ETAT ACTUEL DE LA QUESTION
Afin d'expliquer l’absence de toute anomalie électrocardiographique dans certains cas d’infarctus reconnus dans la suite par vérification anatomique, il est classique d’invoquer l'existence dans le myocarde de « zones silencieuses » dont les altérations anatomiques ne se traduisaient par aucune modification « caractéristique » des tracés. (Condorelli (8), Morawitz et Hochrein (47), Clerc (6).)
Les travaux modernes sur les dérivations précordiales, démontrant que celles-ci peuvent mettre en évidence des anomalies électrocardiographiques « caractéristiques », alors qu’elles sont insignifiantes ou absentes dans les dérivations classiques, ont permis à certain auteurs de dire que dans l’avenir on ne parlera plus des « zones silencieuses ». Les dérivations
précordiales employées systématiquement constitue-
raient donc la méthode par excellence pour dépister
ces infarctus méconnus par les dérivations classiques.
Dans l’enthousiasme des premières recherches, on a peut-être eu tendance à exagérer les mérites des dérivations nouvelles au détriment des dérivations classiques.
En effet, la leciure des publications soulève certaines réserves, comme l’a déjà fait remarquer Roth (56). Si, au lieu d’accepier les conclusions des auteurs, on analyse les cas et les tracés publiés, on se rend compte que certains cas sont démonstratifs, mais que, dans d’autres, on a forcé les faits. Ainsi, certains cas sont présentés comme si les dérivations précordiales seules avaient fourni la clef du diagnotie, les dérivations classiques ne montrant pas d'anomalies; or, en réalité, s’il est vrai que les nouvelles dérivations montraïent des altérations « caractéristiques » des tracés d’une facon très nette, il n’est pas moins vrai que les dérivations classiques montraient, bien que moins marquées, des altérations qui auraient permis de porter le diagnostic.
En outre, il existe une certaine confusion dans le critère d'interprétation des tracés. Ainsi, pour n’en citer qu'une, certains auteurs donnent comme une altération « caractéristique » de l’infarctus l’apparition dans les dérivations précordiales, soit de l’inversion de l’onde T en sens ‘contraire de la normale, anomalie pathologique, soit d’une onde T dirigée dans
et
le même sens que normalement, mais d’une plus grande amplitude (Wolferth et Wood (81), modification de valeur discutable.