CHAPITRE II
Des différents modes d'exploration radiographique. Méthodes approximatives. Méthodes exactes.
Procédés d'exploration de la cavité orbitaire. Eiude des méthodes radiographiques.
Les rayons X jouissent de la propriété d’impressionner une plaque sensible et de rendre lumineux un écran fluorescent. Les ombres des corps étrangers interposés sur le trajet des rayons de Rœntgen peuvent donc nous être révélés de deux façons ? 4° Par la Radiographie, c’'est-àdire la fixation de ces ombres sur les plaques photographiques ; 2° Par la Radioscopie c'est-à-dire par Pexamen objectif de ces ombres projetées instantanément sur un écran recouvert de substance fluorescente. Nous allons examiner successivement ces deux modes d'exploration.
Mais avant de pousser plus loin cette étude, il est bon de se demander si tous les corps étrangers peuvent être révélés à l'examen radiologique. En d’autres termes, étant donné un corps homogène, plongé de toutes parts dans
une masse homogène et d'épaisseur uniforme mais de
nature dillérente, à quelle condition peut-on obtenir une image à l’aide des rayons de Ræntgen ?
La première condition, c’est que le corps étranger possède un degré de perméabilité aux rayons de Aœntgen différent en plus ou en moins de celui du milieu où il est plongé.
Cette perméabilité dépend de la nature du corps étranger et elle varie avec deux autres conditions secondaires, l'épaisseur du corps étranger et l'épaisseur du milieu dont il fait partie.
Aïnsi les corps métalliques sont les mieux révélés, mais des corps étrangers d’une autre nature peuvent être également décelés. M. Meslans a montré que le carbone et les composés qu’il forme avec l'hydrogène, l’oxygène et l'azote sont très transparents, mais que l'addition d’un métal ou d'un métalloiïde à ces corps organiques augmente leur opacité. Les éclats de verre peuvent être décelés, mais surtout quand on a affaire à du cristal à base de plomb.
M. Guilloz a pu constater que des parcelles de bois en particulier de bois très dur, peuvent être décelés dans des parties de faible épaisseur. Certaines pierres sont plus ou. moins perceptibles.
Enfin il est évident que l'exploration de la cavité orbitaire d’un enfant sera plus facile que celle d’un adulte, étant donné la faible épaisseur des os du crâne dans le jeune âge
Toutes les méthodes de radiographies peuvent être divisées en deux grands groupes : méthodes approximatives,
méthodes exactes.
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Méthodes approximatives
Le procédé le plus simple consiste à faire une seule radiographie. Nous savons ainsi s'il existe ou non un corps étranger. Mais une seule radiographie ne peut évidemment déterminer le siège exact de ce corps étranger. Tout ce qu'elle nous permet de dire, c’est que le corps étranger se trouve sur la ligne qui joint le centre d'émission des Rayons X à sa projection sur la plaque. La radiographie nous fait connaître les dimensions en hauteur et en longueur, mais non les dimensions en profondeur.
Pour tourner la difficulté, les auteurs des méthodes approximatives ont eu recours à d’autres moyens. On a cherché à suppléer à l'insuffisance d’une seule radiographie en prenant deux épreuves dans une position différente et en s’efforçant de placer l’ampoule et le corps étranger sur une perpendiculaire à la plaque dans les deux positions. C’est ainsi qu’en faisant une radiographie de profil, en faisant passer le rayon normal dans la position bitemporale, et une deuxième radiographie de face en faisant passer le rayon normal dans la position fronto-occipitale, on détermine deux plans perpendiculaires l’un à l’autre et, à leur intersection, 1l est bien évident que se trouve le corps étranger. Les dimensions obtenues sont reportées dans l’espace et dans Ja rÉgIOM correspondante du crâne ; on a ainsi une idée approximative de la profondeur du corps étranger.
Pour avoir un peu plus d’exactitude dans la posi-
huon du corps étranger par rapport à la surface du crâne,
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on a eu l’idée de radiographier en mème temps que lui des points de repère facilement reconnaissables sur l'épreuve et sur la tête.
M. Bourgeois, utilisant la Méthode de #. Boucheron, à recours aux grains de plomb comme points de repère. Il les fixe au pourtour de l'orbite avec une bandelette de diachylon. La radiographie faite, il construit un schéma représentant la coupe antéro-postérieure de l'orbite avec les dimensions données par les traités d'anatomie. Puis il compare l'intensité de la teinte du projectile inconnu à celle du plomb témoin pour voir s’il est du côté interne ou externe.
D’autres substances peuvent être utilisées comme repères. Des fils de cuivre, des grillages métalliques, par exemple. Nous nous sommes servi souvent d’une paire de lunettes, que nous radiographions en même temps que le projectile, et cette technique nous a donné de bons résultats.
Il est une autre méthode approximative, spéciale à l’ophtalmologie, qui peut rendre de grands services. C'est la radiographie pratique. Elle consiste en ceci :
Au lieu de faire deux radiographies dans une position différente de la tête, une fronto-occipitale et une bitemporale, par exemple, on fait les deux épreuves dans une position différente de l'œil, la tête restant immobile.
On utilise un châssis spécial formé d’un cadre de bois et d'un tiroir. Ce tiroir, destiné à contenir la plaque, glisse facilement dans le châssis, et permet ainsi de mobiliser la plaque sans bouger le blessé.
Voici comment on opère
rap
Le blessé étant couché, la tempe appuyée sur le châssis, on l'invite à porter ses regards en haut. On fait dans cette position de l’œil une première épreuve ; puis, le blessé restant absolument immobile, on substitue une plaque vierge à la plaque impressionnée, ce qui, grâce au tiroir, se fait sans déplacer la tête. :
On invite alors le malade à porter ses regards en bas et dans cette deuxième position de l'œil, on fait marcher l’ampoule.
On peut comparer entre elles les deux épreuves obtenues. Sil’ombre du corps étranger n’occupe pas, par rap-
port à la paroi orbitaire, la même position dans les deux
radiographies, c’est que le corps qui a donné naissance
à cette ombre s’est lui-même déplacé. On en conclut
immédiatement que le corps étranger est mobile avec le
globe oculaire et que par conséquent c’est un corps intraoculaire.
Procédés à détermination exacte.
Les procédés à détermination exacte sont légion. Il dérivent tous du même principe. Prendre sur un plan deux projections d’un corps étranger, soit en déplaçant la tête, l’ampoule restant fixe, soit en déplaçant l’ampoule, la tête restant immobile.
Supposons un corps étranger dans lorbite et représensentons-le par un point B. Faisons deux projections coniques de.B en prenant deux positions différentes du point de vue S. (S nous représente la source radiogène dans
première position. S\ nous représente La même source