OBSERVATION III
Louise N..., 26 ans, couturiere.
Les antécédents héréditaires ne nous apprennentrien. La malade est une nerveuse, elle a des crises de nerfs et des céphalalgies fréquentes. Il y a deux ans, la malade a eu une pleurésie, suivie d’une éruplion spontanée au niveau des ? poignets, et dont elle porte encore les traces. Mariée, elle a eu deux enfants, une fillette quia 7 ans et qui est bien portante ; une autre enfant mort en bas-âge de méningite, et il y a 3 ans, la malade a fait une faussecouche.
Le 23 mars 1900 la malade est apportée dans une salle du service de M. Hirz. Elle est dans un état d'abattement complet, répondant mal aux questions qu'on lui pose. E le est dans cet état depuis le IS mars, jour où elle eut une attaque (?) sur laquelle les détails manquent,
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Actüellement, cette femme bien constituée présente une paralysie complète du moteur oculaire commun avec mydfiase ét ptosis, à droite. La pupille ne se contracte pas à la lumiëre. Il semble ne pas y avoir de diplopie. Outre la paralysie de la 3° paire, il y a une parésie légère du côté gauche caractérisée par une certaine faiblesse de la main qui ne peut serrer la main qu'on lui tend et retombe inerte aussitôt qu'on l’abandonne À elle-môme. La malade marche en fauchant du pied gauche.
Les réflexes subsistent. La sensibilité est très difficile à apprécier et semble varier d’un instant à l’autre. La vue, l'ouie, le goût, sont intacts.
L’écat psychique de la malade est dominé par une dépression profonde qui la laisse absolument indifférente aux questions qu’on lui pose et qui doivent être répétées à plusieurs reprises et avec insistance pour avoir une réponse satisfaisante, La malade parle alors à voix basse en ouvrant trop largement la houche ce qui lui donne un facies grimaçant.
La parole est souvent interrompue par un tremble:
ment convulsif que d'ailleurs la malade présentait déjà avant son entrée à l'hôpital. Les idées sont nettes et logi: ques dans leurs associations.
La malade porte fréquemment ja main à son front, sé plaignant de fortes douleurs. Urines, pas d’albumine, pas de sucre. Traitement. Expectation.
24 mars. — La veille au soir, la malade a eu unë attaque d'épilepsie jacksonnienne localisée aux membres droits, du côté opposé à la parésie déjà indiquée.
Le traitement antisyphilitique est institué, Biiodure
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de Hg 1 centigr, en injection sous-cutanée, lodure de K 4 grammes.
25 mars. — La parésie du côté gauche s'accentue. Biiodure 1 centigr. Iodure de potassium 6 grammes.
26 mars. —Il existe du nystagmus transversal. Lorsque l'on fait marcher la malade, on constate de la latéro pulsion àgauche La dose d'iodure de K estélevée à 8 grammes, Biiodure de mercure 1 centigr.
28 mars. — Le pouls est à 114, la respiration 20-24. Il y a de l'incontinence d'urine. lodure de potassium 10 gr.
29 mars. — Même état. Iodure 12 grammes.
1° avril. — L'état psychique de la malade est invariable, la parésie est égale à celle des premiers jours. Les troubles circulatoires et respiratoires cent disparu, l’incontinence est totale. Iodure 15 grammes.
3 avril. — Même état. Mais au moment de la visite de son mari, la malade a semblé s'éveiller, elle lui a répondu; puis aussitôt son mari parti, elle est retombée dans le mutisme le plus absolu et dans son état de somnolence habituel. Jodure 18 grammes.
8 avril. — On a augmenté chaque jour la dose d'iodure de 2? grammes, de sorte qu'aujourd'hui elle en prend 30 grammes. La malade semble un peu plus éveillée, elle suit du regard les personnes qui passent devant son lit, la parésie n'a pas diminuce, nystagmus, l'incontinence est totale.
Le 9 avri!. — La malade a causé à ses voisines. 80 or. d'iodure. |
Le 10 avril. — La malade a demandé le bassin hier pour la première fois, légère escharre au sacrum, légers
mouvements du bras et de la jarabe. 30 grammes d'iodure. Le 42 avril. — L'amélioration est de plus en plus sensible au point de vue psychique, les mouvements aug-. mentent d'amplitude, la force renaît. Iodure 25 grammes, Le 15 avril. — La ptose de la paupière droite diminue. La malade est gaie, elle cause avec ses voisines. La malade s'améliore de plusen plus, tous les symptômes s’atténuent considérablement jusqu'au 23 avril, jour de sortie de la malade. Elle prenait encore à ce moment 15 gr. d'iode par jour. Elle a continué chez elle à en prendre 10 gr. par jour pendant 8 jours. Elle revient le 4 mai, marchant seul et librement, On supprime tout traitement,
OBSERVATION IV (Balzer)
L... Berthe, 20 ans, couturière, entre à l’hôpital de Loureine, dans le service de M. Martineau pour de l’uréthrite et de la vaginite blennorrhagique le9 novembre 1886.
Père et mère bien bien portants, six frères et sœurs encore vivants et bien portants, deux frères morts à l'âge de 3 ou # mois ; une sœur morte du croup à 9 ans, une sœur morte à 12 ans de péritonite traumatique consécutive à un viol ; un frère mort à 9 ane de méningite. Enfin la mère a fait 5 fausses couches.
