montre, fig. 3-B :

D-I : Onde T aplatie.

D-IL et D-III : normales.

D-IV : décalage du segment S-T en haut de 1 mill. 1/2, suivi d’une T diphasique.

D-V : décalage de S-T en haut de 2 mill., suivi d’une onde T diphasique.

Bien que l’onde T soit anormale en D-I, les dérivations classiques ne permettent pas d'affirmer l’infarctus. Par contre, les altérations de l’onde T et du segment S-T sont

nettes en D-IV et D-V.

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En résumé, dans ce cas, les dérivations précordiales ont montré les altérations « caractéristiques >» avant les dérivations classiques. Elles ont été plus marquées et ont persisté plus longtemps.

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