La malade a eu la rougeole, la fièvre typhoïde à 13 ans et une fièvre muqueuse à 16 ans. Pas de gourme ni de maux de yeux dans l'enfance,
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Réglée à 15 ans, déflorée à 17 ans. Les règles sont venues régulièrement jusqu'à l'âge de 19 ans, époque où elle eut un enfant qui est encore bien portant,
En Août 1886, peu après la naissance de son enfant, la malade a remarqué des boutons au niveau des organes génitaux externes.
À son entrée à l'hôjilal, on lui trouve outre la vaginite et l'uréthrite blennorrhagique, des syphilides papuleuses hypertrophiques discrètes sur les grandes lèvres et dans la région anale ; sur la peau du tronc, éruption de syphilides papuleuses ct maculeuses ; polyadénite inguinale double, adénite cervicale et sous maxillaire.
Traitement. — Injection de peptone mercurique, puis liqueur de von Swieten, puis enfin iodure de potassium à la dose de 2 grammes.
Dans le courant de janvier 1887, la malade est prise d'une aphonie complète qui dura 3 semaines. Elle quitta l'hôpital le 28 février très améliorée. Une fois chez elle, la malade cessa tout traitement.
En septembre 1887, elle entre à l'hôpital Necker pour une fracture de jambe qui se consolide en 6 semaines. En même temps on lui fait prendre #4 grammes d’odure de potassium par jour pour des plaques muqueuses de la gorge.
Le 28 janvier 1899. — La malade entre à Lourcine dans le service de M. Balzer, on lui trouve alors une vaginite assez intense et les amydales fortement ulcérées. Elle se plaint de douleurs articulaires, de douleurs en parlant ; elle tousse et crache beaucoup. Elle à eu une hémoptysie 6 ou 8 mois auparavant.
Traitement: Sirop de Gibert, 10 pilules créosotées. Au
bout de ! mois, où remplace le sirop de Gibert par 4 puis 6 grammes d’iodure de potassium.
Mai 1889. — Il se produit une perforation de la voùte palatine siégeant sur la ligne médiane, .d'un diamètre de 45 millimètres environ. Au niveau de l’angle de la màchoire apparait une gomme de la grosseur d'une noix qui devient lisse, rouge, tendue, fluctuante.
La malade est très amaigrie, elle tousse, elle a de l’'enrouement,des sueurs nocturnes abondantes.La bouche est dans un très mauvais état et la gorge un peu ronge.
A l'auscuitalion on constale dans la fosse épineuse droite du retentissement de la toux et quelques craquements.
Traitement : Glycérine créosotée, injection d’éther iodoformé dans la tumeur gommeuse.
Au bout d'une vingtaine üe jours, la malade sort amcliorée, la gomme a disparu, il ne reste que la perforation. La malade ne se soigne pas chez elle.
= Août1889.— Gomme de lapartieinférieure de la cuisse gauche. 4 grammes d'iodure.
Le 16 juillet 1890. — La malade rentre dans le service de M. Balzer. Elle se plaint de douleurs dans la jambe droile et d’une céphalée violente. Il y a de la périostite des os du nez, perforations multiples du voile du palais, métrite, vaginite, un peu d’urétrite. Les règles n’ont pas paru depuis 15 mois.
Traitement : iodure, 6 grammes, puis 8, 10, 12 gr. au mois d'août, 2 cuillerées de glycérine créosotée.
2 août. — La malade présente un écoulement mucopurulent par les narines, ozène très marquée, on fait des
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injections d'eau boriquée dans le nez et on prescrit des prises d'acide borique dans le nez.
2 septembre. — La malade se plaint de douleurs dans les articulations de l'épaule, du coude et du poignet gauche et au niveau de Ja jambe gauche. A la face antérieure du poignet gauche, on remarque une tuméfaction allongée, fusiforme de la grosseur d’un œuf de pigeon, nettement . fluctuante. Cette tumeur est bridéc en dehors par le ten: don du grand palmaire et en dedans par le tendon du cubital antérieur. A la face postérieure du poignet, au niveau de l'extrémité intérieure du radius, on remarque une tuméfaction analogue : on porte alors à 15 grammes la dose d’IK à prendre en # fois dans la journée, sirop de Gibert 40 grammes.
15 octobre. — La malade continue à souffrir, surtout pendant la nuit de douleurs dans les jambes, on supprime le sirop de Gibert et on porte à 20 grammes la dose d’iodure.
8 novembre. — Les douleurs ont un peu diminuées, la malade se trouve mieux, elle a repris un peu d’embonpoint et son teint est redevenu rosé. Elle supporte très bien la dose de 20 grammes ; son appétit a même augmenté ; mais elle tousse encore fréquemment ; très peu d’expectoration. I! n’y a plus de sueurs nocturnes ; il n’y a pas eu de nouvelle hémoptysie. La voix est toujours enrouée, on trouve au sommet droit des craquements en arrière et du souflle caverneux en avant ; au sommet gauche, expiration prolongée en avant et en arrière. La tuméfaction de la partie postérieure du poignet a diminuée, celle de la partie antérieure persiste.